* OraCo-T *

= L'Orange au Coeur du Tournesol, ;-) - - Site de jeune petite maman clown pouête, chouette, mistinguette et fi-philousophe : pour VIVRE, aimer, danser rire et chanter... louer. (on pourra parler des choses tristes aussi pass-ke-cé-la-vi.)

22 juin 2009

Conte à quinze

Hier et avant-hier, j'ai participé pour la deuxième fois à un week-end de formation pour devenir "Educatrice en Prénatal" (il n'y a pas d'école de ce genre en France, à ce que je sache, mais il y a ce site que vous pouvez visiter pour comprendre un minimûme de quoi il s'agit).

Je ne vais sans doute pas faire tout le parcours de formation puisque je l'ai rejoint en cours de route cette année, que rien ne dit que je sois capable de passer les examens en italien, et que rien ne dit que je serai encore ici l'année prochaine.

Ceci dit, je suis éblouie et heureuse quand je reviens de ces rencontres, où certes j'apprends des choses, mais surtout où il se vit des expériences merveilleuses sur le plan du "groupe". Car, comme dans beaucoup de groupes de formations, nous faisons des exercices qui souvent parlent extrêmement fort... Je vous redonnerai peut-être d'autres éléments dans les messages à venir, mais pour l'instant, je voulais vous partager un exercice fantastique : nous devions raconter l'histoire d'un homme et d'une femme qui se rencontrent, ont le désir d'avoir un enfant, et leur parcours, la naissance, tout ça. Chacun(e) de nous en écrivait les deux premières lignes sur une feuille blanche, puis la passait à sa voisine qui écrivait les lignes suivantes, et ainsi de suite jusqu'à retrouver notre ouvrage commencé, cette fois pour écrire les dernières lignes.

Une expérience détonnante : d'abord, parce que je n'étais pas du tout contente de trouver autre chose que ce que j'avais (même très secrètement) espérer trouver, et ensuite, parce que relisant l'ensemble, j'ai été  saisie, transportée et comblée par les symboles qui s'enchaînent et se nourrissent les uns les autres, peut-être irrationnellement (et ho on vous demande pas d'être logique, non plus, c'est un conte !) mais avec tant de résonnance dans ma propre vie... Voilà, je vous livre le bébé, je ne sais pas si vous le trouverez aussi génial que moi, mais... c'est l'ouvrage de quinze personnes inspirées !! yallah !!

Rosa_Rouge_Meillandecor_

Il était une fois une femme de trente-six ans qui cherchait désespérément à se marier. Elle habitait dans un bois fleuri. Un jour, un prince d'une rare beauté passa près de l'endroit où elle vivait, il cherchait un lieu où passer la nuit.

Le prince se demandait : vaut-il mieux chercher une auberge cinq étoiles ou bien dormir sur la plage, couvert très simplement par la royale voûte céleste ?

Mais soudain le prince aperçu la jeune femme et ses attentes disparurent. Elle était là, accueillante et chaleureuse...

Au cours de la nuit, sur la clairière fleurie, les arbres se courbèrent afin que les étoiles n'aient pas à rougir !

Ha, les étoiles...

L'une d'entre elles était une comète ; à peine exprimait-elle un désir que la vie était déjà en la jeune femme, elle qui jusqu'à cet instant avait cru qu'elle ne pouvait avoir d'enfant.

De l'étoile comète à l'étoile filante... Filant, tombant jusque dans le coeur de la vie.

Et lui, tandis qu'il la voyait se transformer, se demanda s'il l'avait déjà aimée de toute éternité, ou si c'était un amour furtif... L'émotion finit par envahir son coeur et il comprit alors qu'il l'avait aimée profondément, qu'il l'aimait même, désormais, bien plus qu'avant. De cet amour qui se transforme pour devenir accueil...

Neuf mois passèrent ; elle, passant son temps à construire le nid et à nourrir son petit avec des histoires, des chansons, des livres, des étoffes douces et des peaux de brebis ; lui à assembler les branches pour offrir un repaire à la famille qui était en train de se construire.


Sous un arbre, sur l'herbe, naquit une merveilleuse petite fille. Ce fut un accouchement très doux, et les oiseaux accueillirent la nouvelle créature, avec le plus beau chant qu'ils connaissaient.

...Et ils l'appelèrent Flamme, comme le feu de la passion qui l'avait engendrée et comme cette fin qui, un jour d'octobre, l'attendait.

On dit alors que Flamme était la princesse des bois et des étoiles : et toute la nature se réjouit de sa naissance, et la lumière du soleil brilla toujours pour elle.



01 mars 2009

Intuitions de grossesse

Durant ma semaine de "rab" de grossesse et un peu avant, quand ma Princesse prenait le temps de préparer ses jolis ongles si longs qui m'ont fascinée lorsqu'elle est sortie de mon ventre,
j'ai eu le besoin intense de m'exprimer... A la fois je n'ose pas, et à la fois j'ai envie de vous livrer ces fulgurants instants. Je vous les livre surtout parce que, me les remémorant, ce sont des tas d'étoiles qui reviennent dans mes yeux...

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Maman-bébé dans l'utérus de la Sainte Vierge (18-19 VII 2008, sous la lune)

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Viens Saint Esprit (21 VII 2008, au soleil)

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Dans le Manteau de la Sainte Vierge (22-23 VII)

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Au Ciel et sur la terre (25 VII 2008)

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30 octobre 2008

Trois mois ! Joyeux Versaire, ma tendre princesse...

Déjà trois mois, ce jour... En cet honneur je retranspose ici le récit de sa naissance, écrit plus à vif. Je peux bien m'offrir ça !

Il y a trois mois, donc, je vivais ma dernière nuit habitée d'elle et elle habitant moi...

"Il était une fois...
une petite fille, dans le ventre de sa maman, qui voulait prendre son temps.

Au début sa maman avait pensé que peut-être, ce serait une enfant de la lune... elle était pressée de la voir et la pleine lune se préparait pour le 18.

Passée la pleine lune, sa maman s'est dit que ce serait plutôt une enfant du soleil ! Il faisait si beau et le jour du terme officiel approchait...

Mais le terme passa et la maman se préoccupa. Impatiente, et inconfiante qu'elle était !!

Puis la maman a un peu lâché prise, …encore… et toujours plus... Prends donc ton temps, petite enfant...

Tranquillement des contractions sont venues par ci par là mais rien ne se déclenchait vraiment.

Et une nuit, les douces étreintes de son corps sur son enfant ont semblé se faire plus régulières, même si elles se sont calmées en fin de nuit...
Le matin s'est levé sur le jour anniversaire de son fils aîné. Pleine d'énergie et de confiance, la maman a demandé à son Mari-trésor de l'accompagner faire une promenade. Il faisait si beau !

Elle commença à regarder l'écart entre les contractions, pas très régulier mais, on dirait, petit à petit, pas d'écart de plus de 10 minutes...

Ils mangèrent des mûres pleines de soleil, elle chanta, dansa comme une folle (une déesse ? une reine ?)... Elle se sentait si vivante et si pleine d'énergie... une vie si puissante... elle était sur la terre de chez elle, une terre profonde sur laquelle elle se sentait si nourrie. Elle sentait que sa petite aussi vivait cette puissance... Et les contractions, et cette régularité qui semblait s’installer progressivement, quelle magie ! Elle éprouva cette émotion : “ce n’est que de l’amour !” Une contraction, cette étreinte si progressive, oui, elle la vivait comme une force d’amour puissante, magique et nourrissante. Un délice divin. Dieu ! … Et quelle merveille que ce corps qui s’apprête à donner la vie… ... ...

- - - - -

Au début de l’après-midi il était temps de faire venir les copines. J’étais dans un travail presque trop doux, trop tranquille mais il semblait pourtant que finalement c’était le moment…
D’abord la sage-femme est arrivée, elle a constaté une dilatation du col à 4 cm : j’étais donc bel et bien “en travail”… c’était si facile… si tendre et plein d’amour, ah cette joie de sentir que la grande rencontre va bientôt survenir et qu’elle se prépare au rythme doux de nos étreintes…

Puis Fée et Mini-fée Sotrés sont arrivées – joie !! et nous avons toutes bullé, tranquillement dans le parc, entre femmes, à grignoter des gâteaux, des fruits secs et des jus… Rien ne semble vraiment se passer.

Vient alors le besoin de bouger un peu. L’heure a bien passé là, il faut faire quelque chose ! Nous partons explorer le fond du parc… nous nous nourrissons de la terre et des arbres… Mais le parc n’est pas si grand et j’ai besoin de marcher plus loin : je décide d’aller sur la colline derrière la maison… et lorsque nous arrivons en haut avec cette vue que j’aime tant (mon petit bout de vallon du Jura, où nous saluons les vaches et les chevaux…), le vent se lève en force et vient me dire encore combien je suis forte et vivante…

C’est l’orage qui se lève. Cette enfant n’est pas une enfant de la lune ni du soleil, eh bien non : c’est une enfant de l’orage. Je suis exaltée par ce vent, par ces animaux là présents, par les feuilles qui tourbillonnent et l’énergie qui se propage dans cette force si profonde de la nature… Eh bien oui, un orage… je resterais là... des heures….

Nous rentrons cependant (trop raisonnable ?). A la maison mon fils me réclame un peu et puis, c’est son anniversaire… Sagement inspirée par ma belle Fée, je lui accorde ce dont je l’avais privé ces quelques derniers jours avec mon besoin de réserver mon corps d’abord et surtout pour l’enfant à venir : une tétée. Je m’assois sur un vieux fauteuil bien confortable et je songe : “faudrait pas que j’y perde les eaux sur ce beau fauteuil !”

Le Tichapz tète, on papote tout doux… et je perds les eaux.

Mon heure est venue… notre heure.

Je me précipite hors de la chambre ou nous étions (oh le parquet…) et je déclare au passage à mon oncle, présent dans le couloir : “c’est parti !!”

Je gravis les escaliers car les lieux où je pensais accoucher étaient à l’étage. Mais pas envie d’aller dans la chambre prévue. Je gravis donc encore quelques marches (besoin d’être le plus haut perchée ??) et m’installe dans la petite salle de bain. J’avais le projet de me rafraîchir avec une douche… je sais très bien que les minutes sont comptées, je sais aussi que je n’irai pas ailleurs.

Dans la douche il y a un petit siège où je m’installe, ma belle Fée dira que je ressemble là à une sainte dans son alcôve… Laughing et je commence à donner de la voix. Oui, c’est sérieux et le moment est proche, plus rien ne va tarder maintenant.

Je donne de la voix, de plus en plus de voix, je souris à ces visages autour de moi qui me donnent leurs regards de lumière… Comme je suis heureuse… je donne la vie à mon enfant…

Elle vient, je sens sa tête au bout d’une longueur de doigt. La sage-femme dit qu’il lui reste encore un peu de chemin et je réponds mentalement : “ah, mais non !” D’assise que je suis dans mon alcôve, je pose un genoux à terre, je cale mon autre jambe, puis mes deux mains en face de moi et vient la contraction qui pousse et crie, si fort… si puissante ! et la voilà ma belle bébée, tant attendue, avec qui j’ai tant cheminé durant cette grossesse, oh te voila belle bébée d’amour, ma belle bébée d’amour… Je te prends et te pose tout contre moi, ah ! te voilà.


drunken drunken drunken drunken drunken drunken drunken drunken


J’avais misé toute ma préparation, toute mon énergie sur cet instant magique ! …Je ne me suis pas préparée l’ombre d’une seconde à ce qui doit se passer ensuite : l’expulsion du placenta… ces choses moins magiques pratiquées par la sage-femme (oh, qui n’en reste pas moins une copine !) et qui méritent selon les dires de la belle Fée “des coups de pied au cul”... et ces satannées tranchées, que je trouve plus douleureuses que tout l’accouchement compris (elles n’ont pas pour finalité l’arrivée du bébé, elles !!)

rencontre Cl_liaSourire

* * *

Cela fait donc trois mois de ça... eh bien, les tranchées* on s'en souvient peu, il reste la magie incroyable de ce que produit en nous la vie, par nous... et il se passe tant de choses si précieuses sur lesquelles je médite... (il faudra que je vous en parle ;-)

* douleurs après l'accouchement qui servent à remettre l'utérus en forme et en place...

*

Un autre cadeau pour finir (celui-là, c'est pour la Fée et pour ma sage-femme) à lire et télécharger ici...

sfparoles

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23 septembre 2007

Je crois qu'il faudra...

...absolument aller voir ça !!

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ça ne sort que le 31 octobre, et en plus je ne pourrai le voir avant un certain temps dans mon exil italien... mais vous autres là-bas, de France et de Paris... filez-y !! m'en faudra des nouvelles !!!

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23 février 2007

Extrait d'un livre d'or lu ce jeudi en Italie, dans une "maison de maternité"

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En lisant ce livre, il y a tant de lumières devant mes yeux... c'est étrange, merveilleux, c'est tellement... « porteur ». Je ne suis pas sûre que cela se dise ! Cela me porte tant, je veux dire.

Ecrire est pour moi une grande chose. Si j'écris maintenant sur ce livre il me vient l'envie de pleurer, mais de pleurer avec douceur... Avec le coeur dans les yeux, un coeur qui sort à travers les larmes. Ce sont des larmes... de profondeur, je dirais. De la profondeur fascinante de cette vie. De tristesse un peu aussi, parce qu'écrire une page signifie qu'ensuite... on tourne la page.

J'ai toujours été comme ça : cela ne me plaît jamais – au début – de tourner une page. Ensuite, je sais après que là est le bonheur, la joie profonde, la lumière étonnante de la vie... mais tu sais, Marta, tu sais comme je suis (je pense !). Tu sais qu'une fois la page tournée me vient cette énergie de vie, cette force qui me surprend... me vient cette petite fleur jaune que l'on appelle « bouton d'or » en français.

C'est un jaune lumineux et « chaud ». Cette fleur sauvage toute petite semble fragile mais elle est forte, parce qu'elle brille.

Oui, c'est cela : j'ai appris avec toi, avec Marin, avec FX, qu'être femme c'est avoir cette petite lumière intérieure. Capable de surmonter et supporter beaucoup de choses. Capable aussi de rester fidèle à ce que l'on sent là, ici à l'intérieur de nous, là où se trouvent le coeur et les entrailles.

Sans toi je n'aurais pu être aussi sûre de moi, à l'hôpital, pendant ces journées difficiles d'attente, d'incertitudes (« jour après jour »), de contrariétés parce qu'on ne pouvait pas faire comme prévu... Tout cela ça a été : l'humilité. Même lorsque nous sommes sûrs d'avoir choisi la meilleure chose, le chemin le plus « vrai » et le plus beau possible, même à ce moment on doit LACHER PRISE... Ouvrir les mains... et ouvrir tout en soi. Accueillir la réalité.

Pendant le groupe de préparation à la naissance, tu nous avais fait cette demande : quelles sont les choses qui nous font le plus de positif ou de négatif, expliquant que la grossesse est cette alternance surprenante de sensations positives ou négatives...

Alors je me suis posé cette question, et à partir du moment où j'avais trouvé ma réponse, tout – la confiance, l'énergie de dépasser les contrariétés, l'énergie pour accoucher – s'est trouvé là : j'ai su que je pouvais vivre tout, TOUT si je pouvais sentir (SENTIR) l'AMOUR partout autour de moi. Me sentir nourrie, protégée d'amour. L'amour de Dieu, pour moi qui ai la foi, l'amour entre [MTree] et moi, l'amour fou de et pour cet enfant qui devait naître. Alors que ma peur, finalement ma seule angoisse profonde aurait été de ne pas pouvoir SENTIR cet amour, au moment du travail, de l'accouchement (et de tout ce qui s'est passé autour !)

Merci tantissimo pour avoir posé tant de justes questions. Là est le chemin de la confiance profonde que nous devons trouver en nous, nous jeunes femmes, jeunes mamans qui vivons ce moment certainement le plus mystérieux, grandiose et intense de notre vie. Nous devons trouver, nous, femmes, la fleur qui est à l'intérieur de nous, une fleur de vie, d'énergie si grande. Mais sans ces bonnes personnes à nos côtés pour poser les bonnes questions, cela serait-il possible à ce point ? Oh, merci d'une manière... qui ne peut pas se dire... ehi, me viennent à nouveau les larmes !

Je pense que j'ai encore besoin de pleurer pour tout ça. Pour avoir trouvé cette étrange force de dire, à l'hôpital, ce que je voulais – pour discerner ce que je pouvais accepter... ce qui était juste d'accepter. Sans toi, mia Marta, je n'aurais pu être aussi forte, aussi sûre de moi.

J'étais une petite fille et je ne voulais pas grandir (grandir = tourner la page !)... maintenant je suis une femme... tellement heureuse d'être femme. Avec cette puissance intérieure. Je ne serai jamais plus la même et, même si je dois tourner la page bientôt (je compte encore venir un peu au groupe des mamans de temps en temps !), je veux aussi IMPRIMER – ME RAPPELER toutes ces lumières de ma vie, que j'ai vécue ces derniers mois.

Mon besoin est : tourner la page ET me souvenir. Ecrire est cela. Ce n'est pas seulement « tourner la page », mais aussi se souvenir. Ce dernier mois (depuis que Marin a eu six mois) je me suis sentie à nouveau un peu perdue. J'ai voulu courir après trop de choses, en oubliant mon essentiel : ETRE. Ne pas passer à côté de ma vie. Etre contre, tout contre LUI, cet enfant. Ne pas oublier que de lui je peux apprendre à être... et le voir grandir – lui aussi !

...

Je pourrais dire encore tant de choses !! Merci d'avoir mis de l'eau sur la fleur, de m'avoir permis de trouver cette fleur, cette lumière profonde. D'être aussi ma famille, ici en Italie... Un abbracio très-très fort avec ces petites larmes du coeur, les larmes intenses de cette merveille de vie.

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15 novembre 2006

Continuum et couple (III). Une affaire d'au-delà...1

Un texte de Michel Odent qui m'avait, je dois dire, pas mal plu... :

Un nouveau regard sur la nativité (Interlude 3 dans son ouvrage : L'Amour scientifié, éditions Jouvence)

Un nouveau-né entre un âne et un boeuf : beaucoup partagent aujourd'hui cette image simplifiée de la Nativité.

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Ma propre image de la nativité est inspirée par ce que j'ai appris des femmes qui mettaient au monde leur bébé dans l'intimité complète, sans se sentir guidées ou observées. Elle est aussi influencée par " Evangilium Jacobi Minoris ", c'est à dire le protoévangile de Jacques le Mineur, [retransmis par] le mystique autrichien Jacob Lorber, auteur de "L'enfance de Jésus" *. Selon ces textes, Joseph partit à la recherche d'une sage-femme. Lorsqu'il revient avec la sage-femme, Jésus était déjà né. C'est seulement lorsqu'une lumière éblouissante s'est atténuée que la sage-femme s'est trouvée face à une scène incroyable : Jésus avait déjà trouvé le sein de sa mère ! La sage-femme se serait alors écriée : " Qui a jamais vu un enfant à peine né saisir le sein de sa mère ? C'est le signe évident que cet enfant, devenu homme un jour, jugera selon l'Amour et non selon la loi ! " **

Le jour où Jésus fut prêt pour sa venue au monde, Marie reçut un message - un message d'humilité. Elle se retrouva dans une étable, parmi d'autres mammifères. Sans mot dire, ses compagnons l'aidèrent à comprendre qu'en la circonstance il lui fallait accepter sa condition de mammifère. Il lui fallait surmonter son handicap d'être humain et se débarrasser de l'effervescence de son intellect. Il lui fallait sécréter les mêmes hormones que les autres mammifères lorsqu'ils mettent au monde leurs bébés, en faisant agir la partie primitive du cerveau que nous avons tous en commun.
La situation était idéale pour que Marie se sente en sécurité. Le "travail" a pu s'établir dans les meilleures conditions possibles. Ayant perçu le message d'humilité et accepté sa condition de mammifère, Marie s'est retrouvée à quatre pattes. Dans une telle posture et dans l'obscurité de la nuit, elle s'est facilement coupée du monde.

Peu après sa naissance, le nouveau-né Jésus était dans les bras d'un mère extatique, aussi instinctive qu'une mère mammifère venant d'enfanter peut l'être. C'est dans une atmosphère véritablement sacrée que Jésus fut accueilli et qu'il put, facilement et progressivement, éliminer les hormones de stress qu'il lui avait fallu sécréter pour naître. Le corps de Marie était bien chaud. L'étable elle-même était chaude grâce à la présence d'autres mammifères. Instinctivement Marie couvrit le corps de son bébé avec un vêtement qu'elle avait sous la main. Elle était fascinée par les yeux de son bébé et rien n'aurait pu la distraire de l'intense croisement des regards qui s'établit. Ce croisement des regards lui permit d'atteindre un autre pic d'ocytocine, ce qui provoqua une nouvelle série de contractions utérines qui envoyèrent vers le bébé un peu d'un sang précieux accumulé dans le placenta. Bientôt le placenta fut délivré.

Mère et bébé se sentaient en sécurité. Au début, Marie, guidée par la partie du cerveau que nous partageons avec tous les mammifères, était à genoux. Après la délivrance du placenta, elle se mit sur le côté, avec le bébé près de son cœur. Soudain, Jésus commença à tourner la tête tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, et finalement ouvrit la bouche en forme de O. Guidé par son sens de l'odorat, il se rapprocha de plus en plus du mamelon. Marie, qui était encore dans un équilibre hormonal particulier et donc très instinctive, savait parfaitement comment tenir son bébé et fit les gestes nécessaires pour l'aider à trouver le sein.

C'est ainsi que Jésus et Marie transgressèrent les règles établies par les néo-cortex de la communauté humaine. Jésus - un rebelle paisible défiant toute convention - avait été initié par sa mère.
Jésus téta longtemps et vigoureusement. Avec le soutien de sa mère, il sortit victorieux d'un des épisodes les plus critiques de sa vie. En quelques instants il s'était adapté à l'atmosphère et avait commencé à utiliser ses poumons, ils s'était adapté aux forces de la pesanteur et aux différences de température, et il était entré dans le monde des microbes. [...]
Il n'y avait pas d'horloge dans l'étable. Marie ne chercha pas à savoir combien de temps Jésus était resté au sein avant de s'endormir. La nuit suivante, Marie eut quelques épisodes de sommeil léger. Elle était vigilante, protectrice et soucieuse de satisfaire les besoins de la plus précieuse des créatures terrestres.

Les jours suivants, Marie apprit à sentir quand son bébé avait besoin d'être bercé. Il y avait un tel accord entre eux qu'elle savait parfaitement adapter le rythme du bercement à la demande du bébé. Tout en berçant, Marie se mit à fredonner des mélodies et ajouta quelques paroles. Comme des millions d'autres mères, elle avait découvert les berceuses. C'est ainsi que Jésus commença à apprendre ce qu'est le mouvement, et donc l'espace. C'est ainsi qu'il apprit aussi ce qu'est le rythme, et donc il commença à acquérir la notion de temps. Il entra progressivement dans la réalité espace-temps. Par la suite, Marie introduisit de plus en plus de paroles en fredonnant ses berceuses. C'est ainsi que Jésus absorba sa langue maternelle.

* * *

...De le relire maintenant que j'ai accouché... ça m'fait ben quelque chose... ... Ah Jésus, ah Jésus !
(+ une intelligence - liminale, et spirituelle - habite notre chair...)

Seulement j'aurais préféré que Joseph soit là tout de même. J'ai aimé et voulu que Mari-trésor soit là, moi. ...Alors ? Quid du couple, dans le continuum, vraiment, vraiment ?

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10 novembre 2006

Continuum et couple (I) : Accouchement

Début d'une grande réflexion que je voudrais mener : les femmes qui donnent la vie à un enfant, doivent-elles choisir entre : elles-mêmes, leur enfant, leur mari ?

On sait bien-sûr qu'il ne s'agit pas là de choix, une Maman Etonnament-Grande-Libératrice-Idyllique-Sage-Etouça nous enseigne : soyons femmes (souffler, prendre du temps pour soi), épouses (souffler, prendre du temps à deux) et mères (... souffler ?).

N'empêche, n'importe laquelle d'entre nous - à part peut-être certaines qui refusent catégoriquement leur maternité (d'une manière plus ou moins avouée) a forcément senti, à un moment donné, surtout avec un jeune bébé, que non, à ce moment-donné là, elle n'était pas autant épouse que mère. Il y a une exclusivité incroyable entre une jeune maman et son tout-petit... quand bien-même on voudrait faire autrement, ce serait aller un peu contre la nature (c'est-à-dire contre ce que les choses sont dans leur développement spontané... Spontanément, une mère est liée à son tout petit d'une manière indicible. Si les choses se passent bien).

Pour aller plus en profondeur, avec cette histoire de "Continuum" que je découvre (même si je n'ai pas encore lu le fameux bouquin du même nom) (décidément j'ai le chic pour parler de théories qui sont dans les bouquins que j'ai pas lus) ; avec mon expérience aussi, je commence à sentir que ce n'est pas simple, cette histoire.

* * *

C'est aujourd'hui (jeudi) la fin du deuxième jour que je passe seule, en entier (c'est-à-dire nuit comprise) avec Tichapz, parce que Mari-trésor est parti en mission - première séparation depuis la naissance de Tichapz et première fois que je me retrouvais seule dans ce jeune chez-nous pour passer la nuit. (Ce fut impressionnant mais je pris le parti de nous coucher à sept heures du soir et nous dormîmes sans incident jusqu'au lendemain neuf heures. Neuf heures !)

Et c'est vrai que ces deux jours se sont passés à merveille. Pas un seul moment où je me suis sentie dépassée, pas un moment où j'ai douté de moi sur la conduite à tenir pour m'occuper de Tichapz. Doute que j'aurais plus tendance à développer, quand Mari-trésor est là, peut-être parce que je veux lui donner "sa place" et que lorsqu'il diagnostique un autre truc que moi (ou qu'il donne un avis avant même que je forme le mien sur ce dont Tichapz a besoin), cela me trouble en moi-même... me perd mon instinct maternel... me fait perdre confiance.
Et là débarque en moi le "panic-room" !

* * *

Ce matin encore (nous sommes là jeudi soir je commence ce billet), nous fûment chez Marta - sapere chi è, voir ci-dessous - et j'ai un peu discuté avec une femme que j'aime beaucoup, avec qui j'avais déjà papoté à l'hôpital (grâce à Marta et à ses séances de préparation à la naissance, j'ai beau été obligée d'accoucher dans cette industrie, je connaissais un bon pitit nombre des jeunes mamans de l'étage !) (bon j'arrête de la ramener maintenant avec Marta).

Avec cette femme donc, nous papotâmes et elle me partagea sa difficulté actuelle... à mi-mots et sans avoir le temps de bien creuser son problème, mais j'en suis arrivée à cette conclusion : sans cesse, notre "maternité" semble être remise en cause, freinée ou dérangée - c'est-à-dire que nous n'arrivons plus à retrouver le fond de nous-mêmes sur cette maternité - par des tas d'éléments et, hélas, nos zhomes peuvent faire partie de ces éléments - nous en sommes nous-mêmes, d'ailleurs, pour des tas d'autres raisons !

* * *

Je ne veux pas aboutir à la conclusion que pour vivre en vérité sa maternité ou, dirais-je plutôt, son "maternage", il fau(drai)t laisser de côté notre mari (ou zhome chéri en tout genre, on trouve de tout d'not'temps ma bonne dame) ou vice-versa (pour préserver le couple, réduire le maternage). Parce que j'ai une intuition que c'est faux et qu'autre-chose-se-cache-derrière-de-plus-grand-de-plus-beau qu'il faut arriver à saisir. J'ai l'intuition d'un truc du style (parce que nous l'avons peut-être vécu aussi, en fait ?...) être mère rend plus femme et plus épouse. Mais s'agit de bien comprendre le truc, de bien poser le problème, le pourquoi de "ça n'est pas si simple". Puisque ça devrait !

Ainsi, Premier volet de cette réflexion : l'accouchement.

L'accouchement doit être d'une (très) grande part dans le "continuum". Et Chez Marta encore (ce jeudi), j'ai réalisé que j'avais une chance ENORME (l'aurais-je déjà oublié ? mais d'entendre les autres femmes-épouses-mamans parler, ça me l'a rappelé) : j'ai un mari EN OR. Peuplé de défauts, peut-être. Mais quel or fin... oh là-là, si je savais !

Mon accouchement ne s'est pas passé selon le plan prévu à l'origine (lumières douces, intimité, eau, liberté). J'ai dû vivre un certain nombre de défaites quant à l'idéal poursuivi : plus de quinze jours à l'hôpital, séparations nuitesques d'avec Mari-trésor, pas de lumière douce, des allers-venues à n'en jamais finir, des blouses de toutes les couleurs - jaune, rouge, vert, blanc, bleu, bicolores parfois - et jamais les mêmes visages - sauf ceux que vous aimez le moins évidemment... Puis soi-disante nécessité d'un déclenchement - mot horrible pour qui parlait de spontanéité ! - à laquelle j'ai fini par me plier (ô combats), en mettant toutes les chances de la "nature" de mon côté (Exercices pour m'ouvrir, massages, traitement homéopathique, huile de ricin, préparation intérieure, y compris de bébé). Dans toutes ces déconvenues j'ai eu le soutien de Marta ma sage-femme, de mes parents, d'amies au téléphone... et de Mari-trésor.

Et l'accouchement donc. Faiblesse extrême - mais pleine de force aussi c'est étonnant ! Le matin même, je démissionnais. Je ne voulais rien faire du jour, j'avais à peine dormi quelques heures, je voulais attendre encore le lendemain pour subir les interventions que je redoutais de choc. TROP fatiguée.

J'ai demandé aux rapias d'attendre que Mari-trésor soit là pour m'embêter avec leurs examens infinis. Ce jour-là heureusement, la teigne brune de gynéco (oh pardon hein mais ... voilà quoi) qui m'avait stressée tous les matins de la semaine en m'expliquant, signora Machin-truc (signora ? moi ?) (chépapourkoi mais ym'semble que je l'ai déjà écrit, ça. Quelque part.) qu'il fallait faire un déclenchement, déclenchement, déclenchement, risque, risque, risque - n'était plus de service. C'était une jolie blonde légère, sympathique et encourageante  qui avait pris le relais.

Crotte c'est pas du tout ça dont je voulais parler (mais à ce sujet tiens, lisez qand même une autre Chronique de Mère Indigne ;-))). Lisez. Pour certaines cela sera NECESSAIRE et pour d'autres, HILARANT...)

* * *

Peu importent donc tous les détails qui suivent (même si sans cesse me reprend l'envie folle de tout raconter...) (bon allez je raconte quand-même, passez au paragraphe suivant). A 10 heures, ce dimanche-là, on m'a trimballée sur un lit roulant dans la salle opératoire pour percer la poche de mes eaux trop abondantes (Dans le but de permettre aux contractions de reprendre leur boulot puisque j'étais tout de même à 4 cm de dilatation, peu môl ! mais que contraction, avéplu depuis la chute du palloncino dit ballon de Foley mais cherchez pas ça existe MEME PAS en France) (bref). J'ai dû m'allonger. Les lumières du plafond de cette salle se sont abattues sur mes yeux aveuglés éblouis. Elles m'ont parues tellement surréalistes... pendant que j'en rigolais avec Quelqu'un pour tenir le coup, des milliers de gens (blouses de toutes les couleurs) (enfin au moins une dizaine) (de gens) s'affairaient autour de moi devant la tâche exTRÊMMMMent dangereuse qu'ils allaient accomplir (oh là-là pardon je critique trop quand-même ils étaient assez gentils c'étaient des italiens quand-même et puis parfois ça sauve des vies, vraiment) : le perçage. ça a fait plof pfouitchhhhhhh...

Ainsi, l'entre-deux jambes dégoulinante, (qui tout ce temps encore continuera de dégouliner), je fus rapportée au bercail à la salle d'accouchement.

  AccoucheBlog2 késskilzon àfoutttdu VERT partout dans cézôpitalzzs...

Les contractions allaient arriver, j'étais toute tremblante mais c'était pas le moment de faiblir. Je l'était ptêt (faible) mais j'étais aussi ... sais pas... saisie par une force intérieure, décisive... Viens ptit trésor on veut voir ta frimousse maint'nant.

C'est que mon propos devient important... la manière dont nous avons vécu cela à deux, Marit-trésor et moi... l'accueil de notre enfant... le fait que je sois femme, épouse, en devenant mère "puissantement"... Comme si le "continuum" de la femme et du couple c'était bien de faire naître un enfant.

Je ne me suis jamais sentie autant femme que durant les instants et les jours qui ont suivi l'accouchement. Avec tous les renoncements que j'avais dû accepter, les batailles que j'avais dû mener presque seule contre un monde médical parfois très gentil mais que je n'arrivais pas à percevoir autre qu'ennemi dans son ensemble... Avec cette force incroyable et indicible qui fait qu'une femme (une ptite fille euh... soit dit en passant) devient accoucheuse de vie...

Mari-trésor m'a laissé comprendre qu'il ne m'avait jamais autant perçue femme ni aimée comme épouse, que lorsque j'ai "expulsé" mon bébé, l'ai appelé, l'ai pris sur mon sein (pas comme j'aurais voulu évidemment, et cet instant si court...). Il l'a vécu puissantement, lui aussi... Grâces soient rendues Là-haut vraiment, vraiment....

Je ne l'ai jamais autant aimé que durant ces moments non-plus, Mari-trésor. Par ses mains il a soutenu mes douleurs d'enfantement. Par ses mots il m'a couverte d'amour et d'abondance, même si je ne les percevais  qu'en fumées-d'un-autre-monde... De l'autre univers, là-bas, celui où l'on n'accouche pas mais où l'on voit accoucher, ses mots me sont venus qui ont rempli mon âme incessamment. Ils ont nourri ma force. J'ai ainsi accouché en confiance et en amour ... malgré tout... (Encore un autre truc que j'avais dit en séance de groupe avec Marta : que si jamais les choses ne se passaient pas comme je les souhaitais, il me semblait que je pouvais tout surmonter si je pouvais SENTIR autour de moi la force et la présence de l'Amour qui (précisément) soutient tout (Deo et maritus ;-)). Je l'aimais plus pleinement aussi parce que j'étais plus pleinement femme désormais. C'était pleinement grâce à lui.

* * *

Continuum et couple, donc. Cet article est déjà bien long... Petite conclusion.

Ce que je voulais dire, en témoignant de mon accouchement, c'est que l'homme d'aujourd'hui peut prendre une belle place en accompagnant sa femme dans la naissance de son enfant. Cela n'est pas obligatoire, nous avons tous nos histoires et c'est à chacun de sentir.

Cela permet simplement d'illustrer un peu que le "continuum" n'est pas seulement mère-enfant... que le père peut y surgir, tout naturellement. Est-ce alors seulement en tant que "soutien" de la mère ? Qu'est-ce que c'est que cet accompagnement ? Je puisais de sa présence agissante et de ses mots toute ma force pour vivre mon accouchement...

Et pour aujourd'hui ? Dans la vie de tous les jours, le père est-il seulement "celui qui aide", les bras tant attendus chaque jour pour prendre un peu le relais et s'occuper de bébé ? (Lui qui rentre, éreinté, d'une journée de travail !) Est-il uniquement ce roc sur lequel s'appuyer ? Et quand on n'est pas d'accord ou qu'on ne ressent pas la même conduite à tenir, dans l'éducation ? Comment vivre le "continuum", ce lien avec l'enfant, tout en étant deux ?

Le couple en tant que tel : n'avons-nous pas un réel besoin de se retrouver à deux - rien qu'à deux ? N'est-ce pas nécessaire alors, de confier nos enfants à une tierce âme pour un temps ?

Suite au prochain épisode...

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15 octobre 2006

Méditation

Aujourd'hui 15, j'instaure le Dimanche Méditation. Hier, samedi 14, texte du jour (Lc 11, 27-28)...

Comme Jésus disait cela, une femme, élevant la voix au milieu de la foule, lui dit : "Heureux le ventre qui t'a porté et les seins que tu as sucés !"
Mais il dit : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent !"

... m'a frappée plus que jamais. Ben, c'est la première fois que je l'entends depuis que je suis maman...

Je crois que cette femme devait avoir contre elle un petit bébé. Je crois qu'elle devait l'avoir contre elle parce qu'après, vite on oublie. Il n'y a que le sommet présent pour faire souvenir aux femmes ce sentiment intense... comment décrire... Il faut concentrer toute son attention pour le saisir... pour saisir ce mystère... Il faut une grande disponibilité de coeur pour être fracassée à cause d'un respir, d'un petit son exquis ou d'une mimique liquéfiante...

bouille

Cela me fait penser au mystère de la Sainte Vierge. L'autre jour, je me suis demandée : vraiment, pourquoi est-il si important que Marie soit toujours vierge ? On en fait des patacaisses, l'Eglise y tient tellement, tout à coup j'ai éprouvé une profonde ignorance.

Et plus tard j'ai eu (sans que je m'y attende mais pas par hasard) ma réponse, en tombant sur ce texte : (http://www.mariedenazareth.com/4437.0.html)

Le sens de la virginité après l'enfantement

Je crois qu’il est éclairant, pour comprendre le sens de la virginité de Marie après l’enfantement, de lire Philon d’Alexandrie
(† 45 env. après J-C) :

Léa, comme l'Écriture le dit, après avoir engendré Judas, son quatrième fils, « cessa d’enfanter » (Gn 29,35). « Judas » veut dire « louer Dieu », c'est le sommet de la perfection. Glorifier le Père est la meilleure chose de toutes, et c’est le fruit le plus accompli des fruits qui soient jamais sortis d'une femme enceinte, Veine (Philon De Plantatione, 135). Donc Léa n'engendre plus. Elle ne savait pas vers quoi se tourner, ayant atteint la limite extrême de la perfection (Ibid). Après cette naissance, Léa mit fin, ou mieux, il fut mis un terme à sa progéniture. En effet – le croit Philon - elle vit que les organes de sa puissance génératrice étaient devenus arides et stériles, car en elle avait fleuri le fruit parfait, Judas, l'action de grâce (Philon d’Alexandrie, De Somniis 1,37).
Maintenant, essayons à faire la transposition christologique de cette page de Veine, et demandons-nous : pourquoi Marie ne porta-t-elle pas d’enfants autres que le Christ ? Non pas certes parce que la génération aurait un je ne sais quoi d'impur, mais parce qu'elle accueillit en son sein ce Fils : celui qui, en étant Dieu, était l'Eschaton, la Perfection, l'Absolu. En devenant le temple vivant du Verbe incarné, vraiment Marie, pour utiliser les mots de Philon, ne savait pas vers quoi se tourner, ayant atteint la limite extrême de la perfection. Comme les jarres de Cana, ainsi le sein de Marie, avec l'Incarnation, fut plein « jusqu'au bord » (cf Jn 2,7).

(Extraits de A.SERRA, article Vergine, nel Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, p.1304-1308 traduction F.Breynaert)

J'ai donc pu comprendre que la joie intense de tout le mystère d'être maman, Marie ne pouvait pas l'avoir eue plusieurs fois, ni de la manière normale puisqu'elle a porté l'Homme des hommes, Celui qui était Dieu aussi, le Tout Parfait... Le Tout Parfait et le Tout Comblant...
Oui, voilà. Une mère qui est maman, pour peu qu'elle y consacre son attention, ressent sans cesse - pour peu, oui, qu'elle regarde son enfant... une émotion vive, mystique... Comme disait Mari-trésor à sa manière : "C'est comme si l'accomplissement de l'homme, c'est d'être un bébé". A développer mais alors, on comprend que cette femme proclame bienheureuse la Mère de Dieu... Jésus qui non seulement fut dans les bras de Marie un bébé, mais qui était Dieu... Et quelle joie indicible nous avons nous, petites mamans sensibles, en voyant combien petit être d'amour nous comble, seulement parce qu'il est à la fois tout parfait et à la fois, parce qu'il a besoin de nous... étonnament besoin de nous... oh, comment petite maman sensible pourrait ne pas fondre en voyant son bébé se trouver rassuré et comblé par elle, ne fût-ce que pour l'instant de la tétée !

Bienheureuse, donc, celle qui a porté dans ses entrailles l'Orange qui était Jésus, et qui a comblé cet Enfant en lui laissant "sucer ses seins" ...

Et voilà que Jésus - cet homme qu'il est ! - casse l'ambiance et dit : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent !"

Ha ha ha ha ! Que dire alors, qu'allons-nous penser ? C'est qu'un bonhomme ? Aucune sensibilité féminine, vraiment ?
Voyons. Je penserai jamais cela de mon Amour.
Il me faut donc chercher à comprendre.
Jésus donne là, je crois, la voie d'un bonheur encore plus parfait - plus parfait que celui d'être mère ! Avec cette dimension incroyable, que je ne peux décrire, ce sentiment intense, cette comblitude profonde ! Ces entrailles plus frémissantes que frémissantes !! ... - plus parfait, oui. Ecouter sa parole et l'observer : la mettre en pratique, la garder en son coeur aussi... oh là, oh là-là......

Laudato sia Jesu Cristo - Sempre sia laudato ..!

12 octobre 2006

Une question que je pose souvent...

Une question que je pose souvent à Marin :

est-ce que tu te souviens de ta naissance ?

Ô, mon fils, toi si petit encore...

J'ai vécu ce que nos chers corps médicaux appellent : grossesse pathologique. Attention l'humiliation, s'il vous plaît ! Ma grossesse fut : pathologique. Mais bon peu importe (et puis d'abord, dans mon malheur, j'ai eu beaucoup de chance, je dis : BEAUCOUP. Et puis d'abord sans cela je n'aurai peut-être pas autant aimé mon cher petit mari, aujourd'hui.)

J'ai donc accouché à l'hôpital, plutôt que dans ce lieu de rêve (studio intime, baignoire, tons orangés... Moi seule, avec une sage-femme et surtout, mon bien-aimé...). Marin, petit être d'amour, te souviens-tu ? Pendant quinze jours, je n'ai pas eu d'intimité. Pourtant, au bout du compte, combien de choses grandes j'ai vécu dans mon coeur, et combien de lien puissant j'ai continué de tisser avec toi, malgré tout...

Quand on m'a dit Madame, (ah oui parce qu'il faut bien vous dire que je suis une dame !), il faut vous provoquer, j'ai fait de la résistance. Ben quoi il est pas beau mon petit ? Et moi, mon corps de mère, il est dangereux ? Vous voulez donc me faire des injections d'hormones hyper violentes et que j'accouche sous péridurale (surenchère d'injections extra nat') pour ne plus tant souffrir ?

Finalement, raison et coeur aidant (et vraiment, je le répète : de la chance !) (euh, à moins que ce soit encore Autre chose) j'ai pu retarder ta venue tant que possible, jusqu'à la trente-huitième semaine et te préparer, nous préparer à cet événement...

Et même, j'ai pu accoucher "naturellement".

On a seulement percé la poche de nos eaux qui étaient trop abondantes (= Grand Danger, si si ! Et si le sac se rompait et que ton cordon était entraîné avec les eaux et que tu mourais inalimenté ? Chair de poule, oui chair de poule. Heureusement que les si n'arrivent pas toujours.)... trois heures après tu étais là, Mon Bébé, tu as surgi de moi comme une fusée qui a hâte de vivre ; c'est que je t'avais prévenu... Je t'avais dit, mon bébé, mon trésor, je t'avais dit qu'on ne te laisserait pas le temps dû mais que ce n'est pas grave, tu pouvais bien venir maintenant, on t'attendait, on était prêts, nous avions hâte de voir enfin ta petite frimousse qui nous faisait déjà rire depuis longtemps (de là-dedans). A l'hôpital je te parlais, petit trésor, je te disais qu'il allait falloir que tu viennes vite et qu'il ne fallait pas craindre, parce que nous t'accueillerions.

Ô Dieu ! Quelle vie ! Quelle expérience ! C'est bien là ce que nous avons fait... Et toi, tout petit être, tout enfant chéri, tu es venu. J'ai dû m'exclamer des choses simples et secrètes, vêtues d'amour et d'un élan du coeur insoupçonné... On n'est plus la même femme, quand on a accouché. Mon homme n'est plus le même homme – nous sommes toujours des gamins, mais il a vu sa femme mettre au monde son fils – et il m'a soutenue, comme je n'y aurais pas pensé ! Quel homme. (Quelle femme, répond-il en riant)

Pomme d'Api ! Vive la vie.

Posté par petiboutondor à 22:42 - Les joyaux - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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