30 juin 2009

Grandir

...C'est un truc que j'ai un mal fou à faire.

Au loin s'approche irrémédiablement la réalisation possible d'un rêve, et j'ai peur.

Ce rêve a mis du temps à naître. Une gestation profonde, discrète. Je voulais parcourir le monde et découvrir toutes les humanités, je voulais être aventurière et libre de toute responsabilité... Alors je repoussais à plus tard. Un jour peut-être, j'y reviendrais ! après toutes mes péripéties dans le grand monde. Pour y poser mes jours de [presque] petite bourgeoise rangée.

Et puis je me suis retrouvée lancée dans l'aventure, comme on se reçoit un fer chaud dans la figure. J'ai eu à vivre l'exil. Pas cet exil chaud et excitant des découvertes dépaysantes, mais l'exil du déracinement et de la solitude. J'ai dû baragouiner pour tâcher de me faire comprendre, en étant prise comme une imbécile à force de m'exprimer comme un enfant de deux ans. J'ai vécu ce sentiment psychologique de me retrouver orpheline sur une île étrangère aux côtés d'un autre orphelin, sans parler la même langue : ni entre nous, ni avec notre voisin.

Et puis nous sommes là à la fin d'un parcours... dans moins d'un an, nous aurons très certainement quitté cette terre où des liens se sont tissés et où le langage n'est plus autant un obstacle pour les tisser...

Parmi les choix qui s'offrent à nous il y a le retour à ma terre nourricière, celle qui a donné jour à mes rêves et à une bonne partie de ma personnalité. Celle où j'ai toujours été libre, naturellement. Profondément LIBRE.

Si je n'avais pas parcouru ces dernières années, j'en serais encore à craindre : oh, c'est trop loin de Paris, c'est un trou perdu, je m'y sentirai seule... Après mes heures passées plus loin encore, dans un trou encore plus perdu, je n'ai plus peur de ça.

C'est autre chose qui monte. C'est la conscience que si je m'engage à vivre mon rêve, je m'y engage vie, corps et âme, et sans repos.

Dans mon exil j'ai pris l'habitude de traîner, de lâcher toutes les pressions. De céder à tous mes petits caprices pour tromper mon ennui. Je ne sais plus me lever de bonne heure, ou plutôt je ne sais plus me donner une rigueur à être régulière. Il faudra que je m'y contraigne, si je veux que "ça tourne". Si je veux arrêter de vivre une bonne partie de ma vie comme une zombie par manque de sommeil ou par mauvaise nourriture...

Quand je suis arrivée ici, je venais de finir mes études. C'était la première fois de ma vie que je ne me disais plus "plus tard !" en songeant que j'avais envie de me reposer. Aujourd'hui, à force de me reposer tout le temps, c'est "je ferai ce que je voudrais tant faire... plus tard !" qui a pris le relais. Bien-sûr je fais des choses, mais je n'ai pas réellement pris le rythme de vie idéal qui naît petit à petit dans ma tête, avec son cortège de moyens pour y arriver.

Etre responsable... comme cela me fait frémir. Je ne sais pas encore très bien ce que c'est que de ne dépendre de personne d'autre que de moi-même, de payer mes factures avec l'argent que je me serai débrouillée pour rapporter. J'ai des enfants mais je ne sais pas encore bien vraiment me consacrer à prendre soin de leur âme...

J'oscille entre le froid "devoir" et l'incessante nonchalence. Il doit bien y avoir une voie au milieu... C'est la voie où le devoir a pour nom amour, et où par amour et par conviction profonde de mon coeur je vais choisir de me lever tous les matins pour accomplir toutes les tâches que je "dois". Je construirai ma liberté à travers tout cela, en restant fidèle à ce que je veux au plus profond...

Et pour l'instant, j'ai encore peur. Peur d'avoir à me défaire de cette facilité que je connais, qui m'a accompagnée depuis toujours. Peur de lâcher cette facilité nouvelle dans laquelle je vis depuis plus de trois ans, sans me poser la question du lendemain. Cette facilité lâche de laquelle rien ne semble sortir... Peur de la rigueur, de la contrainte auxquelles je devrais me soumettre si je veux aller au bout. Peur de manquer d'énergie.

Mais si c'est cela qui doit être... quand donc est-ce que je commence ?

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22 juin 2009

Conte à quinze

Hier et avant-hier, j'ai participé pour la deuxième fois à un week-end de formation pour devenir "Educatrice en Prénatal" (il n'y a pas d'école de ce genre en France, à ce que je sache, mais il y a ce site que vous pouvez visiter pour comprendre un minimûme de quoi il s'agit).

Je ne vais sans doute pas faire tout le parcours de formation puisque je l'ai rejoint en cours de route cette année, que rien ne dit que je sois capable de passer les examens en italien, et que rien ne dit que je serai encore ici l'année prochaine.

Ceci dit, je suis éblouie et heureuse quand je reviens de ces rencontres, où certes j'apprends des choses, mais surtout où il se vit des expériences merveilleuses sur le plan du "groupe". Car, comme dans beaucoup de groupes de formations, nous faisons des exercices qui souvent parlent extrêmement fort... Je vous redonnerai peut-être d'autres éléments dans les messages à venir, mais pour l'instant, je voulais vous partager un exercice fantastique : nous devions raconter l'histoire d'un homme et d'une femme qui se rencontrent, ont le désir d'avoir un enfant, et leur parcours, la naissance, tout ça. Chacun(e) de nous en écrivait les deux premières lignes sur une feuille blanche, puis la passait à sa voisine qui écrivait les lignes suivantes, et ainsi de suite jusqu'à retrouver notre ouvrage commencé, cette fois pour écrire les dernières lignes.

Une expérience détonnante : d'abord, parce que je n'étais pas du tout contente de trouver autre chose que ce que j'avais (même très secrètement) espérer trouver, et ensuite, parce que relisant l'ensemble, j'ai été  saisie, transportée et comblée par les symboles qui s'enchaînent et se nourrissent les uns les autres, peut-être irrationnellement (et ho on vous demande pas d'être logique, non plus, c'est un conte !) mais avec tant de résonnance dans ma propre vie... Voilà, je vous livre le bébé, je ne sais pas si vous le trouverez aussi génial que moi, mais... c'est l'ouvrage de quinze personnes inspirées !! yallah !!

Rosa_Rouge_Meillandecor_

Il était une fois une femme de trente-six ans qui cherchait désespérément à se marier. Elle habitait dans un bois fleuri. Un jour, un prince d'une rare beauté passa près de l'endroit où elle vivait, il cherchait un lieu où passer la nuit.

Le prince se demandait : vaut-il mieux chercher une auberge cinq étoiles ou bien dormir sur la plage, couvert très simplement par la royale voûte céleste ?

Mais soudain le prince aperçu la jeune femme et ses attentes disparurent. Elle était là, accueillante et chaleureuse...

Au cours de la nuit, sur la clairière fleurie, les arbres se courbèrent afin que les étoiles n'aient pas à rougir !

Ha, les étoiles...

L'une d'entre elles était une comète ; à peine exprimait-elle un désir que la vie était déjà en la jeune femme, elle qui jusqu'à cet instant avait cru qu'elle ne pouvait avoir d'enfant.

De l'étoile comète à l'étoile filante... Filant, tombant jusque dans le coeur de la vie.

Et lui, tandis qu'il la voyait se transformer, se demanda s'il l'avait déjà aimée de toute éternité, ou si c'était un amour furtif... L'émotion finit par envahir son coeur et il comprit alors qu'il l'avait aimée profondément, qu'il l'aimait même, désormais, bien plus qu'avant. De cet amour qui se transforme pour devenir accueil...

Neuf mois passèrent ; elle, passant son temps à construire le nid et à nourrir son petit avec des histoires, des chansons, des livres, des étoffes douces et des peaux de brebis ; lui à assembler les branches pour offrir un repaire à la famille qui était en train de se construire.


Sous un arbre, sur l'herbe, naquit une merveilleuse petite fille. Ce fut un accouchement très doux, et les oiseaux accueillirent la nouvelle créature, avec le plus beau chant qu'ils connaissaient.

...Et ils l'appelèrent Flamme, comme le feu de la passion qui l'avait engendrée et comme cette fin qui, un jour d'octobre, l'attendait.

On dit alors que Flamme était la princesse des bois et des étoiles : et toute la nature se réjouit de sa naissance, et la lumière du soleil brilla toujours pour elle.

18 juin 2009

Prof d'art plastique mais c'est bien sûr !!

Comme une cruche, j'avais pas trouvé comment mettre cette vidéo sur mon blog, et comme par miracle j'ai trouvé. Pas trop tôt....

Je pourrais regarder ça en boucle, ...et pendant des heures !! (enfin je crois :-)

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i comme icare

Vous connaissez peut-être déjà cet extrait d'un film célèbre ! je le découvre à l'instant. J'ai failli ne pas regarder jusqu'à la fin. Mais c'est très bien ficelé... très subtile....


Extrait i comme icare
envoyé par Rollingeyes (dailymotion)

Il devient urgent que nous sachions pourquoi nous agissons comme nous agissons, et quel sens ça a !!

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16 juin 2009

La chair de ma chair

Samedi, je détruis l'ongle du gros orteil du Tichapz en lui ouvrant une porte dessus. Aaaïe.

Dimanche, repos. Après une journée pansementée avec de l'argile verte, on n'y voit que du feu, bon, je pansemente tous les jours car je voudrais pas que cette zone sensible rencontre de nouveaux chocs (AAAAïe...)

Lundi (matin de cette nuit où j'écris, quoi) la Princesse, qui découvre les cables en tous genre, tire sur le fil de la lampe qui.... dégringole du haut de son étagère, sur la tête. Pisse le sang, deuxième round. ..... argile encore, ce truc magique (le seul que j'eusse à portée de main) et apparemment elle va bien mais je suis encore inquiète car elle est fortement fiévreuse. [oups]

J'écris tout ça pourquoi ? parce que franchement, ces petites choses, écrites en noir sur blanc, ce sont juste des petits accidents de la vie quotidienne... Mais......

Je réagis comme une hystérique. Je suis tétanisée, le souffle coupé, le sang glacé, la chair de poule, la nausée. J'ai manqué de m'évanouir samedi (bon la chaleur jouait aussi mais hein) et aujourd'hui j'ai mieux réagi, grâce à une dose de Rescue. Mais.......

Et c'est là que je comprends que j'ai plus mal qu'eux. J'imagine, dans ma propre chair, ce qu'ils sont en train de vivre, et je m'en fais une montagne, et je suis paralysée par cette montagne et par la dureté de la vie et par ce goût de sang...

Il y a aussi que je ne comprends pas. J'ai l'impression de n'avoir jamais eu très mal, moi-même, de ne jamais m'être fait de vraiment gros bobos. Je n'ai jamais saigné de la tête ni de l'ongle du pied. Et me v'là, ingénue, à ne pas comprendre que cela puisse arriver à mes propres enfants....

Me v'là donc propulsée, en trois jours à peine, au rang de mère maladivement inquiète. Me v'là bien, avant, j'avais peur de rien......

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08 juin 2009

Tronches de vie

* Pour la fête des mères (heure française hein, parce que, heure italienne, la fête des mères était début mai [Clin d oeil]) le Tichapz m'a fait un cadeau étrange : il a passé la nuit à dormir tout seul dans la "pièce à joujoux" !! il y est allé de lui-même selon son papa. Fait drôle ces ptits qui grandissent.... mais bon, il n'a pas renouvelé la nuit suivante, faut pas déc plaisanter non plus.

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Clin d'oeil poupées russes : vive Clairette !

* * *

* dialogue tout à l'heure :
- Est où, papa ?
- Papa est au travail, Tichapz, il va revenir ce soir.
- Pourquoi l'est au travail ?
- Parce que, heu... parce que quand on est adulte, on aime bien avoir une activité pour occuper sa journée, et parce que cela fait vivre la famille.
- Pourquoi l'est travail et favichemeu, chamillaneumeleugnieufamille ?
- Et bien, heu... quand on travaille, on gagne de l'argent, ça permet d'acheter notre nourriture, nos vêtements, et d'avoir une maison pour vivre !
- Et pourquoi l'est au travail, papa ?

heu......

Je crois que je vais retourner prendre des cours de philo, moi (répondit la brave mère en son fort intérieur)

* * *

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Quand IK!éa fait de la pub mégalo dans les rues des grandes villes,
ça fait que des petits gars... restent vraiment petits :-P

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31 mai 2009

Celles qu'il y a en moi

Une fois j'étais à l'enterrement de vie de jeune fille de ma grande copine italienne, qui habite maintenant en Chine et que je ne vois jamais mais elle est comme une soeur (on était enceintes ensemble, on a accouché presque ensemble, je l'ai vue traverser le long couloir de l'hôpital pliée sous les contractions et me grimaçant un sourire de reine, moi qui étais retenue là comme une prisonnière ah ! elle allait donner naissance... et on a continué de nous voir un peu au fil de la croissance de nos aînés...)

J'étais donc à sa petite fête, elle se mariait pour ne pas compliquer les démarches une fois arrivée en Chine où elle suivait le père de sa fille et... du second enfant planté en elle. Une autre française de ses amies me glissa au détour d'une conversation que non, franchement, elle ne devrait pas se marier, ce n'était pas elle, ça, pas la S. qu'elle connaissait ! La S. qu'elle connaissait était sulfureuse, atypique, salo** impossible à "ranger" comme ça dans une vie de famille posée.

Sur le coup j'ai répliqué "mais... il y a plein de femmes en chacune de nous..."

* * *

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* * *

L'autre jour j'étais avec ma maman et, alors que je lui parlais de la princesse qui était en moi, elle me demanda combien il y avait de moi en moi. J'essayai de compter alors : la moi-princesse... la moi-ânesse, la moi-rebelle... J'étais pas si inspirée. Mais c'est vrai que c'est un peu cela qui me travaille, en ce moment, je suis prise dans mes ambivalences (moi-écolo versus moi-dépensière-consommatrice-non-repentie... moi-simplicité-volontaire et moi-amoureuse-de-tas-d'objets-belles-choses...moi-maman-maîtresse-à-la-maison et moi-âme-solitaire-et-sauvage... moi-tournée-vers-les-choses-du-ciel et moi-porte-jarretelles - pour n'en citer que quelques-unes :D)

La clef se trouve dans ce que m'a dit un sage-homme que je vais voir quelquefois : tout cela, c'est tout un ! pourquoi séparer le ciel et la terre ?? D'où vient cette division, qu'on ne se sente pas le droit d'être chagace ET d'avoir des enfants, de mener une vie de dingue ET une vie de famille ?

Sais pas. Mais j'aime assez bien avoir l'air contradictoire, et cacher tous ces moi'z en moi. Le hic vient quand j'ai l'impression de devoir justifier l'une de moi par rapport à l'autre... fichue âme humaine. ô mais ça va on s'amuse bien tout de même. Et vous quels sont vos moi'z et comment y voyezvous clair, en vous ?

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Petit marin breton !

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*

Petite Princesse Mignone !!

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*

Des belles choses vues en Mai.....

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Elucubré par petiboutondor à 00:27 - Zavezàvoir... - K'en pansez-vous [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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