11 avril 2009
Nos quelques natures divines... Traité folisophe de la création et de la relation (en plein de parties sans queue ni tête)
"C'est le potentiel créatif lui-même présent chez les êtres humains qui représente l'image de Dieu", vous citai-je récemment.
ça m'a fait du bien de lire cette phrase. Je suis en train de m'accorder le droit, petit à petit, de laisser vivre cette image en moi du Dieu créateur, qui a longtemps courbé l'échine parce que ça ne fait pas vivre son homme ça madame, de créer. Et puis parce qu'on n'a jamais le temps, gnék gnék... Et puis surtout parce que "t'es une artiste, toi ?" Ben oui j'ai décidé, allez hop. J'ai encore jamais rien créé mais je suis une artiste, voilà. NA !! :p
Donc oui, le potentiel créatif présent chez toute personne humaine manifeste une image de Dieu... Mais aussi dans la Bible on lit :
"Dieu créa l'homme à son image,
à son image Il les créa,
homme et femme Il les créa."
Si telle est donc son image on découvre qu'il y a en nous la création, ce besoin, ce désir de créer mais il y a aussi, au fondement si profond... la RELATION. Malgré toutes ses blessures.
"Dieu est Amour", qu'on dit aussi.
L'Amour est un joug au sens de lien (cf. l'étymologie du mot yoga !!) et ainsi, il est Relation, il est ce qui lie et aime. D'où encore le mot religion-religare, "relier à". L'Amour de Dieu détient une dimension universelle et totale comme celle à laquelle on aspire dans les spiritualités orientales, mais c'est encore différent parce que le Dieu Amour des chrétiens (celui qui circule entre le Père et le Fils) est "individué" en la Personne du Saint-Esprit (chez les chrétiens c'est important d'être une personne... et ho je vous vois venir vous avec les blagues où personne ne dit rien, mais n'empêche ! pas de personne, pas de relation ! :D). C'est de ce même Esprit qu'est née l'impulsion de la Création originelle, c'est par Lui que cette création se produit encore en nous et devant nos yeux.
Dans le Coeur de Dieu il y avait ce désir mystérieux d'unir sa transcendance à la matière. Il y avait cet élan vital, ce Don magistral qui, parce qu'il était Amour et pur Amour avait ce désir, cette quête, cette force divine à vouloir embrasser toute chose... Lui, le Tout Autre et l'Indiscible, Il voulait épouser toute chose en un charnel spirituel suave et saint.
L'acte de Création de Dieu est donc profondément relationnel, à la base... La Création fut, par amour !

Et donc moi, dans mes affres d'artiste tondeuse d'herbe verte, (franchement l'herbe fraîchement taillée encore humide de la pluie du matin, peut-être que ça colle, mais moi j'dis ya pas mieux :), et ben je me pose cette question : puis-je créer ET être en relation ?? Créer, et me donner moi-même ? Ne suis-je pas si souvent interrompue dans mon besoin de création, par les nécessités de la vie quotidienne ? N'ai-je pas cette facheuse tendance même, quand je suis interrompue, à éprouver une colère monstre, une frustration, et à le faire ressentir parfois douloureusement à ceux avec qui je suis en relation ?
Mystère.
Grande question.
Je ne vais pas trouver de réponse, là tout de suite. Ou plutôt si en trois mots : Dieu est la personne avec qui je suis en relation, qui me pèse le moins du monde. Je me mets en relation avec Lui, tout baigne, mon coeur se gonfle, mon âme se repose en confiance... Et vlà-t-y pas qu'un enfant pleure ou un mari se met à jouer du piano et là... Ce sont mes proches humains qui me pèsent, parfois, s'ils me coupent dans mes élans... Mais mais mais, si je ne les avais pas, je serais privée de tant de joies aussi ah... la relation.
En ce Vendredi saint où la nuit est longue et sombre, où le Fils de Dieu a suivi le lien qui le liait à Dieu son Père et celui qui le reliait aux hommes pour nous re-créer et par amour pur, je vous souhaite une belle veille de Pâques ...où toutes choses ressuscitent !!!
24 février 2009
Le vilain petit canard était une sorcière
1°) pardon pour ce long silence. Ce n'est pas faute de méditer dans tous les sens, y compris sur des sujets qui sont en-dehors de celui que je vous ai promis (enfin je dois bien dire, il est très très très vaste, le sujet. :-)
2°) Ma petite Mamie est morte voilà plus d'une semaine, le 14 février. Elle souffrait d'une bronchite aiguë qui a fini par emporter son âme, bien malade déjà par l'Alzheimer qui la tenaillait depuis plus de dix ans (depuis la mort de mon grand petit Bon-papa, un jour d'Ascension). Elle est donc partie pour dîner avec lui là-haut. C'était son heure : douze Saint-Valentins loin de son aimé, pas treize. J'ai deux grands-parents qui ont été l'un et l'autre aspirés par leur(s) Bien-Aimés, dans la mort...
J'ai bien pleuré pourtant... je ne peux m'empêcher de ressentir l'incommensurable perte de cette frêle petite présence ici-bas. Quelles que soient les explications qu'on lui trouve, la mort est un scandale...
Mais je suis apaisée aussi. Je sais que tout cela est bien. Il est doux de vivre un deuil dans l'amour, et dans le sentiment profond de l'unité de notre famille, aux mille tendresses. J'ai découvert de belles choses sur les miens au travers de ce deuil. Je vois les fruits de cette mort récupérée par la vie, et par la grâce... oh oui, c'est doux.
Quant à l'avenir de notre maison de famille, c'est encore en stand bye pour trois ans. A la grâce de Dieu, des multiples projets que je nourris, et des fluctuations boursières (ha ha).
* * *
3°) Venons-en au titre.

Cela fait quelques temps que j'élabore ma petite théorie sur les sorcières. Dans le contexte ambiant, entendons-nous bien : il existe deux sortes de sorcières, mais dans les deux sortes, l'humanité fait qu'on se met à vouloir les brûler (d'une manière ou d'une autre). La première sorte, c'est cette femme qui utilise des pouvoirs occultes pour faire du mal, plus ou moins gravement. La seconde sorte, c'est la sorcière que j'aime, que je ne peux pas m'empêcher d'aimer. J'en ai encore croisé deux de ce genre dans la rue, samedi dernier, en faisant une dernière ballade sur la terre française aux côtés de ma petite maman. Ce sont des femmes auprès desquelles j'aurais envie de passer des heures.
Elles ont ce type fort qui fait qu'on sent une puissance émaner d'elles. Les traits de leur visage sont attirants, par eux-mêmes. Ou alors c'est simplement leur présence qui est attirante... Je crois que c'est à cause de leur capacité à être elles-mêmes, complètement elles-mêmes, totalement elles-mêmes. Telles qu'elles sont. C'est leur incroyable force, leur rayonnante puissance.
Souvent ces femmes ont souffert, ont été rejetées du cadre dans lequel elles sont nées, peut-être... d'où mon amalgame avec le vilain petit canard. Je recommande une fois de plus l'ouvrage de Clarissa pour son analyse du conte en question ;-)
Je ne fais donc pas l'apologie des sorcières qui usent de la sorcellerie, ni même d'une quelconque magie. Je crois hélas que ces femmes-là se sont gravement trompé de route, elles ont fait de leur force un canal pour d'autres puissances que leur lumière propre et profonde.
Mais je voudrais honorer cette force d'être que détiennent les sorcières-simplement-cygnes qui, souvent sans même s'en rendre compte, éclatent et fascinent par simplement-ce-qu'elles-sont. Je voudrais les encourager. On peut craindre le bûcher, à être trop brillamment soi-même... On court sans cesse un risque à cause du regard convoiteur ou polluant de certains autres. Mais il faut résister, rester libre d'être cette sorcière-femme-sauvage et, finalement, bien-aimable : le seul feu qui doit brûler est celui de la lumière de ce que nous sommes, et que nous avons comme charge de faire briller humblement dans le monde...
01 février 2009
Quand le diable se déchaîne, grrrrrr
Vous avez peut-être entendu parler du "tollé" que fait pour l'Eglise et dans notre brave société, l'annonce de la levée d'excommunication des intégristes catholiques ? Non ?
Vous me direz peut-être que vous n'en avez pas grand chose à faire et je vous comprendrai parfaitement :-) mais permettez, j'ai juste besoin d'écrire mon avis quelque part, moi :-D
* * *
Resituage du contexte :
Cette semaine Benoit XVI Pape, chef des catholiques, a "levé l'excommunication" réalisée il y a vingt ans concernant notre communauté extrêmiste (les intégristes catholiques, donc). A l'époque leur supérieur, l'évêque Monseigneur Lefèvre, avait ordonné (contre l'autorisation du Pape) quatre nouveaux évêques.
Or Donc, c'est l'acte même de ces ordinations non autorisées qui, en 1988, réalisa l'excommunication. Pour expliquer le schmilblick, sachons que l'Eglise catholique n'excommunie pas comme ça quelqu'un facilement*. Il faut qu'il y ait un acte chez la personne dite excommuniée, qui pose la rupture claire et précise, et en connaissance de cause. (Oui, pour la mise en place d'un nouvel évêque, il faut une validation papale c'est féodal l'Eglise catholique :-P) Monseigneur Lefèbvre et les quatre évêques ordonnés savaient donc la conséquence de leurs actes....
Depuis, Monseigneur Lefèbvre est mort (paix à son âme) et ses "descendants", par la voix de leur supérieur actuel, Mgr Fellay (l'un des quatre évêques ordonnés à tord donc), ont exprimé au Pape leur regret (et leur souffrance) d'être à l'écart de cette autorité qu'ils considèrent tout de même légitime, descendante de saint Pierre et occupant le trône de Rome. D'où le terme d'Eglise catholique romaine, Bon je m'éparpille.
Face à ce regret ainsi exprimé, et parce que Benoît XVI a plusieurs raisons de le faire maintenant**, il a annoncé ce qu'on appelle la levée de l'excommunication : cela signifie que la porte qui s'était fermée devant les lefebvristes, à cause de leur acte autrefois, s'est réouverte par le regret qu'ils expriment et par la bienveillance paternelle du Pape - ou, pour partir dans des termes plus mystiques, par sa Miséricorde.
Cela ne veut absolument pas dire que le Pape est d'accord ou donne justification à tout ce que pensent ou disent ces évêques, en particulier ce pauvre Williamson assez taré pour affirmer face au monde qu'il n"y ait pas eu tant de juifs comme ça morts dans les chambres à gaz.
Alors, à tous ces journaleux (comme on dit) fumeux et ignorants, y compris de soi-disant catholiques, qui crient au scandale et à la honte pour ce Pape et pour toute la communauté catholique avec lui... Moi je dis : crotte de bique ! Bon elle s'emporte là. Zeeeen....
* * *
Analyse petiboutzienne de la chose :
C'est un peu compliqué, l'Eglise... c'est comme un Père (le Pape) qui aurait une famille très, très nombreuse, qui délèguerait donc d'autres pères (les évêques) pour prendre soin de tous les enfants de par le monde, avec pour chaque plus petite famille (une paroisse) un petit papa curé (pas noël cette fois-ci hi hi) - les prêtres, quoi.
Un des rôles importants du Grand Papa (le Pape) c'est de rassembler dans l'unité tous ces enfants bien-aimés. C'est la féodalité de l'Eglise qui, en quelque sorte, garantit cette unité. C'est le fait que tous les évêques s'inscrivent sous l'autorité du Pape et tous les prêtres (à peu près) sous celle d'un évêque. Bon.
Or comme vous devez bien le savoir, vous autres qu'êtes pas bêtes, l'unité, c'est pas simple à la base. C'est un beau rêve, une belle utopie même, mais pas simple. Pas simple de se sentir "frère" de celui avec qui on ne sent aucun point commun ou aucune longueur d'ondes commune, voire même pour lequel on éprouve un brun d'antipathie. C'est un travail sur soi aussi de se sentir frère de celui qui ne pense pas comme nous, parfois ; c'est difficile d'être frère avec celui qui n'a pas les mêmes attaches, les mêmes sensibilités, les mêmes modes de vie. Mais le plus difficile, c'est d'être "frère" de celui qui vous tape sur la tête en vous disant que vous avez tord, et que la seule manière de penser juste, c'est celle qu'il vous dit.
Le problème des intégristes, c'est un peu ça : une radicalisation à l'extrême qui rend le dialogue avec eux très délicat. Remarquez, je crois très intimement que les intégristes ne sont pas forcément là où on pense et toc.
Or Donc, le vrai problème n'est pas que Willy soit taré, bête ou psycho-rigide avec cette histoire de négationnisme ça on s'en fout en fait, il y en a bien d'autres hélas, dans l'Eglise, des tarés et des psycho-rigides. Et chacun son style hein. Je ne comprends pas pourquoi le négationnisme fait tant parler de lui étant donné tout ce que le monde entier sait aujourd'hui. C''est comme accorder du sens à
la parole d'un demeuré : bien de l'énergie pour pas grand chose.
C'est profondément triste parce que, évidemment, on aimerait une Eglise parfaite, ou plutôt une Eglise dans laquelle il n'y ait que des personnes parfaites. Mais voilà, le fait est que tous les chrétiens sont loins d'être parfaits, et quand ils en viennent à de tels contre-témoignages, c'est affligeant, MAIS ça ne veut pas dire que toute l'Eglise est mauvaise et devrait avoir hoooonte, ou que le message qu'elle donne ne vaut pas le détour. Euh je m'éparpille là. Tout ça pour dire que Willy a parfaitement le droit d'être con (comme dit mon cher papa), cela ne change rien à la vocation et à la nature de l'Eglise, et je vois pas pourquoi je devrais avoir honte moi. Non mais.
Le devoir d'unité
Le Pape Benoît XVI a eu à coeur de lever cette excommunication, non pas parce qu'il est d'accord avec les intégristes, mais parce qu'il est soucieux d'être un Grand Papa juste et fidèle à sa mission : "paître les brebis", rassembler les enfants de Dieu. Etre Enfant de Dieu c'est une grâce et, après tout, il ne nous appartient pas de juger si tel ou tel cinglé "psychorigide" l'est ou ne l'est pas (enfant de Dieu).
D'autant plus qu'il faut distinguer clairement 1°) ce qui est du domaine de la foi, et de l'appartenance spirituelle, de ce qui est 2°) du domaine des convictions politiques, des interprétations historiques, etc. Si "catholique" signifie "universel", cela peut inclure (bah voui....) un sacré nombre d'imbéciles (qu'ils soient de droite, de gauche, ou de nulle-part). C'est la foi qui nous rassemble, c'est le Christ Jésus, et peut-être (cela est un mystère : qui sommes-nous pour chicanner sur un mystère qui nous dépasse ??) qu'il faut de tout pour faire une Eglise.
Parenthèse anatomique :
L'Eglise, pour la foi chrétienne, est ce qui constitue à la fois le peuple de Dieu, et à la fois le Corps de Jésus. Alors ? mystère. Peut-être que ceux qui constituent le genou gauche sont fêlés mais ils servent sans doute tout de même à quelque chose, quant à ceux qui forment la prostate, ils peuvent bien être coincés du c.. cela ne nous regarde pas hi hi :-D
L'unique espérance qui anime les croyants, c'est d'appartenir au corps du Christ, et ce qui serait bien, c'est qu'un jour ceux qui sont dans le genou arrêtent de gémir contre ceux de la prostate, et vice-versa. Et que ceux de l'épaule droite ne renchérissent pas non plus, hein. Appartenant à ce Corps, tels que nous sommes (psycho-rigides ou pas, et où que nous soyions dans ce corps) nous vivrons juste de l'Amour le plus grand et le plus fou...
Grand Papa
Vous avez quoi comme image du père, vous ? grande question hein.
Il se trouve que dans l'Eglise, le Pape a une mission très maternelle, du style qu'il ne peut pas dormir la nuit s'il sait qu'un seul de ses petits est au-dehors de la maison. C'est comme si les hommes, avec leurs divisions, s'amusaient à couper le Corps du Christ en petits bouts séparés et ça, pour le chef de l'Eglise, et pour les membres de l'Eglise qui sont un tantinet soit peu amoureux de Dieu, et bien ça fait mal. ça fait comme une douleur physique, quand on appartient à ce Corps, qu'une main ou même un doigt de pied soit coupé du reste. Aïïïïe.... Grand Papa... S'il te plait, répare-nous cette coupure, par pitié... Et même si ceux qui sont dans le doigt de pied sont des tarés. Cela dépasse toutes nos représentations humaines, parce qu'il s'agit juste du Corps de Celui qu'on aime.... (attention je deviens panthéiste cannibale moi, hi hi !!)
Tréfond de ma pensée
Pour en venir à là où je veux en venir, voilà.
J'ai été agacée, irritée, j'ai éprouvé de sérieux désirs de matagrabolisations à cause d'un tas de choses que j'ai lues, même (surtout) venant d'évêques ou de chroniqueurs cathos enfin bref... Je dois avoir une sorte de compréhension plus profonde de ces problèmes parce que j'y ai été confrontée de près, à ce désir d'unité. Un désir ardent, désespéré parfois, cette utopie à laquelle j'ai continué de croire... Je dois avoir cette compréhension parce que je l'expérimente chaque jour dans cette petite église que je forme par mon mariage avec Mari-trésor. C'est une grâce, alors je ne vais pas leur jeter de pierre.
Enfin tout ça pour dire... Pour reprendre le premier mot d'un évêque cherchant à justifier Benoit XVI "A qui le crime profite ?" Je ne vais pas répondre, comme lui, "à Williamson" parce que c'est plus que grotesque franchement... Mais au diable, ha oui, cet espèce de pas content, voilà. Le grand Diviseur. N'y a que lui pour se délecter de tant d'imbécillités, de tant de divisions, alors même que ce brave vicaire du Christ qu'on a pour Pape fait son devoir et remplit humblement sa tâche. Dingue que les croyants ne voient pas cela. Porte bien son nom, le grand diviseur, peut s'appeler aussi le grand bêtifiant. Dieu m'en préserve. Je lui tire un Crotte de bique. (sans présomption hein, juste parce que ça m'énerve). Et puis bon, il peut toujours être pas content celui-là hein : de toutes façons il n'aura pas le dernier mot. Là.
* * *
*Je ne saurais dire mieux les mots que ceux-ci : "l’excommunication n’est pas destinée à « chasser » celui qui l’encourt (pas plus que le Christ, l’Église ne rejette personne), mais à le mettre en face de la déchirure qu’il a provoquée et à l’inciter à s’engager dans la voie inverse." Source, l'excellent article que j'ai lu par là et qui conclut bien mieux que moi... ;-)
**Une ou deux petites raisons pour lesquelles Benoît XVI lève l'excommunication maintenant :
First, because ça le tient tout particulièrement à coeur étant donné que c'était lui qui fut chargé de la mission d'empêcher Mgr Lefebvre de commettre l'acte de séparation, et qu'à l'époque, puisque l'acte a eu lieu, ce fut un échec. Mettez-vous à sa place d'homme d'Eglise et d'unité... vingt ans avec un doigt coupé, si on voit qu'il y a l'ombre d'un espace de réparation possible (réalisé à travers la peine exprimé officiellement par Mgr Fellay), et bien on n'hésite pas hein. Parce qu'il faut savoir : un doigt coupé, normalement, ça finit avec une plaie qui cicatrise. Mais là, non. Toute division, toute plaie béante dans l'Eglise continue de saigner, alors aïe hein. A force.
Deuxio, le schisme a eu lieu en 1988. Moi ça va, j'étais déjà née (bien qu'assez petite). Or depuis ce temps-là, il y en a plein d'autres qui sont nés, et qui n'ont connu la foi qu'au travers de leur division ou de leur séparation d'avec Grand Papa. Or la vie est ainsi : plus on attend, plus le clivage culturel fait que le recollage du doigt de pied devient compliqué. Si Grand-Papa n'ouvre pas la route d'une réconciliation maintenant, elle pourrait risquer de devenir plus ardue encore. Voilà, c'est à peu près tout.
:-)
(quoi z'avez tout lu ?? chapeau !!)
23 novembre 2008
Automne fichu et beau
Je dois m'y faire : j'adore l'automne et ses couleurs, ses feuilles mortes, sa force en symbole (les feuilles se meurent pour venir nourrir la terre...) et en même temps, je m'y sens toujours un peu ruinée, lasse de moi-même. Santé pas au top, je suis une madame-tousse-et-bouffe (et pas que du cru ni même simplement du sain enfin, z'avez pas besoin de tabletteeau

Ce qui n'améliore certainement pas les choses...
Mais enfin, si je cherche le fond des choses, cette période toujours un peu *bof géant* s'accompagne d'un (ou plusieurs) petiboutondor qui surgit là comme ça, au milieu du néant ou de la boue.

Et je dois bien dire, cette année, les petiboutons d'or sont nombreux et doux. La route se répète en boucle (je viens de taguer une bonne partie des écrits de ce blog, fiou, ça fait du bien un peu de relecture de temps en temps...) ; je suis une vache ruminante. La route se répète en boucle et j'ai à revivre assez régulièrement les choses que j'ai déjà comprises un jour... Comme on oublie vite.
La route se répète en boucle et sans doute, finalement, chaque automne a ses raisons, chaque hiver aussi et chaque printemps... Quand je pense que mes deux enfants sont nés le même jour c'est tout de même, assez étonnant ! Je revis chaque période des premiers mois de mon fils, maintenant avec ma fille.
La route se répète en boucle mais aussi les choses changent. La Princesse est une fille et, même si la naissance du Tichapz avait révélé des choses étonnantes sur ma nature de femme, la sienne et toute sa présence aujourd'hui est une exaltation nouvelle, incomparable... Je me découvre baignée de féminité, dans une force étonnament fragile et une vulnérabilité puissante comme on ne peut le soupçonner... Je découvre peu à peu ce mariage des deux, j'apprends progressivement à le dompter (et ce n'est pas chose aisée que d'être forte et faible à la fois). J'apprends mon autonomie profonde tout autant que ma dépendance incroyable vis-à-vis de celui qui me domine... La division entre ces deux aspect de moi tend à trouver son union mais je ne sais encore exactement comment.
D'abord j'ai accouché de ma fille comme une reine, et nous étions deux reines dans cette histoire, c'était une histoire de force de femmes et je savais que cela se passerait entre nous. Que Mari-trésor n'y trouverait peut-être pas sa place. D'ailleurs le contexte entre nous était tel qu'il était mon meilleur ennemi... Ah comme je comprends maintenant ce que veut dire "aimez vos ennemis". Parfois l'ennemi est dans celui qu'on aime aussi... Il a donc fallu que je batisse ma force, seule. Du moins, aidée seulement d'autres femmes. L'homme ne pouvait me rejoindre, non, ce n'était possible en aucune manière et j'ai décidé d'être forte tout de même...
Puis la Princesse a eu trois mois et dans ces alentours il s'est passé une chose étrange, douce et douloureuse. Douloureuse parce que c'est étonnant d'aimer à ce point son meilleur ennemi, d'en être malade, malade à en mourir... au point d'enchaîner grippe sur grippe et autres vulnérabilités. Ah que le corps et l'âme sont liés ! Etrange donc vraiment pour moi, d'expérimenter tout à coup, après avoir été si forte et si indépendante, la profonde soumission de ma nature de femme à la nature d'homme de mon meilleur ennemi, j'ai nommé Mari-trésor ici (pas loin) présent.
Domination donc, soumission, quels horribles mots en ce pays et ce siècle où la femme a enfin pu conquérir tous ses droits. Ben oui, mais je dois bien me rendre à l'évidence... et je n'ai pas fini d'essayer de creuser, de comprendre cela. Pour la première fois de ma vie je me suis sentie amoureuse à en mourir - je veux dire, à en mourir vraiment, pas seulement au sens du rêve adolescent ni même à cause d'un romantisme profond. Le romantisme aide profondément, pour moi, et j'ai besoin de beau. Mais il s'est passé là quelque chose qui fit que tout avant n'était que poussière, fumée... ça a pu se produire parce que Mari-trésor le temps d'un instant s'est transformé en force dans le don, et moi le temps d'un instant je me suis transformée en abandon dans le don. Un don parfaitement dépossédé, plus que total, portes immensément ouvertes et incapables de tout retour sur elles-mêmes - corps, coeur et âme.
Domination ? Parce que j'éprouve tant le besoin de cette force avec laquelle il donne...
Soumission ? Parce que l'intarrissable soif de mon coeur corps et âme ne trouve pas de repos complet si je ne suis pas entièrement à la merci de ce don qu'il me fait... parce que c'est cette dépossession offerte de plein coeur (corps et âme) qui, en moi, se fait don.
Et voilà que je comprends, sans le comprendre, que ces termes scandaleux que le féminisme a raison de combattre dans ses aspects défectueux que l'on rencontre trop souvent, prennent, dans ce que me révèle cette expérience, un sens plus véritable : tout cela n'est qu'amour, pur et véritable amour...
* * *
Au quotidien nous ne sommes pas excellents toujours l'un et l'autre, dans ces façons là de nous donner. Mais aujourd'hui je la connais un peu plus profondément, la route...
05 octobre 2008
Aujourd'hui j'ai (dans le désordre)
cassé une vitre
sauté de joie parce qu'une amie soeur a eu sa deuxième petite fille qui est née ce matin (pas ce matin non, l'autre) à la maison
remercié le gentil gars du magasin bio où je vais souvent parce qu'il va nous donner tout un tas d'ingrédients pour notre grand repas bio de la journée qu'on que j'organise le 11 octobre (oui bon c'est vrai je me sens un peu seule parfois sur ce coup là mais en fait non regardez puisqu'il y a ce monsieur gentil, et il y en a d'autres, faut pas que je stresse là...)
regardé Songes d'une nuit d'été
bouillonné de colère
collé des affiches pour cette même journée
réfléchi sur le plan de ma vie
visité deux ou trois autres magasins bio pour savoir s'ils veulent se joindre à nous finalement ou pas
passé quelques autres coups de fil
dit à Mari-trésor que je le haïssais plus que jamais
fait les courses dans une grande surface pas bio pour acheter notre matériel
(on fait des ateliers de récup pour les enfants... avec du matériel colle peinture etc qui ne sera pas bio je m'y suis pris trop tard)
dit à Mari-trésor que je l'aimais
versé plein de larmes
ri à gorge déployée
entre autres, quoi.
Et vous comment ça va ?
19 mars 2008
Trois petits plaisirs...
Une patate chaude sympathique que me lance Anneviva, j'y réponds enfin ! Il s'agit de révéler quelques au moins trois petits plaisirs à la mode d'Amélie Poulain (ou de tous ceux qui aiment goûter la vie dans ses simplicités douces...)
Si Amélie Poulain aime briser la croûte des crèmes brûlées avec la pointe de la petite cuillère, faire des ricochets sur le canal Saint-Martin et plonger la main dans un sac de grains nous avons tous et toutes des petits plaisirs qui n'appartiennent qu'à nous et nous redonne du baume au coeur.
la règle :
Quels sont comme Amélie, vos trois petits plaisirs de la vie qui vous redonnent le moral ?
Une fois que vous aurez répondu à ce TAG vous devrez "taguer" 5 autres personnes en indiquant le pseudo et le blog de la personne qui vous a envoyé ce tag.
En ce moment, j'en suis servie ! Après un long moment où je ne les voyais plus :-)
*La majeure grande partie de mes petits plaisirs en ce moment ne sont pas si petits, ils sont même plutôt intenses et me proviennent du Tichapz avec ses mille cabrioles, facécies, soucis de grandir. Je l'ai baptisé dernièrement "mon cinématographe". Il vous faudrait la preuve en images !!
J'aime quand il marche de son pas de p'tit mec pour aller ranger un truc à sa place, mettre un papier à la poubelle ou chercher sa boîte de légo
J'aime quand il parle avec ses gazouillis de bébé très consciencieux de ce qu'il dit, quand un cri ou un soupir lui sort du coeur et que je lui réponds sur le même ton
J'aime quand il s'allonge par terre ou qu'il se cache la figure pour m'attendrir ou dire tout simplement qu'il n'est pas content
Et j'aime quand il insiste de toute son âme pour faire les choses par lui-même...

La liste est encore longue !
Viennent aussi les petits plaisirs liés au bébé 2 qui vient. C'est amusant, pour Tichapz j'avais pas mal d'angoisses, tout au long de ma grossesse sur comment ça va se passer, etc... Et là, j'en ai eu aussi beaucoup mais en ce moment je vis une période douce où je savoure avec délectation l'idée que ce petit bébé, que je sens bouger là, qui me fait déjà ses facécies propres et qui ne les fait pas de la même manière que Tichapz (c'est fou comme on sent la différence entre nos bébés, dès l'attente dans nos entrailles...) - ce petit bébé donc va venir bientôt pour multiplier et quintescenciser (oui madame, quintescenciser) la dose d'amour qui circule déjà dans notre famille... franchement moi je vous dis, ça laisse saoûle et rêveur.......
* * * Mais bon je ne respecte pas trop les règles, je vous raconte là des plaisirs bien trop grands ;-D
Trois ptits plaisirs donc :
* Me réveiller la nuit, reposée, savourer le moelleux de mon oreiller, et me dire que j'ai encore plein de temps devant moi pour dormir encore (ou faire des tas de trucs intéressants)
* Goûter la lumière du soleil qui rentre dans la pièce ou regarder ses reflets sur l'eau, entendre le cygne qui s'envole en tapant fort ses ailes ou m'intéresser à ce qui suscite tant d'excitation chez mon Tichapz (fan des hélicos et des camions qui passent)

* Passer du temps à penser à ceux que j'aime ou ai aimés, les trouver et retrouver (je viens de tomber dans le vice Facebook, aïe !) et regarder ma vie...
Ben ouais je crois que je peux le dire. Je suis super heureuse. Amen !!
Pour couronner le tout des amis chers arrivent demain. Je vais pouvoir me ressourcer encore d'amour et de partage. Qu'est-ce que ça va faire du bien... En attendant je vous souhaite de belles fêtes de Pâques, avec bisous, tendresses et lumières !!

Au fait ! avant que j'oublie : si vous passez par là et que vous n'avez pas encore répondu à ce "tag", n'hésitez plus ! ;-)
10 juin 2007
Un truc qui m'a fait pleurer
De
Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p.95)
Il faut donner ce qui vous coûte quelque chose. Il ne suffit pas de donner seulement ce dont vous pouvez vous passer mais aussi ce dont vous ne pouvez ni ne voulez vous passer, des choses auxquelles vous êtes attaché. Votre don devient alors un sacrifice qui aura du prix aux yeux de Dieu... C'est ce que j'appelle l'amour en action. Tous les jours, je vois grandir cet amour, chez des enfants, des hommes et des femmes.
Un jour je descendais la rue ; un mendiant vint vers moi et me dit: « Mère Teresa, tout le monde te fait des cadeaux ; moi aussi, je veux te donner quelque chose. Aujourd'hui, je n'ai reçu que vingt-neuf centimes pour toute la journée et je veux te les donner. » Je réfléchis un moment ; si je prends ces vingt-neuf centimes (qui ne valent pratiquement rien), il risque de n'avoir rien à manger ce soir, et si je ne les prends pas, je lui ferai de la peine. Alors j'ai tendu les mains et j'ai pris l'argent. Jamais sur aucun visage, je n'ai vu autant de joie que sur celui de cet homme, tellement heureux d'avoir pu faire un don à Mère Teresa ! C'était un énorme sacrifice pour lui, qui avait mendié toute la journée au soleil cette somme dérisoire dont on ne pouvait rien faire. Mais c'était merveilleux aussi, car ces piécettes auxquelles il renonçait devenaient une fortune, puisqu'elles étaient données avec tant d'amour.
31 mars 2007
Le sacré et le quotidien
J'en ai déjà parlé : dans mon quotidien italien, sur la blogosphère, sur le réseau de l'araignée virtuelle aussi, je cours, je cours, cours et cours sans cesse. Pas une seconde pour me poser, trop de choses à voir, découvrir, penser, retrouver.
Je cours et puis, moi-même, il m'arrive de me sentir prise par un vent qui n'est pas forcément le mien. Influençable peut-être, peut-être, peur des qu'en-dira-ou-pensera-t-on, surtout.
J'ai déjà dit mes craintes sur tout cela. Aujourd'hui je voudrais me lancer dans ma Soif : sans retour, de plein coeur, de plein fouet. Je livre là ce qui est le plus important pour moi. Je voudrais le faire, oh, avec pudeur... délicatesse, et pour que cela puisse parler aussi à ceux qui ne connaissent pas ou peu Celui que j'aime par-dessus tout.
Méditons-dimanche alors, dans l'aube de ce samedi qui se lève...
Il y a un lieu sur la terre où le quotidien se mêle au sacré profond.
Je suis intriguée par les personnes qui, sans avoir d'autre foi que l'amour de la vie et de la nature, vivent parfois ces expériences mystiques qui tiennent au sacré. L'ésotérisme en est plein, l'ambiance de libre spiritualité et des choses simples en regorge. Chacun de nous peut se sentir transporté par la puissance de l'amour, la puissance de la vie, la puissance de tant de beauté dans les choses et le monde.
Je me demande souvent, dans mon exil, ce qui distingue ces personnes de moi - ce qui distingue les personnes qui n'ont pas d'autre foi que celle de l'amour, de la vie, de la beauté qui les environnent - de moi.
Car moi, avec ma petite foi catholique, qu'ai-je de plus ? mieux ? différent ? A quoi cela me sert-il, ne me dessert-il pas plutôt ? Ah-ah, catholique*, ce que c'est restreint....
Pourquoi m'y tenir alors ?
Il y a un lieu sur la terre où le quotidien se mêle au sacré profond.
A la messe, quand un homme avec son quotidien prononce des paroles sacrées, précisément, devant une assemblée de personnes dans leur quotidien, il se passe une rencontre inaliénable. Un déchirement du Ciel si lointain, qui vient se planter là sur l'autel, comme une fusée - mais il ne fait pas de bruit...
Que l'on croit ou non, de toutes façons, il faut bien croire en quelque chose : le bon sens du coeur et de l'âme savent bien que ce bas-monde est vain. Que nos échecs, nos limites, les peines et imperfections de ce monde ne correspondent pas, pas, pas à ce pour quoi nous sentons bien que nous sommes faits. Nous ne pouvons bâtir de monde meilleur, si nous n'avons pas la foi, au fond, que nous sommes faits pour quelque chose de meilleur... Sans quoi nous serions là simplement, béants, à nous désespérer, c'est si facile le désespoir, cela vient si promptement. Le monde semble tellement, tellement, tellement résister à nos quêtes... Tellement et d'une manière si vile, si lâche et dans de toutes simples petites choses (je rate le bus / j'ai une amende / je me suis coupé le doigt /...) autant que jusque dans les grandes guerres atroces.
La mort elle-même, nous ne pouvons y croire. La mort n'est pas tolérable et tous, si nous y regardons bien au fond du vrai de nous, tous nous la refusons au plus profond. Nous savons bien que l'amour, la vie, la beauté doivent bien être plus forts que tout cela. Mais nous ne savons pas comment.
Un déchirement du Ciel si lointain...
J'ai une fusée d'amour qui me fait vivre. Dimanche après dimanche, si discrètement. Il fut un temps de ma ferveur où j'en mangeais tous les jours, qu'il était bon, ce temps ! mon désert actuel me sert à creuser mieux mon coeur, je le sais, et pourtant.
Ô, déchirement du Ciel ô, fusée douce d'Amour ô, ce moment si intense où ta grandeur, Dieu, vient dans un petit bout de pain pour te donner à moi.
Déchirement du Ciel.
Comment dire ? ...
...Toute ma quête, toute mon attente, toute ma soif se trouvent enfin nourris, enfin comblés. Les horreurs, les piqûres du quotidien comme les plus atroces souffrances sont intégralement récupérées, offertes, rendues saintes, brillantes de clarté et de lumière... Les haines sont assumées pour devenir de l'amour... Le sang versé de toute éternité se trouve là, offert, comme la plaie la plus béante de la Terre qui peut enfin trouver un sens, enfin trouver un sens, dans ces méandres de nos humanités qui ont perdu tantôt le coeur, tantôt la raison. Les larmes du monde entier s'habillent de salut, la masse quotidienne et la masse d'horreurs du monde revêtent un vêtement blanc. Un vêtement blanc, d'amour et de sang. Un vêtement qui nous emmène au plus saint des saints lieux, là où nous ne savons pas ce qui est, mais là où tout n'est que ce après quoi nous aspirons, de tout notre être. Là où tout ce qui fait notre quête se trouve vraiment, et sans aucune tâche.
Déchirement du Ciel et fusée d'Amour.
Il y a un lieu sur la terre où le quotidien se mêle au sacré profond... c'est un lieu doux-tendre, que l'on trouve encore dans quelques églises, quelques dimanches, parfois...**
* "Catholique", à l'origine, est un mot grec qui signifie "universel"... ... ...
** Mais hélas, il faut comprendre une chose un peu complexe : car le sacré, là, vient se fondre précisément quand un homme, avec son quotidien, prononce des paroles devant une assemblée de personnes, dans leur quotidien... Avec ce que cela engage de triste, terne, même désagréable, parfois.
Merci, pourtant, ô Ciel qui se déchire...
26 mars 2007
Débordée ?
J'ai rangé la maison, je l'ai gardée à peu près au propre. La dernière pièce en désordre est à peu près en ordre. J'ai cousu un rideau. J'ai déménagé le bureau et l'étagère.

* * *
J'ai fabriqué quelques cartes à envoyer, j'en ai même écrit quelques-unes déjà.

* * *
J'ai fait des repas éclatants, invité des amis à déjeuner,
menus :
- Tartelettes aux aubergines, noix et grana (lundi ?)
- gratin d'endives (tout simple, juste sauce blanche et muscade)
(mardi ou mercredi ?)
- gratin de courgettes
- tarte minute au chocolat
(samedi)
- Tartelettes aux poireaux, grana et noisettes (variante de lundi)
- Aubergines farcies de steak à la japonaise et gratinées au petit bouillon de légumes
- Salade de tomates mozarella et leur filet de mâche
- Tartelettes tatins crumbelisées et leur crème anglaise
(dimanche)
Comme je suis nulle en proportions, il y a des restes pour trois semaines (meuh non, en trois jours ça sera liquidé vu qu'c'était bon).
* * *
J'ai acheté quatre bols-moutons dans leur super jolie boi-boîte.

* * *
J'ai cherché des appartements à louer pour aller faire ma cure au Mont-Dore à partir du 17 juin (c'est pas pour me dorer la pilule, c'est pour entretenir les zoreilles...)
* * *
J'ai fait une jolie couverture pour un bouquin que j'ai ensuite commencé de lire un peu, que je voulais lire depuis longtemps longtemps, qui m'a émue aux larmes (pas quelque chose d'écrit dedans comme tel... l'esprit général, peut-être ?) et dont j'espère, j'espère ! que je vous en reparlerai plus tard :

* * *
J'ai retrouvé l'usage du téléphone fixe et y ait enfin passé, à nouveau, quelques bribes d'heures avec mes amoures mes soeurs mes amies
* * *
Je suis tombée follement amoureuse de Mari-trésor, j'en tremble encore (pourquoi l'amour est-il si fort ?) au point de me sentir rentrer mille pieds sous terre (ça vascille et ça flanche).
Dans la pénombre du soir hier, après nous être couchés, nous en avons un peu reparlé, les yeux dans les yeux dans le noir.
Comme deux enfants qui jouent à vivre et être heureux. Comme deux enfants secrets qui cherchent à saisir, sans la saisir non plus (pour se laisser saisir) la hauteur, la largeur, la profondeur de cette réalité qui vibre et tressaille et tremblote et s'évanouit... comme deux enfants qui ne peuvent pas cesser de s'en émouvoir.
* * *
Enfin, je suis allée voir et recevoir Jésus hier. Douce pénétritude d'ouverture sur ce monde blanc qui brille et qui n'est pas du monde...
Alors j'ai pensé à :
- pourquoi l'amour est-il si fort ?
- pourquoi peut-on avoir le sentiment d'être si seul, parfois, alors que toute une cour céleste est là ?
En ce moment c'est l'intensité du bonheur (de la joie ?) qui me fait parler. (Certains ont dit que pour écrire de grandes choses il faut être malheureux ou se droguer. Erreur ?)
* * *
Ce matin, j'ai fait bouillir ma mooncup parce que je vais sans doute essayer de l'utiliser pour la première fois :-)))
Et puis, mon Marin s'est endormi dans mes bras :-))))
* * *
Et avec tout cela, tout cela, je n'ai pas trouvé, cette semaine, le temps d'écrire... ... ...demain, peut-être ? :-))
07 mars 2007
La vague
Flux et reflux.
Elle vient et te traverse, mais c'est plus qu'une traversée. C'est un élan aveuglé. C'est une source qui te projette en toi-même. Hors de toi-même ?
...C'est une épine intense, immense qui lance sa douleur en ta chair et qui ne sait pas s'en aller.
Alors que fais-tu. Comment la gérer ?
Il existe deux sortes de mouvements de la vague. Ou plutôt, plusieurs strates de mouvements.
Il y a la vague de détresse qui ne veut pas guérir.
Il y a la vague de détresse qui souffre et qui voudrait guérir. (L'autre vague aussi souffrait mais elle aimait sa souffrance... étrangement).
Et c'est là, là que l'on ne sait que faire.
La vague est pleine, entière, envahissante, on sent bien qu'elle nous a saisi mais que faire ?
Si l'esprit dit à la vague : "TAIS-TOI ! Tu te trompe de réel, tu ne dois pas parler", alors la vague peut se taire mais le coeur bizarrement devient dur... Ou alors la vague lutte au point de mépriser l'esprit, elle méprise ou s'attriste de tous ceux qui viennent autour d'elle pour faire parler l'esprit.
Mais si la vague est livrée à elle-même là aussi, c'est un puits sans fond. La vague envahit tout sur son passage. Qu'elle soit joie, qu'elle soit peine, elle est vague : l'eau pénètre partout.
Certes il me faut prendre conscience que je suis dans une vague qui m'emporte, mais alors ? Et ensuite ? Et qu'en faire ?
Car j'ai dit que l'esprit ne servait à rien pour la vague. Il ne sert à rien de raisonner lorsque l'on parle à de l'eau. Et combien puissante est cette eau, bien souvent...
Non, rien ne sert de raisonner car en vérité, la vague a simplement besoin de s'EPANCHER.
Pour s'épancher il lui faut trouver quelque chose qui résiste et qui accueille : comme un roc. La vague vient s'épancher contre le rocher qui boit ses larmes tout en restant fort, et rocher.
La vague a besoin d'un coeur fort qui boit les larmes et s'en laisse un peu tailler. Et ainsi elle s'épanche, pleure tout son saoûl, puis retourne et revient en elle-même. Et se calme.
La vague a besoin de se prendre elle-même avec douceur, tendresse, bonté... de trouver ce que l'on appelle la miséricorde : la misère dans son coeur...
La vague a besoin de recueillir avec compassion douce la misère qui habite son coeur.
Ayant recueilli les larmes de sa faiblesse, les ayant présentées au Roc infaillible qui est Amour, elle pourra porter son fruit. Elle sera capable d'accueillir aussi les larmes et la misère des autres. Elle se réouvrira enfin à la réalité du monde.
Ainsi, elle continuera de devenir cette vague de beauté et d'intensité qui veut toujours grandir...
Une vague qui est soif, soif, soif de grandeur et de poésie
Soif de la Vraie Demeure
Soif de l'éternité
Et qui rejoindrait enfin
la vie divine en Dieu...





