24 décembre 2007
La Vérité des vérités
Antoine est un pro du bâtiment.
Il a toujours trouvé son bonheur dans cette voie, qui le fascinait et animait déjà ses aspirations lorqu'il était enfant. La construction d'une maison n'a pas de secret pour lui. Du trou qu'il faut creuser dans la terre pour assurer les fondements jusqu'à la pose des charpentes et le choix de l'isolation, rien qu'il ne sache pas faire ni mener jusqu'au bout. Il connaît les aléas des chantiers sous le froid, la pluie, le soleil ou le vent. Il sait construire des ports, des ponts, des chemins de fer et des autoroutes. Il connaît tout des constructions qui font actuellement la vérité urbaine de notre monde. Et pourtant....
* * *
Gustave est un ébéniste hors paire.
De ses doigts agiles, il modèle et ajuste les objets les plus fins, les meubles et les marquetteries les plus éblouissantes. Il connaît tous les bois et tous les outils de son monde, ce sont les objets qu'il tient en main chaque jour pour accomplir des merveilles. Le burin, le ciseau et le rabot n'ont aucun secret pour lui. Il connaît la tendresse de tous les bois précieux, la résistance de chaque espèce selon sa nature et sa robustesse. Il sait la prestance de tout l'éventail de ce riche matériau que ses mains épaisses caressent au quotidien. Il n'ignore rien de la vérité de son travail : ni la patience, ni la minutie, ni l'adresse... ni la persévérance aussi. Pourtant...
* * *
Marylin est une infirmière brillante.
Depuis bien longtemps elle oeuvre au service psychiatrie... elle en a vu, des vérités. Elle a vu les yeux sans âme, les âmes perdues à côté d'elles-mêmes - dans un quelque part tellement étrange, tellement difficile d'accès.... Elle a côtoyé mille vérités. Les mille vérités insondables et indicibles de ces mille et mille personnes frappées par la folie.... La "folie". Cette foudre incommensurable, et incompréhensible. Cette détresse de l'humain qui peste à rendre fou à son tour, cette maladie de l'âme que l'on ne peut saisir. En rien. Nulle part. Chaque jour, elle leur apporte son coeur, son soutien et le souffle de sa vie ; chaque jour son humanité vient secourir et panser, ici ou là, les innombrables blessures de nos humanités. La vérité ? Elle la connaît sous tous ses angles... A travers chacun de ces terribles regards. Et pourtant....
* * *
Pourtant, cela n'empêche pas Dieu d'être plus grand que tout cela. Cela n'empêche pas la nature d'être un tout créé et sans cesse co-créateur de vie, avec une totalité propre, qui dépasse les vérités quotidiennes d'Antoine, de Gustave ou de Marylin.
Nos repères humains sont inscrits dans un cadre, une vie, des circonstances, des relations et des rencontres, des libertés et des choix.
Cela n'empêche ni Dieu, ni la Nature (que nous* considérons créée, modelée et animée par le Souffle de Dieu, cet "Esprit" déjà tendre qui "planait sur les eaux"...) d'être établis dans une Vérité plus profonde, plus immense, qui dépasse l'entendement de chacun d'entre nous...
(* "nous", qui croyons en Dieu)
Dieu plus que la Nature d'ailleurs puisque, au fruit d'un long travail et d'un amas de connaissances, acquis au bout de tant de siècles d'expériences accumulées, nous pouvons prétendre à la connaître et la comprendre - un tant soit peu - ce qui n'est pas exactement le cas de Dieu.
Dieu, Lui, nous dépasse davantage encore, dans la mesure où Il ne se fait pas sentir à nos sens comme la Nature. Dieu dépasse notre entendement forgé par le réel de nos sens et sensations. Il est l'Eternel, l'Immuable, l'Inacessible en tous points. En ce sens d'ailleurs l'humain est un peu à l'image de Dieu : qui a déjà su "faire le tour" d'une âme ? Quand bien même nous aurions étudié toutes les psychologies de la terre...
Dieu est aussi LA Vérité : en Lui tout est, était, et vient.
En Lui repose le discours qui définit toute et chaque chose ; de Lui s'élance le souffle qui donne vie à la moindre parcelle existante dans le monde. Il EST, il existe de toute éternité. Il est Celui qui sait tout, qui englobe tout. Il est la référence ultime et première à tous nos états de vie, nos natures, nos âmes. En Lui tout ce qui existe au monde trouve son Origine, et sa Fin.
C'est en ce sens que l'on considère que malgré toutes les "petites" vérités de nos quotidiens, de nos rencontres, Dieu est bel et bien LA Vérité de qui tout part, à qui tout revient, en quoi tout se fonde.
* * * Fin du cours de philo * * * à vos stylos ;-)

Pour conclure, je voudrais vous souhaiter un Joyeux Noël.
Noël, c'est l'Eternel qui se fait petit Enfant. C'est notre Dieu si divin, si incommensurable, qui vient se mesurer à l'aune de notre petitesse, de cette humanité cadrée, contextualisée. C'est le Don d'un Amour si incompréhensible que le Tout Autre se fait tout semblable ô, ce grand mystère...
Doux, Saint, Joyeux Noël à vous tous...
Que l'Amour envahisse les foyers et les coeurs... quelle que soit la langue que nous parlons.
Je vous transmets la bénédiction gazouillante de notre Doux Amour de Jésus dans la crèche !
26 novembre 2007
Culture, culture... Et où est l'Art ?
En ce moment, le plus clair de mon activité se passe à ceci :
brasser de l'air avec mes bras.
Hi hi ! enfin je veux dire, nager dans le vent.
Cela n'est pas seulement déplaisant. Un peu décourageant parfois mais je ne compte pas me laisser abattre, et puis je dois remercier le ciel car tout de même (tout de même) je fais de petites trouvailles sympatiquettes...
Je m'asplik :
Vu que je m'ennuyais un peu, depuis un certain temps dans ma vie, je me suis lancée dans une aventure cocasse (cocasse, parce que... venteuse - fumeuse ? - vous comprendrez par la suite), à savoir : j'ai pris la charge de "responsable" du pôle culturel :-D, à l'occasion du semestre français qui aura lieu ici, de juillet à décembre 2008.
Késaco "semestre français" ?
Je m'asplik :
De juillet à décembre 2008, le Conseil de l'Europe sera présidé par la France. Or, comme vous ne le savez peut-être pas, Mari-trésor travaille ici dans un centre de recherche pour la Comission européenne... On trouve donc dans ce pays non seulement plein d'italiens, mais aussi plein d'allemands, d'anglais, de belges, d'espagnols, de hollandais, de norvégiens, de finlandais, d..... et c'est super sympa.
Cela fait tout un beau petit monde à occuper, donc, avec notre France, et comme les idées tournicotaient ferme dans ma tête, je me suis lancée. Je me suis lancée, malgré la blasitude profonde de certains ici, qui n'éprouve pas trop le besoin d'aller voir plus loin que leur nez... C'est proprement français d'ailleurs on dirait, cette attitude. ça me fait réfléchir. Bref !
* * *
Savez-vous donc l'une des premières choses à laquelle j'ai pensé ?
Faire venir le
Et comme nous ne pouvons avoir la prétention matérielle de les accueillir nous-mêmes (c'est que ça coûte, un cirque, et pas n'importe quel cirque), il faut que je me fasse, euh... entremetteuse commerciale culturelle ? Ou un truc du genre, pour convaincre les collectivités culturelles de la région que si elles ne font pas venir le Cirque Plume, elles auront raté l'entreprise magistrale de leur carrière au service de la culture, de l'art et de la France.
C'est donc en faisant ma petite exploration pour préparer mon premier spitche (j'ai le trac) que j'ai trouvé ce billet, et pris le temps de le lire.
Ché pas vous, mais Bernard Kudlak et moi, on est un peu sur la même longueur d'onde, je crois...
* * *
Tout ça pour dire, même si nos projets et nos idées n'aboutissent à rien ici, après tout, je serai contente d'avoir redécouvert ces artistes qui m'avaient subjuguée à vie, il y a quelques années.
09 mai 2007
Voyons voir.....
Mari-trésor trouve dans la rubrique "Culture" du journal "Le Monde" un lien vers ce blog : comment écrire un roman.
Sera-ce enfin l'occasion de débuter ma grande carrière ????
hi hi ha ha ho ho !!!
11 mars 2007
Extrait d'un entretien avec un âne
Zenit : On reconnaît-là l’entêtement de l’âne, pour reprendre le titre de votre livre : « J’avance comme un âne.. », un titre insolite d’ailleurs…
Card. Etchegaray :C’est vrai, quand je vous disais au début que le livre a eu beaucoup de succès, c’est aussi, il faut le reconnaître, à cause de ce titre un peu bizarre. Cela a joué beaucoup sur son succès. Je me suis comparé à l’âne tout d’abord parce que j’aime beaucoup les ânes qui ne sont pas si « ânes » qu’on le dit. Jésus lui-même a beaucoup aimé les ânes, puisque c’est sur un ânon qu’il a fait sa dernière entrée à Jérusalem, juste avant de donner sa vie pour nous.
Zenit : Et vous pensez qu’il faut vraiment l’entêtement de l’âne pour garder espoir dans le monde actuel, dans l’avènement d’un monde de paix ? Est-ce le message que vous voulez faire passer dans votre ouvrage ?
Card. Etchegaray :L’âne a beaucoup de qualités : il est sobre, marche lentement mais d’un pas très sûr ; il va par les chemins escarpés, donc loin des autoroutes où la vitesse vous empêche de voir monture et cavalier. Ce qui manque aujourd’hui ce sont des ânes sur les petits sentiers, pour se rencontrer et bavarder. Aujourd’hui on court trop, on se croise à peine, on ne se frotte même pas alors que la vie est faite pour se regarder, non pas égoïstement, mais pour apprendre de l’autre tout ce qu’il peut nous donner de bon. Car chacun est une richesse, souvent d’ailleurs méconnue : on se croit toujours pire que l’on est. Quand on se rencontre, il faut savoir qu’on a beaucoup de choses heureuses, bonnes, excitantes à partager et qui vous donne encore plus le goût de vivre.
... Je vous retransmets ça parce que j'ai exactement la même façon de considérer que je suis un âne. Voir ici et là ce que j'en ai déjà pensé !

Ah mes braves bêtes !! Alors prenons le temps de nous frotter un peu et partageons...
Si vous avez trois minutes aussi, allez découvrir ce petit site là !
09 mars 2007
SOS... SOS ? SOS !! Porte-avion !!
Devinette : si on consacrait à l'Education nationale l'argent nécessaire à la construction d'un second porte-avion, combien de temps cela permettrait-il de nourrir le mammouth? Six mois, un an, deux ans ?
Réponse : 14 heures et 57 minutes exactement.
Pour en savoir plus, cliquez là...
07 février 2007
Inscrivez-vous !!
Une nouvelle liste de discussion...
...allons !
Nous allons enfin pouvoir nous dire tout ce que nous n'avions pas encore essayé/pensé/réussi à nous dire
"Etre Femme" ... les révélations de l'année (et c'est NOUS qui allons les révéler !)

04 février 2007
LE sondage du siècle et LA patate chaude qui tue (répondez-y pour changer le monde ??) : être femme
Je voudrais réaliser un sondage / questionnaire afin d'alimenter une étude (thèse ?) qui se déroulera sur deux plans :
1°) la considération de la femme ;
2°) la considération de l'enfant.
Comme vous le sentez et voyez venir, cette étude va peut-être révolutionner le monde... enfin, si vous y participez, bien-sûr !!
Dans cette étude, ma question de fond sera de savoir quelle est / doit être la place de la femme et de l'enfant, dans nos sociétés (ou un truc du genre).
Ce présent questionnaire concerne donc le premier aspect des choses et s'intitule :
être femme.
J'ai besoin de recevoir vos témoignages, vos réflexions, vos avis. N'hésitez pas à m'en faire part en commentaire ou message perso, déjà : ça me sera ultra précieux !

Je pense présenter ma petite enquête sous deux aspects :
1°) Si vous n'avez pas beaucoup de temps à me consacrer, allez juste répondre à mon sondage en quelques clics. Cliquez donc là, ça sera déjà ça de fait, merci pour votre aide !!
2°) Et puis, si ça vous intéresse et que vous voulez bien y consacrer un peu plus de temps, rédigez vos réponses sous forme de... patate chaude, à transmettre ensuite de blogs en blogs !
Tout en précisant, please please please, de la retransmettre à chaque fois AUSSI vers cette adresse : marieso9 at yahoo point fr (écrit comme ça ça évite les virus et autres indésirables, je crois ?) pour que je puisse recueillir le plus de participations et de richesses possibles, sans risquer de trop me perdre dans l'immensité de la toile, et pour permettre à celles qui n'ont pas de blog ou qui ne veulent pas répondre sur le leur, de participer quand-même !) (merci d'écrire SONDAGE en objet de votre message :-)))
N'hésitez donc pas à faire de la pub !
* * *
Ci-dessous, mes questions. Merci aussi de préciser votre tranche d'âge.
Thème, donc : être femme.
(ce questionnaire s'adresse aux dames, vous l'aurez compris, on en fera peut-être un autre pour les messieurs mais plus tard...)
- Comment vous sentez-vous "être femme" ? Cela a-t-il de l'importance d'être une femme, pour vous ? Pensez-vous que votre personnalité, votre originalité sont déterminées par le fait que vous soyez une femme ? Si oui comment, pourquoi ? Et si non ?
- Quelle vision avez-vous de la femme ? Cette vision a-t-elle changé à un moment de votre vie ? Si oui le(s)quel(s), et pourquoi ?
- Y a-t-il eu un moment clef où vous vous être "vraiment" sentie femme = avec un sentiment e plénitude, d'accomplissement ? (Développez si vous voulez)
- Pensez-vous que le fait d'être femme vous donne un rôle particulier ou primordial pour changer les choses, le monde ? Si oui, lequel/pourquoi ? Et si non ?
- La femme comme "lumière dans ce monde"... qu'est-ce que ça vous évoque ?
- Que signifie pour vous l'expression "femme, égale de l'homme" ?
- Qu'est / que serait pour vous le vrai féminisme ?
Voilà, j'espère que ce questionnaire n'est pas trop rébarbatif, peut-être qu'on peut imaginer une seule réponse d'ensemble...
En fait, avant de le lancer vraiment sur la toile (et faire mes petites démarches de pub) dites-moi vous d'abord, ce que vous en pensez. Je suis sûre que ce sujet vous tient autant à coeur qu'à moi si ce n'est plus, alors MERCI !!!

17 novembre 2006
Bannir toute souffrance ?
Chagall (Job)
Bannir la souffrance ?
Mais n'est-elle pas notre lot commun ?
Quand bien-même voudrions-nous la faire disparaître, ne reviendrait-elle pas de plus belle...
Depuis tous ces siècles que nous sommes, l'humanité, qu'a-t-elle fait ? N'a-t-elle jamais donc eu, avant nous, le désir de l'éliminer ?
Et pourquoi y a-t-elle échoué ??
Certains disent qu'à l' "état de nature", il n'y avait pas de souffrance. Ou que si l'on revenait aux sources de ce que Dame Nature a fait de nous, nous parviendrions peut-être à la bannir enfin.
Alors je m'interroge... oh, c'est si légitime de rechercher cette fin. La souffrance est tellement scandaleuse. Elle paraît tellement, c'est vrai, A-naturelle. Elle révolte notre âme au plus profond. La souffrance est injuste, inqualifiable, inacceptable.
Hélas pourtant... C'est comme si la nature elle-même en était toute parée. N'est-ce pas en elle qu'on trouve nos limites aussi ? N'est-ce pas dans ma nature d'être plus ci ou davantage ça... mais de ce fait, d'avoir aussi moins de capacités dans ça ? Avoir une "nature" plus fragile, un caractère moins sensible, une carure d'athlète... tout cela n'est-il pas - en partie - défini dans la "nature" qui dicte ce que je suis ?
D'autre critiqueront cette idée de nature : elle est anti-liberté ! Si nous sommes déterminés par cette soi-disant nature, alors nous sommes de simples animaux ! Alors nous ne pourrions plus faire usage ni parler d'aucune liberté ! (sacro-sainte liberté acquise par la sacro-sainte raison humaine...)
Bannir la souffrance. A croire que les uns revendiqueront un état de nature pour y parvenir, tandis que d'autres n'auront de cesse à développer une culture pour "améliorer" notre condition (car l'homme est perfectible non ?). L'enjeu est là : bannir la souffrance, l'inconfort ou la misère. Trouver le bonheur. La vie humaine ne peut avoir d'autre but, on le sait bien...
Bannir la souffrance ? Par la Nature ? Par la Culture ? (ces deux femmes qui sont peut-être bien plus soeurs qu'elles ne le pensent d'ailleurs...)
....N'y aurait-il pas une autre voie ? la souffrance n'est-elle pas le lot de la nature autant que de nos cultures ? Quand bien-même serions-nous là à nous battre, à l'infini... - et il FAUT se battre.
Quand bien-même...
L'homme ne souffrirait-il pas d'une épine immanquablement plantée dans sa chair, qui l'empêche sans fin d'être en harmonie parfaite, en bonheur avec ce qui l'entoure ? Toi mon enfant, pourrai-je sans cesse comprendre ton besoin, être là, et savoir y répondre ? Toi mon aimé, saurais-tu sans cesse être présent à mes côtés, attentif, aimant, patient, et saurions-nous sans cesse nous comprendre, nous entretenir sur la même longueur d'onde et "filer un bonheur parfait" ? (des films).
ALORS QUOI ?
* * *
Bannir la souffrance...
Et s'il fallait surtout... la pénétrer pleinement, d'abord. Ne pas tant la fuir. Se laisser pénétrer de tout son corps, corps et âme. La VIVRE, la regarder en face parce qu'elle est notre vie... Oui je sais c'est horrible ce que je dis, mais ce n'est pas fini.
Quand j'ai mal j'ai besoin de pleurer. De tout mon être. Je ne veux pas fuir ma souffrance, me dire que tout va bien (ou que tout ira mieux demain). Est-ce un excès, une complaisance ? Peut-être... peut-être aussi que cette étape est nécessaire. J'ai BESOIN que l'on reconnaisse ma souffrance et de la reconnaître, moi-même. Bien-sûr cela ira mieux demain, je le sais aussi et c'est là une lumière nécessaire : mais qu'on (que je) ne nie pas pour autant que LA j'ai mal.
Deuxième chose : oh, ne pas être seule à regarder ma souffrance. Oh mon Dieu non, ne pas être seule.
...Savoir qu'il y a Quelqu'un là-haut, qui me regarde aussi et à qui je peux crier mon coeur : "tu vois ? tu vois ? TU VOIS ??" et lancer mes larmes foudroyantes, toutes mes larmes...
Il les reçoit ces larmes, Il les reçoit autant qu'Il les contemple... et qu'Il les verse avec moi... Là-haut, Quelqu'un me couvre d'un regard incroyablement tendre... Des yeux d'une infinie beauté pleurent avec les miens.
Et dans mes larmes me comble une douceur... une Douceur... une Douceur incommensurable. Oh oui je peux pleurer puisque j'ai mal, et puisque je ne suis pas seule pour pleurer. On ne pleure pas, quand on est seul. Si personne n'est là pour écouter. Si personne n'est là pour regarder avec moi ma douleur je n'ai plus qu'à me taire. Cesser de vivre. Etre là peut-être encore, avec mon corps, mais ne plus avoir d'âme.
Combien de yeux sont éteints, éteints et sans âme pour n'avoir eu personne à qui pleurer.
Toujours Chagall (Job)
Dernière étape : celle qui peut-être coûte le plus... pour moi en tout cas. (Ce n'est pas tant de souffrir qui me coûte le plus, j'ai un caractère qui finalement peut se complaire à avoir mal, seulement parce que j'aime l'intense... Et avoir mal est intense).
Dernière étape : transformer ma souffrance en amour.
Offrir chacune de mes larmes : en faire une perle de vie.
Offrir dans mes larmes aussi, les souffrances du monde entier.
Compatir à l'échelle de l'humanité.
De souffrir... arriver... à aimer...
Oh, je ne parle pas de se résigner. Je pense qu'il faut se battre pour faire avancer le monde. Il faut se battre pour comprendre les besoins de son enfant et tâcher d'y répondre. Il faut se battre pour comprendre son homme et tâcher de se faire comprendre. Il faut se battre pour changer ce qui est injuste et bâtir un monde meilleur. Il faut se battre, combattre la souffrance, utiliser les outils qui nous sont donnés par la Culture et retrouver les sources de la Nature pour une vie plus belle, plus grande, et pour apaiser les souffrances.
Mais cela ne doit pas être un seul but.
Cela ne doit pas être l'unique but sans quoi l'on se fourvoie encore. On se bâtit un monde qui n'est pas, on ne poursuit que du vent... Car la souffrance sera toujours ! Hélas. Mais l'Amour aussi. Combattre la souffrance, oui. Mais pas au point d'en oublier d'aimer vraiment. Une souffrance peut être offerte par amour et c'est cela qui est plus grand...
15 novembre 2006
Continuum et couple (III). Une affaire d'au-delà...1
Un texte de Michel Odent qui m'avait, je dois dire, pas mal plu... :
Un nouveau regard sur la nativité (Interlude 3 dans son ouvrage : L'Amour scientifié, éditions Jouvence)
Un nouveau-né entre un âne et un boeuf : beaucoup partagent aujourd'hui cette image simplifiée de la Nativité.

Ma propre image de la nativité est inspirée par ce que j'ai appris des femmes qui mettaient au monde leur bébé dans l'intimité complète, sans se sentir guidées ou observées. Elle est aussi influencée par " Evangilium Jacobi Minoris ", c'est à dire le protoévangile de Jacques le Mineur, [retransmis par] le mystique autrichien Jacob Lorber, auteur de "L'enfance de Jésus" *. Selon ces textes, Joseph partit à la recherche d'une sage-femme. Lorsqu'il revient avec la sage-femme, Jésus était déjà né. C'est seulement lorsqu'une lumière éblouissante s'est atténuée que la sage-femme s'est trouvée face à une scène incroyable : Jésus avait déjà trouvé le sein de sa mère ! La sage-femme se serait alors écriée : " Qui a jamais vu un enfant à peine né saisir le sein de sa mère ? C'est le signe évident que cet enfant, devenu homme un jour, jugera selon l'Amour et non selon la loi ! " **
Le jour où Jésus fut prêt pour sa venue au monde, Marie reçut un message - un message d'humilité. Elle se retrouva dans une étable, parmi d'autres mammifères. Sans mot dire, ses compagnons l'aidèrent à comprendre qu'en la circonstance il lui fallait accepter sa condition de mammifère. Il lui fallait surmonter son handicap d'être humain et se débarrasser de l'effervescence de son intellect. Il lui fallait sécréter les mêmes hormones que les autres mammifères lorsqu'ils mettent au monde leurs bébés, en faisant agir la partie primitive du cerveau que nous avons tous en commun.
La situation était idéale pour que Marie se sente en sécurité. Le "travail" a pu s'établir dans les meilleures conditions possibles. Ayant perçu le message d'humilité et accepté sa condition de mammifère, Marie s'est retrouvée à quatre pattes. Dans une telle posture et dans l'obscurité de la nuit, elle s'est facilement coupée du monde.
Peu après sa naissance, le nouveau-né Jésus était dans les bras d'un mère extatique, aussi instinctive qu'une mère mammifère venant d'enfanter peut l'être. C'est dans une atmosphère véritablement sacrée que Jésus fut accueilli et qu'il put, facilement et progressivement, éliminer les hormones de stress qu'il lui avait fallu sécréter pour naître. Le corps de Marie était bien chaud. L'étable elle-même était chaude grâce à la présence d'autres mammifères. Instinctivement Marie couvrit le corps de son bébé avec un vêtement qu'elle avait sous la main. Elle était fascinée par les yeux de son bébé et rien n'aurait pu la distraire de l'intense croisement des regards qui s'établit. Ce croisement des regards lui permit d'atteindre un autre pic d'ocytocine, ce qui provoqua une nouvelle série de contractions utérines qui envoyèrent vers le bébé un peu d'un sang précieux accumulé dans le placenta. Bientôt le placenta fut délivré.
Mère et bébé se sentaient en sécurité. Au début, Marie, guidée par la partie du cerveau que nous partageons avec tous les mammifères, était à genoux. Après la délivrance du placenta, elle se mit sur le côté, avec le bébé près de son cœur. Soudain, Jésus commença à tourner la tête tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, et finalement ouvrit la bouche en forme de O. Guidé par son sens de l'odorat, il se rapprocha de plus en plus du mamelon. Marie, qui était encore dans un équilibre hormonal particulier et donc très instinctive, savait parfaitement comment tenir son bébé et fit les gestes nécessaires pour l'aider à trouver le sein.
C'est ainsi que Jésus et Marie transgressèrent les règles établies par les néo-cortex de la communauté humaine. Jésus - un rebelle paisible défiant toute convention - avait été initié par sa mère.
Jésus téta longtemps et vigoureusement. Avec le soutien de sa mère, il sortit victorieux d'un des épisodes les plus critiques de sa vie. En quelques instants il s'était adapté à l'atmosphère et avait commencé à utiliser ses poumons, ils s'était adapté aux forces de la pesanteur et aux différences de température, et il était entré dans le monde des microbes. [...]
Il n'y avait pas d'horloge dans l'étable. Marie ne chercha pas à savoir combien de temps Jésus était resté au sein avant de s'endormir. La nuit suivante, Marie eut quelques épisodes de sommeil léger. Elle était vigilante, protectrice et soucieuse de satisfaire les besoins de la plus précieuse des créatures terrestres.
Les jours suivants, Marie apprit à sentir quand son bébé avait besoin d'être bercé. Il y avait un tel accord entre eux qu'elle savait parfaitement adapter le rythme du bercement à la demande du bébé. Tout en berçant, Marie se mit à fredonner des mélodies et ajouta quelques paroles. Comme des millions d'autres mères, elle avait découvert les berceuses. C'est ainsi que Jésus commença à apprendre ce qu'est le mouvement, et donc l'espace. C'est ainsi qu'il apprit aussi ce qu'est le rythme, et donc il commença à acquérir la notion de temps. Il entra progressivement dans la réalité espace-temps. Par la suite, Marie introduisit de plus en plus de paroles en fredonnant ses berceuses. C'est ainsi que Jésus absorba sa langue maternelle.
* * *
...De le relire maintenant que j'ai accouché... ça m'fait ben quelque chose... ... Ah Jésus, ah Jésus !
(+ une intelligence - liminale, et spirituelle - habite notre chair...)
Seulement j'aurais préféré que Joseph soit là tout de même. J'ai aimé et voulu que Mari-trésor soit là, moi. ...Alors ? Quid du couple, dans le continuum, vraiment, vraiment ?
Couple et Continuum (III), une affaire d'au-delà...2
(le 1 est à venir là : c'est un texte de Michel Odent qu'il faut que je recopie !)
Au-delà de la raison
Aux confluents de notre incarnation
(une intelligence habite notre chair !)
... il est un lieu de vie intérieure
qui est à vivre, et qui n'a pas de mots :
* * "Être" * *
Découvrir que notre enfant, parce qu'il EST profondément
(il n'a QUE l'être, un être intense, lorsqu'il sort de sa cachette ronde !!)
me fait, nous fait ÊTRE vraiment nous aussi....
... pour peu qu'on se laisse conduire par lui.
Cela suppose mon renoncement
Renoncer aux faires, aux attentes qui pèsent sur nous et que nous faisons peser sur nous-mêmes
Renoncer, abandonner... le temps de me sentir enveloppée par cette présence miraculeuse,
De me laisser guider dans ce qu'il me demande (au moment où il me demande. "Aime-moi, aime-moi, choisis de m'aimer par-dessus toute autre chose... détache-toi de tes impératifs qui sont si loin de moi, si loin de toi aussi, en fait...")
Se donner totalement
Et ainsi... se recevoir...
... bien plus pleinement...
Certains disent que c'est cela, le "continuum". Recevoir de notre enfant ce que nous sommes vraiment. Répondre à son appel, l'appel de ce monde d'où il vient : "Aime-moi, aime-moi, choisis de m'aimer par-dessus tout... Ne brise pas ce lien profond qui me relie à toi, dans toute ta chair, TOUTE ta chair !"
(une intelligence habite notre chair...)
Et l'on entre ainsi doucement, dans cet au-delà de la raison, au-delà des mots
où nos êtres et nos amours profonds se rencontrent...
* * *
Mari-trésor y accède-t-il ? Cette éternité du présent qu'on laisse être et où l'on s'abandonne, Mari-trésor y accède-t-il ?
Il reste bien secret, mon arbre, mais je sais qu'il y accède. J'ai pu saisir quelques petites touches. Il le révèle, quand il contemple ébahi le visage de son fils, la merveille de tout ce qu'il est, la moindre de ses manifestations-gazouillis-expression-du-visage-évolution-d'être (-"progrès". Mais ce progrès est naturel. Il est dans la nature de l'enfant, dans le plan de sa nature, dans son continuum que d'avancer vers la vie, de l'intérieur de lui-même. Commencer à sourire, et puis rire. Regarder toute chose. Les saisir. C'est dans le plan et c'est "normal" mais ça nous émerveille quand-même... Puissance de l'être, et du devenir... Oh oui, c'est bien cela qui nous émerveille et que nous contemplons : l'être et le devenir, cachés embriqués derrière un si tout petit visage !)
Il le révèle lorsqu'il murmure à l'oreille de Tichapz en secret qu'il ne pouvait imaginer avant à quel point, bébé, tu serais un cadeau... venu du ciel... venu tout droit d'Amour, pour illuminer nos vies...
Oui, il y accède. Il se trouve lui aussi submergé par un tel surgissement -ah ! petit enfant.
* * *
Bon certes cela n'est pas tout, et ne dit toujours pas comment s'y prendre dans nos vies concrètement !
ça va venir, ça va venir... "On avance" comme a dit quelqu'une ! ![]()





