16 février 2008
Marre de manquer d'humour
Oui mais alors attention : ça vole pas haut
du tout
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comment ça j'ai honte ??
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Si vous êtes dans une période fatiguée des lavables (ou devenue un peu plus sensible aux odeurs...) et que marre des moltex qui sont à peine bio-dégradables en fait et en plus qui appartiennent à pamprout maint'nant y paraît, vous pouvez tester les italiennes Naturaé, à peine plus chères que les pamprouts et compagnie, biodégradables à 82% (notez, ces 2% font toute la différence) et, ET !! condition incontournable : suffisamment lisse et bien pour qu'on puisse écrire et peindre dessus. La couche incontournable pour toutes les mamans.
A bon entendeur... ;-)
14 novembre 2007
Sur le net ces temps ci...
... il y a eu une vague de débats sur l'allaitement, suite aux... débats dûs à la semaine Mondiale de l'allaitement.
Je n'entrerai pas dans la polémique, c'est juste le Tichapz qui voulait vous partager son expérience d'attente de branchage, de conscience d'un branchage en vue, et de branchage effectif :
Hiiiii hi hi hi hi hi hi !!
03 juin 2007
Petit édit tout spécial...
Aujourd'hui en France, il paraît que c'est la fête des mamans et.... et bien, ce soir, j'ai eu droit à un cadeau tout doux, tout doux de mon petit babou tendre, j'ai nommé : Tichapz...
Dans sa petite bouche à deux reprises au moins, j'ai entendu distinctement...
"Maaaaa-man".

Une petite larme vous croyez, là ?? oh que c'est doux d'être maman...
09 novembre 2006
Les pleurs de bébé
Quand je suis retournée voir ma sage-femme, pour la première fois depuis la naissance de Tichapz (enfin elle l'avait déjà vu une fois parce qu'elle était venue nous voir à la maison - quelle chouette Marta, ma chouette sage-femme, une vraie comme on voudrait en voir di più !)
Quand je suis retournée chez elle donc, à la Casa di Maternità, c'était pour le groupe du Jeudi.
Le groupe du Jeudi, c'est celui où les (jeunes) mamans se réunissent et parlent. On est toutes là, assises en rond (enfin en carré puisque la pièce est carrée et que c'est plus confortable de s'adosser au mur) (surtout pour allaiter), chacune son bébé, et on discutte. De tout, de rien, mais surtout de ce qui nous tracasse, nous tient à coeur ; on partage sur la semaine qui vient de s'écouler... (in italiano per favore)
Si le besoin se fait sentir, on traite d'un sujet qui se dessine.
La première fois que j'y suis allée donc, telle était ma préoccupation : les pleurs des bébés. AinCi-gît l'éternelle question : faut-il laisser pleurer les bébés ?
Pragmatique, Marta nous a demandé de retenir, pendant la semaine suivante, quels types de pleurs nous pouvions observer chez nos bébés, quel diagniostic nous en avons fait, comment nous nous sommes senties face à ces pleurs, et ce que nous avons tâché de faire pour les résoudre.

La belle qualité de Marta (oui, ça fait longtemps que je voulais parler de Marta !) (ici sur la photo avec collier rouge, au-dessus de Frédéric Leboyer), c'est qu'elle n'impose pas son expérience : elle la propose, et très discrètement avec de toutes petites touches, et seulement après nous avoir fait prendre confiance en notre expérience à nous. Nous, chacune des mamans.
Mères, et futures mères, ne retenez que ceci d'ailleurs : seul compte votre vrai sentiment, votre sentiment profond. Ne vous laissez pas manger par des tas de petites voix petits conseils... Ecoutez-les, bien-sûr, ils peuvent vous nourrir, mais celui qui doit toujours trancher, et en dernier lieu, c'est votre sens profond. A vous. Ce qui conviendra au bébé d'à côté ne coviendra pas forcément au vôtre. Il importe moins de lire des tas de bouquins ou de parcourir des tas de forums (ce que je ne fais absolument pas vous le saurez, dzouiing dzouiiiiing...) que d'être "connecté" à ce sens intérieur, qui vous guidera toujours le mieux du monde, pour VOS petits. Trouvez du soutien quelque part (car on est si fragile, enceinte ou jeune maman) et connectez-vous là : à ce que vous vivez de plus profond. (ça passera peut-être par moultes angoisses et maux d'être. Mais au bout du compte, j'ai le sentiment de trouver une telle plénitude de vie, ce faisant.....)
Disais-je. Digressions que nenni : les pleurs de bébé.
Le bilan de cela à l'époque (si lointaine !!?), c'est que j'ai mieux compris certains types de pleurs que je n'imaginais pas, principalement celui de l'ennui. Bébé s'ennuie, bien-sûr ! Contre toute naïve attente (ben quoi, un bébé ça a juste faim et ça dort juste non ? D'ailleurs si ça pleure, c'est juste pour nous embêter, évidemment ! Nous empêcher de suivre la même vie qu'on avait avant, non ? Faites des bébés, qu'y disaient !).
Un bébé ne pleure JAMAIS sans raison. Ce qui ne veut pas dire qu'on la comprend toujours et c'est cela qui crée de la tension. Les pleurs basiques que nous reconnaissions sans mal : pleurs de fatigue, maux de ventre, faim. Puis est venue la compréhension de pleurs plus subtiles. En premier (merci quelqu'une) je suis devenue plus vigilante sur les ruotini (plus sympa que le ptirot français, non ?) parce que c'était chez Tichapz une grande cause de gêne. Ensuite, grâce à Maman puis à Marta, j'ai réalisé (compris) le pleur d'ennui. Quelle tâche alors ! Donner sans cesse à vivre et à voir, à son petit bébé...
Reste un pleur pour lequel je n'ai pas de solution définitive et simple : celui dit "du soir", ou "de stress", provoqué par toute l'énergie accumulée dans un si petit corps, pour ce tout jeune esprit chaque jour tellement stimulé (certains jours plus que d'autes). Pleur aussi qui semble témoigner le plus de sa grande sensibilité... Pleur qui demande le plus d'efforts, qui provoque le plus de désarroi, qui est le plus sujet à discordes, sans doute (sur la conduite à tenir).
L'attitude "classique" consiste à "laisser pleurer". Autrefois l'on souriait charmé, d'un air convenu et un peu contrarié de gêner ainsi les oreilles des invités en disant : "Petit Chérubin fait ses poumons".
Dans des temps moins lointains, on d(isa)it qu'il n'y a(vait) rien à faire et que le mieux é(tai)t d'attendre que le petit se taise - si besoin, l'enfermer dans une pièce séparée pour ne pas se casser les oreilles non plus. Les tenants modernes de cette attitude ont pondu l'inoubliable et trépidante "règle" 5-10-15. Pour entraîner bébé, le laisser pleurer seul d'abord 5 minutes. Venir au bout de 5 minutes. Mères, ne faiblissez pas : CINQ, minutes. D'ailleurs ça vous entraîne vous aussi, vous allez voir. Cinq minutes, donc, tâchez alors de calmez un peu votre bébé (mais sans le prendre dans vos bras de préférence) puis laissez-le à nouveau. S'il se remet à pleurer, comptez 10 minutes. Ne faiblissez pas ! DIX, minutes avant de revenir auprès du tendre et joli berceau. Même jeu. Ensuite, QUINZE. Z'avez vu, au cas où ça vous avait fait un peu mal ça devient déjà plus facile, vous vous êtes habituée. Après tout, de tout temps en tous lieux, les bébés ont pleuré (à vérifier quand-même, ça m'chiffonne j'ai lu du Maria Montessori qui disait, mais peut-être elle-même sans en avoir vraiment fait l'étude, que les bébés du "Tiers-Monde" ne pleuraient pas parce qu'ils étaient constamment portés - ah tiens ??).
S'il en est certains d'entre vous qui n'êtes pas convaincus par ce magique procédé - désolée, passées les QUINZE minutes du dernier round, je ne sais pas ce qui est préconisé mais sans doute, vu qu'on n'est plus trop sensible aux pleurs, on attend jusqu'à ce que mort épuisement s'ensuive. Car si votre bébé en a marre de pleurer (si-si croyez-le, ce temps viendra) il s'arrêtera de toutes façons et pouf, dodo.
Si donc z'êtes pas convaincus ou avez un bébé qui se laisse décidément pas faire, d'autres solutions dites d'"Education sans violence" existent. Mais là encore, les partis ne sont pas unis.
Il y a les extrêmistes qui feront tout pour calmer les pleurs de leurs bébés, TOUT : promenades dehors, dans la maison, bercements infinis, sein à volonté (si sein demandé)... stratagèmes éternels... épuisement parental. (Sauf ceux qui le veulent vraiment parce qu'ils préfèrent. Ne nous épuise que ce que nous éprouvons comme épuisant, en un certain sens...). Un bel exemple se trouve là.
Il y a les centristes qui mettront la tétine dans la bouche de bébé (s'il la prend) (ne pas hésiter à forcer un peu au début) et les pleurs auront définitivement une solution simple, facile d'usage, sans prise de tête et tout sourires. Chez les centristes, l'utilisation de la tétine connaît de multiples variantes, que je n'énumèrerai pas mais qui se déclinent entre fourer tétine à bocca dès le moindre gémissement, et donner tétine quand vraiment on n'arrive plus à trouver autre chose (et qu'on considère que sein n'est pas tétine).
Entre les deux, il existe des tempérés dirons-nous, qui considèrent certains pleurs comme nécessaires en tant qu'ils sont évacuateurs de stress, de stimulations nombreuses, d'émotions fortes. Je suis mal placée pour en parler, puisque je n'ai pas lu l'ouvrage de Aletha Solter qui en parle : Pleurs et colères des enfants et des bébés, une approche révolutionnaire. Mais j'en dis trois mots : il s'agit ici de permettre à son bébé de pleurer, tout en étant à son écoute. Il s'agit d'"accompagner" l'enfant dans ses pleurs : 1°) En lui disant qu'il peut pleurer s'il a besoin, que nous sommes là pour écouter ce qu'il voudrait évacuer/dire/sortir. 2°) En formulant éventuellement ce qui peut être la cause de ce besoin de pleurer, pendant qu'il pleure, afin qu'il se sente bien écouté et compris. 3°) En l'accompagnant jusqu'au bout, c'est-à-dire en le laissant pleurer jusqu'à ce qu'il n'en ai plus besoin/envie et retrouve le sourire. "Est-ce que tu voudrais encore me dire quelque chose ?", peut-on demander par exemple.
Toutes ces choses (à part la tétine actuellement rentrée dans les moeurs) (mais à bien y regarder on pourrait vraiment se demander AUSSI nan mais qu'esssssékçaskymettent dans la bouche de leurs petiots, ces occidentaux...) peuvent sembler incongrues mais... cela ne m'a pas déplu d'explorer ces diifférents "partis". Même, j'essaie de pratiquer ! Parent, fichu métier : rien n'est jamais sûr, certain ni aquis.
M'enfin j'dois dire ça m'plaît pas mal quand-même.
Ben mon p'tit gars !
04 novembre 2006
âmes sensibles s'abstenir...
... Vous risquez de verser beaucoup de larmes en voyant ce clip !

12 octobre 2006
Une question que je pose souvent...
Une question que je pose souvent à Marin :
est-ce que tu te souviens de ta naissance ?
Ô, mon fils, toi si petit encore...
J'ai vécu ce que nos chers corps médicaux appellent : grossesse pathologique. Attention l'humiliation, s'il vous plaît ! Ma grossesse fut : pathologique. Mais bon peu importe (et puis d'abord, dans mon malheur, j'ai eu beaucoup de chance, je dis : BEAUCOUP. Et puis d'abord sans cela je n'aurai peut-être pas autant aimé mon cher petit mari, aujourd'hui.)
J'ai donc accouché à l'hôpital, plutôt que dans ce lieu de rêve (studio intime, baignoire, tons orangés... Moi seule, avec une sage-femme et surtout, mon bien-aimé...). Marin, petit être d'amour, te souviens-tu ? Pendant quinze jours, je n'ai pas eu d'intimité. Pourtant, au bout du compte, combien de choses grandes j'ai vécu dans mon coeur, et combien de lien puissant j'ai continué de tisser avec toi, malgré tout...
Quand on m'a dit Madame, (ah oui parce qu'il faut bien vous dire que je suis une dame !), il faut vous provoquer, j'ai fait de la résistance. Ben quoi il est pas beau mon petit ? Et moi, mon corps de mère, il est dangereux ? Vous voulez donc me faire des injections d'hormones hyper violentes et que j'accouche sous péridurale (surenchère d'injections extra nat') pour ne plus tant souffrir ?
Finalement, raison et coeur aidant (et vraiment, je le répète : de la chance !) (euh, à moins que ce soit encore Autre chose) j'ai pu retarder ta venue tant que possible, jusqu'à la trente-huitième semaine et te préparer, nous préparer à cet événement...
Et même, j'ai pu accoucher "naturellement".
On a seulement percé la poche de nos eaux qui étaient trop abondantes (= Grand Danger, si si ! Et si le sac se rompait et que ton cordon était entraîné avec les eaux et que tu mourais inalimenté ? Chair de poule, oui chair de poule. Heureusement que les si n'arrivent pas toujours.)... trois heures après tu étais là, Mon Bébé, tu as surgi de moi comme une fusée qui a hâte de vivre ; c'est que je t'avais prévenu... Je t'avais dit, mon bébé, mon trésor, je t'avais dit qu'on ne te laisserait pas le temps dû mais que ce n'est pas grave, tu pouvais bien venir maintenant, on t'attendait, on était prêts, nous avions hâte de voir enfin ta petite frimousse qui nous faisait déjà rire depuis longtemps (de là-dedans). A l'hôpital je te parlais, petit trésor, je te disais qu'il allait falloir que tu viennes vite et qu'il ne fallait pas craindre, parce que nous t'accueillerions.
Ô Dieu ! Quelle vie ! Quelle expérience ! C'est bien là ce que nous avons fait... Et toi, tout petit être, tout enfant chéri, tu es venu. J'ai dû m'exclamer des choses simples et secrètes, vêtues d'amour et d'un élan du coeur insoupçonné... On n'est plus la même femme, quand on a accouché. Mon homme n'est plus le même homme – nous sommes toujours des gamins, mais il a vu sa femme mettre au monde son fils – et il m'a soutenue, comme je n'y aurais pas pensé ! Quel homme. (Quelle femme, répond-il en riant)
Pomme d'Api ! Vive la vie.
Moi j'ai peur
Cas de conscience...
Moi j'ai peur.
J'ai peur que mon trésor souffre si je le laisse, mais j'ai peur surtout de souffrir si je ne le laisse pas. J'ai peur de me sentir mangée, bouffée, de n'être et de ne vivre que pour lui...
Maternage. Bien grand mot, dont je continue sans cesse de découvrir les grandes lignes. Etape 1 : j'allaite mon bébé. Etape 2 : je porte mon bébé. Etape 3 : je dors, avec mon bébé. Etape 4 : je ne laisse jamais mon bébé seul dans une pièce où je ne suis pas. Etape 5 : si je le fais, je me sens arrachée à moi-même, comme si mon bébé était une partie de moi.
Est-ce que je ne vais pas trop loin ?
Est-ce que je ne vais pas me faire manger ?
Est-ce que mon trésor ne va pas devenir un tyran, un tyran d'amour, oh oui, mais puis-je vraiment prétendre à le combler ?
.... Les maux de notre société s'achèveront-ils le jour où les parents de mieux en mieux, s'emploieront à répondre aux besoins de leurs enfants (sans cesse et sans attendre) ?
Ces enfants-là : sauront-ils avoir de la compassion ? Sauront-ils éprouver le malheur des autres, si eux-mêmes n'ont rien connu du malheur ?
Lorsque l'on a souffert, n'est-ce pas alors que s'ouvre un peu notre coeur ?
A condition qu'il soit tout visité d'amour ensuite, bien-sûr...
Moi j'ai peur. J'ai peur qu'à force de vouloir aimer parfaitement mon enfant, je le force à devenir un tyran qui ne sache pas éprouver le manque. Il me semble que c'est parce que j'ai éprouvé le manque que mon coeur s'est ouvert au grand, au beau, au grandiose qui transperce mon âme parce que je suis petite. Si tout m'avait été donné, si tout m'avait été dû, que serais-je aujourd'hui ? Que serais-je d'autre que l'orgueil, la suffisance, la méchanceté finalement ?
Etape 6 : j'ai tout de même le sentiment d'étouffer. Etape 7 : dès que tu gémis, je m'alerte et m'irrite en moi-même : mais ne va-t-il donc pas me laisser tranquille ! Ne faut-il pas plutôt que je le laisse donc gémir, et même souffrir, puisqu'il en est ainsi de la vie – hélas – et que tout de même, tout de même ! La consolation n'est-elle pas d'autant plus grande, qu'on a éprouvé le manquement ?
Ô petit ange, petit trésor tendre qui dort à côté de moi, dis-le moi : que seras-tu ? Je n'ai que le désir de te combler, quand je te vois dormir ainsi paisiblement. Tes sourires, dans ton sommeil, me récompensent follement, au point que toutes les lassitudes disparaissent, oh... je peux bien souffrir un peu, si tu souris autant...
J'ai un peu peur. Tu vois tu bouges, une grimace et déjà, je me sens empêchée de poursuivre là ce que je fais. Frustration, méchant garçon. Tu te réveilles, que vas-tu vouloir ? Il va falloir que je te prenne dans mes bras, que je te cajôle ? Oh, mais tu es trop mignon, trop mignon, trop mignon ! Ta bouche qui s'étire et ton petit gémissement, tes jambettes qui s'agittent tout doucement, et tu veux sucer ta main, et tu frottes contre ton visage ces mains si petites que tu étends, avec tant de grâce et tant d'inconscience... Petit chat qui s'éveille... Petit bébé qui essaie de sucer quelque chose, oh tu as confiance ! Tu ne pleures pas encore, tu as confiance que je vais voir ces signes que tu me montres, que je vais répondre à ton besoin.
Mais déjà te rendors-tu ? Tu t'es trémoussé un peu, tout délicatement, pour faire ta « grosse commission » et voilà ! Le sommeil te garde pourtant, après tout tu es bien, tu es près de maman...
J'ai eu peur. Voilà, j'ai eu peur, mais bébé se rendort tendrement. Et moi je continue ce que j'étais en train de faire.... oh, tu bouges encore pourtant, mais c'est tout léger. Tes sourcils se froncent parce que tu rêves et tu penses – mais à quoi tu penses ??
Qui a déjà regardé un bébé dormir... Je t'ai déjà vu penser, t'étonner, et même rire !
Qui a dit qu'un tout petit, avant trois mois, n'a pas de vie ? Tu réagis au moindre mouvement, moindre bruit, moindre cliquetis de l'eau et frottement de drap, petit bébé-chat...
Ta couche est pleine mais tu dors, dors...
Eh non ! Ça y est tu as ouvert les yeux. Mais tu es tout calme. D'ailleurs, tu les refermes. Ô petit ange... Non. Deuxième ouvrage. Puis tu refermes. Ha ha ! Troisième. Et encore. Ton respir agite tout ton petit corps – ah, Dieu, n'y a-t-il rien de plus merveilleux que ce respir ? Tout bouge en toi au mouvement de cet oxygène qui circule et qui signe ta vie... Oui, tu vis, c'est cela qui est merveilleux. Inlassablement ton ventre et ta poitrine se lèvent au rythme de la vie que tu reçois de l'air et tu t'abandonnes, confiant. Tu ne peux pas faire autrement.
De nouveau les yeux ouverts. Air profond, concentré. Mais le sommeil ne veut pas encore te lâcher. Ah le bruit de cet oxygène dans ton nez. Comment redire ces merveilles et ce rythme, ce rythme... doux bruit de ta vie qui coule et circule. Spectacle sans fin que ton visage qui bouge parce que tu respires complètement. Complètement, tout ton corps respire, toute ton âme, c'est plus que vital, c'est plus qu'animal. Bébé, ton respir est spirituel. Il parle du mystère de la vie, il évoque la grandeur véritable, la grandeur de ce qui est tout petit....
Tu t'agites à nouveau, peut-être n'es-tu pas si bien installé. Et encore, à nouveau, il n'y a plus que ce respir, ce mouvement latent qui te prend tout entier, ton visage qui se lève et se rabaisse avec régularité.
Ô quel beau visage, Marin, mon bébé. Toute petite tête ronde et carrée. Si grosse pour ta taille ! Mon bébé. Un tout petit filet de fins cheveux sur ton crâne, à peine brun foncé. Une peau d'or et de blé... Ton petit nez tout rond qui couronne une large et fine bouche qui s'étire, se pince, tête dans le vide avec de petits sons adorables... Tes joues si rondes et joufflues qu'on voudrait les manger... Et ton front qui se fronce ou se détend, au rythme de ta vie intérieure.
***
Maintenant tu es bien réveillé, et tu tètes. Ton regard tout droit devant, concentré, conscient absolument que toute l'essence de ta survie se trouve là, celle de ton bien-être aussi, peuplé de douceur et de temps... Au début tu es affamé, et tu me rappelles encore tes premiers moments merveilleux à la Maternité : mouvement tout entier de la bouche et joues tendres qui se gonflent comme des ballons ! tu avales, tu respires, et tu poursuis ce procédé au long cours, ô force de vie prodigieuse qui est en toi.
Un soupir : le plus vital est passé, tu prends plus de temps maintenant. Entre des moments de tétée intense, des respirs plus rapprochés, tu t'apaises. Mon joli coeur si tendre, chéri d'amour. Mon bébé. Puis tu ne têtes plus que par ci, par-là, c'est pour le plaisir, pour la joie, le réconfort profond d'être si contre sa maman et quand cette maman n'est pas préoccupée par autre chose et qu'elle choisit d'avoir le temps, qu'elle choisit de n'avoir rien d'aute à faire que de te regarder, de profiter de toi, quel délice, quelle joie, quel réconfort aussi... Et là je me dis c'est ça d'être femme, c'est cela le plus épanouissant, ...non. Je me dis : oh mon Dieu est-il possible d'être comblée davantage ? Non, ce n'est pas encore ça... Je me dis... comme tu es beau, petit trésor, et comme tout mon être trouve de bonheur et de beauté en notre lien si profond...
Et puis quand je te regarde, que je te tiens dans mes bras et que je suis si fière de voir que tu tiens ta tête... quand tu lances tes yeux, grand ouverts, partout tout autour à la recherche de ce monde qui t'accueille... Quand tu fais tes petits bruits rien qu'à toi de vie, d'observation, de changement de position...
Et quand je te regarde droit dans les yeux en te parlant, en te chatouillant le visage et que tu éclaires ta figure de mille grands sourires, si beaux et si purs, qui sont les premiers...
ça y est mon enfant, mon fils, quand je te parle j'ai le sentiment que tu me comprends – mais ça ça fait déjà longtemps – et qu'en plus, tu me réponds...
A nouveau tu dors. Tu t'es bien agité, pourtant, aujourd'hui. Mais à nouveau – et enfin ! Tout abandonné. Ton odeur. Ton odeur, mon bébé. Hélas! Je ne me souviens plus déjà de la force de celle des premiers jours, intense, suave, ennivrante, que je sentais à trois kilomètres. Qui me gardait complètement folle. Aujourd'hui, il me reste encore ton odeur de lait après la tétée, ta peau bien-sûr – même si elle a déjà changé. Ou alors c'est toujours la même mais je me suis habituée. Ton odeur m'ennivre mais alors, celle des premiers jours ! Indescriptible. Digne des fées.
Tu dors mon trésor, et j'ai la joie d'écrire, ta petite âme reposée sur mes genoux, ton respir contre moi, ton odeur. Alléluia !
(Tiens, j'ai moins peur maintenant. Allons, courage, petit bouton d'or : Etape 8 : je masse mon bébé tous les jours (j'attends le moment opportun qu'il souhaite). Etape 9 : je laisse bébé sans couches et je sais communiquer avec lui pour une hygiène naturelle épanouie. Hé hé hé hé !)
[...]
J'ai moins peur m'enfin quand-même, ouh lou-lou !
Demain peut-être.
;-)




