10 mai 2007
Nous sommes un peu cassés,
en ce moment. Un peu chacun et tous. Peut-être pas pour les mêmes raisons.
Il y en a qui se morfondent à cause du président, je ne sais pas s'il faut se morfondre. Je ne sais pas ce qu'il faut croire, je redoute toujours les manipulations - quelles qu'elles soient - - je n'aime pas quand on me prend aux tripes pour raisonner, au lieu de me faire réfléchir "objectivement". Dans toutes ces campagnes je sais et je crains - on ne peut croire à rien de vraiment objectif. ...
Alors je ne veux pas avoir peur et vivre dans l'angoisse, je vais attendre de voir. Je vais lui donner sa chance. On n'a pas tant de pouvoirs, quand on est à la présidence....
Ah c'est sûr, c'est sûr, cet étalage de Vi Aï Pi dès sa victoire, c'était dégoûtant.
J'attends.
Il faudra peut-être prendre le flambeau sous le boisseau, discrètement. Si le moment vient où il le faut, et quand il le faut. Et dans mes moyens. Car de toutes façons rien, rien ne sert de brûler les voitures des gens... je crois.
En attendant..... je ne SAIS VRAIMENT PAS si tout cela est si grave que ce que l'on dit, dans les milieux de gauche et je NE SAIS VRAIMENT PAS si Sar kozy vaut la peine qu'on a voulu prendre, pour une moitié plus un ou deux de français. Un futur Hitler ce me semble abuser. Je ne SAIS PAS...
Alors être simplement à notre place. Petitement, faiblement, - simplement - porter nos amours et nos flambeaux de vie. Nos combats (nos humbles combats) du quotidien. Notre attente... notre confiance, aussi. Confiance dans la vie. Confiance stable et sereine qui essaie de s'appuyer sur la vie. Qui prend ses ressources pour être forte s'il le fallait... le moment venu.
* * *
Quoi d'autre ? je pense à ceux qui pleurent d'être malades ou d'aimer des petits malades tendres. Oh ! j'y pense...
* * *
Je pense à la dame pauvre dans la rue à Milan, ce matin - ça faisait si longtemps ! si longtemps, nous vivons dans la région la plus riche d'Italie et ils s'arrangent, les gredins, pour laisser les pauvres hanter seulement les villes d'à côté. Et moi de vivre ainsi, dans mon confort, dans mes petits soucis de rien, de tellement rien ! Je suis devenue lâche. J'essaie de me battre toujours un peu, mais.... que suis-je là, à donner si peu.....
Oh, ne pas me morfondre.
Prier simplement, prier
et me donner plus, plus,
...me donner plus.
05 mars 2007
Ennéagramme (le petit compte-rendu promis)
Le principe :
chacun de nous est au monde avec un être profond, vrai, intérieur, spirituel.
Mais chacun de nous aussi s'est construit avec une personnalité particulière, qui nous donne d'être plutôt sensible à telle ou telle chose, de centrer notre action dans le monde de telle ou telle manière, plutôt que telle autre. Nous avons développé une certaine manière d'appréhender les choses, le monde, la vie, ...que les autres n'ont peut-être pas et qui parfois nous empêche de comprendre leur fonctionnement à eux (et vice-versa).

(les Alpes, sur la route d'Italie en France ou de France en Italie ?)
Les divers courants, études, méthodes et outils psychologiques ne manquent pas de distinguer des tas de différents tempéraments, caractères et attitudes spontanées face au monde.
L'ennéagramme est l'un de ces outils.
Il remonte à de très anciennes traditions spirituelles et a été transmis jusqu'à nos jours, très principalement par la voie orale.
Depuis les années 70 on voit éclore une plus grande quantité d'ouvrages à son sujet, mais sa qualité pleine et entière ne se déploie encore et toujours que par l'oral, c'est-à-dire au travers des échanges et découvertes que nous pouvons faire lorsque nous discutons les uns avec les autres...
Car en effet, ce qui distingue peut-être l'ennéagramme d'un grand nombre d'autres méthodes et outils de développement personnel et relationnel, c'est bien cela : c'est que CHACUN DE NOUS sommes les experts... de ce que nous sommes, ...et PAS un autre, si longues eussent pu être les études et le brillant parcours de cet autre !!
Ah ah, ça vous met l'eau à la bouche ?

Je vais vous faire un petit panorama de ce que vous êtes peut-être,...
...à vous de le découvrir à travers l'un ou l'autre de ces stages !
(NB : ce panorama est tiré de ce que MOI j'ai compris ; il est très incomplet et c'est juste pour vous donner une toute petite idée...)
Partant de ce que je vous ai déjà dit, l'ennéagramme recense donc neuf "types", ou "bases" dans lesquelles on construit et développe sa personnalité. Le choix des neufs (ennea en grec) est le fruit de l'expérience séculaire qui s'est transmise au fil des âges. Mais vu que chacun est unique, chacun appartient à l'un des neuf types selon sa manière propre !
L'idée est de pouvoir comprendre la base dans laquelle on se trouve, de comprendre les bases des autres, voire même, de développer en nous les qualités qui sont celles des autres bases ! (si ce n'est pas déjà fait évidemment ;-)) sachant que les bases sont reliées entre elles, il y a un dynamisme qui les habite et que représente ce schéma (gramme) à travers les lignes, ou "flèches".

(cliquez pour un peu plus d''explications)
Chaque "base" est fondée sur une sensibilité, une attitude ou une conception des choses qui nous motive profondément. Il va de soi que nous ne sommes pas limités aux seules caractéristiques de notre base, mais il s'agit de comprendre ce qui nous motive le plus profondément.
Rajout du 28 mars, parce qu'on me l'a demandé ;-)) : avant de parler de chaque base, il est utile de comprendre que chacune de ces bases repose elle-même, avec une déclinaison particulière, sur l'un des trois grands pôles ou "centres" de la personne humaine.
Tous en effet, nous sommes corporels, avec un corps, animés par cette force physique, intérieure, instinctive, que certains noment aussi : viscérale. Ce "centre corporel" est celui dans lesquelles se retrouvent les bases 8, 9 et 1.
Tous ensuite, nous avons une affectivité, un coeur, des émotions, une vie relationnelle : c'est dans ce "centre affectif' que se situent les bases 2, 3 et 4.
Enfin, nous avons tous une intelligence, une imagination, une raison qui nous fait comprendre, prévoir et appréhender les choses : dans ce "centre mental" se trouvent les bases 5, 6 et 7.
- La première base regroupe les personnes que la perfection motive profondément : la perfection de la chose bien faite, la perfection morale, la perfection du travail à faire, l'oeuvre réalisée minutieusement dans les moindres détails,... une personne qui s'était reconnue dans cette base nous racontait : "vous savez, mon permis... je l'ai eu. Mais je ne me le serais pas donné !" parce qu'elle avait retenu tout ce qui n'avait pas été parfait dans sa conduite...
- La seconde regroupe les personnes qui sont animées par le service rendu aux autres, l'amour et le don de soi. Une personne qui s'était reconnue en base 2 nous expliquait : "je n'ai jamais vécu pour moi. Je n'ai pas envie... ça me rase !" Ces personnalités estiment qu'elles ne sont rien, en dehors de ce qu'elles font pour les autres...
- Les personnes de bases 3 trouvent leur énergie dans le fait de réussir, de réussir bien, et de tout réussir. Elles vont tout mettre en oeuvre pour rechercher l'efficacité de leurs action et seront capables de mener à bien n'importe quel projet en lequel elles s'investiront... Si elles échouent, ce ne sera pas un échec vraiment : ce sera surtout un moyen de rebondir... Ces personnes accordent souvent une très grande importance à l'image qu'elles donnent aux autres... Elles s'adaptent à l'autre, au risque de ne plus savoir qui elles sont vraiment.
- Les "quatres" sont ceux que les émotions font vivre, qu'elles soient positives ou négatives. Certains ont pu dire : "je préfère vivre une grande souffrance, parce qu'une grande souffrance c'est intense, plutôt que vivre dans la banalité de la vie quotidienne". Ils sont sensible au beau, ils ont soif de profondeur et, contrairement aux personnes de base 3, ils vont tout faire pour rechercher et préserver leur authenticité d'être. Ils perçoivent le caractère unique de chacun, à commencer par le leur. Souvent, ils se sentent tout particulièrement différents.
- Les personnes qui se retrouvent en base 5 observent le monde avec recul et parfois isolement. Elles développent une anayse rationnelle souvent très approfondie des choses. Cependant, il leur arrive d'être dépassées par leurs émotions, si ce n'est qu'elles les fuient voire les nient complètement. Une personnalité de ce "type" a pu dire : "je n'arrive pas à faire les choses, parce que la matière ne réponde pas à l'esprit". Ces personnes ont soif de connaître, elles sont heureuses lorsqu'elles ont fait le tour d'un sujet ou lorsqu'elles rencontrent quequ'un qui pourra leur apprendre quelque chose.
- Les personnalités 6 sont celles sur qui l'on peut compter. Elles ont l'art et la manière de prévoir toute chose et d'anticiper les risques, les dangers, les possibilités. Elles ont parfois beaucoup de mal à accorder leur confiance, que ce soit en elles-mêmes, en la vie et les choses, ou en les autres. Mais elles sont profondément fidèles et loyales. Elles développent deux sortes d'attitudes face à la vie : soit elles affrontent toutes ces peurs qui sont leur moteur profond, soit elles se laissent tétaniser par elles et restent craintives. Dans tous les cas, elles aiment souvent les choses bien claires et cadrées.
- Ceux qui se retrouvent en base 7 sont souvent de grands optimistes, dans tous les domaines de la vie. Ils aiment à profiter à fond de toutes choses qui se présentent à eux. Leur joie de vivre est communicative. Ils ont la capacité d'appréhender toutes les possibilités qui se présentent à eux et sont très imaginatifs. En revanche, leur devise pourrait être "choisir, c'est renoncer" : cela leur est parfois très difficile, de même que mener à bout la réalisation pratique de certains projets, une fois qu'ils en ont fait le tour... dans la conceptualisation de leur tête !
- Les "huits" sont les personnalités qui s'affirment. Elles n'ont besoin d'aucun artifice pour cela car ça leur est naturel, instinctif : leur présence impose le respect. Ils ont les pieds ancrés solidement dans la terre. Ils sont extrêmement sensibles à la justice inscrite en eux et se font les protecteurs de leur cause ou de ceux qu'ils défendent. Ils ont une vision souvent dualiste de la vie : blanc, ou noir. Il y a ceux qui sont dans le camp de la cause qu'ils défendent, et les autres. Ils ne supportent pas le flou ni le nuancé. Par ailleurs, une autorité n'est accceptable au-dessus d'un "huit" que s'il le juge légitime.
- Les personnalités de "type" 9 sont pacifiantes, médiatrices. Elles sont capables de comprendre et d'appréhender le point de vue de chacun de ceux qui l'exposeront, parfois au point de s'y noyer et d'être incapable de trouver ce qu'elles pensent elles, personnellement. Quand elles auront trouvé leur propre point de vue, il leur sera souvent extrêmement difficile de l'affirmer. Les "neufs" sont tantôt perçus comme agaçants par leur extrême douceur, tantôt comme profondément rassérénants.
ça vous a intéressé ? vous êtes-vous trouvé ici ou là ??? ce n'est qu'un mince début...
19 février 2007
Faire aux autres...
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. (Lc 6, 28)

Je voudrais que l'on me considère toujours avec un a priori de bienveillance et qu'on ne me juge sur aucune appparence. Même quand je dis quelque chose de travers, qui ne convient pas ou qui ne plaît pas. Je voudrais qu'on me donne toujours une seconde chance, et même une troisième, et même une quatrième, une septième, une soixante-dix-septième, une mille-cent-quatre-vingt-douxième. Je voudrais qu'on m'écoute, qu'on me laisse parler, mais aussi qu'on essaie de comprendre vraiment ce que je veux dire et qu'on me questionne. Qu'on fasse l'effort d'entrer dans mon point de vue. Je voudrais qu'on accepte que je puisse être ou penser différemment. Qu'on me dise aussi ce qu'on pense être vrai, et pourquoi.
J'aimerais qu'on me fasse confiance et qu'on ne me prenne pas pour une assistée. J'aimerais qu'on me laisse la gouverne de ma vie. J'aimerais qu'on me donne ou me prête de l'argent, des vêtements, des objets si j'en ai besoin. J'aimerais qu'on m'offre des cadeaux, qu'on me donne sans retour. J'aimerais qu'on me rende ce à quoi je tiens, mais aussi qu'on me rappelle que si je perds quelque chose, ce n'est pas non plus ce qu'il y a de plus important. J'aimerais qu'on soit honnête avec moi, qu'on m'explique les choses que j'ignore ou que je ne comprends pas. J'aimerais qu'on ne me mente pas.
Je voudrais qu'on me regarde et me reconnaisse telle que je suis, qu'on accepte mes défauts, qu'on apprécie mes qualités. Je voudrais qu'on me dise quand il y a quelque chose qui ne va pas chez moi ou quand j'ai fait souffrir quelqu'un, même si ça peut être dur : je préfère. Je voudrais qu'on me dise ce qu'on aime en moi aussi, même si je dois veiller à ne pas en devenir orgueilleuse et suffisante pour autant. Je voudrais qu'on me dise vraiment ce qu'il faudrait qu'on me dise. Je voudrais qu'on m'aime sincèrement.
J'aimerais qu'on me donne de la valeur au-delà de toutes mes actions. J'aimerais qu'on ne doute pas, qu'on ne désespère pas de moi, même si je semble vraiment faire erreur ou me tromper de voie. J'aimerais qu'on croie en moi.
Je voudrais qu'on ne me tape pas, qu'on ne s'énerve pas contre moi même si je suis agaçante... même si j'ai blessé ou fait quelque chose de mal. Je voudrais qu'on soit patient avec moi quand je mets du temps à bien faire les choses qu'on me demande. Je voudrais qu'on soit indulgent si je ne conduis pas toujours bien sur la route.
J'aimerais qu'on remplisse avec de l'amour mon réservoir de forces pour quand j'ai des choses un peu plus dures à vivre. J'aimerais qu'on soit attentif à moi, et disponible quand j'en ai besoin.
J'aimerais qu'on me donne toujours un crédit d'amour infini, d'espérance infinie, de pardon infini.
Bon,...
ben...
au boulot...
s'il faut que je fasse tout ça... pour les autres !
sachant j'en suis sûre, que j'ai oublié plein de trucs. Exigeante comme je suis. hii !
source des images : http://www.evangile-et-peinture.org/
31 janvier 2007
Hommage à un amour
Ma tendre, ma douce, ma soeur, mon incomprise...
C'est son anniversaire aujourd'hui.
Ma petite soeur a 22 ans aujourd'hui... je crois. Déjà.
Des années d'amour et d'incompréhensions, d'insupportabilitudes, de câlins brusques à s'étouffer... à s'aimer tant.
Des années de rapport amour-haine-souffrance.
Une comparaison toujours trop tuante (pour elle) et moi toujours trop cinglante (oh, ce que c'est d'être l'aînée. Avec ce méchant prétexte d'être la première et d'avoir raison, si tu ne penses/fais pas comme moi, petite, c'est que tu as tord !! ou que t'es bête. Ah, tant de pardons !)
Une première place prise avec trop d'élan, trop de présence, pas assez de générosité (trop d'ignorance aussi ! c'était comme ça... depuis toujours...) pour lui laisser tranquillement la sienne. Des repas entiers, entiers à ne parler que de moi. De mes questions. De mes problèmes.
Et elle silencieuse s'en allait, à pas feutrés, là-bas seule dans sa chambre... ce que ça m'énervait !! mais, simplement... elle ne sentait pas sa place... se sentait peut-être, un peu trop, comme un "non-droit" d'exister parce que j'étais trop là, ou trop brillante.
Aujourd'hui ma soeur, mon petit coeur, ma tendresse, aujourd'hui tu es un peu guérie. Je dis un peu parce qu'il faut du temps, des paroles, des mots d'amour et des pardons...
Et tu as commencé, toi aussi maintenant, à vivre une vie brillante comme je vis... Alléluia ! Comme j'en suis heureuse ! Comme je t'aime !!
Joyeux anniversaire ma douce, ma tendre soeur chérie !

Envie d'être... un enfant
Envie de retrouver
ma légèreté d'âme, belle, et même grandissante.
Envie d'avoir les mêmes élans du coeur, la même spontanéité d'amour, la même tendresse, toujours.
Envie d'avoir les mêmes détresses, longues et lentes et sans recours - comprendre qu'il n'y A PAS de "PETITS" malheurs, non, pas de petits malheurs seulement des grands.
Envie de bercer ma vie dans le présent, la spontanéité, l'intense de toute une vie à dévorer... avoir cette FORCE frénétique d'aller au-devant, d'avancer davantage, toujours plus pour devenir grand...
...sans avoir crainte aussi. Sans avoir cette crainte de souffrir à chaque pas. Sans que soit brisée ma confiance en moi. En cette certitude qu'inconditionnellement, je suis aimée. Sans avoir peur que la vie me fasse mal... seulement mal.
Etre un enfant, ne pas me permettre d'être inondée par les choses, les angoisses de demain, la lourdeur de l'être et des soucis quotidiens...
Etre un enfant... savoir avec EVIDENCE que j'ai besoin de mon Papa, et de ma Ma-man.
![]()
...Merci à mamansursaplanète pour le brin d'inspiration qui me vient de chez elle ;-)...
30 octobre 2006
Pemière violence à combattre : ma violence intérieure
Je regarde mon petit que j'aime. Pourtant, je me sens submergée par un accès de colère - de haine ?? Contre mon petit bébé, contre l'innocence même ?? horreur ! enfer, et damnation...
La nature est injuste, qui laisse venir en nos coeurs de tels sentiments. Je sais que cela n'arrive pas à tout le monde, il y a des âmes plus pures que la mienne - ou plus rationnelles !
Car ni cette colère, ni cette haine ne sont rationnelles. Elles viennent seulement des ombres de ma vie, de mon coeur. Ce sont des ombres qui déforment le vrai, le beau, la vérité.
La vérité entre une mère et son enfant, c'est que celle-ci l'aime éperduement. Cette vérité est très profonde, qu'on en ait conscience ou non. C'est la nature. Le coeur profond des mères. Qu'elles se l'avouent ou qu'elles le cachent, qu'elles l'acceptent ou le refusent. Il ne peut pas en être autrement, à moins d'une blessure.
Pourtant la vie de tous les jours, les mille contrariétés auxquelles il faut faire face, l'inquiétude de demain ou, d'une autre manière, la course au mieux, aux choses faciles, au plus grand plus amusant plus... cher, peuvent occulter cet amour. Je peux trouver cela pénible d'avoir à aimer mon enfant, parce que j'ai d'autres choses à faire (que je les choisisse ou que je les subisse : les écarts à l'amour brûlent de tous feux hélas !) Sans compter parfois le poids de cette immense fatigue...
Mais il y a aussi cette part d'ombre qui m'habite. Je trouve cela pénible d'aimer mon enfant : il m'empêche de faire ce que j'avais prévu de faire. Il m'empêche de réaliser ce que je voudrais être. Il me colle une vie où je dois le servir au lieu faire toujours ce que je voudrais. Et quand bien-même j'ai aussi ce désir de le servir, de répondre à ses besoins, il me reste des ombres : je ne sais pas toujours y répondre. Et cela m'énerve.
J'ai du mal à aimer mon enfant : il me contraint sans cesse à me dépasser moi-même. Il me force à renoncer à mes désirs, mes idéaux. Il m'oblige à devenir la servante d'un tout petit. Il me fait sortir de mes catégories, de mes idées, de mes conforts. Il me déracine de tout ce en quoi je mettais un peu de légèreté et de repos. Il me force à l'essentiel... un essentiel que je ne choisis pas toujours. Il me demande attention toute pleine. Je ne peux plus rien, en dehors de lui. Sa figure adorable quémande sans cesse un regard, un geste, une parole, un sourire. Je ne suis plus libre.
Pire encore. Au plus profond, j'ai du mal à aimer mon enfant, parce qu'il me renvoie à moi. Il me renvoie à l'enfant que j'étais, à l'adulte que je suis. Il sait réveiller mes fureurs intérieures, ces fureurs que je ne maîtrise pas - moi qui voudrais n'être que douceur, en un tour de main, je deviens furie tyranique... Envie de l'étrangler, cette tendre innocence... J'ai de la violence, j'ai de la haine en moi. Je ne sais pas d'où elle vient. Ai-je été violentée, suis-je une victime ? Cette violence intérieure, est-elle le fruit de ce que j'ai pu subir ? Ou bien est-ce de vouloir tout trop bien, trop pur, trop grand... la frustration de ne pouvoir répondre à ce que je voudrais de grand.
Tu me contraries, mon trésor. Tu es toute dépendance de moi, et je voudrais de l'indépendance. Ta dépendance me dérange. Tu me renvoies à mes ombres et ma noirceur, mes limites... Alors que je voudrais n'être que blanche. Et parfaite.
* * *
C'est mon chemin. Reconnaître ma violence, l'accepter. Accepter l'imperfection. Accepter que je ne maîtrise pas tout. Que j'ai beau t'aimer, je ne saurai jamais n'être pour toi que douceur. En tout cas, pas par moi-même. Pas plus que je ne saurai bâtir autour de toi un pur monde de douceur. Accepter que tu me pousses plus loin, plus haut. Pas par les chemins que j'aurais voulus, ni pensés. Accepter que la douceur puisse être une illusion. Accepter que mon amour pour toi passe aussi par la visite de mes noires zones d'ombre. Et que je te les offre. Et que je t'aime quand-même.
Accepter le travail immense d'un tout petit être sur mon âme, parce que ta simple venue dans mon antre a fait de moi ta servante...
23 octobre 2006
Pourkoi on est d'un autre monde, post scriptum
* * *
Ô ... Profondeur ??
Les vies humaines sont si profondes, les coeurs humains si mystérieux, ce n'est pas tout de le dire. Peut-être que personne n'en parle - parce qu'aujourd'hui on se doit d'être rapide et sympa, peut-être ? mais surtout parce que c'est si dur à livrer, des profondeurs... elles ont besoin d'être gardées secrètes... Personne n'en parle ou peu, à traits tirés, pudiques et tout en finesse. C'est étonnant pourtant de voir tous ces parcours... dont il faudrait écrire des milliers de livres...
"Il vivait seul. Non pas seul, mais hanté par sa douleur à un point que peut-être personne ne pouvait soupçonner. On vit aux côtés de ceux qu'on aime et on ignore encore leur fond intérieur... Personne ne pouvait soupçonner. Depuis 15 ans un fantôme enlassait sa vie, un fantôme d'amour et de douleur, quelque chose à guérir un jour. Rien ne pouvait être plus pareil. Rien ne pouvait être plus pareil, depuis ce temps intense et froid, depuis cet événement sombre où il était parti jouer... depuis ce mensonge effroyable dans son âme... la mort de son père.
"On savait qu'il était mort, son père. On savait bien aussi que cela le faisait souffrir toujours. Mais on ne pouvait comprendre pourquoi et l'on ne pouvait mesurer à quel point...
C'est qu'on ne lui avait pas dit. On avait fait de sa vie un mensonge, une fausse illusion, une inhumaine négation. On l'avait empêché de comprendre, empêché de saisir : il est mort. Depuis, sa vie avait déraillé. Sa vie toute entière avait déraillé, une boule vide. Ce n'était plus l'enfance, ce n'était plus la réalité. C'était un songe triste, alcoolisé. Une douleur que personne ne lui avait permis de nommer. Un raté sans nom. Une blessure de tout ce qu'il aurait dû devenir et qu'il avait perdu, en un instant.
"Mais elle surgissait là tout à coup, frémissante, impatiente de dire enfin tout ce qu'elle devait dire. C'était une douleur qui le réduisait sans crier gare à cette enfance qu'on lui avait volée, "on ne m'avait pas dit ! on ne m'avait rien dit ! Personne, personne ne m'a dit..." Une douleur qui jusqu'alors ne s'était traduite qu'en dureté. Une douleur qu'on l'avait empêché de vivre en lui disant : il n'y a rien. Va jouer. Depuis, toutes les douleurs n'avaient rien été. Face à toute douleur, il suffisait de jouer.
Elle éclatait avec plus de force, plus de rage, plus de drame. C'était un drame d'enfant. Un drame de toute une vie, pourtant. "Mensonge, mensonge, mensonge ! Non, ma douleur ne fut pas rien, et vous l'avez peuplée de mensonge ! Dans quelle ombre ai-je vécu, moi, jusqu'à maintenant ? Au secours ! Rendez-moi la vérité ! Dites-moi que mon père est mort, que vous m'avez envoyé jouer... Que j'aurais dû être là, que vous auriez dû me dire, que j'aurais dû comprendre, et pleurer... Je n'avais pas pleuré... Je n'avais pas pleuré, à la mort de mon père, vous m'aviez volé mes larmes et ce n'est que maintenant... Ce n'est que maintenant qu'elles viennent pour se verser, maintenant que je suis père à mon tour... mais j'ai raté tant de choses... Papa ! Papa, mon père, grand homme de notre maison... Vous deviez rester et vivre, vous deviez voir ma barbe un jour... Je n'avais pas compris... Je n'avais pas compris... Papa !
" - Pleure, mon fils, mon trésor. Petit enfant. Oui, pleure et regarde tout ce qui est passé, tout ce que tu as éprouvé dans ta petite âme d'avant. Regarde enfin, tu en as tant besoin. Ta femme chérie est à tes côtés pour t'y aider. Regarde et pleure... Délivre ton âme de mon fantôme et de tes échecs, fils, délivre ton âme... Je veille sur toi. Je te regarde chaque jour de là où je suis. Je veux te dire ceci : mon fils, mon garçon chéri, je t'aime, et je suis très fier de toi. Je suis très fier de toi, de la famille que tu as fondée, de ce que tu es. Peu importe les erreurs et les manquements d'autrefois : je t'aime, gallopin. Tu es un homme maintenant. Tu as le droit d'être reconnu comme un homme. Je l'ai bien vue, ta barbe, même si je n'étais pas là pour te le dire... Regarde, pleure, et viens dans mon coeur. Viens dans mon coeur, et maintenant grand homme, mon enfant, choisis la vie. Un moment viendra pour que tu pardonnes, pour que tes plaies intérieures soient source de beauté. En attendant ce moment - il faut du temps. En attendant : choisis la vie..."
Pourkoi on est d'un autre monde ?
C'est quand-même dur d'être d'un autre monde. Parfois je ne voudrais pas, je voudrais correspondre à ce qu'il faut pour faire partie du monde.
C'est quoi ce besoin de faire partie ?
On dirait que j'ai fait un blog pour faire partie de quelque chose et puis tout à coup plus rien, pouf ! plus envie d'y écrire. C'est dur un blog et mon élan est allé trop vite : maintenant que j'ai un peu mieux visité les choses (d'autres blog) et que je me rends bien compte que ceci ne fait pas partie... Un blog ça doit être rapide et sympa. Je peux aussi être rapide et sympa mais ce n'était pas mon élan premier, mon élan premier avait juste besoin de laisser éclater les choses accumulées en profondeur. Maintenant c'est comme si je risquais toujours de rester en surface, sous peine 1°) de ne pas être "du monde", 2°) d'attenter à ma Réserve Secrète (= mon Pudique Intérieur).
Et puis il y a l'autre côté du piège : celui de m'enfermer dans une petite bulle "si si, je vais continuer mon blog quand-même et je vais m'efforcer de rester moi-même, et tant pis si la profondeur tombe à côté de la Plaque Blog. Passskeu Moâ chu difffffféreeeeeente..."
Si on fait le calcul vite fait, ça donne : RS=PI in PB est out, mais RS=PI veut quand-même se montrer, plaire et être aimé. En fait ce qui vexe RS=PI, c'est de ne pas être in. Ou d'y être, mais en étant out.
Pour finir le tableau en beauté : "il pleut et chu toute seule" ou encore : "personne ne m'aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaime !"
Ah, ben ça soulage.
Tout à coup ça va mieux même s'il pleut encore. Merci.
Pour ceux qui connaisse l'outil ENN, rigolez pas.
Pour ceux qui le connaissent pas, allez voir là. Hi hi !
Ha ha.

(bon, ça, c'est juste beau, rapide et sympa) (hé hé hé hé)
14 octobre 2006
Le cri dans l'oreiller : hommage aux amies insupportabes
Voilà : il y a des jours où ça va pas.
Pour certains, il y en a beaucoup, d'où l'utilité pour les autres d'avoir un oreiller (de temps en temps) histoire d'être à l'écoute et, le cas échéant, de s'en aller un instant crier dedans - ce dans le but de vider la soupape.
Héhé ! Cela ne veut donc pas dire que nos amies insupportables doivent se retrouver seules ni qu'on doive les laisser tomber. Si nous avons toutes nos moments terribles, je trouve tout de même que certains moments sont pires que d'autres, que certaines fragilités méritent plus d'attention - elles méritent bien un cri ou deux dans l'oreiller.
Car nos amies insupportables ne sont pas seulement insupportables. Au coeur même de leurs moments difficiles on les aime, on peut les aimer, car vraiment elles ont bien des qualités. Leur seule présence fait du bien, même si certaines choses peuvent être pesantes ou nous agacer : c'est qu'on les aime, qu'y pouvons-nous !
Le cri dans l'oreiller, c'est un petit sacrifice d'amour qui vaut le coup : on s'aperçoit qu'on a bien fait de ne pas craquer sur elles parce qu'elles nous le rendent avec reconnaissance, et tant d'amour. Et du coup, elles nous donnent même tout ce qu'elles sont de bien et de beau. Ce n'est pas parce qu'elles vont mal qu'elles ne peuvent rien apporter : elles apportent ! Plus qu'elles croient, et plus que le croit notre agacement premier.
Je reçois plus quand je donne, finalement. oh là là.
Allons ! donnons, recevons, aimons... Bon Vent.
Et vivent les oreillers.





