12 novembre 2009
Petit délire existentiel
Qui suis-je ?
Que fais-je ici-bas sur la terre ?
Ai-je une idée claire de ce que je veux de ma vie ?
Suis-je heureuse d'être ce que je suis ou bien est-ce que je crois seulement l'être ?
Suis-je réellement celle que je suis, ou bien suis-je ce que les autres veulent que je sois ?
Est-ce que je connais toutes les potentialités de mon être ?
Quels sont mes idéaux ?
Hernan Huarache Mamani,
La prophétie de celle qui prend soin
(cherchez pas... ce livre n'existe pas en français.
C'est joli non ? Bonne réflexion à tous :-)
09 novembre 2009
Conte du Tichapz avant de s'endormir
...nommée aussi par le susdit : L'histoire du cheval qui pleure.
Il était une fois, dans un pays fort lointain, un magnifique cheval blanc qui vivait dans un grand château, tout en haut d'une colline entourée de forêts et de champs. Il aimait tant s'ébrouer dans la cour du palais, et galoper contre le vent !

Un jour, un brigand vint à l'entrée du château et réclama de l'argent. Comme il n'y avait personne dans la cour à cette heure, le cheval passa le museau par la herse et répondit :
"Monseigneur, vous vous trompez d'heure ! je crains cependant que personne ici ne veuille vous donner de l'argent... car vous êtes un brigand !
- Et toi, cheval blanc ! n'as-tu pas quelque besace intéressante à me donner ?
- Je ne le puis, Monseigneur, je suis le fidèle destrier de mon roi."
Le brigand s'en alla très en colère. Il alla tout au fond de la forêt des quatre lunes et trouva la grande sorcière en sa maison, au fond de la clairière. "Sorcière, sorcière ! s'exclama-t-il. Je te donne la moitié de mon prochain butin si tu trouves un moyen pour me venger de ce cheval".
La sorcière prépara alors une potion, gravit la colline jusqu'au château et la donna à boire au grand cheval blanc.
Au début, il se trouva mal. La potion commençait à agir. Puis, en l'espace de quelques heures, il diminua, diminua et se fit plus petit ! sa beau si blanche se teinta, se teinta de gris ! et voilà que le plus beau et le plus fidèle destrier du roi se transforma en petit âne, tout petit, triste, et gris.

Il fut renvoyé des stelles royales lorsqu'il eut envie d'aller se coucher le soir suivant, et on l'attela aux plus durs labeurs. Jour après jour, il devait porter les charges les plus lourdes et travailler très tôt le matin, très tard le soir... Amèrement, il regrettait ses anciens privilèges, son ancienne maison toujours si pleine de bon foin, et les écuyers qui prenaient tant soin de son royal et blanc pelage... tant de choses perdues !
Alors qu'il gémissait ainsi en versant quelques larmes, une petite souris passait par là et entendit son histoire. Le plus fidèle cheval du roi a été transformé en âne !! Elle le raconta à sa soeur, la grande souris, qui le raconta à sa maman, la maman souris, qui la raconta à leur père, le papa souris, et le papa souris qui était très ami avec le hibou, le lui raconta aussi. Alors le hibou s'envola pour retrouver sa maison, dans le creux de l'arbre, et lui murmura cette histoire. Alors l'arbre s'indigna et le raconta à l'arbre voisin, qui le raconta à l'autre arbre voisin, et ainsi tous les arbres de la forêt furent au courant. Ils décidèrent d'agir, et vite !
Ils densifièrent leur feuillage, et se rapprochèrent étroitement les uns des autres. Ils firent un ombrage épais au-dessus de la clairière où vivait la sorcière et ils lui dirent : "Sorcière, c'est bien toi qui a transformé le fidèle destrier du roi en un malheureux petit âne ! Si tu ne répares pas ce que tu as fait, Sorcière, ta maison jamais plus ne verra un rayon du soleil et plus jamais, la clarté de la lune ne s'étendra en ta demeure !" Toujours, l'ombre était plus grande et leurs feuillages plus forts...
Alors la sorcière prépara une nouvelle potion et l'apporta à boire au petit âne. A nouveau, il se transforma. Il grandit un peu, sa peau devint blanche, plus blanche... Plus blanche que jamais, brillant d'un éclat étincelant. Mais le petit âne resta un âne : car la sorcière n'était pas assez puissante pour réparer exactement ce qu'elle avait fait. Il y avait plus de blancheur dans sa potion, et pas assez de hauteur...
Cependant, le roi reconnut enfin son unique et fidèle destrier : "Je te retrouve, mon fidèle ami ! Te voilà changé en âne, mais je reconnais ta blancheur... Ta robe blanche est plus belle que la clarté du soleil... elle est plus splendide même que lorsque tu étais cheval !"
Et le roi reprit l'âne chez lui, le faisant reposer près du trône. Tous les jours, il le remerciait d'être son fidèle compagnon et d'avoir exécuté ses peines d'âne, si patiemment... et tous les jours, désormais, le bel âne blanc transportait joyeusement les enfants du palais sur son dos somptueux, animant les dîners par son hennissement heureux.

05 novembre 2009
Hydrothérapie (1)
Plusieurs d'entre vous connaissent et pratiquent déjà les Bains Dérivatifs, dont l'intérêt et le fonctionnement vous sont amplement expliqués de ci, de là. Les effets et bienfaits de l'eau ne vous sont donc pas inconnus !

De même, au XIXè siècle, un moine allemand souffreteux nommé Kneipp perfectionna toute une méthode de soins par applications d'eau froide, mais aussi eau chaude, après s'être guéri des éternelles traces de sa tuberculose dans l'eau froide d'une rivière.
Le principe est extrêmement simple et le bon sens populaire le sait déjà : là où c'est trop chaud, il faut mettre du froid et là où c'est trop froid, il faut appliquer du chaud. Chaque mal dont nous pouvons souffrir peut se ranger dans un trop-froid ou trop-chaud ; attention à ne pas systématiser puisqu'un mal peut avoir besoin de fraicheur au début, de chaleur ensuite.
Voici l'exemple d'une inflammation : vous avez la cheville tordue, c'est chaud et rouge, ça enfle. Traitement : bain d'eau froide ! mais les jours suivants, vous aurez besoin de lui donner des bains chauds afin d'adoucir la tension des muscles et soulager la douleur, une fois que l'inflammation "aiguë" sera passée. Simple, non ?
La règle de base est donc d'appliquer de l'eau froide sur une peau chaude, et de l'eau chaude sur une peau froide. Chaude, l'eau DéCONGESTIONNE ; froide elle DéSENFLAMME. Chaude, elle s'emploie pour les douleurs chroniques type arthrose, froide pour tout ce qui est coups et blessures. Les vaisseaux se dilatent sous l'eau chaude et se contractent sous l'eau froide. Une application chaude éveille un effet PASSIF de la peau qui REçOIT ce réchauffement, tandis qu'une application froide stimule un effet ACTIF de la peau qui produira tout de suite une action.
L'eau STIMULE parce qu'elle agit directement sur la circulation du sang mais aussi, puisqu'elle est au contact de la peau, elle active le système nerveux. En ce sens, on peut jouer sur les "réactions consensuelles" en agissant sur une jambe droite, pour obtenir guérison de la jambe gauche ou en donnant un bain d'eau froide aux pieds pour calmer certains maux de têtes (vous savez là, quand votre tête chauffe un peu trop !)
NB : lorsqu'il y a une CONGESTION quelque part, le sang afflue vers ce quelque part. Si vous avez les pieds et mains froids, cela peut être le signe que le sang s'est concentré ailleurs. De même, si vous avez le ventre froid, cela peut indiquer une congestion au niveau de la digestion, plus à l'intérieur, ne permettant pas au sang d'être réparti harmonieusement jusqu'à la périphérie du corps...
Et outre donc les actions dilatantes ou contractantes de l'eau, qui agissent d'une manière simplissime sur bon nombre de petits tracas, les exercices d'applications chaudes et froides stimulent votre système immunitaire ! Si vous sentez donc le rhume qui monte, à vos baignades...
*
Voici comment procéder à l'exercice de base qui stimule votre système immunitaire. Lorsque vous venez de prendre une douche bien chaude (et de préférence, pas trop près d'un repas), mettez la fonction "jet" de votre pommeau de douche (quoi vous n'en avez pas ? moi non plus ! je fais sans mais l'idéal est vraiment d'avoir un jet fort et précis) et commencez par vous exposer à ce jet d'eau froide, en partant sur le côté de votre cheville droite (le point le plus éloigné du coeur, afin de ne pas provoquer de choc trop fort).
Remontez le long de votre jambe, comme si vous suiviez la couture de votre pantalon de jean (oui oh bon ça va moi non plus je n'ai pas de jean). Arrivé en haut, insistez quelques secondes au niveau de votre bassin en laissant couler l'eau le long de la jambe et faîtes de petits vas-et-viens, puis contournez la jambe jusqu'à l'aîne, et redescendez le long de l'autre couture de jean, sur l'intérieur de votre jambe.
Même chose sur l'autre jambe, puis vous pouvez faire une spirale sur le ventre, un huit autour de la poitrine et une spirale sur le visage. Si vous n'êtes pas une personne nerveuse, immergez aussi le dos.
Tout ce parcours à l'eau froide doit se faire assez rapidement, environ une minute pour tout le corps.
A ce stade, branchez l'eau chaude et réchauffez en suivant ce même parcours que je viens de décrire, en triplant le temps car le principe est que l'application d'eau froide dure un quart du temps d'application de l'eau chaude (à peu près).
Ce parcours alternant chaud et froid est à renouveler trois fois (en finissant par le froid).
Si, comme moi, vous avez quelques scrupules à utiliser tant d'eau, pas d'inquiétude : la stimulation du système immunitaire a lieu aussi avec deux bassines, l'une d'eau chaude et l'autre d'eau froide, dans lesquelles vous trempez vos bras alternativement (ou vos pieds, ou...). Une minute dans l'eau chaude, puis vingt secondes dans l'eau froide, trois fois.
Je pense que question système immunitaire les bains dérivatifs sont le must, sans nécessiter autant d'eau. Mais bon, je vous avais promis un cours d'hydrothérapie moi ! Vous pouvez toujours essayer :-)

Je garde encore quelques recettes dans mon sac, pour la prochaine fois :-P ...sachant que je suis franchement une néophyte car la formation complète pour l'hydrothérapie de Monsieur Kneipp dure toute une semaine ! Aux bons amoureux de l'eau.... bonsoir !
03 novembre 2009
Du changement dans l'air
Bon, je reprends le format classique du blog après une vaine tentative d'embellir le phénomène. L'hachteumeuleu et moi, ça sera une autre fois. On se contentera de cette nouvelle bannière ! j'y ai mis l'arbre-femme qui puise sa force des racines plongées dans la terre et élance ses branchages vers le ciel, avec les tableaux de Brueghels nommés l'air, la terre et l'eau. Le feu est un tableau sombre et destructeur, bizarrement, quant à moi je préfère mettre de la lumière. ça vous plaît ?
J'aimerais donner un peu plus de vie à ce blog. Comme je suis soit trop centrée sur moi-même, soit pas assez organisée, je m'essoufle un peu à l'animer, pourtant j'ai bien des choses à vous mettre sous la dent !
D'abord, cette année "scolaire" est marquée du signe de l'activité (enfin !) :
* Le Tichapz est à la maison, c'est un choix que j'ai fait par trop grand mécontentement de moi-même si je l'avais mis à l'école. Je ne suis pas quelqu'un de très actif, mais je ne veux pas non plus renoncer à mes rêves, et le rêve de faire "l'école à la maison", c'était tout de même quelque chose d'assez fort chez moi. Et puis, la Providence a tout ménagé pour que cela se passe au mieux, en m'apportant cet été une famille anglaise avec une choupette de l'âge de mon ptit gars, non scolarisée elle non plus. Je n'aurais jamais imaginé avoir tout à coup comme ça pouf, une voisine qui soit à ce point sur la même longueur d'onde que moi. Elle comprend le français, en plus !! et moi, avec mon frangliche, je la fais rire assez souvent :-)
Nous nous retrouvons trois matinées par semaine, mais sans stress, c'est très maléable selon les impératifs des uns zédézautres. Et... on s'éclate !! c'est un joyeux fouilli d'idées, de vie, on prend du Montessori par-ci et des inventions par-là... vivent les "troizans" !! je veux en profiter à fond.
Septembre et ses joies fin-estivales...


L'automne et ses joies completely-in-automne




Chef d'oeuvre artistique tichapesque. Technique mixte. Support de base : pâte à modeler.
La belle vie !
* En plus de cela, je monopolise régulièrement Mari-trésor pour s'occuper des enfants. Je m'échappe de mon train-train pour deux ou trois raisons... Primo, ma formation aux massages ayurvédiques, qui prend fin, mais qui se complète en tas d'infos top que je vous transmettrai prochainement : hydrothérapie, alimentation ayurvédique, phytothérapie, chromothérapie.
Deuxio, mes week-ends autour de la prénatalité. C'est une formation qui vise à donner des outils pour faire des conférences, animer des groupes ou des entretiens individuels, concernant la vie avant la naissance, dès la conception voire même avant... il s'agit surtout d'apporter des tas d'informations et quelques exercices pratiques pour favoriser la création du lien et le tissage de la communication entre les parents et l'enfant, le plus tôt possible. Histoire de bien comprendre, à la lisière de la biologie et de la métaphysique, que le psychisme des êtres humains se nourrit dès la vie intra-utérine... passionnant.
Troisio, entamée vendredi dernier, une formation avec ma sage-femme italienne, directrice d'une maison de naissance et initiatrice de ce projet de création d'un réseau d'aide aux jeunes mamans. Ah, cette maison, c'est un peu ma famille italienne... Il semble que je vais finir en beauté mon parcours dans ce pays !
A chaque nouvelle rencontre que je fais, ces temps-ci, je suis éblouie par les richesses contenues dans les âmes humaines. Ces groupes que je fréquente sont beaux, il n'y a pas d'autre mot. Je crois que je ne me rends pas bien compte à quel point j'ai de la chance, moi qui souffre si facilement de solitude...
Au menu des messages de ce blog, donc, prochainement, vous entendrez parler de bien-être et de bien naître. Entre autres, bien-sûr !
14 octobre 2009
Histoires de pertes
Le monde des avions est un monde de plus en plus hostile.
Il y a peu de temps, je n'avais jamais pris l'avion de ma vie et voilà qu'en quelques années je me crois presque experte en ce domaine, mais c'est oublier une chose : je ne m'y ferai JAMAIS. C'est plus fort que moi, un aéroport, ça finira toujours par me rendre folle, et un employé d'aéroport surtout. Surtout à Londres. Quant au personnel dans les avions eux-mêmes, cela dépend des compagnies et des humeurs des uns des autres... il faut dire qu'ils n'ont pas choisi un métier des plus faciles. La seule chose appréciable en ce domaine, c'est la joie du Tichapz qui s'il le pouvait passerait sa vie à prendre un avion... C'est aussi le moment du décollage, quand les guilis et l'adrénaline s'intensifient dans le creux du ventre et vous plaquent contre votre siège, ça j'aime. Etre dans le ciel bien-sûr, évidemment...

Nous avons donc rempli l'exploit de voyager avec deux enfants en bas âge, et comme nous avons de la chance et qu'ils sont "faciles", tout s'est plutôt bien passé. A part des détails que je n'ai pas DU TOUT envie de ressasser ici. Non, car l'objet premier qui me fait prendre mon clavier, c'est l'histoire de la famille Abracadabra qui, voyageant d'avion en avion puis de maison en maison, se demandait par quel miracle elle récupérait toujours chacun de ses bagages. Pourtant, ce ne fut pas sans pertes.
Plus ça va, et plus ça me fatigue, de perdre. ça me fait prendre conscience peut-être à quel point je suis matérialiste, mais... Par exemple, je voulais vous parler d'un livre génial dès mon retour de ce voyage. Pour en finir la lecture, je l'ai imprudemment sorti du sac, dans l'avion aller. Ensuite, bousculés par les gens qui pouvaient pas attendre deux secondes qu'on ait fini de regarder si on n'avait rien oublié, ce livre est resté dans cet avion avec le livre du Tichapz qu'il affectionnait particulièrement. Triple GRRRRR (sans parler du monde que c'est, ensuite, si vous avez l'ombre de l'idée du désir de vouloir récupérer ce qui vous appartient. Beuref.)
Si je fais le compte de ce que nous avons perdu depuis cet été, avec tous nos déplacements, et bien... je déprime. Et je suis sans cesse dans l'expectative : faut-il faire des pieds et des mains pour retrouver les objets égarés ? Me sont-ils vraiment nécessaires, au point que je les rachète ? Et puis, psychologiquement, je dois avoir un problème ah oui ! les psys seront les premiers à vous donner des tas de raisons pour lesquelles vous éparpillez vos biens partout où vous passez...
L'air de rien une barette, une chaussette, un stylo par ci, une brosse à dent par là... ça me fait méditer grave sur la possession, le soin qu'on porte aux affaires qui nous appartiennent, et... le sens de la vie. Quand j'étais célibataire c'était quand même vachement plus simple !
Et vous, avez-vous des remèdes contre la perte des plus ou moins petites choses ? ça me serait bien utile ! le seul que je trouve, pour l'instant, c'est d'arrêter de crapahuter et de ne plus jamais changer de maison
8-P
(mais c'est pas pour tout de suite....)
12 octobre 2009
Tadoussac et Charlevoix
C'est à Tadoussac que plusieurs compagnies embarquent les curieux pour rendre visite aux baleines. Nous sommes montés vers le nord en partant de Québec et découvert des vues sublimes sous la brume...

...traversé les routes canadiennes bordées de lacs et des couleurs d'automne naissantes...



...pour finalement nous embarquer a bord d'un catamaran et nous vider la tête sous l'étendue du fleuve et de l'air...

au loin naissent hors de l'eau ces corps immenses, qui transfigurent nos instants de vie par leur grâce et le don qu'ils nous font de se laisser voir ainsi...




De nouveau les pieds sur terre, nous prenons la route pour rejoindre une auberge au bout du village de l'Anse-Saint-Jean, sur le bord du Fjord du Saguenay. Vue imprenable à la tombée de la nuit, qui nous enchante le coeur une fois de plus...

Et de jour le fjord, lorsqu'il est enchanteur, donne ceci :



Vous vous demandez ce qu'est un fjord ??

Et dans ce fjord du Saguenay, on trouve les belles bélugas, la baleine blanche...

une deuxième nuit dans notre auberge...

Et puis nous sommes revenus vers le sud, où nous assisterions à notre fameux mariage, après avoir fait un tour dans la région de Charlevoix, dégusté de fabuleux petits déjeuners dont un à tête de clown (devinez pour qui),
visité un moulin sur une isle,
et visité quelques galeries d'art...
Un bin beau voyage, que je vous dis !
11 octobre 2009
Québec and...
Quittant Montréal, nous avons laissé de belles personnes qui préparaient le mariage avec leurs familles, heureux de nous retrouver entre nous pour notre grand périple. C'est par la nuit tombée que nous découvrons Québec, la ville...


La journée commence sous la pluie...


Elle se poursuit sous un ciel changeant...







J'aime tant les noms des lieux là-bas :-)




Celle-là c'est ma préférée, j'aime toujours les titres de noblesse et de farfeluité
Puis nous déjeunons avec hauteur et moulte moyens mécanico-informatiques de distraire les enfants...






La princesse fait son show



et nous poursuivons nos visites vers la chute du Montmorency

...d'où nous ne sommes pas sûrs de pouvoir réchapper !
Pourtant, sains et saufs, nous sommes allés dîner chez une famille d'expatriés de France (encore une vraiment chouette rencontre via le net...), et nous sommes rentrés dormir à la ville avant de reprendre la route en direction de...

Suite au prochain numéro !
10 octobre 2009
Petit morceau de d(r)ame

Que s'est-il passé ?
J'ai la nausée au fond de la gorge et les larmes au bord du précipice.
Je ne comprends pas. J'ai un homme qui m'aime. Nous avons vécu une nuit passionnée là-bas, quelque chose de suave comme je ne pouvais imaginer. Mais ce souvenir est mêlé de fiel en moi aujourd'hui et je ne comprends pas pourquoi.
Je me demande ce qui cloche, chez moi. Pourquoi ne puis-je prendre la pureté des autres comme telle, sans me sentir nauséabonde parce que je ne me sens pas pure comme j'ai l'impression qu'ils sont ? il faut que je mette ces choses au clair et ce sujet m'est terriblement douloureux.
*
La virginité a toujours été adulée par des tas de civilisations. Je lisais récemment un livre dont j'avais envie de vous parler, déjà... Dans la religion catholique, la virginité est magnifiée pour ce qu'elle garde comme porte ouverte et sacrée, elle préserve l'âme de préoccupations encombrantes* pour des fins différentes et rendues nobles par la grâce de Dieu ; de surcroît "la vierge représente la valeur de la personne, comme valeur ultime et indépendante de toutes ses oeuvres"** (sous-entendu, l'oeuvre de devenir mère principalement).
*j'ai bien choisi mon mot. Je sais bien que tous n'ont pas une vision "encombrante" de la sexualité heureusement :-D mais là moi (maintenant) tout de suite dans ma vie, elle m'incombe et m'encombre !
**Gertrude von Le Fort, La femme éternelle, Via Romana 2008, p.35)
Pourtant la religion catholique s'attache aussi à défendre la chair, puisque Dieu s'est incarné dans une chair et puisque l'union de l'homme et de la femme est une image bien concrète qui nous manifeste l'amour de Dieu pour l'humanité, du Christ pour l'Eglise, et de l'amour en général - l'amour naît de Dieu...
C'est dur de parler de "pureté" avec les bons mots. Il y a en moi cette hérésie qui considère que je ne suis plus pure depuis que je ne suis plus vierge, elle tournoie autour de moi comme un oiseau malfaisant. Vous me direz, c'est vain et inutile de chercher à être pur, et je le sais, mais il y a une part de moi qui cherche cela toujours, au delà de mes raisonnements. J'en étais venue à être cruellement jalouse de la Sainte Vierge et à la détester, puisque ce qu'elle avait pu vivre n'était offert à aucune autre.
Et aujourd'hui. Plus ma vie avance dans les territoires secrets que ma virginité avait préservés jusqu'à mon mariage (eh ouais !), plus j'éprouve des sentiments étranges que j'ai besoin d'expliciter. Cette sexualité devient tout mon recours, je me sens possédée par celui qui m'aime et, de ce même coup, dépossédée de la valeur de ma personne puisque c'est -je re-cite - "la vierge" qui "représente la valeur de la personne, comme indépendante de ses oeuvres". Raisonnement raccourci, je sais bien, et pourtant plus fort que moi. C'est bien que j'en prenne conscience, car la suite du texte, c'est : "la femme représente donc aussi la réalité [...] de ce qui reste inconnu, caché et apparemment négligeable [cela reprend l'idée qu'une femme non épousée et qui ne donne pas d'enfants est vue comme inutile du point de vue des sociétés traditionnelles...]. Mais de cette manière [...], elle permet de sauvegarder le sens ultime de l'histoire, et surtout elle atteste du monde invisible, par delà le monde visible".
Je sais pas si vous y comprenez quelque chose mais j'ai l'impression que c'est quelque chose de beau qu'il faudrait entrevoir, là.

En avançant dans les territoires de ma vie d'épousée, donc, je cherche l'équilibre et la justesse de ma vocation de femme. Gardienne de l'invisible...
En devenant mère et en étant plongée dans un abîme de délices charnels lorsque je suis aimée, je suis sans cesse ramenée à cette chair... à cette terre qui me forme. La terre, l'humus... oui je suis faite de cette terre, et je ne devrais pas m'en sentir humiliée, je devrais rester humblement et doucement moi-même, à me délecter dans l'humus tout en étant capable de palper cet invisible...
"La chute de la femme n'est pas en réalité la chute d'un être qui tombe à terre, mais elle est bien plutôt chute de la femme qui se sépare de cette terre, dans la mesure où c'est sur cette terre créée et grâce à elle, que la femme peut faire la preuve de son humble disponibilité." (ibid. p.17)

J'ai besoin donc d'accepter de n'être pas vierge, d'avoir donné et offert ma chair pour la croissance de notre amour au lieu de préserver seulement la valeur de ma personne... J'ai besoin de trouver ma joie dans ce don de moi-même qui me donne ces délices, qui me redonne à l'humus, même s'il est vulnérable et sauvage cet humus !! et de cesser de vouloir être (une fois de plus) autre que ce que je suis.
Et j'ai besoin, pour autant, de ne pas me perdre dans ces délices. Ils ne peuvent être mon absolu recours, malgré l'abîme ineffable dans lequel ils me mènent. Sans quoi je ne me donne plus en véritable liberté, je referme la main sur ce que je reçois, ou encore je ne pense qu'à ça... au final je me retrouve insatisfaite.
Il me faut être dépendante, Et indépendante. Ouverte à l'autre, ET seule. Que c'est une alchimie délicate et combien ai-je encore besoin d'y songer...
*
D'avoir écrit tout cela, déjà, j'ai le coeur plus gonflé, il a perdu sa vide lourdeur. J'ai envie de bénir Dieu pour les merveilles qu'il fait ;-) alors spéciale dédicace au Bon Dieu :
Je suis entré dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée,
J'ai cueilli ma myrrhe avec mes aromates,
J'ai mangé mon rayon de miel avec mon miel,
J'ai bu mon vin avec mon lait...
- Mangez, compagnons,
buvez et enivrez-vous d'amour.
- Je dors, mais mon cœur veille.
J'entends mon bien-aimé, il frappe !
"Ouvre-moi, ma sœur, ma compagne,
Ma colombe, ma parfaite !
Car ma tête est couverte de rosée,
Mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit".
(Cantique des cantiques, 5, 1 et 2)
Je suis à mon bien-aimé,
et sur moi se porte son désir.
Viens, mon bien-aimé,
nous sortirons dans la campagne,
nous passerons la nuit dans les villages.
De bon matin nous irons aux vignobles,
nous verrons si la vigne bourgeonne,
si les fleurs s'entrouvent,
si les grenadiers fleurissent ;
là je te donnerai mon amour. (Ct 7, 11)

La lune s'est mise à danser :-)
Subreptissement j'ai perdu ce goût de malheur dans ma bouche !



