03 février 2011
Quatre ou cinq et la force obscure
Parlons peu parlons vrai : ici, les gens, depuis un certain temps, ça va pas fort.
Par exemple, je viens de bazarder cet article par une fausse manip', j'avais bien commencé pourtant, mais du coup là j'ai envie de tout casser, de virer ce blog où je n'arrive pas à écrire et quand enfin par sursaut de vie la femme morte que je suis s'y met, je perds tout. Envie de dire que je HAIS la vie, que je suis MAUDITE, que beuaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa; tout ça. Bon, bref, voilà, ça sort et puis on repart.
Doncqque, selon que votre esprit est plutôt symétrique ou assymétrique, vous préférez le quatre ou le cinq. En fait, peu importe car le principe est le même. Quatre éléments à l'occidentale : feu, eau, terre, air. Ether, si l'on y ajoute le cinquième de la philosophie ayurvédique. Cinq aussi chez les chinois : eau, feu, terre, bois, métal. Vous voyez ça en feng shui.
Cinq tibétains... Suivez le guide au délicieux accent :
Quatre phases de la lune : lune montante, pleine lune, lune descendante, lune noire. Vous avez certainement déjà conscience de ce que cette lune et ses phases impliquent dans le monde et sur nous-mêmes. Les gens de la terre et de la mer le savent bien, eux, c'est ce qui préserve le bon sens encore dans quelques cerveaux de ce monde, malgré tout ce qui se fait de non sens, .... .... ... l'évidence première est celle du niveau de la mer.
La lune et ses phases modifie la teneur des liquides sur notre planète, et en nous-mêmes, qui sommes faits de soixante-dix pour cent d'eau à l'âge adulte. Et puis nous autres, femmes, nous pouvons en avoir une conscience encore plus aiguë : nous sommes profondément cycliques, et la lune nous colle à la peau.
La vie aussi est cyclique. Il ne faut jamais briser le mouvement, ni l'interrompre, car le mouvement est la vie. Rien ne se perd, tout se transforme, et toute chose parfois meurt pour redonner de la vie. On traverse une épreuve, et voilà qu'une autre arrive. Durant ma seconde grossesse, j'avais atteint quelque chose, j'avais ancré ma féminité dans la terre, j'y avais puisé force et profondeur sereine.
Mais les déconvenues de ma troisième grossesse ont balayé tout ça, la terre s'est soulevée. Cela arrive. La terre est ce qui semble y avoir de plus fort et solide, mais cela arrive. Cela est nécessaire, même, même si on ne le voit pas tout de suite.
Je ne vais pas fort, donc, parce que mes petites statues ont volé en éclat. L'équilibre, fragile et superficiel que j'avais cru acquis durant ma seconde grossesse a dû être chamboulé, bien correctement. La vie m'apprend à marcher sur un fil invisible, si je crois qu'une chose est solide il me fait m'attendre à la voir voler en éclat. Nos petites statues sont des symboles, on se repose dessus pour vivre, trouver un sens à la vie, y mettre des couleurs et de la joie. Nous avons tous nos petites statues, et tous bien du mal, lorsqu'elles volent en éclat.
La vie est un cycle qui nous mène vers un plus, toujours. Ou une succession de vagues. La vague des contractions de la naissance, si puissante, si lancinante, si insurmontable mais que l'on surmonte, elle est la même dans notre chemin psychologique, dans notre croissance. Tant qu'il y a de la vie, il y a de la croissance, si on atteint le sommet alors il faut mourir, toujours il en est ainsi.
Cinq rythmes de la danse... Une vague elle aussi, quelque chose qui monte monte, qui semble impossible à affronter... puis qui redescend, forte d'une profondeur aquise, d'un moment initiatique achevé, d'une humanité renouvelée et pacifiée :
La danse des 5 rythmes envoyé par Psychologies-com.
Ce qui m'encourage, donc, ce qui m'aide à aimer encore la vie, ce qui maintient une once de foi, c'est cette conscience du cycle vie/mort/vie, cette conscience que toute chose est présidée par cela. Et les quatre phases de la lune m'ont beaucoup éclairée, mises en correspondance avec quatre archétypes de la femme :
Lune montante, archétype de la vierge, qui s'emploie à faire les choses dans le monde, l'active, celle dont l'énergie est libre pour organiser, améliorer son environnement, avancer et faire avancer les choses.
Pleine lune, la mère, qui entoure, aime, cajole, materne, crée un cocon et le protège. Celle qui donne son amour sans réserve, dont le coeur déborde, dont les eaux abondent.
Lune descendante, l'enchanteresse. Celle qui a donné la vie et dont l'expérience, l'épaisseur d'âme éclate au grand jour, celle qui brille, celle dont la lumière se répand autour d'elle et dans les choses qu'elle touche.
Lune noire, la sombre. La femme noire, sorcière. Celle qui fait peur et pour laquelle on ne trouve pas un seul et simple nom. Celle qui est mue par une certaine force obscure...
En période de lune montante, une femme réglée sur la lune est toute guillerette et active, ça roule dans la cabane. En lune pleine, c'est l'assaut des amours, des tendresses, l'énergie énergisée, l'électricité dans l'air, la créativité débordante, l'accouchement, le don total... En lune décroissante, peu à peu la femme se recentre sur elle-même et si elle est contrariée dans ce mouvement qui lui est nécessaire, souvent elle peut devenir agressive ou voir en elle grandir des sentiments sombres, dus à l'inadéquation du monde par rapport à son rythme bio-psychologique. Mais c'est aussi la phase de la lumière qui se répand, de l'éclat qui se mêle à la connaissance des instincts plus profonds, de la vie souterraine conscientisée, qui révèle sur le visage d'une femme sa grandeur cachée... Et lune noire, alors là !! cette lune noire, on n'aime pas. Cette force obscure. Cette phase cachée. La phase de purification, renouvellement, le trou noir dans lequel tout s'oublie mais... à partir duquel, aussi, on peut renaître.
Depuis plusieurs mois, je suis dans une phase de lune noire. Le fait de savoir que cela prépare le cycle nouveau, l'énergie nouvelle, ça m'aide, dans les moments les plus sombres et incrédules... Le fond du puits, qui semble indéfondufondable parfois, garde tout de même le souvenir, la foi, la certitude de la lueur. Quelque part. L'appui certain qu'un autre mouvement se tisse au fond des gouffres, que ce mouvement est Vie, que jamais rien d'autre que la Vie sera la fin, le mot ultime. C'est pour cela que je suis surprise, souvent, quand je vois l'effet que mes mots noirs peuvent avoir sur les autres... ils ne sont en fait que la part d'un processus, dont le noir n'est pas la fin. La femme se purifie en perdant le sang des règles, elle se replie toute sur elle-même, elle reconcentre des énergies, elle se prépare à renaître...
Vouloir rester dans l'éclat de l'enchanteresse aurait été une erreur. Avec ma fille, mon second enfant, j'ai été une reine, une dominatrice. J'avais la puissance de décider, je lui ai donné (ou elle m'a donné ?)une force de décision et de personnalité dont je suis émerveillée, quand je la vois aujourd'hui. Emerveillée et incroyablement fière. Ma Gredinette brille, éclate, domine, elle est belle, forte, sauvage et profondément droite. Mais je ne pouvais pas scléroser les choses, je ne pouvais pas maintenir un état de fait, il a fallu que j'avance... c'est la nécessité de la vie... le mouvement.... alors, j'ai conçu mon troisième enfant, ma deuxième fille, mon océan de douceur. La statue de la femme forte a volé en éclat... je n'ai pu maintenir ma phase d'enchanteresse, il m'a fallu poser le pied dans la phase obscure de la lune... accepter de sombrer comme si rien n'avait été aquis, comme si je n'avais pas parcouru ces exploits, ce chemin.
C'est pour aller dans un endroit bien, je le sais. Plus profond et plus beau. J'accepte alors le mouvement, la vie... rien qu'en l'acceptant, je renais, j'ai déjà un pied dans l'enthousiasme et la joie sereine. Chaque étape a son comptant à vivre,... si on laisse la vague tout suberger, si l'on n'a pas peur de la profondeur du gouffre on se retrouve soudain les deux pieds à terre sur une verte prairie, on ne craint aucun mal. Dieu, le Maître de la Vie, domine tous ces mouvements et dans sa bienveillance infiniment amoureuse, il conduit à la Vie.
Rien ne sert de nier le noir, rien ne sert de se bloquer dans une statue de verre qui n'a plus d'âme. Le temps de purification est nécessaire, qui prépare le renouvellement. La vie veut une chair, une chair vivante. Une chair brisée parfois, une âme qui semble si noire, souvent... mais qui est chair, palpable, bouillonnante, exaltée... Vivante.
19 janvier 2011
Où la vie te mène
L'énergie des femmes et de leurs liens insondables, disais-je.
Je n'aurais pas cru si bien dire...
Je voulais parler de la force des groupes de femmes, ces endroits où chacune se régénère en partageant avec d'autres leur quotidien de vies, de questionnements, de joies, de doutes. Où chacune arrive comme elle est et prend sa place parmi les autres, comme par miracle. Où les valeurs féminines prennent leur essort : ouverture, accueil, écoute, compassion, entraide...
Je voulais parler de la force des liens qui se tissent, même en bien peu de choses. Il y a la force de la nature, qui s'exprime en celles qui ont donné la vie, un je-ne-sais-quoi de viscéral et d'absolument charnel qui s'enracine dans la terre profonde et qui monte jusque loin dans le ciel. Il y a la force des montagnes que leur foi sait déplacer.
C'est ainsi que je me sens liée à certaines, comme jamais je ne l'aurais imaginé avant. Pour marquer mon départ d'Italie, j'ai demandé à quatre femmes de venir pour une petite cérémonie d'adieu. Il y avait ma sage-femme, pilier de ces trois grossesses, avec qui la relation n'a pas toujours été facile à bâtir mais... finalement !! Il y avait ensuite une femme par grossesse et maternité que j'ai vécues sur ce sol étranger. Avec chacune, un lien charnel, viscéral, qui ne se perdra jamais. C'est une longueur d'âme et de vécu qui demeure, quand bien-même nous serions vieilles et gâteuses, la mémoire nous faisant défaut. Je ne sais pas comment expliquer cela...
J'avais envie de vous parler de tout cela, donc, tout en ne sachant plus très bien où je trouverais des mots pour expliquer ces impressions... Et puis une jeune femme est morte ce lundi matin. Elle était mère de quatre enfants dont le petit dernier n'a pas deux ans... Elle était belle comme le jour, elle était engagée dans la vie, elle animait des groupes de femmes, ...justement.
Je ne sais pas pourquoi sa mort m'atteint autant. Je ne sais pas bien pourquoi je ne surmonte pas cela, pourquoi je reste abattue sous la grippe que cette nouvelle m'a aportée. Je vois son visage dans celui de ma petite fille, est-ce cela ? J'avais tant de choses à lui demander, tant de choses à partager avec elle, est-ce cela ? J'ai tant désiré mourir moi-même, dans mes moments de sombre humeur... est-ce cela ? ce sont les meilleurs qui partent...
Sa foi avait ravivé la tiédeur de mon âme. Elle était atteinte d'un cancer, et ce sont les suites indirectes de la maladie qui l'ont emportée. Presque sans prévenir... on espère toujours, on supplie toujours... et puis une fin arrive, pas forcément celle que l'on attendait. La mort, ligne droite où la vie nous mène, et pourtant... et pourtant. Elle est un scandale pour l'intelligence, la mort... encore davantage lorsqu'elle emporte une jeune maman qui n'avait pas fini de donner son amour...
Mais je ne sais si c'est cela qui explique mon grand abattement. Je comprendrai plus tard, sans doute. Je vous livre simplement une phrase qu'elle m'avait écrite :
"Toute cette souffrance existe pour réveiller en nous l'Amour."
Il y en a qui savent de quoi ils parlent....
En attendant que l'Amour se réveille en moi, je pleure, je n'en finis pas de pleurer, et je garde ferme dans la foi ce lien qui nous a liées, en peu de choses, ce lien de femmes et mères, cette longueur d'âme, ce lien qui perdure au-delà de la mort et qui s'appelle alors, dans la foi, "communion des saints".
Une autre phrase pour continuer la route : "si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit"...
Ce que le raisonnement humain ne peut comprendre... peut-être qu'un bout de foi, même fragile, peut l'effleurer...
16 décembre 2010
Branlebas !!!!!!!
Oui, heu, alors, quand cela fait si longtemps qu'on a délaissé son blog, on ne sait trop par où commencer. Et puisqu'il faut économiser le temps, je ne m'éternise pas en tas de considérations considérantes et rables (mais je vous dis bonjour, comment allez-vous ???).

En juin, je suis devenue "Prenatal Tutor" (prends-en d'la graine tulululu.... hahum)
En juillet, j'ai donné naissance à une petite reinette délicate et magnifique....

En août, j'ai traversé les monts d'angoisse et de tristesse

En septembre, j'ai baptisé ma belle et je me suis dit que je devais partir...

En octobre, j'ai pensé qu'il faudrait que je repeigne une grande, grande maison...

En novembre, j'ai commencé à dire adieu


Et voilà déjà décembre. L'arbre de notre vie emporte ses racines dans son coeur, d'ici Noël : on part.
Puisqu'on ne peut vivre à moitié sa vie, on tisse des liens si forts et voilà déjà qu'on se sépare... une nouvelle vie s'annonce, les liens demeurent, l'épaisseur de la vie reste, le souvenir nourrit l'âme et donne l'énergie pour aller de l'avant. Je me suis nourrie d'être devenue mère et femme, je me suis nourrie de la vie de femmes, je me suis nourrie de tant de leurs richesses et de leur présence viscérale. Tant de joyaux en chacune d'elles, tant d'intuitions à puiser. Tant de lumières, dans ce monde où l'on ne ressasse que les ombres...
Je me suis dit : je vais écrire un blog en italien, car j'aimerais bien donner des nouvelles à mes amies d'Italie, maintenant.
Je me suis dit : je vais me fixer un message par mois, sur un thème précis, une chose fixée à l'avance.
Je me suis dit : je vais définir une ligne d'écriture pour ce blog un peu mourru de ne pas trop savoir ce qu'il a envie de dire...
Alors au programme, pour le mois de janvier : l'énergie des femmes et de leurs liens insondables. OK ? D'ici là : bonne année !!!
09 juin 2010
Gérer ?
Dans la formation que j'ai suivie cette année pour devenir "éducatrice prénatale" (oh le grand mot) on traite des tas de sujets autour de la grossesse, naissance, post-partum. J'avais un mémoire à écrire, et j'ai choisi pour sujet "Le chemin initiatique de la femme enceinte : l'expérience de la sagesse féminine au coeur de la maternité".

Un beau programme, qu'une petite trentaine de pages n'ont pas suffi à traiter. J'ai eu deux angles d'approche : le premier, chercher à comprendre quelle est cette "sagesse" que dans les temps anciens l'on recommandait à la femme enceinte de vivre pour le bien de son bébé, son développement affectif, psychologique, et même organique... Je suis partie de ce que disait Platon : il recommandait à la femme en attente de l'enfant d'avoir une vie "sage"... oui m'enfin, euh, nous avec nos connotations de "sages comme une image" on ne trouve pas cela tout à fait motivant... et Platon est bien gentil, mais pour lui la sagesse c'est quand la raison domine les désirs et les émotions... comment, une femme enceinte ça peut gérer des émotions avec sa raison ??? autant demander à une poule d'avoir des dents !!
J'ai donc recherché s'il n'y avait pas une certaine sagesse féminine, différente de la vision plutôt masculinisante de ce brave Platon, qui pouvait être utile à notre chère femme enceinte.
Partant de là, j'ai travaillé mon deuxième angle d'approche : la fameuse "gestion" des émotions. Parce qu'en "éducation prénatale", on propose souvent de substituer une image ou un sentiment négatif que la femme peut se faire, par une image positive. Dans ce processus, j'ai des réticences... car il n'est pas si facile de substituer le négatif, telle est mon expérience. Disons qu'il y a un risque d'illusion. Cela est valable dans la vie, comme dans la foi. C'est un peu le risque des idéalistes ça. Mais la chair, la terre, la chose bien inscrite dans l'humus, elle est pleine de crasse, de boue béante... et ça, on a beau essayé, on ne s'en lave pas et on ne s'en dépatouille pas si facilement.
J'ai donc cherché.
Je n'ai pas tout résolu, et je suis encore confrontée à cette terrible réalité : une émotion, il faut la traverser. On ne peut pas préserver (hélas) ce bébé qui grandit en nous, de toutes nos mauvaises pensées. On ne peut parvenir à lui créer un nids complètement douillet, lumineux, chaleureux, plein de paix.
Je veux dire... ce serait l'idéal ! Mais pour cette grossesse à nouveau, je n'y suis pas parvenue. J'ai essayé, mais cela n'a pas été possible. J'ai été atteinte par des remous, provoqués de l'extérieur ou survenant de l'intérieur de moi, de ma croissance psychique... très atteinte. Je me débats encore. Je sais que je ne peux "substituer" le négatif, je dois l'affronter. Le traverser. Aller de part en part... c'est une expérience douloureuse. Je suis confrontée à ma terre profonde, avec tout ce qu'elle a de fort et de beau mais aussi tout ce qu'elle a d'englué et de mortifère. Je suis confrontée à la culpabilité d'imposer cela à mon enfant, qui boit toutes mes émotions et se construit à travers, au-delà ou malgré elles... Je suis confrontée à l'imperfection de la vie...
Et donc ? gérer nos émotions, c'est comme la contraction. C'est ne pas gérer. C'est être totalement, intégralement dépossédée. Rien ne sert de chercher à garder le pouvoir. L'épine est dans la chair... La guérison ne survient jamais vraiment... on apprend à vivre avec l'épine, on l'apprivoise. On découvre peut-être un jour qu'elle donne un sens à quelque chose... On découvre surtout, je crois, qu'elle nous a ouvert le coeur. Je suis pleine d'amertume ces jours-ci, vulnérable comme pas permis et me défendant contre moi-même à grands renforts de critique acerbe et d'ironie machiavélique... mais je me mets à pleurer de compassion en entendant dans le jardin la voix mal assurée de ma vieille voisine insupportable, que je ne cherche plus à supporter... traduisant toute sa faiblesse et son profond désarroi de vieille femme âgée.
J'espère que ma bébée sera marquée aussi par cela... non par mes pulsions de haine, de mort, toute cette négativité qui m'assaille... mais par la beauté secrète qui s'y cache... peut-être... en un certain sens... la fameuse beauté de l'imparfait, peut-être...
15 février 2010
trouvailles !
"jouis de ton ouïe"... une petite merveille pour les yeux et les oreilles... en rimes en plus !
Les enfants adorent
La source ? par là...
12 février 2010
Pourquoi faudrait-il toujours faire la guerre ?
Les femmes des années 60 ont dû fonder leur féminisme sur un combat. Elles ont dû "se battre", dans la même lignée que la bataille pour le droit de vote de leurs mères et grand-mères (sans parler des deux guerres que l'humanité venait de se payer en Europe :-/)...

Elles ont dû insister avec force pour acquérir une reconnaissance égale à celle des hommes et ne pas être reléguées aux seules tâches d'éducation des enfants et d'entretien de la maison. Face à l'ampleur de la tâche, il est compréhensible qu'elles aient dû employer les manières fortes et nourrir leurs idéologies d'une action forcenée.
Ce qu'elles n'ont pu entrevoir, c'est l'état d'ignorance dans lequel elles allaient laisser leurs propres filles. Nombreuses sommes-nous, encore aujourd'hui, à ignorer la puissance et les vertus des mystères de notre féminité. Nombreuses sommes-nous à nous sentir déchirées face aux attentes de nos mères et grand-mères : que nous soyions les égales des hommes, que nous fassions carrière, que nous menions de front nos désirs d'épanouissement social dans le marché du travail et nos désirs de famille. Et nombreuses sommes-nous à ne plus savoir combien il est doux d'être librement femme, avec ce rythme particulier, ce cycle féminin où certains jours du mois devraient être purement réservés à l'exploration de notre vie intérieure ; combien il est doux de nous laisser vivre davantage dans "l'être" que dans "l'action" à certains moments... Je ne prétends pas que ceci correspondrait à toute femme, je reconnais la légitimité du parcours de celles qui prennent leur ampleur avec une action courageuse dans le monde. Mais les discours et les raccourcis d'une Madame Badinter, qui datent d'un autre siècle, ne devraient plus recevoir tant de publicité. C'est encore nous entretenir dans l'ignorance...
Et pourquoi continuer à voir les choses en terme de lutte ? Pourquoi au lieu de combattre ne pourrions-nous pas faire l'unité dont nous rêvons, entre notre créativité physique et notre créativité de l'esprit ? Je trouve que plus j'ai fait l'unité en moi, au fur et à mesure de mes grossesses, plus j'ai rendue libre cette soif de créativité qui animait mon âme...
*
L'unité permet l'effusion d'amour qui jaillit de tout notre être lorsque l'on porte et que l'on donne la vie. Ne plus trouver d'opposition entre le coeur et la raison, entre les hormones et les émotions, entre les désirs et la réalité tactile de ce que nous sommes.. ne plus être les victimes des illusions que nous nous sommes forgées dans ce monde si masculin mais nous mettre sous le manteau rouge de la mère, de sang et d'eau, de lumière et de vie cachée, méditée en son coeur... nous fier à l'humus de nos corps, aimer nos émotions comme on aime son enfant, les accueillir et trouver le sens qu'elles cachent, la vérité qu'elles venaient nous transmettre.
L'unité permet la liberté, permet le don. Et cette unité que la femme enceinte peut accomplir plus qu'une autre tient de ce qu'en elle toutes les portes sont éveillées, attentives aux mystères les plus cachés. Parce qu'elle réalise son unité, la femme enceinte se trouve elle-même ; parce qu'elle se trouve elle-même elle est plus en mesure de communiquer avec la vie secrète qu'elle porte en son sein. Et de lui communiquer le meilleur : non pas la mère ou la femme idéale, qui n'est traversée par aucune tempête mais la femme sauvage qui, traversant la tempête, sait que les forces de la vie sont les plus puissantes.
Et ainsi, la femme donne la vie....
*
Je souhaite une pas bonne sortie à votre livre, Madame Badinter. Pardonnez-moi, mais...
07 février 2010
Voyage au bout de la beauté imparfaite*
L'enfant est un don. Ce don dépasse amplement la conscience que nous en avons d'ordinaire, même si de tels mots semblent couler de source.

Si la femme se pose un instant, si elle fuit l'activisme du monde et s'accorde le lieu et l'heure propice, elle découvre. Elle savoure. Bien des signes lui sont donnés. Le mode même selon lequel s'opère sa grossesse est un signe - toutes ces hormones ! Plus qu'un signe : une invitation. La femme enceinte ne peut plus vivre comme les autres, elle ne peut vivre comme avant. Elle vit des chamboulements qui, si elle en a besoin, ont le pouvoir de la transformer toute entière. A l'image des douleurs de l'enfantement auxquelles elle se prépare, ces chamboulements peuvent être rudes. Intenses. Paraître insurmontables... Mais rien n'est insurmontable.
Une force au fond d'elle le sait. Parfois trop cachée hélas, mais existante... Qu'elle s'écoute. Qu'elle se donne de longues heures pour entendre. Qu'elle fasse taire la frénésie des mots (des maux ?) qui lui sont extérieurs, ces angoisses qui courent dans les vents tout autour et l'oppressent, ces tempêtes de rage, ces insidieuses dérisions aussi. (Non, ce ne sont pas QUE les hormones. Les hormones sont un signal. Un appel. Une soif d'être soi !). Qu'elle fasse taire aussi ce qu'elle croit attendre d'elle-même pour ne faire enfin parler que le vrai.
*
L'enfant est un don incommensurable parce qu'il est le premier des éducateurs, le premier des psychologues... le plus écoutant de tous les êtres.
Carl Rogers a développé une approche d'aide à la personne qui met en valeur l'écoute, l'écoute gratuite, l'écoute inconditionnelle. Capable d'accueillir le plus totalement du monde tout ce qui a besoin d'être dit - même le laid - à tel point que la personne puisse enfin faire son propre chemin dans un tel brouhaha, libérée des attentes du monde et même délivrée de ses propres illusions. L'écoute la plus totale, telle est la condition... l'écoute empatique et l'absence de tout pouvoir sur l'autre. Confiant toujours et malgré tout, croyant de tout coeur qu'il saura trouver en lui-même ses propres solutions, ses propres ressources. Son chemin, et son histoire.

*
L'enfant vient du ciel. Sa présence est si discrète qu'on peut l'ignorer pendant très longtemps. On peut n'y prêter garde... et pourtant. Par un mystère inexorable et sacré il est un flux d'énergie vitale qui souffle à sa mère la douceur innocente de son amour inconditionné. De sa confiance abandonnée. "Je t'ai choisie, maman ! J'ai voulu venir en toi, grandir et me nourrir tout contre toi. Je me livre à toi tout entier, tu le sais ! je ne suis rien sans toi... presque rien. Je te donne toute ma confiance, maman. Maman ! Je t'aime, maman..."
Par ce mystère inexorable et sacré, il offre sa présence chancelante comme une gratuité parfaite afin qu'émerge en la mère son moi profond, ses forces primales, cet instinct de vivre et d'être en éclatant... En faisant jaillir aux yeux du monde sa toute beauté.
Qu'elle s'écoute, qu'elle plonge en elle seulement. Qu'elle n'ait plus la crainte de vivre en face les assauts de ses blessures : elle a cette force. Cette force, dans la conscience d'être vulnérable. Qu'elle se donne seulement ce droit, cette opportunité... Qu'elle se l'accorde avec tout l'amour qu'elle a pour elle-même et tout l'amour qu'elle a pour son bébé. Qu'elle n'ait crainte de la hauteur des vagues, de la violence de la tempête : telle la contraction, la douleur va en s'accentuant mais au seuil de l'insurmontable elle s'amenuise lentement. Qu'elle n'ait crainte. Il y a tant d'amour autour d'elle, il y a tant d'amour pour elle.
Si la femme était laide, elle deviendra belle. Si elle était fermée, elle va s'ouvrir. Si elle était éteinte, elle va briller. Qu'elle n'ait pas peur...

*
L'installation de ton enfant en ton sein est un don incommensurable. Tu reçois l'amour d'un petit être de toute confiance qui jaillit en toi. Te rends-tu compte ? il jaillit en toi avec toutes ses puissances, tout ce futur possible. Tout est à faire et c'est en toi qu'il veut accomplir un tel miracle. On sait bien dans la tête ce que peut être le miracle de la vie : "oh oui, c'est incroyable..." mais l'as-tu déjà mesuré dans ton coeur ? non bien-sûr, c'est impossible. Ton coeur aurait explosé.
Et par un surcroît de générosité ton enfant t'offre ceci : un voyage. Un parcours. Le chemin le plus fondamental que tu aies à accomplir dans ta vie, peut-être. Le point de départ de tout. La route vers toi-même... ce "toi" de tous tes rêves les plus profonds... de ta liberté la plus joyeuse... et de toute ta réalité. Cours à cette rencontre, même à travers les larmes ! Si le soleil vient alors on sera ébloui par les couleurs, un arc fabuleux sera dressé entre tes larmes et tant de lumière... Tu rayonneras.

*
* si la beauté était parfaite toucherait-elle autant notre coeur ?
Aujourd'hui
Journée pour la Vie.
06 février 2010
Les sablés d'hiver entre neige et soleil d'Italie au chocolat :oD
En l'honneur de rien,
prenez 500g de farine
(j'ai pris de la farine blanche d'épeautre) dans un grand saladier,
parsemez de deux bonnes pincées de bicarbonate de soude.
Laissez couler un flot d'huile d'olive qui dure au mois 180 g,
et mélangez le tout
avant de noircir avec de la poudre de cacao (environs 30g ? plus ?)
et de mielliser avec du sucre complet (250g).
N'oubliez pas les trois jetées de quatre épices !
Si le pâton vous colle aux doigts, rajoutez entre 30 et 50g de farine
(ou plus d'ailleurs, qu'en sais-je).
Si alors le pâton est bien sec, arrosez de deux ou trois cuillères à soupe d'eau.
Formez deux belles boules bien homogènes
et étalez sur grandes plaques
une épaisseur entre 5 et 10 mm
que vous découpez comme bon vous semble...
Au four ! environ dix grandes minutes à 180°.
Laissez refroidir, l'aspect mou est normal au sortir du four...
et c'est plutôt bon avec du moelleux à l'intérieur !

Voilà une recette qui ne demande ni beurre, ni lait (et vi pisque comme de par hasard j'en avais pas ;op) et qui vous laisse dans la bouche un léger goût de reviens-y. ça se conserve dans une boâte hermétique (à condition de ne pas avoir trop de gourmands à la maison huhu)




