* OraCo-T *

= L'Orange au Coeur du Tournesol, ;-) - - Site de jeune petite maman clown pouête, chouette, mistinguette et fi-philousophe : pour VIVRE, aimer, danser rire et chanter... louer. (on pourra parler des choses tristes aussi pass-ke-cé-la-vi.)

24 février 2008

Senteur de pluie, naissance prématurée...

Quelqu'un m'envoie par Internet un texte que je vous livre sans attendre... qui paraît-il circule dans des "chaînes" supersticieuses de prière  (mailings) mais où l'on voit - car c'est une histoire vraie, la "magie" très étrange des miracles, de l'Amour, et de la Foi...

Un vent froid de mars dansait sur Dallas, cette nuit-là, quand le docteur entra dans une petite salle de l’hôpital où Diana Blessing était encore étourdie de son accouchement.

Son mari, David, tenait sa main alors qu’ils se préparaient à entendre les dernières nouvelles.

Cet après-midi du 10 mars 1991, des complications avaient obligé Diana, enceinte de 24 semaines seulement, à subir d’urgence une césarienne pour mettre au monde leur fille : Dana Lu Blessing.

Comme elle mesurait à peine plus de 30 centimètres et pesait seulement 708 grammes, ils savaient déjà qu’elle était dangereusement prématurée. Mais les mots du docteur tombaient comme des bombes.

Je ne crois pas qu’elle va vivre, dit-il aussi gentiment que possible. Il n’y a que 10% de chance qu’elle passe la nuit, et même si par miracle elle survivait, son avenir pourrait être très cruel.

Abasourdis et incrédules, David et Diana écoutaient ce que le docteur décrivait des problèmes dévastateurs auxquels serait confrontée Dana si elle survivait : elle ne marchera jamais, ne parlera jamais, sera probablement aveugle et aura certainement des complications cérébrales qui feront d’elle une attardée mentale, etc.

Non, Non... C’est tout ce que pouvait dire Diana.

Elle et David, avec Justin, 5 ans, rêvaient depuis longtemps du jour où ils auraient une fille et formeraient une famille de quatre personnes.

En quelques heures, ce rêve avait fui.

Après quelques jours, un nouveau problème pour Diana et David : le système nerveux de Dana était « à vif » : le plus léger baiser, la plus légère caresse, aggravait sa douleur. De sorte qu’ils ne pouvaient pas tenir leur tout petit bébé sur leur sein pour lui montrer la force de leur amour.

Tout ce qu’ils pouvaient faire, alors que Dana se battait seule sous la lumière ultraviolette dans un enchevêtrement de tubes et de fils, était de prier Dieu qu’il reste tout près de leur précieuse petite fille.

A aucun moment Dana ne devint soudainement plus forte.

Mais à mesure que les semaines passaient, elle gagnait lentement, tel jour une once de poids, tel autre une once de force.

Et lorsqu’elle eut deux mois, ses parents purent la prendre dans leurs bras pour la première fois.

Deux mois plus tard, bien que les médecins continuent gentiment mais gravement de les avertir que ses chances de survie, et encore moins de vivre une quelconque vie normale, étaient proches de zéro, Dana partit de l’hôpital pour la maison, exactement comme sa mère l’avait prédit.

Cinq ans plus tard, Dana était une petite fille menue mais hardie, avec des yeux gris brillants, et une insatiable soif de vivre.

Elle ne manifestait aucun signe de maladie mentale ou de handicap physique. Elle était en tout une petite fille normale, et un peu plus encore.

Mais ce happy end est loin d’être la fin de l’histoire.

Un après-midi torride de l’été 1996, près de leur maison à Irving au Texas, Dana était assise sur les genoux de sa mère, dans les gradins du stade où son frère Dustin disputait une partie de baseball.

Comme toujours, Dana parlait continuellement à sa mère et aux autres adultes assis près d’elles. Or voici qu’elle se tut subitement. Elle mit les bras autour de sa mère, et lui demanda : Sens-tu cela?

Humant l’air et reconnaissant qu’un orage s’approchait, Diana lui dit: Oui, cela sent la pluie.

Dana ferma les yeux et redemanda: Sens-tu cela?

De nouveau, sa mère lui dit: Oui, je crois que nous allons être mouillées. Ça sent la pluie.

Dana secoua la tête, tapa ses petites épaules de ses mains et déclara à haute voix : Non, ça sent comme Lui ! Ça sent comme Dieu quand on pose la tête sur sa poitrine !

Diana sentit des larmes couler de ses yeux, alors que Dana sautait pour aller jouer avec les autres enfants.

Avant que la pluie n’arrive, les mots de sa fille confirmaient ce que Diana et les autres membres de la famille Blessing avaient su, dans leur cœur, tout au long de cette épreuve.

Pendant ces longues journées et nuits des deux premiers mois de sa vie, quand ses nerfs étaient si sensibles qu’ils ne pouvaient pas la toucher, Dieu tenait Dana contre lui et c’est cette senteur d’amour qu’elle reconnaissait si bien.

Version anglaise sur le site américain snopes

Posté par petiboutondor à 02:30 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2007

Un truc qui m'a fait rêver

Tiré de Une minute avec Marie : Dans le sein de la Mère...

"Deux jumeaux discutent dans le ventre de leur mère :
- Oh... comme c'est étroit ici ! Je n'arrive plus à bouger...
Tu es devenu trop grand.
- Mais non, c'est toi qui as trop grandi ! Moi je suis plutôt mince !
- Arrête de te moquer de moi ! Cela ne mène à rien ! Tout de même,
tu as bien une idée de ce à quoi ça va aboutir ?
- Je n'en sais rien moi !
- Tu ne crois donc pas qu'il y a une vie après la naissance ?
- Une vie après la naissance ? Tu y crois, toi ?
- Mais bien sûr que oui ! C'est bien le but de notre vie ici.
Il faut grandir et se préparer pour qu'on devienne assez fort
pour l'accouchement et pour la vie après la naissance.
- Tu es fou ? C'est complètement absurde ça, une vie après la
naissance. Et ça se passerait comment là-bas ?
- Je ne sais pas trop moi. Mais de toute façon plus lumineux qu'ici.
Et peut-être que nous allons être capable de marcher et de manger
par la bouche, et tout le reste.
- Ouah... quelle bêtise ! Marcher, ça ne marche pas du tout !
Et manger avec la bouche, bizarre, comme idée ! Nous avons
le cordon ombilical qui nous nourrit. Déjà ce cordon est trop court
pour se promener avec !
- Mais si ! Bien sûr que si c'est possible ! Evidemment il y a aura
des différences.
- Mais personne n'est revenu de là-bas ! Personne !
Tu as bien compris ça ? Donc avec la naissance la vie se termine.
D'ailleurs je trouve cette vie assez douloureuse et assez sombre.
- Même si je ne sais pas trop comment cela se passera après
la naissance, de toute manière on va finalement voir notre mère !
- Notre mère ? Tu y crois toi ? Elle où notre mère ?
- Ben ici. Partout, autour de nous ! Sans elle on ne pourrait
même pas vivre!
- Bah ! Je n'ai jamais rien remarqué d'une mère,
donc elle n'existe pas non plus !
- Mais si. De temps en temps quand nous sommes bien tranquilles
j’entendais comme une voix qui était inaccessible, mais en même temps
très proche de nous. Je pense qu’on la verra un jour.
Comme il me tarde de la voir et de la connaître ! "

Posté par petiboutondor à 07:23 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juin 2007

Trop de superficiel...

... tue le superficiel. Vous avez vu cette enfilade dans la catégorie superfluciel ces derniers temps ?

Et ben là j'ai envie de super dans le Ciel ! ;-)

Dans ce blog, il m'est arrivé un peu de parler de la Sainte Vierge... de mon amour pour cette mal-aimable Eglise... de ce mystère incroyable que vivent les croyants à la Messe (à ce sujet j'avais aussi copié un beau texte là)... J'ai esquissé aussi trois petits mots sur Dieu Père...

Maintenant, j'ai une tite envie de... Saint-Esprit. Vous connaissez ?

SaintEspritStPierreRome
Une représentation du Saint-Esprit à St-Pierre de Rome

Qui es-tu donc petit oiseau, blanche colombe ?
Je voudrais parler de toi mais je sens mon incompétence... viens m'inspirer les mots, c'est toi qui le peux - moi je peux si peu !

Saint-Esprit, flamme vive, torrent d'amour, souffle de vie, terreau ardent...

Les courants ésotériques aiment à représenter les quatre (ou cinq) éléments et Toi, on te représente à travers eux tous. Tous parlent de toi. Tu es torrent d'eau vive, flamme d'amour, souffle jaillissant, force de la terre profonde...

Comment parler de Toi, Saint-Esprit ? Viens en mon coeur.

Qui es-tu, douce Lumière,
qui m'inonde et éclaire la nuit de mon coeur ?
Tu es plus proche de moi-même que moi,
plus intime que mon intime même.
Et pourtant personne ne te touche ni te comprend.
Et aucun nom ne peut t'emprisonner :
Esprit Saint, Eternel Amour...
Edith Stein

Un souffle tendre saisit mon coeur, mon corps et mon âme, s'empare de tout mon être avec force, puissance et vie, je me sens assaillie toute entière dans un torrent d'amour... c'est Lui. Force et douceur à la fois. Des mots me viennent pour prier, des élans sortent de mon coeur pour remercier, je me sens habitée de joie et de paix, c'est toujours Lui ! Les chrétiens s'amusent à dire qu'il se manifeste dans l'orage, mais aussi dans la brise légère... C'est Lui qui fait qu'on peut, au creux de la tempête, garder un courage sans failles et une paix sans fond.

Nous croyons que l'Esprit est le lien d'Amour qui, en Dieu, unit la personne du Père avec celle du Fils. L'amour en Dieu est si fort, entre le Père et le Fils, qu'il en est une Personne toute entière. Le Dieu des chrétiens est un Dieu proprement relationnel : la Trinité, ça veut dire que l'amour qui unit deux personnes est en soi une troisième personne... et qu'aucune de ces trois personnes n'existerait, sans les deux autres !

Voici la prière la plus classique que je connaisse, qu'on adresse au Saint-Esprit :

Viens, Esprit Créateur nous visiter
Viens éclairer l'âme de tes fils ;
Emplis nos coeurs de grâce et de lumière,
Toi qui créas toute chose avec amour

Toi le Don, l'envoyé du Dieu Très Haut,
Tu t'es fait pour nous le Défenseur ;
Tu es l'Amour le Feu la source vive,
Force et douceur de la grâce du Seigneur

Donne-nous les sept dons de ton amour,
Toi le doigt qui oeuvres au Nom du Père ;
Toi dont il nous promit le règne et la venue,
Toi qui inspires nos langues pour chanter

Mets en nous ta clarté, embrase-nous,
En nos coeurs, répands l'amour du Père ;
Viens fortifier nos corps dans leur faiblesse,
Et donne-nous ta vigueur éternelle.

Chasse au loin l'ennemi qui nous menace,
Hâte-toi de nous donner la paix ;
Afin que nous marchions sous ta conduite,
Et que nos vies soient lavées de tout péché.

Fais-nous voir le visage du Très-Haut,
Et révèle-nous celui du Fils ;
Et toi l'Esprit commun qui les rassemble,
Viens en nos coeurs, qu'à jamais nous croyions en toi.

Gloire à Dieu notre Père dans les cieux,
Gloire au Fils qui monte des Enfers ;
Gloire à l'Esprit de Force et de Sagesse,
Dans tous les siècles des siècles.
Amen.

Bon... voilà... c'est tout... j'en avais envie ! ;-)

Posté par petiboutondor à 12:07 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 mars 2007

Le sacré et le quotidien

J'en ai déjà parlé : dans mon quotidien italien, sur la blogosphère, sur le réseau de l'araignée virtuelle aussi, je cours, je cours, cours et cours sans cesse. Pas une seconde pour me poser, trop de choses à voir, découvrir, penser, retrouver.
Je cours et puis, moi-même, il m'arrive de me sentir prise par un vent qui n'est pas forcément le mien. Influençable peut-être, peut-être, peur des qu'en-dira-ou-pensera-t-on, surtout.

J'ai déjà dit mes craintes sur tout cela. Aujourd'hui je voudrais me lancer dans ma Soif : sans retour, de plein coeur, de plein fouet. Je livre là ce qui est le plus important pour moi. Je voudrais le faire, oh, avec pudeur... délicatesse, et pour que cela puisse parler aussi à ceux qui ne connaissent pas ou peu Celui que j'aime par-dessus tout.

Méditons-dimanche alors, dans l'aube de ce samedi qui se lève...

Il y a un lieu sur la terre où le quotidien se mêle au sacré profond.
Je suis intriguée par les personnes qui, sans avoir d'autre foi que l'amour de la vie et de la nature, vivent parfois ces expériences mystiques qui tiennent au sacré. L'ésotérisme en est plein, l'ambiance de libre spiritualité et des choses simples en regorge. Chacun de nous peut se sentir transporté par la puissance de l'amour, la puissance de la vie, la puissance de tant de beauté dans les choses et le monde.

Je me demande souvent, dans mon exil, ce qui distingue ces personnes de moi - ce qui distingue les personnes qui n'ont pas d'autre foi que celle de l'amour, de la vie, de la beauté qui les environnent - de moi.

Car moi, avec ma petite foi catholique, qu'ai-je de plus ? mieux ? différent ? A quoi cela me sert-il, ne me dessert-il pas plutôt ? Ah-ah, catholique*, ce que c'est restreint....

Pourquoi m'y tenir alors ?

Il y a un lieu sur la terre où le quotidien se mêle au sacré profond.
A la messe, quand un homme avec son quotidien prononce des paroles sacrées, précisément, devant une assemblée de personnes dans leur quotidien, il se passe une rencontre inaliénable. Un déchirement du Ciel si lointain, qui vient se planter là sur l'autel, comme une fusée - mais il ne fait pas de bruit...

Que l'on croit ou non, de toutes façons, il faut bien croire en quelque chose : le bon sens du coeur et de l'âme savent bien que ce bas-monde est vain. Que nos échecs, nos limites, les peines et imperfections de ce monde ne correspondent pas, pas, pas à ce pour quoi nous sentons bien que nous sommes faits. Nous ne pouvons bâtir de monde meilleur, si nous n'avons pas la foi, au fond, que nous sommes faits pour quelque chose de meilleur... Sans quoi nous serions là simplement, béants, à nous désespérer, c'est si facile le désespoir, cela vient si promptement. Le monde semble tellement, tellement, tellement résister à nos quêtes... Tellement et d'une manière si vile, si lâche et dans de toutes simples petites choses (je rate le bus / j'ai une amende / je me suis coupé le doigt /...) autant que jusque dans les grandes guerres atroces.
La mort elle-même, nous ne pouvons y croire. La mort n'est pas tolérable et tous, si nous y regardons bien au fond du vrai de nous, tous nous la refusons au plus profond. Nous savons bien que l'amour, la vie, la beauté doivent bien être plus forts que tout cela. Mais nous ne savons pas comment.

Un déchirement du Ciel si lointain...
J'ai une fusée d'amour qui me fait vivre. Dimanche après dimanche, si discrètement. Il fut un temps de ma ferveur où j'en mangeais tous les jours, qu'il était bon, ce temps ! mon désert actuel me sert à creuser mieux mon coeur, je le sais, et pourtant.

Ô, déchirement du Ciel ô, fusée douce d'Amour ô, ce moment si intense où ta grandeur, Dieu, vient dans un petit bout de pain pour te donner à moi.

Déchirement du Ciel.
Comment dire ? ...
...Toute ma quête, toute mon attente, toute ma soif se trouvent enfin nourris, enfin comblés. Les horreurs, les piqûres du quotidien comme les plus atroces souffrances sont intégralement récupérées, offertes, rendues saintes, brillantes de clarté et de lumière... Les haines sont assumées pour devenir de l'amour... Le sang versé de toute éternité se trouve là, offert, comme la plaie la plus béante de la Terre qui peut enfin trouver un sens, enfin trouver un sens, dans ces méandres de nos humanités qui ont perdu tantôt le coeur, tantôt la raison. Les larmes du monde entier s'habillent de salut, la masse quotidienne et la masse d'horreurs du monde revêtent un vêtement blanc. Un vêtement blanc, d'amour et de sang. Un vêtement qui nous emmène au plus saint des saints lieux, là où nous ne savons pas ce qui est, mais là où tout n'est que ce après quoi nous aspirons, de tout notre être. Là où tout ce qui fait notre quête se trouve vraiment, et sans aucune tâche.

Déchirement du Ciel et fusée d'Amour.
Il y a un lieu sur la terre où le quotidien se mêle au sacré profond... c'est un lieu doux-tendre, que l'on trouve encore dans quelques églises, quelques dimanches, parfois...**

* "Catholique", à l'origine, est un mot grec qui signifie "universel"... ... ...
** Mais hélas, il faut comprendre une chose un peu complexe : car le sacré, là, vient se fondre précisément quand un homme, avec son quotidien, prononce des paroles devant une assemblée de personnes, dans leur quotidien... Avec ce que cela engage de triste, terne, même désagréable, parfois.

Merci, pourtant, ô Ciel qui se déchire...

Posté par petiboutondor à 07:47 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 février 2007

Le mercredi de la cendre

J'ai envie d'ouvrir encore un autre blog... le blog de ma soif. Je le fais ? Je le fais pas ?

Mais n'y a-t-il pas un moment où, de toutes façons, sachant qu'on est lu, on n'est plus tout à fait aussi... naturel ? rien ne sert de s'éparpiller dans milblog. J'ai raison ? Pas raison ?

Aujourd'hui est le mercredi de la cendre. Je suis fatiguée d'oublier un peu trop ma soif... donc ma cendre. Pfff. Allez comprendre.

Dieu !

Méditation sur la cendre :
ô terre belle et profonde, inlassable qui nous récupère...
Ramène-nous loin de nos heures éphémères
Que l'acide nitrate nous porte et nous tâte
Traverse toutes les pores de nos strates
Que l'acier brûle l'or au creuset
Taille, taille la vigne et nos coeurs et nos âmes,
en amour.

A-men.

Posté par petiboutondor à 03:01 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 janvier 2007

A coeur transparent, ou : Plaidoyer pour le Bon Dieu

colombesrocher

Si je suis très peu présente sur ce blog, depuis mon retour sur la sphère Internet, c'est que je suis très présente... ailleurs. Et ce soir, j'ai le (petit) coeur un peu triste...

"A coeur transparent", parce que c'est dur après tout, d'affirmer ma foi sur canalblog.public, faible petit roseau pliant sous les forces de tous les vents - et peine à se redresser. (Ah, cette sacrée peur d'être rejetée !!!!)

"Plaidoyer pour le Bon Dieu", parce que... tout de même... Il me fait bien de la peine... enfin ce n'est pas lui, c'est l'Eglise... enfin non, ce sont les hommes... aaaaaaaaargh... enfin, c'est un peu plus compliqué que ça... ... ...

Si je désertifie, donc - mais où suis-je ? Où passeu-je le plus clair de mon temps et même celui que je n'ai pas (la nuit, MonsieurMadame, c'est fait pour DORMIR) ?

Ben... j'essaie de défendre le Bon Dieu.

Ah ouais, tu crois en Dieu toi ? ha ha ha, l'opium du peuple !! Et puis quoi ?? Dieu, bon ??? avec tout ce mal qu'il y a dans le monde ??? Pas folle la fille attends, nan mais arrête.

... J'essaie d'expliquer ce que je crois.

Ah ? Dieu, Il s'est révélé dans la Bible, mais alors pourquoi il y a tant de trucs salaces là-dedans, et pourquoi on y dit de frapper nos enfants ?
Et alors comme ça, Jésus, Il vient après, mouais, et alors avec lui y a plus besoin de les frapper parce qu'il inscrit la loi de Dieu dans nos coeurs alors qu'avant elle était imposée du dehors et que là on tapait, maintenant plus ? Allez arrête, elle est nulle ta blague. Pas logique ton truc, laisse tomber vas. Nan mais franchement mais COMMENT tu fais, pour croire des trucs pareils.

Pis alors le pompon, nan mais alors le pompon c'est l'Eglise, nan mais VRAIMENT. QUI dans le monde, a fait plus de mal aux gens que l'Eglise, hein ? Qui ?? Les massacres au Rwanda, les prêtres qui violent, l'Inquisition, les milliards de gens qu'on a tués ou exclus parce qu'ils ne voulaient pas croire, hein ? Les milliers d'africains qui meurent parce que Jipitou et compagnie ont interdit le préservatif ? C'est QUOI ce complot de mort, hein ?? Sans compter TOUS CEUX qui ont fait semblant de croire parce que les on-dit et les machins et sans quoi ils étaient morts. Nan mais arrête !! Faut ARRETER là, sérieux.

Ah oui !! Pis alors le truc de fous, ça aussi faut que tu me dise : COMMENT peux-tu supporter, toi, qu'une institution te dicte ce que tu peux ou ne peux pas faire, vivre ou pas vivre ? Hein ? Et qu'elle le dicte au monde entier en plus, nan mais je te jure !! COMMENT tu fais ??? Je ne PEUX PAS, moi, c'est complètement INADMISSIBLE écoute.

Le petit roseau,
un peu seul là dans un coin
tourne et se plie et se ploie
au gré des mille vents.

- silence... très silencieux...

Tristounetriste silencieux.

...

Quelques sentiments de larmes qui montent, si discrets ! aux coins des yeux.

"Ô, ô...

ô mon peuple !" ...

dirait... Dieu...

viensmatoutebelle

....

samaondroite2

...

Posté par petiboutondor à 01:13 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 novembre 2006

Un peu de repos (ps22 / St Ignace)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort
je ne crains aucun mal
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours...

* * *

Une manière de prier très REPOSANTE... selon St Ignace (merci Maman)

1°) M'installer dans un lieu où je me sente bien
2°) Considérer (lentement, doucement, un tout petit peu longuement) comment Dieu me regarde
3°) Demander à Dieu ce que je veux... (désire ? cf. "Que veux-tu que je fasse pour toi")
4°) Dire : "Que toutes mes actions, mes pensées, mes opérations, servent à ta Gloire, Dieu notre Père
5°) Coeur à coeur.

Posté par petiboutondor à 18:09 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 octobre 2006

Méditation

Aujourd'hui 15, j'instaure le Dimanche Méditation. Hier, samedi 14, texte du jour (Lc 11, 27-28)...

Comme Jésus disait cela, une femme, élevant la voix au milieu de la foule, lui dit : "Heureux le ventre qui t'a porté et les seins que tu as sucés !"
Mais il dit : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent !"

... m'a frappée plus que jamais. Ben, c'est la première fois que je l'entends depuis que je suis maman...

Je crois que cette femme devait avoir contre elle un petit bébé. Je crois qu'elle devait l'avoir contre elle parce qu'après, vite on oublie. Il n'y a que le sommet présent pour faire souvenir aux femmes ce sentiment intense... comment décrire... Il faut concentrer toute son attention pour le saisir... pour saisir ce mystère... Il faut une grande disponibilité de coeur pour être fracassée à cause d'un respir, d'un petit son exquis ou d'une mimique liquéfiante...

bouille

Cela me fait penser au mystère de la Sainte Vierge. L'autre jour, je me suis demandée : vraiment, pourquoi est-il si important que Marie soit toujours vierge ? On en fait des patacaisses, l'Eglise y tient tellement, tout à coup j'ai éprouvé une profonde ignorance.

Et plus tard j'ai eu (sans que je m'y attende mais pas par hasard) ma réponse, en tombant sur ce texte : (http://www.mariedenazareth.com/4437.0.html)

Le sens de la virginité après l'enfantement

Je crois qu’il est éclairant, pour comprendre le sens de la virginité de Marie après l’enfantement, de lire Philon d’Alexandrie
(† 45 env. après J-C) :

Léa, comme l'Écriture le dit, après avoir engendré Judas, son quatrième fils, « cessa d’enfanter » (Gn 29,35). « Judas » veut dire « louer Dieu », c'est le sommet de la perfection. Glorifier le Père est la meilleure chose de toutes, et c’est le fruit le plus accompli des fruits qui soient jamais sortis d'une femme enceinte, Veine (Philon De Plantatione, 135). Donc Léa n'engendre plus. Elle ne savait pas vers quoi se tourner, ayant atteint la limite extrême de la perfection (Ibid). Après cette naissance, Léa mit fin, ou mieux, il fut mis un terme à sa progéniture. En effet – le croit Philon - elle vit que les organes de sa puissance génératrice étaient devenus arides et stériles, car en elle avait fleuri le fruit parfait, Judas, l'action de grâce (Philon d’Alexandrie, De Somniis 1,37).
Maintenant, essayons à faire la transposition christologique de cette page de Veine, et demandons-nous : pourquoi Marie ne porta-t-elle pas d’enfants autres que le Christ ? Non pas certes parce que la génération aurait un je ne sais quoi d'impur, mais parce qu'elle accueillit en son sein ce Fils : celui qui, en étant Dieu, était l'Eschaton, la Perfection, l'Absolu. En devenant le temple vivant du Verbe incarné, vraiment Marie, pour utiliser les mots de Philon, ne savait pas vers quoi se tourner, ayant atteint la limite extrême de la perfection. Comme les jarres de Cana, ainsi le sein de Marie, avec l'Incarnation, fut plein « jusqu'au bord » (cf Jn 2,7).

(Extraits de A.SERRA, article Vergine, nel Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, p.1304-1308 traduction F.Breynaert)

J'ai donc pu comprendre que la joie intense de tout le mystère d'être maman, Marie ne pouvait pas l'avoir eue plusieurs fois, ni de la manière normale puisqu'elle a porté l'Homme des hommes, Celui qui était Dieu aussi, le Tout Parfait... Le Tout Parfait et le Tout Comblant...
Oui, voilà. Une mère qui est maman, pour peu qu'elle y consacre son attention, ressent sans cesse - pour peu, oui, qu'elle regarde son enfant... une émotion vive, mystique... Comme disait Mari-trésor à sa manière : "C'est comme si l'accomplissement de l'homme, c'est d'être un bébé". A développer mais alors, on comprend que cette femme proclame bienheureuse la Mère de Dieu... Jésus qui non seulement fut dans les bras de Marie un bébé, mais qui était Dieu... Et quelle joie indicible nous avons nous, petites mamans sensibles, en voyant combien petit être d'amour nous comble, seulement parce qu'il est à la fois tout parfait et à la fois, parce qu'il a besoin de nous... étonnament besoin de nous... oh, comment petite maman sensible pourrait ne pas fondre en voyant son bébé se trouver rassuré et comblé par elle, ne fût-ce que pour l'instant de la tétée !

Bienheureuse, donc, celle qui a porté dans ses entrailles l'Orange qui était Jésus, et qui a comblé cet Enfant en lui laissant "sucer ses seins" ...

Et voilà que Jésus - cet homme qu'il est ! - casse l'ambiance et dit : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent !"

Ha ha ha ha ! Que dire alors, qu'allons-nous penser ? C'est qu'un bonhomme ? Aucune sensibilité féminine, vraiment ?
Voyons. Je penserai jamais cela de mon Amour.
Il me faut donc chercher à comprendre.
Jésus donne là, je crois, la voie d'un bonheur encore plus parfait - plus parfait que celui d'être mère ! Avec cette dimension incroyable, que je ne peux décrire, ce sentiment intense, cette comblitude profonde ! Ces entrailles plus frémissantes que frémissantes !! ... - plus parfait, oui. Ecouter sa parole et l'observer : la mettre en pratique, la garder en son coeur aussi... oh là, oh là-là......

Laudato sia Jesu Cristo - Sempre sia laudato ..!

Posté par petiboutondor à 22:38 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 septembre 2006

La Messe du Padre Pio

Un extrait trouvé sur le site ci-dessous.

Nous en avons eu les larmes aux yeux (maman et moi).

ça m'a rappelé qu'à la conception de notre bébé, je pensais l'appeler "Jean-Pio". C'est sous cette impulsion que dans mes entrailles il est venu se former. Sur le coup ça me plaisait profondément !

J'aime qu'il s'appelle Marin parce que ça lui va complètement mais du coup, cela nous rappelle qu'on a oublié l'un de ses prénoms, à son Baptême. On n'a spécifié que : "Marin, Gabriel, Jean". Tout l'essentiel y est ! Mais cette page pour garder mémoire de cette histoire, et rajouter tout de même à tes appellations, mon petit coeur : "Marin, Gabriel, Jean, Pio". Souviens-t'en quand tu s'ras grand !

Reçu ds www.levangileauquotidien.org : Frère Narsi Decoste in Le Padre Pio décrit ainsi la messe du Padre Pio


« On ne venait pas à San Giovanni pour voir une clinique ultramoderne ou pour entendre des récits de conversions ou de guérisons spectaculaires. La plupart des pèlerins disposaient d’un jour, parfois d’une matinée: ils venaient assister à la messe du Père Pio. Ceci est très remarquable quand on sait qu’ils arrivaient parfois de fort loin, souvent d’Amérique. Naturellement, certains profitaient d’un séjour en Italie, Rome, Naples ou ailleurs, pour faire un saut jusqu’à San Giovanni; beaucoup repartaient le même jour. Ils étaient venus uniquement pour cela.

Dès deux ou trois heures du matin, les lourds autobus déchargeaient devant le couvent leurs occupants, surpris de voir déjà la place de l’église noire de monde. On attendait patiemment l’ouverture des portes pour entrer ; en attendant, on récitait le chapelet.

Pour l’incroyant qui venait simplement en curieux, la messe du Père Pio était peut-être une cérémonie comme toutes les autres ; mais, pour le croyant, elle était d’une valeur infinie par la présence réelle du Seigneur que le célébrant appelle infailliblement sur l’autel par les paroles consécratoires. La messe a toujours et partout la même valeur, là où elle est célébrée validement: pourquoi vouloir assister à celle du Père Pio? Indubitablement parce que ce capucin rendait tangible la mystérieuse et pourtant réelle présence.

On comprend, dès lors, que rien ne peut être ajouté à sa grandeur, à sa valeur, à sa signification, qui est uniquement limitée par l’impénétrable volonté de Dieu.

Lorsque le Père Pio célébrait la messe, il donnait l’impression d’une si intime, si intense, si complète union avec Celui qui s’offrait au Père Eternel, en victime d’expiation pour les péchés des hommes.

Dès qu’il était au pied de l’autel, le visage du célébrant se transfigurait. Il ne s’y trouvait pas seulement comme prêtre pour l’Offrande, mais comme l’homme de Dieu pour témoigner de son existence, comme prêtre qui portait lui-même les cinq plaies sanglantes de la crucifixion sur le corps. Le Père Pio possédait le don de faire prier les autres. On vivait la messe. On était fasciné. Je puis dire, qu’à San Giovanni seulement, j’ai compris le divin Sacrifice.

Cette messe durait longtemps ; cependant, à la suivre dans sa longue célébration, on perdait toute notion de temps et de lieu. La première fois que j’y assistai, j’ai regretté qu’elle touchât à sa fin. Avec stupeur, je me rendis compte qu’elle avait duré plus de deux heures!

Toute la vie du Père Pio était centrée sur le saint Sacrifice de la messe qui, disait-il, jour par jour, sauve le monde de sa perdition. Brunatto, qui assistait généralement le Père et eut le bonheur de le servir, témoigne que, pendant les années de son isolement, la célébration durait jusqu’à sept heures. Plus tard, elle fut limitée par l’obéissance et durait environ une heure.

Oui, vraiment, cette messe du Père Pio était un événement inoubliable et on avait raison de vouloir y assister au moins une seule fois.

Lorsqu’il quittait la sacristie, le Père était généralement soutenu par deux confrères, car ses pieds transpercés le faisaient atrocement souffrir. D’un pas lourd, traînant, incertain, chancelant, il s’avançait vers l’autel. Outre les stigmates, il passait encore toute la nuit en prière; ce qui fut vrai tout un demi-siècle.

On l’aurait cru écrasé sous le poids des péchés du monde. Il offrait toutes les intentions, les demandes, les supplications, qui lui avaient été confiées par écrit ou oralement, de l’univers entier. II portait, en outre, toutes les afflictions, les souffrances, les angoisses pour lesquelles on venait à lui et dont il s’était chargé. C’est pourquoi l’Offrande de cette messe était si longue et si impressionnante.

Il faisait tout pour détourner l’attention de lui. Il évitait tout ce qui pouvait être spectaculaire dans son maintien, son expression, ses gestes, dans sa manière de prier et de se taire; et pourtant, son maintien, sa façon de prier, son silence, et surtout les longues pauses, dans toute leur simplicité, étaient vraiment dramatiques.

Lorsque, dans le silence recueilli d’une foule intimement unie à lui, le Père Pio prenait la patène dans ses mains sanglantes et l’offrait au Père Tout-Puissant, elle pesait lourd de cet énorme amas de bonnes oeuvres, de souffrances et de bonnes intentions. Ce pain qui allait tantôt prendre vie, changé en Celui qui, seul, réellement, était capable de payer complètement la rançon des péchés des hommes.

Ce n’était pas seulement les principales parties de la messe qui étaient remarquables, dans cette célébration. Le Père Pio célébrait toute la messe avec la même attention soutenue, visiblement conscient de la profonde signification de chaque mot, de chaque geste liturgique. Ce qui se passait entre Dieu et lui demeurait un mystère, mais on pouvait en deviner quelque chose dans certains silences, dans certaines pauses plus longues; les traits de son visage en trahissaient parfois son intense participation au Drame qu’il vivait. Les yeux fermés, il était souvent en conversation avec Dieu, ou transporté en extase dans la contemplation.

Seul, un ange serait capable de décrire dignement cette messe. Les plaies permanentes de son corps n’étaient que les signes visibles du martyre intérieur qu’il subissait avec le «divin Crucifié». C’est pourquoi, l’attention de l’assemblée était fixée sur le point culminant du Saint Sacrifice: la Consécration.

En effet, ici, il s’arrêtait un instant comme pour se concentrer. Une lutte semblait s’engager entre lui, qui tenait dans ses mains l’hostie immaculée et, Dieu sait, quelle force obscure et invisible qui, sur ses lèvres, retenait les paroles consécratoires chargées de force créatrice.

Certains jours, la messe était pour lui, à partir du Sanctus, un vrai martyre. La sueur couvrait son visage et les larmes coulaient le long de ses joues. C’était vraiment l’homme des douleurs aux prises avec l’agonie. Involontairement, je pensais au Christ au Jardin des Oliviers.

On voyait clairement, qu’en proférant les paroles de la Consécration, il subissait un réel martyre. A chaque mot, un choc semblait parcourir ses membres. Serait-il possible, comme certains le pensent, qu’il souffrait alors plus intensément la Passion du Christ et que les spasmes pénibles, qu’il réprimait autant que possible, l’empêchaient un moment de poursuivre? Ou devons-nous interpréter à la lettre les paroles du Père disant que le démon s’aventure parfois jusqu’à l’autel? Dans son attitude si impressionnante, on assistait donc à une lutte réelle contre Satan, qui, à ce moment, redoublait ses efforts pour le tourmenter. Les deux suppositions sont acceptables.

Souvent, lorsqu’il quittait l’autel, après la messe, certaines expressions involontaires et révélatrices lui échappaient. Comme se parlant à lui-même, il disait par exemple: « Je me sens brûler... » et aussi: « Jésus m’a dit... ».

Quant à moi, j’ai été, comme tous ceux qui ont eu le bonheur de participer à cette messe, vivement impressionné par cette émouvante célébration.

Un jour, nous posions au Père, la question: «Père, qu’est votre messe pour vous?».

Le Père répondit: « Une union complète entre Jésus et moi ».

La messe du Padre Pio était vraiment cela: Le Sacrifice du Golgotha, le Sacrifice de l’Eglise, le Sacrifice de la dernière Cène et aussi notre Sacrifice.

Et, encore: «Sommes-nous seuls à être rangés autour de l’autel pendant la messe?

– Autour de l’autel, il y a les Anges de Dieu.

– Père, qui se trouve autour de l’autel?

– Toute la Cour céleste.

– Père, la Madone est-elle aussi présente pendant la messe?

– Une mère peut-elle rester indifférente à son Fils? ».

Et dans une lettre que le Père écrivit, en mai 1912, nous apprenons que la Sainte Vierge l’accompagnait à l’autel. La Mère de Dieu et notre Mère n’a évidemment pas d’autre souci que celui de son Fils Jésus qui devenait visible, à nos yeux, dans la chair du Padre Pio, blessé par amour pour Dieu et ses frères.

« Père, comment devons-nous assister à la messe?

– Comme la Sainte Vierge et les saintes femmes, avec amour et compassion. Comme saint Jean assistait à l’Offrande Eucharistique et au Sacrifice sanglant de la Croix. »

Un jour que la foule des pèlerins était particulièrement dense dans l’église de San Giovanni, le Père me dit après la messe: «Je me suis souvenu de vous à l’autel!». Je lui demandai: « Père, avez-vous à l’esprit toutes les âmes qui assistent à votre messe? ». Il répondit: « A l’autel, je vois tous mes enfants comme dans un miroir!».

Toute la vie du Père Pio a été une Passion de Jésus. Sa journée entière était la continuation du Sacrifice de la messe.

Source : www.levangileauquotidien.org

Posté par petiboutondor à 11:19 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 avril 2006

Notre chair qui est aux cieux (Fabrice Hadjadj*)

Un article publié dans la rublique "Opinions" du Figaro, le 13 avril 2006 :

La résurrection de la chair ! Déjà qu'il est difficile de croire à l'immortalité de l'âme, comment prêter crédit à cet article de la foi juive et chrétienne ? C'est de la naïveté : on a trop peur de perdre sa carcasse. C'est de la cruauté : nous river pour toujours à cette glèbe, à cette pesanteur ! Une noble pensée grecque estimait que le corps était un tombeau : la résurrection pour elle serait une inhumation sans espoir. Quant à l'hindouisme, il juge non seulement que notre corps actuel est de peu de valeur, puisque, d'une vie à l'autre, nous pouvons en changer comme de chemise, mais aussi que le nirvana consiste à échapper au cycle des réincarnations : la résurrection pour lui serait un emprisonnement irrémédiable.

 

Pour la religion athée, enfin, c'est une impiété terrible : on irait là d'une part contre le dogme du néant, et, d'autre part, contre le credo de l'indéfinie pourriture. Ne voit-on pas que notre viande est vouée à la cendre ou aux vers ? Est-ce qu'il ne saute aux yeux qu'à la fin il ne reste que des os qu'aucun chien ne voudrait et dont on ne peut envier de plus beau sort que de servir à l'anatomie des facultés de médecine, ou bien d'être exposé, dans quelques siècles, en la vitrine d'un Musée de l'homme, remplacé depuis par une espèce plus performante ?...

 

Or, le judaïsme, le christianisme nous parlent quand même de retourner à la chair, comme s'ils nous disaient, contre toute attente, que l'homme forme un tout indéchirable et que plus il est spirituel, plus il se doit d'être charnel aussi. Le libertin ne va pas aussi loin : de sa chair, il ne fait qu'un instrument de plaisirs. Le matérialiste n'y est pas si attaché : il la réduit à un objet de consommation. La cover-girl elle-même ne la chérit pas autant : elle l'aplatit en une affiche publicitaire. L'Évangile seul a cette audace d'y reconnaître un Temple de l'esprit. On comprend que ce soit un scandale.

 

Au fond, si on y réfléchit un peu, cette croyance en la résurrection a de quoi nous mettre en rage, nous faire trembler même. Les gnostiques le savaient bien : à dissocier la chair et l'esprit, les choses sont plus faciles. Selon la secte, les uns pouvaient livrer leur corps à la débauche, les autres à d'effroyables mortifications, sans préjudice, pensaient-ils, pour la fine pointe de leur âme, toujours unie à l'éternel. Mais la mortification haineuse rejoint la débauche lénifiante (qui veut faire l'ange fait la bête) : les uns et les autres considèrent le corps comme une défroque. Ils pensent que l'on peut tremper par un bout dans le Ciel tandis que par l'autre on trempe dans la fange. C'est pourquoi, puritains ou luxurieux, ils ne peuvent que se cabrer devant ce verset de saint Paul : «Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps» (1 Co 6,13).

 

L'apôtre exhorte ici, si j'ose dire, à une authentique position du missionnaire, à un érotisme de feu. Notre chair, selon ses mots, doit devenir l'ostensoir de l'amour. Énorme exigence ! Quand nous mastiquons notre pain, quand nous marchons dans la rue, et jusque quand nous allons aux toilettes (saint Augustin, dit-on, y chantait les psaumes des montées), nous avons à charge d'y faire resplendir justice et vérité. Notre gros orteil, en nous portant vers le pauvre, a soudain quelque chose de divin. Nos poumons ont pour vocation de servir le mystère du souffle, de dire le poème de la respiration. Nos vessies mêmes peuvent devenir lanternes, pour peu que nous ayons bu à la bonne parole. Quant à nos mains, ces mains qui tiennent le journal, leur tâche est de se tendre, de se joindre, de se donner, enfin de vivre leur vie de colombes spirituelles. Comment, sachant cette merveille qui nous appelle, ne nous sentirions-nous pas encore affreusement lourds ?

 

Il faut ajouter deux remarques. La première, c'est que la notion de résurrection, à la différence de celle d'immortalité de l'âme, implique la nécessité de la mort. Il faut être mort pour pouvoir ressusciter : dénier la mort c'est dénier la possibilité de s'en relever. Or, il est probable que nous avons peur de la résurrection, non seulement parce que nous sentons l'exigence morale qu'elle implique dès à présent, mais aussi parce que nous ne voulons pas regarder en face la fatalité du trépas.

 

La seconde remarque relie ces deux perspectives : le Christ ressuscite avec ses plaies. La splendeur de la gloire assume l'obscurité de la blessure. On peut même dire que c'est à travers la blessure que passe la lumière. Comment saisir ce paradoxe où la mutilation devient source de beauté ? C'est que la gloire est toujours celle du combat pour la justice. L'auréole sera d'autant plus lumineuse qu'ici-bas l'on aura lutté dans les ténèbres ; la chair sera d'autant plus belle qu'elle aura été mise au service de la miséricorde, quitte à devoir en subir le supplice des cent plaies. L'esprit peut transfigurer toutes les difformités, l'absence d'esprit, défigurer toutes les beautés plastiques. Un handicapé brisé dans son fauteuil, rayonne plus, par sa patience, que le top model qui s'exhibe par vanité. Et l'obèse qui aura porté son ventre comme sa croix le verra briller devant lui comme un astre de lumière.

 

De fait, tous les corps aspirent à leur résurrection. En nous, ça y croit, même si nous n'y croyons pas. La preuve, c'est que dès que nous cessons d'y tendre, nous nous mettons à la chercher sous des formes parodiques et dégradées. On voudra s'embaumer vivant par la chirurgie esthétique. On cherchera, par l'eugénisme, à fabriquer le corps parfait. On s'efforcera, par le virtuel, d'oublier son propre corps avachi sur son siège au profit de ce cybercorps qui semble au-delà des limites de l'espace et du temps, alors qu'il s'enfonce dans la binarité d'une puce. De plus en plus on s'en aperçoit, notre pauvre chair humaine nous place à une charnière : il faut qu'elle se laisse ou bien transfigurer par l'esprit, ou bien défigurer par la technique. La fête de Pâques nous demande de choisir.

 

* Philosophe, essayiste et dramaturge, il enseigne la philosophie et la littérature en lycée, en faculté et au séminaire de Toulon, auteur de Réussir sa mort. Anti-méthode pour vivre (Presses de la Renaissance), grand prix catholique de littérature 2006.

Posté par petiboutondor à 10:55 - Coin Spi nanpaskecépatoumélécentiel épadanlactel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1