* OraCo-T *

19 janvier 2011

Où la vie te mène

L'énergie des femmes et de leurs liens insondables, disais-je.

Je n'aurais pas cru si bien dire...

Je voulais parler de la force des groupes de femmes, ces endroits où chacune se régénère en partageant avec d'autres leur quotidien de vies, de questionnements, de joies, de doutes. Où chacune arrive comme elle est et prend sa place parmi les autres, comme par miracle. Où les valeurs féminines prennent leur essort : ouverture, accueil, écoute, compassion, entraide...

Je voulais parler de la force des liens qui se tissent, même en bien peu de choses. Il y a la force de la nature, qui s'exprime en celles qui ont donné la vie, un je-ne-sais-quoi de viscéral et d'absolument charnel qui s'enracine dans la terre profonde et qui monte jusque loin dans le ciel. Il y a la force des montagnes que leur foi sait déplacer.

C'est ainsi que je me sens liée à certaines, comme jamais je ne l'aurais imaginé avant. Pour marquer mon départ d'Italie, j'ai demandé à quatre femmes de venir pour une petite cérémonie d'adieu. Il y avait ma sage-femme, pilier de ces trois grossesses, avec qui la relation n'a pas toujours été facile à bâtir mais... finalement !! Il y avait ensuite une femme par grossesse et maternité que j'ai vécues sur ce sol étranger. Avec chacune, un lien charnel, viscéral, qui ne se perdra jamais. C'est une longueur d'âme et de vécu qui demeure, quand bien-même nous serions vieilles et gâteuses, la mémoire nous faisant défaut. Je ne sais pas comment expliquer cela...

J'avais envie de vous parler de tout cela, donc, tout en ne sachant plus très bien où je trouverais des mots pour expliquer ces impressions... Et puis une jeune femme est morte ce lundi matin. Elle était mère de quatre enfants dont le petit dernier n'a pas deux ans... Elle était belle comme le jour, elle était engagée dans la vie, elle animait des groupes de femmes, ...justement.

Je ne sais pas pourquoi sa mort m'atteint autant. Je ne sais pas bien pourquoi je ne surmonte pas cela, pourquoi je reste abattue sous la grippe que cette nouvelle m'a aportée. Je vois son visage dans celui de ma petite fille, est-ce cela ? J'avais tant de choses à lui demander, tant de choses à partager avec elle, est-ce cela ? J'ai tant désiré mourir moi-même, dans mes moments de sombre humeur... est-ce cela ? ce sont les meilleurs qui partent...

Sa foi avait ravivé la tiédeur de mon âme. Elle était atteinte d'un cancer, et ce sont les suites indirectes de la maladie qui l'ont emportée. Presque sans prévenir... on espère toujours, on supplie toujours... et puis une fin arrive, pas forcément celle que l'on attendait. La mort, ligne droite où la vie nous mène, et pourtant... et pourtant. Elle est un scandale pour l'intelligence, la mort... encore davantage lorsqu'elle emporte une jeune maman qui n'avait pas fini de donner son amour...

Mais je ne sais si c'est cela qui explique mon grand abattement. Je comprendrai plus tard, sans doute. Je vous livre simplement une phrase qu'elle m'avait écrite : 

"Toute cette souffrance existe pour réveiller en nous l'Amour."

Il y en a qui savent de quoi ils parlent....

En attendant que l'Amour se réveille en moi, je pleure, je n'en finis pas de pleurer, et je garde ferme dans la foi ce lien qui nous a liées, en peu de choses, ce lien de femmes et mères, cette longueur d'âme, ce lien qui perdure au-delà de la mort et qui s'appelle alors, dans la foi, "communion des saints".

Une autre phrase pour continuer la route :  "si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit"...

Ce que le raisonnement humain ne peut comprendre... peut-être qu'un bout de foi, même fragile, peut l'effleurer...

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16 décembre 2010

Branlebas !!!!!!!

Oui, heu, alors, quand cela fait si longtemps qu'on a délaissé son blog, on ne sait trop par où commencer. Et puisqu'il faut économiser le temps, je ne m'éternise pas en tas de considérations considérantes et rables (mais je vous dis bonjour, comment allez-vous ???).

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En juin, je suis devenue "Prenatal Tutor" (prends-en d'la graine tulululu.... hahum)

En juillet, j'ai donné naissance à une petite reinette délicate et magnifique....

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En août, j'ai traversé les monts d'angoisse et de tristesse

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En septembre, j'ai baptisé ma belle et je me suis dit que je devais partir...

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En octobre, j'ai pensé qu'il faudrait que je repeigne une grande, grande maison...

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En novembre, j'ai commencé à dire adieu

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Et voilà déjà décembre. L'arbre de notre vie emporte ses racines dans son coeur, d'ici Noël : on part.

Puisqu'on ne peut vivre à moitié sa vie, on tisse des liens si forts et voilà déjà qu'on se sépare... une nouvelle vie s'annonce, les liens demeurent, l'épaisseur de la vie reste, le souvenir nourrit l'âme et donne l'énergie pour aller de l'avant. Je me suis nourrie d'être devenue mère et femme, je me suis nourrie de la vie de femmes, je me suis nourrie de tant de leurs richesses et de leur présence viscérale. Tant de joyaux en chacune d'elles, tant d'intuitions à puiser. Tant de lumières, dans ce monde où l'on ne ressasse que les ombres...

Je me suis dit : je vais écrire un blog en italien, car j'aimerais bien donner des nouvelles à mes amies d'Italie, maintenant.

Je me suis dit : je vais me fixer un message par mois, sur un thème précis, une chose fixée à l'avance.

Je me suis dit : je vais définir une ligne d'écriture pour ce blog un peu mourru de ne pas trop savoir ce qu'il a envie de dire...

Alors au programme, pour le mois de janvier : l'énergie des femmes et de leurs liens insondables. OK ? D'ici là : bonne année !!!

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12 février 2010

Pourquoi faudrait-il toujours faire la guerre ?

Les femmes des années 60 ont dû fonder leur féminisme sur un combat. Elles ont dû "se battre", dans la même lignée que la bataille pour le droit de vote de leurs mères et grand-mères (sans parler des deux guerres que l'humanité venait de se payer en Europe :-/)...

ElsaTriolet

Elles ont dû insister avec force pour acquérir une reconnaissance égale à celle des hommes et ne pas être reléguées aux seules tâches d'éducation des enfants et d'entretien de la maison. Face à l'ampleur de la tâche, il est compréhensible qu'elles aient dû employer les manières fortes et nourrir leurs idéologies d'une action forcenée.

Ce qu'elles n'ont pu entrevoir, c'est l'état d'ignorance dans lequel elles allaient laisser leurs propres filles. Nombreuses sommes-nous, encore aujourd'hui, à ignorer la puissance et les vertus des mystères de notre féminité. Nombreuses sommes-nous à nous sentir déchirées face aux attentes de nos mères et grand-mères : que nous soyions les égales des hommes, que nous fassions carrière, que nous menions de front nos désirs d'épanouissement social dans le marché du travail et nos désirs de famille. Et nombreuses sommes-nous à ne plus savoir combien il est doux d'être librement femme, avec ce rythme particulier, ce cycle féminin où certains jours du mois devraient être purement réservés à l'exploration de notre vie intérieure ; combien il est doux de nous laisser vivre davantage dans "l'être" que dans "l'action" à certains moments... Je ne prétends pas que ceci correspondrait à toute femme, je reconnais la légitimité du parcours de celles qui prennent leur ampleur avec une action courageuse dans le monde. Mais les discours et les raccourcis d'une Madame Badinter, qui datent d'un autre siècle, ne devraient plus recevoir tant de publicité. C'est encore nous entretenir dans l'ignorance...

Et pourquoi continuer à voir les choses en terme de lutte ? Pourquoi au lieu de combattre ne pourrions-nous pas faire l'unité dont nous rêvons, entre notre créativité physique et notre créativité de l'esprit ? Je trouve que plus j'ai fait l'unité en moi, au fur et à mesure de mes grossesses, plus j'ai rendue libre cette soif de créativité qui animait mon âme...

*

L'unité permet l'effusion d'amour qui jaillit de tout notre être lorsque l'on porte et que l'on donne la vie. Ne plus trouver d'opposition entre le coeur et la raison, entre les hormones et les émotions, entre les désirs et la réalité tactile de ce que nous sommes.. ne plus être les victimes des illusions que nous nous sommes forgées dans ce monde si masculin mais nous mettre sous le manteau rouge de la mère, de sang et d'eau, de lumière et de vie cachée, méditée en son coeur... nous fier à l'humus de nos corps, aimer nos émotions comme on aime son enfant, les accueillir et trouver le sens qu'elles cachent, la vérité qu'elles venaient nous transmettre.

L'unité permet la liberté, permet le don. Et cette unité que la femme enceinte peut accomplir plus qu'une autre tient de ce qu'en elle toutes les portes sont éveillées, attentives aux mystères les plus cachés. Parce qu'elle réalise son unité, la femme enceinte se trouve elle-même ; parce qu'elle se trouve elle-même elle est plus en mesure de communiquer avec la vie secrète qu'elle porte en son sein. Et de lui communiquer le meilleur : non pas la mère ou la femme idéale, qui n'est traversée par aucune tempête mais la femme sauvage qui, traversant la tempête, sait que les forces de la vie sont les plus puissantes.

Et ainsi, la femme donne la vie....

*

Je souhaite une pas bonne sortie à votre livre, Madame Badinter. Pardonnez-moi, mais...

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07 février 2010

Voyage au bout de la beauté imparfaite*

L'enfant est un don. Ce don dépasse amplement la conscience que nous en avons d'ordinaire, même si de tels mots semblent couler de source.

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Si la femme se pose un instant, si elle fuit l'activisme du monde et s'accorde le lieu et l'heure propice, elle découvre. Elle savoure. Bien des signes lui sont donnés. Le mode même selon lequel s'opère sa grossesse est un signe - toutes ces hormones ! Plus qu'un signe : une invitation. La femme enceinte ne peut plus vivre comme les autres, elle ne peut vivre comme avant. Elle vit des chamboulements qui, si elle en a besoin, ont le pouvoir de la transformer toute entière. A l'image des douleurs de l'enfantement auxquelles elle se prépare, ces chamboulements peuvent être rudes. Intenses. Paraître insurmontables... Mais rien n'est insurmontable.

Une force au fond d'elle le sait. Parfois trop cachée hélas, mais existante... Qu'elle s'écoute. Qu'elle se donne de longues heures pour entendre. Qu'elle fasse taire la frénésie des mots (des maux ?) qui lui sont extérieurs, ces angoisses qui courent dans les vents tout autour et l'oppressent, ces tempêtes de rage, ces insidieuses dérisions aussi. (Non, ce ne sont pas QUE les hormones. Les hormones sont un signal. Un appel. Une soif d'être soi !). Qu'elle fasse taire aussi ce qu'elle croit attendre d'elle-même pour ne faire enfin parler que le vrai.

*

L'enfant est un don incommensurable parce qu'il est le premier des éducateurs, le premier des psychologues... le plus écoutant de tous les êtres.

Carl Rogers a développé une approche d'aide à la personne qui met en valeur l'écoute, l'écoute gratuite, l'écoute inconditionnelle. Capable d'accueillir le plus totalement du monde tout ce qui a besoin d'être dit - même le laid - à tel point que la personne puisse enfin faire son propre chemin dans un tel brouhaha, libérée des attentes du monde et même délivrée de ses propres illusions. L'écoute la plus totale, telle est la condition... l'écoute empatique et l'absence de tout pouvoir sur l'autre. Confiant toujours et malgré tout, croyant de tout coeur qu'il saura trouver en lui-même ses propres solutions, ses propres ressources. Son chemin, et son histoire.

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*

L'enfant vient du ciel. Sa présence est si discrète qu'on peut l'ignorer pendant très longtemps. On peut n'y prêter garde... et pourtant. Par un mystère inexorable et sacré il est un flux d'énergie vitale qui souffle à sa mère la douceur innocente de son amour inconditionné. De sa confiance abandonnée. "Je t'ai choisie, maman ! J'ai voulu venir en toi, grandir et me nourrir tout contre toi. Je me livre à toi tout entier, tu le sais ! je ne suis rien sans toi... presque rien. Je te donne toute ma confiance, maman. Maman ! Je t'aime, maman..."

Par ce mystère inexorable et sacré, il offre sa présence chancelante comme une gratuité parfaite afin qu'émerge en la mère son moi profond, ses forces primales, cet instinct de vivre et d'être en éclatant... En faisant jaillir aux yeux du monde sa toute beauté.

Qu'elle s'écoute, qu'elle plonge en elle seulement. Qu'elle n'ait plus la crainte de vivre en face les assauts de ses blessures : elle a cette force. Cette force, dans la conscience d'être vulnérable. Qu'elle se donne seulement ce droit, cette opportunité... Qu'elle se l'accorde avec tout l'amour qu'elle a pour elle-même et tout l'amour qu'elle a pour son bébé. Qu'elle n'ait crainte de la hauteur des vagues, de la violence de la tempête : telle la contraction, la douleur va en s'accentuant mais au seuil de l'insurmontable elle s'amenuise lentement. Qu'elle n'ait crainte. Il y a tant d'amour autour d'elle, il y a tant d'amour pour elle.

Si la femme était laide, elle deviendra belle. Si elle était fermée, elle va s'ouvrir. Si elle était éteinte, elle va briller. Qu'elle n'ait pas peur...

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*

L'installation de ton enfant en ton sein est un don incommensurable. Tu reçois l'amour d'un petit être de toute confiance qui jaillit en toi. Te rends-tu compte ? il jaillit en toi avec toutes ses puissances, tout ce futur possible. Tout est à faire et c'est en toi qu'il veut accomplir un tel miracle. On sait bien dans la tête ce que peut être le miracle de la vie : "oh oui, c'est incroyable..." mais l'as-tu déjà mesuré dans ton coeur ? non bien-sûr, c'est impossible. Ton coeur aurait explosé.

Et par un surcroît de générosité ton enfant t'offre ceci : un voyage. Un parcours. Le chemin le plus fondamental que tu aies à accomplir dans ta vie, peut-être. Le point de départ de tout. La route vers toi-même... ce "toi" de tous tes rêves les plus profonds... de ta liberté la plus joyeuse... et de toute ta réalité. Cours à cette rencontre, même à travers les larmes ! Si le soleil vient alors on sera ébloui par les couleurs, un arc fabuleux sera dressé entre tes larmes et tant de lumière... Tu rayonneras.

arcEnCiel

*

* si la beauté était parfaite toucherait-elle autant notre coeur ?

Aujourd'hui
Journée pour la Vie
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09 novembre 2009

Conte du Tichapz avant de s'endormir

...nommée aussi par le susdit : L'histoire du cheval qui pleure.

Il était une fois, dans un pays fort lointain, un magnifique cheval blanc qui vivait dans un grand château, tout en haut d'une colline entourée de forêts et de champs. Il aimait tant s'ébrouer dans la cour du palais, et galoper contre le vent !

cheval_blanc_debout

Un jour, un brigand vint à l'entrée du château et réclama de l'argent. Comme il n'y avait personne dans la cour à cette heure, le cheval passa le museau par la herse et répondit :

"Monseigneur, vous vous trompez d'heure ! je crains cependant que personne ici ne veuille vous donner de l'argent... car vous êtes un brigand !

- Et toi, cheval blanc ! n'as-tu pas quelque besace intéressante à me donner ?

- Je ne le puis, Monseigneur, je suis le fidèle destrier de mon roi."

Le brigand s'en alla très en colère. Il alla tout au fond de la forêt des quatre lunes et trouva la grande sorcière en sa maison, au fond de la clairière. "Sorcière, sorcière ! s'exclama-t-il. Je te donne la moitié de mon prochain butin si tu trouves un moyen pour me venger de ce cheval".

La sorcière prépara alors une potion, gravit la colline jusqu'au château et la donna à boire au grand cheval blanc.

Au début, il se trouva mal. La potion commençait à agir. Puis, en l'espace de quelques heures, il diminua, diminua et se fit plus petit ! sa beau si blanche se teinta, se teinta de gris ! et voilà que le plus beau et le plus fidèle destrier du roi se transforma en petit âne, tout petit, triste, et gris.

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Il fut renvoyé des stelles royales lorsqu'il eut envie d'aller se coucher le soir suivant, et on l'attela aux plus durs labeurs. Jour après jour, il devait porter les charges les plus lourdes et travailler très tôt le matin, très tard le soir... Amèrement, il regrettait ses anciens privilèges, son ancienne maison toujours si pleine de bon foin, et les écuyers qui prenaient tant soin de son royal et blanc pelage... tant de choses perdues !

Alors qu'il gémissait ainsi en versant quelques larmes, une petite souris passait par là et entendit son histoire. Le plus fidèle cheval du roi a été transformé en âne !! Elle le raconta à sa soeur, la grande souris, qui le raconta à sa maman, la maman souris, qui la raconta à leur père, le papa souris, et le papa souris qui était très ami avec le hibou, le lui raconta aussi. Alors le hibou s'envola pour retrouver sa maison, dans le creux de l'arbre, et lui murmura cette histoire. Alors l'arbre s'indigna et le raconta à l'arbre voisin, qui le raconta à l'autre arbre voisin, et ainsi tous les arbres de la forêt furent au courant. Ils décidèrent d'agir, et vite !

Ils densifièrent leur feuillage, et se rapprochèrent étroitement les uns des autres. Ils firent un ombrage épais au-dessus de la clairière où vivait la sorcière et ils lui dirent : "Sorcière, c'est bien toi qui a transformé le fidèle destrier du roi en un malheureux petit âne ! Si tu ne répares pas ce que tu as fait, Sorcière, ta maison jamais plus ne verra un rayon du soleil et plus jamais, la clarté de la lune ne s'étendra en ta demeure !" Toujours, l'ombre était plus grande et leurs feuillages plus forts...

Alors la sorcière prépara une nouvelle potion et l'apporta à boire au petit âne. A nouveau, il se transforma. Il grandit un peu, sa peau devint blanche, plus blanche... Plus blanche que jamais, brillant d'un éclat étincelant. Mais le petit âne resta un âne : car la sorcière n'était pas assez puissante pour réparer exactement ce qu'elle avait fait. Il y avait plus de blancheur dans sa potion, et pas assez de hauteur...

Cependant, le roi reconnut enfin son unique et fidèle destrier : "Je te retrouve, mon fidèle ami ! Te voilà changé en âne, mais je reconnais ta blancheur... Ta robe blanche est plus belle que la clarté du soleil... elle est plus splendide même que lorsque tu étais cheval !"

Et le roi reprit l'âne chez lui, le faisant reposer près du trône. Tous les jours, il le remerciait d'être son fidèle compagnon et d'avoir exécuté ses peines d'âne, si patiemment... et tous les jours, désormais, le bel âne blanc transportait joyeusement les enfants du palais sur son dos somptueux, animant les dîners par son hennissement heureux.

ANEonagre

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18 juin 2009

i comme icare

Vous connaissez peut-être déjà cet extrait d'un film célèbre ! je le découvre à l'instant. J'ai failli ne pas regarder jusqu'à la fin. Mais c'est très bien ficelé... très subtile....


Extrait i comme icare
envoyé par Rollingeyes (dailymotion)

Il devient urgent que nous sachions pourquoi nous agissons comme nous agissons, et quel sens ça a !!

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08 mai 2009

Des ânes et des princesses

Il était une fois une petite fille qui savait depuis toujours qu'elle était une princesse.

Mais dès son plus jeune âge, elle connut une méchante femme (qui elle-même avait dû croire...) qui la maltraita, comme une peau d'âne et pire au-delà. La petite fille alors mettait dans son coeur de grandes craintes qui la mangeaient, comme une horde de vautours et de dragons.

Puis de nombreux lutins mauvais la traitèrent de poisson et de vache, pendant bien des années.

Un jour, alors qu'elle avait bien grandi, la petite fille fit un rêve en songe, où elle vit un homme resplendissant demander l'aide d'un petit ânon. Ce jour-là, elle cessa de croire pour toujours qu'elle était une princesse et comprit pourquoi toutes ces personnes l'avaient traitée ainsi : parce qu'en réalité, elle était un âne, et cet âne était joli, et cet âne portait secours à l'homme resplendissant et c'était un bonheur, c'était une joie profonde de servir l'homme resplendissant. C'était un abandon complet d'amour.

Les années passèrent et la petite fille épousa un oiseau. L'oiseau parlait un peu le langage de l'âne, mais peut-être le parlait-il un peu trop. Car, au fil du temps, la petite fille songeait beaucoup aux princesses et au fond d'elle, elle murmurait : "ah ! comme j'aimerais..." Les ânes sont des personnes assez simples, et ils ne s'embarrassent pas de jolis mots. 

Au bout d'un moment la petite fille se mit à pleurer, pleurer longuement. Elle gémissait et chuchotait : "Qu'avons-nous ! à faire des rêves si hauts et si grands qu'à la fin nos plumes éclatent en morceaux et que l'on ne sache plus rien faire d'autre que ramper comme un ver dans la boue ?"

C'est alors qu'une fée surgit d'un carnet de papier, et prononça ces mots : "C'est peut-être l'inverse... la chenille qui deviendra papillon..."

La petite fille se dit qu'elle avait peut-être trop voulu être un âne, se contenter d'être un âne, et que ce faisant elle avait brisé la princesse. Elle se dit : "Je ne suis pas née dans la boue, même si je me sens plus libre à son contact ! Pourquoi y a-t-il une désillusion si grande chez les petites filles, le jour où elles finissent par comprendre qu'en réalité elles ne sont pas des princesses ? N'est-ce pas parce qu'en vraie réalité, c'est bien ça qu'elles sont vraiment ?" La fée resta silencieuse, pourtant il aurait bien fallu trouver une belle réponse...

C'est alors que, sous ses yeux, une chenille qui rampait dans la terre devint papillon et dans ses ailes, on voyait de jolis ânes bleus...

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11 mars 2009

La toute belle, ou : Sainte Femme Sauvage, priez pour nous

Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
Oublie ton peuple et la maison de ton père :
Le roi sera séduit par ta beauté.

Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
Chargés de présents, quêteront ton sourire.

Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
Vêtue d'étoffes d'or ;
On la conduit, toute parée, vers le roi.

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
On les conduit parmi les chants de fête :
Elles entrent au palais du roi.

À la place de tes pères se lèveront tes fils ;
Sur toute la terre tu feras d'eux des princes.

Je ferai vivre ton nom pour les âges des âges :
Que les peuples te rendent grâce, toujours, à jamais !

(Ps 44-2)

ApocalypseBChardon

"Ephata"

La femme est un creuset. Un vase d'or fin.

Il y a comme cette nécessité qu'un creuset, qu'un vase reste ouvert. Sans quoi il n'est plus un vase...

Les souffrances appellent une refermeture - ou une façade. La quête de bien-être aussi : il s'agit de former une cicatrice pour qu'éventuellement, un jour, la plaie ne saigne plus. Pour que l'harmonie et le contrôle nous domine entièrement, qu'il n'y ait plus de cris. Plus de heurts...

La femme est un être de terre. Un vase d'or fin oui, et pétrie de racines et de roc, de nutriments aussi. De senteurs terriennes.

Si elle se referme comment pourrait-elle recueillir l'eau ? l'eau de source... l'eau de pluie... l'eau et le souffle qui enivre et le feu, la chaleur nutritive apaisante...

Quel est le chemin ?

* * *

Profondément créée

La femme est intensément charnelle. Elle est pétrie de la Terre, tirée des entrailles de la Matière et elle le sent, elle le sait de toutes ses tripes, pour peu qu'elle se connecte à ses forces instinctives profondes et qu'elle prenne le temps de bien s'asseoir, confortablement au-dedans d'elle-même.

Elle sait qu'il y a une femme sauvage (ou appelons-la comme on veut... l'enfant libre, par exemple) tout au fond d'elle et qu'il lui faut la devenir. C'est vital parce qu'elle ne peut passer à côté d'elle-même. La femme sauvage est celle qui court et hurle avec les loups parce qu'elle est tissée intimement dans ce terreau fondamental, à la fine pointe, là où s'embrassent l'âme et la matière. C'est là précisément que se cache l'intuition de la femme, cette force inébranlable et sûre. C'est comme ça que son âme trouve sa liberté : en embrassant sa charnelle matière.

La femme, parce qu'elle est ce creuset formée dans la Terre, sait bien au fond qu'elle n'est pas un pur esprit. Quand bien-même ça la tente. Même, elle ne peut jamais complètement être trompée par l'esprit (le sien, celui du monde, ou tous les esprits trompeurs) sans se couper en deux littéralement... sans raviner ses entrailles. Qu'elle le veuille ou non, qu'elle en ait conscience ou pas...

Et la femme est Accueil.  Elle est réceptacle par excellence, recueil, toujours. Réceptacle au sens parfait... Elle est comme plus humaine que tout l'humain parce qu'elle reflète en profondeur tout ce qu'est l'humain. Sa nature est d'être habitée, pénétrée, livrée, donnée, enveloppée toute entière à l'Amour, en l'Amour et par l'Amour.... En cet Amour, précisément, elle se délecte à être créée. Recevoir incessamment de l'Amour son propre être, à chaque instant. Aspirer à être livrée, de toute son âme et de toute sa chair...

Le terreau et le réceptacle se retrouvent ainsi liés en la femme, ils se confondent d'une manière évidente. La femme est réceptacle parce que forgée de la terre et la terre matière témoigne de cette disposition si profonde à l'accueil. De cette nécessité de s'ouvrir pour se nourrir de l'eau, de l'air, et fabriquer des nutriments. Et abriter, et nourrir la vie.

La femme est une ouverture, parce que c'est le principe fondamental de la nature humaine...

Ephata* (encore)

Panser ses blessures, refermer toutes ses ouvertures, trouver une voie pour se suffire à soi-même... ce n'est donc pas tout à fait l'appel le plus profond. La voie inscrite dans les entrailles de la femme c'est de faire place en elle. De creuser. Creuser toujours plus et encore le creuset, le vase d'or fin. Elargir l'espace, épurer les ombres, ouvrir... écouter...recevoir...

Accueillir le Saint des saints.

Toutes les blessures sont des plaies qui peuvent rester ouvertes, béantes, exposées au Feu Suave du Grand Amour. Le Grand Amour, seul, guérit. Le Grand Amour seul vivifie. Ce n'est pas qu'Il guérit la blessure - pas forcément... C'est qu'il la rend suave et douce... pleine de fruit. Le fruit de l'ouverture, le fruit de la main, du coeur, du corps offerts tout en grand, en tout abandon, en tout lâcher-prise. Dans l'Amour d'une Rencontre ineffable : la rencontre de celui qui est Tout Autre et qui vient...

* * *

"Toute la création aspire à être le Corps du Christ".

La femme reflète donc tout l'aspiration du monde qui soupire après l'Amour et l'étreinte éternelle. La femme vibre, elle tremble, elle tressaille d'amour ou de malheur ou d'allégresse. C'est parce qu'elle est la plus facilement proche de Dieu qu'elle est la première créée, la plus humaine... la plus charnelle, la plus terrienne. Elle est aussi la plus créatrice et cela, le paganisme l'a bien compris, en la mettant sur un pied d'estale et en ayant le sentiment que c'était elle la première, la grande déesse... Elle dont le corps est une antre, un passage... Elle qui ne cesse de se recueillir au plus profond, toujours plus profond, plus près de la terre et du ciel au fil des vies qu'elle donne.

Parce qu'elle est profondément créée, la femme crée ?

Dans le Coeur de Dieu il y avait ce désir mystérieux d'unir sa transcendance à la matière. Il y avait cet élan vital, ce Don magistral qui, parce qu'il était Amour et pur Amour avait ce désir, cette quête, cette force divine à vouloir embrasser toute chose... Lui, le Tout Autre et l'Indiscible, Il voulait épouser toute chose en un charnel spirituel suave et saint.

* * *

Le nouveau nom de l'obéissance s'appelle amour

Comment nous ouvrir ? où donc est la clef ?

"Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui."

Se prosterner, peut-être, cela veut juste dire que l'on aime d'un amour qui dépasse notre coeur... Cet amour dépasse notre coeur parce que notre terreau se sait créé et parce que cette dépendance nous enivre, si nous ne la rejetons. Elle nous exalte et nous vivifie dans un "nous-même" le plus vrai et total. Et heureux.

Il y a l'obéissance des esclaves, où la liberté est violée, flagellée, ne peut s'exprimer et désire mourir. Et puis il y a l'obéissance des fils, ceux que la Mère a reliés au Seigneur pour les siècles des siècles (amen) ; ces fils sont amoureux de leur relation et dépendance à Dieu. Du plus profond de leur liberté joyeuse, ils s'ouvrent !

S'ouvrir ainsi, c'est un peu se soumettre... ah les mots sont biaisés aujourd'hui car cette soumission, c'est un enlacement si suave...***

* Ephata en hébreu signifie : "Ouvre-toi".
Parole à entendre de la bouche du Christ...

* * Un peu du mal à poster ce long, long message mais je suis dessus depuis trois jours et... qu'on en finisse, je vous mettrai des choses moins pénibles maintenant que j'ai sorti presque tout ce que mes entrailles mascèrent et méditent !

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