24 août 2007
Un ptit saut à Goa...2
Suite de mes notes (ça vous ennuie pas ?)
Ce matin je me suis réveillée Eé-puisée, pas assez dormi. Mais tirée du sommeil par un cauchemar atroce : il était huit heures, l'heure de partir faire le marché, mais je restait clouée au lit, morte de fatigue. Puis tout à coup il était déjà six heures du soir et nous commencions seulement à émerger et partir,... et le marché allait fermer, et c'était innommable tout ce temps qu'on avait perdu là... Je demande à mon homme en une phrase angoissée : il est quelle heure ? - nuiteure moinlquart..." Hop hop hop ! Deux secondes, trois peut-être m'ont renenue scotchée encore, mais pas une de plus. Et une douche pour attaquer la journée (mais si l'eau chaude y est, seulement je n'ai pas pris le temps de comprendre comment elle s'allumait).
Toute de propre vêtue, "Viiite ! habille-toi ! J'ai fait un terrible cauchemar."
Dans la rue, tentative vaine pour marchander un rickshaw jusqu'à Anjuna. Alors on prend le bus.
Ici, tout est catholique : les bus, les taxis, les magasins, les rues, les gens. Il n'y a pas cent mètres sans que l'on rencontre un calvaire, une "Our Lady" ou un "Menino Jesus" avec leur couronne de fleurs. Ou un poster de Jésus glissé sur une image de Britney Spear.

ça m'a adoucie, petit à petit. Je rageai d'avoir à attendre le bus, changer de bus, reprendre le bus, chercher notre voie, ne plus la trouver encore. Mais j'ai fini pas presque oublier de croire que tous les indiens sont méchants et veulent t'extirper au maximum. J'a fini par oublier : tout le monde nous aidait sur notre passage, tout le monde était gentil, mignon, touchant - j'aime l'Inde. J'aime cette manière étrange qu'ont les indiens d'acquiescer de la tête sans acquiescer vraiment, cela vous désarçonne un européen complètement (bon bah alors c'est oui ou c'est non ??) Tête un peu penchée, air tout réservé... Balancement discret dans tous les sens (OUI, ça veut dire oui mais devine-le, car je t'en dirais trop, si je te le disais vraiment). C'est ce qui m'a touché en premier, chez eux... et qui me touche le plus encore. Et définitivement. Tous les indiens que je rencontre font ainsi - mais je n'ai sans doute pas rencontré toutes les sortes d'indiens.
Ils ont tous - sauf je pense ceux qui ont trop souffert - un air d'enfant... tantôt ingénu, tantôt un peu perdu. Gai tout de même, bien souvent. Je ne sais pas si ce sont tous les indiens, vraiment. Nous n'avons pas cet air-là, nous, nous n'avons pas le visage poupon. Enfin je me trompe : JE. Mari-trésor, oui.
Nous avons vu aussi - et ça, nous avons beaucoup ri : un rameuteur de bus scruter du fond de son âme la réponse qu'il allait donner à notre question, ç'en était... vibrant. Nous lui avions demandé dans combien de temps partait son bus. Son visage est resté impassible mais il est passé, peut-être, par mille cheminements étranges en lui avant de nous révéler un "fifteen minutes". Nous étions haletants. C'était comme s'il s'était laissé sentir, de l'intérieur de lui-même, par chaque pore de sa peau et chacune de ses cellules, combien de minutes il resterait d'ici le départ de son bus. "Fifteen minutes"... c'était excellent.
J'aime l'Inde... je m'y attendais le moins du monde. Je rêvais à l'Afrique, une espèce de simplicité "brute", des choses dures et sauvages mais aussi tant de rires - et si communicatifs... Mais voilà que je trouve une Inde qui me touche, dans toute la finesse de sa retenue, dans toute la mystique de ses apparitions.

Ce matin nous avons donc fini par débarquer à Anjuna. J'ai adoré à peu près toutes les personnes avec qui j'ai parlé, là-bas. (pas parlé, non : échangé. On n'a pas forcément besoin de parler, avec les indiens. Mais souvent on échange, oui. Très souvent. Tichapz doit y être pour vraiment, vraiment beaucoup d'ailleurs.) On nous dit que le marché est fermé et j'enrage mais, arrivés à la plage, nous apercevons bien pourtant quelques stands. Nous nous approchons et là, hop ! nous sommes harpillés. De plus en mal et mal en pis. Je prends à bras le corps la tâche que je m'étais fixée : remporter le plus possible de choses que j'aime COMPLETEMENT, et à un prix que je m'étais fixé (pas question de renouveler la mauvais eexpérience de mon tout premier marchandage !). J'ai donc résisté de toutes parts, à toutes les astreintes et c'était incroyable ! Nous étions les premiers arrivés du matin, et l'attraction fondamentale d'un carré de ... 70m² de stands et d'indiens (plutôt d'indiennes d'ailleurs... ça m'a peut-être aidée) assoiffés de nous vendre quelque chose. Premiers clients de la journée, premiers blancs : et si la chance leur souriait ?
J'ai aimé marchander avec elles, repousser leurs offres, garder le sourire, ne pas me démonter, dire clairement ce que je voulais. Dans mon dos une femme harcelait Mari-trésor, puis finalement elle l'a questionné : "But... SHE is the boss ??" Et mon sage homme de répondre : "yes !" Elle n'y est plus revenue...
Plus loin j'ai discutté avec des jeunes filles, je me sentais de leur âge, leur soeur, leur égale, je portais mon enfant comme elles porteraient le leur... Elles m'ont chargée de leur porter bonne chance ("first custom of the day !") - j'espère que je la leur ai portée, de tout mon coeur. Cette lutte pour survivre est si dure ! j'étais prise au rire et au jeu mais, la femme du bout là-bas m'a fait bien de la peine. Elle avait l'air si triste...
* * *
Avant de repartir, nous avons pris le temps d'une tétée d'amour au bord de la mer d'Arabie...

John est venu nous taper la tchatche, très sympathique, visage d'enfant. Puis nous sommes remontés vers le bus et Tichapz, en passant, a fait un coucou à un bébé de son âge qui habitait là, avec sa maman. J'ai vu aussi une femme enceinte, magnifique dans un saree rouge... nos soeurs.
Commentaires
j'aime apprendre à connaître l'Inde à travers tes notes...à demain
Ah merci, j'adore te lire... surtout ce passage "J'aime cette manière étrange qu'ont les indiens d'acquiscer de la tête sans acquiescer vraiment, cela vous désarçonne un européen complètement (bon bah alors c'est oui ou c'est non ??) Tête un peu penchée, air tout réservé... Balancement discret adns tous les sens (OUI, ça veut dire oui mais devine-le, car je t'en dirais trop, si je te le disais vraiment). C'est ce qui m'a touché en premier, chez eux... et qui me touche le plus encore." Comme si on y était :-))))
À bientôt.
Delphine : ah désolée le week-end chuis en grève ! pardon ;-)
mmsp : rha, toi tu relève toujours le meilleur ! j'te reconnais bien là :-)
MERCI d'apprécier mes racontages, les amies... :-D
PS : fautes corrigées ! ;-)
Hummmm, encore !
J'ai l'impression de te voir, de les voir. Etrange et beau à la fois.
Merci ...
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