15 octobre 2006
Méditation
Aujourd'hui 15, j'instaure le Dimanche Méditation. Hier, samedi 14, texte du jour (Lc 11, 27-28)...
Comme Jésus disait cela, une femme, élevant la voix au milieu de la foule, lui dit : "Heureux le ventre qui t'a porté et les seins que tu as sucés !"
Mais il dit : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent !"
... m'a frappée plus que jamais. Ben, c'est la première fois que je l'entends depuis que je suis maman...
Je crois que cette femme devait avoir contre elle un petit bébé. Je crois qu'elle devait l'avoir contre elle parce qu'après, vite on oublie. Il n'y a que le sommet présent pour faire souvenir aux femmes ce sentiment intense... comment décrire... Il faut concentrer toute son attention pour le saisir... pour saisir ce mystère... Il faut une grande disponibilité de coeur pour être fracassée à cause d'un respir, d'un petit son exquis ou d'une mimique liquéfiante...
Cela me fait penser au mystère de la Sainte Vierge. L'autre jour, je me suis demandée : vraiment, pourquoi est-il si important que Marie soit toujours vierge ? On en fait des patacaisses, l'Eglise y tient tellement, tout à coup j'ai éprouvé une profonde ignorance.
Et plus tard j'ai eu (sans que je m'y attende mais pas par hasard) ma réponse, en tombant sur ce texte : (http://www.mariedenazareth.com/4437.0.html)
Le sens de la virginité après l'enfantement
Je crois qu’il est éclairant, pour comprendre le sens de la virginité de Marie après l’enfantement, de lire Philon d’Alexandrie
(† 45 env. après J-C) :
Léa, comme l'Écriture le dit, après avoir engendré Judas, son quatrième fils, « cessa d’enfanter » (Gn 29,35). « Judas » veut dire « louer Dieu », c'est le sommet de la perfection. Glorifier le Père est la meilleure chose de toutes, et c’est le fruit le plus accompli des fruits qui soient jamais sortis d'une femme enceinte, Veine (Philon De Plantatione, 135). Donc Léa n'engendre plus. Elle ne savait pas vers quoi se tourner, ayant atteint la limite extrême de la perfection (Ibid). Après cette naissance, Léa mit fin, ou mieux, il fut mis un terme à sa progéniture. En effet – le croit Philon - elle vit que les organes de sa puissance génératrice étaient devenus arides et stériles, car en elle avait fleuri le fruit parfait, Judas, l'action de grâce (Philon d’Alexandrie, De Somniis 1,37).
Maintenant, essayons à faire la transposition christologique de cette page de Veine, et demandons-nous : pourquoi Marie ne porta-t-elle pas d’enfants autres que le Christ ? Non pas certes parce que la génération aurait un je ne sais quoi d'impur, mais parce qu'elle accueillit en son sein ce Fils : celui qui, en étant Dieu, était l'Eschaton, la Perfection, l'Absolu. En devenant le temple vivant du Verbe incarné, vraiment Marie, pour utiliser les mots de Philon, ne savait pas vers quoi se tourner, ayant atteint la limite extrême de la perfection. Comme les jarres de Cana, ainsi le sein de Marie, avec l'Incarnation, fut plein « jusqu'au bord » (cf Jn 2,7).
(Extraits de A.SERRA, article Vergine, nel Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, p.1304-1308 traduction F.Breynaert)
J'ai donc pu comprendre que la joie intense de tout le mystère d'être maman, Marie ne pouvait pas l'avoir eue plusieurs fois, ni de la manière normale puisqu'elle a porté l'Homme des hommes, Celui qui était Dieu aussi, le Tout Parfait... Le Tout Parfait et le Tout Comblant...
Oui, voilà. Une mère qui est maman, pour peu qu'elle y consacre son attention, ressent sans cesse - pour peu, oui, qu'elle regarde son enfant... une émotion vive, mystique... Comme disait Mari-trésor à sa manière : "C'est comme si l'accomplissement de l'homme, c'est d'être un bébé". A développer mais alors, on comprend que cette femme proclame bienheureuse la Mère de Dieu... Jésus qui non seulement fut dans les bras de Marie un bébé, mais qui était Dieu... Et quelle joie indicible nous avons nous, petites mamans sensibles, en voyant combien petit être d'amour nous comble, seulement parce qu'il est à la fois tout parfait et à la fois, parce qu'il a besoin de nous... étonnament besoin de nous... oh, comment petite maman sensible pourrait ne pas fondre en voyant son bébé se trouver rassuré et comblé par elle, ne fût-ce que pour l'instant de la tétée !
Bienheureuse, donc, celle qui a porté dans ses entrailles l'Orange qui était Jésus, et qui a comblé cet Enfant en lui laissant "sucer ses seins" ...
Et voilà que Jésus - cet homme qu'il est ! - casse l'ambiance et dit : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent !"
Ha ha ha ha ! Que dire alors, qu'allons-nous penser ? C'est qu'un bonhomme ? Aucune sensibilité féminine, vraiment ?
Voyons. Je penserai jamais cela de mon Amour.
Il me faut donc chercher à comprendre.
Jésus donne là, je crois, la voie d'un bonheur encore plus parfait - plus parfait que celui d'être mère ! Avec cette dimension incroyable, que je ne peux décrire, ce sentiment intense, cette comblitude profonde ! Ces entrailles plus frémissantes que frémissantes !! ... - plus parfait, oui. Ecouter sa parole et l'observer : la mettre en pratique, la garder en son coeur aussi... oh là, oh là-là......
Laudato sia Jesu Cristo - Sempre sia laudato ..!
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