03 décembre 2009
Un petit monde en moi.
Il y a un petit monde en moi.
Je n'ai pas fait de test.
Je n'ai pas fait d'échographie.
Cela fait quelques semaines...
Ce petit monde pousse un peu les parois de sa maison, il s'installe.
Je n'ai pas fait de test de grossesse, parce que j'aime le sentir s'installer, lui, de lui-même, j'aime que mon idée de lui grandisse en même temps que lui, au lieu de s'imposer comme une certitude étrange, jaillie d'un petit tube, et qui parfois sucite trop de sortes d'émotions ambivalentes. Nous grandissons ensemble et c'est d'une douceur incroyable.
Je n'ai pas fait d'échographie et ma sage-femme a respecté, a bien compris ce choix. J'étais heureuse en sortant de cette première rencontre avec elle. J'ai pu dire mes motivations, mon besoin de préserver ce petit monde à l'abris des regards et des invasions, à l'abris de mes propres angoisses qui, inévitablement, se multipliraient sous un amas trop grand de contrôles inutiles. Elle a énuméré avec moi les raisons qui pousseraient à donner un sens à cette échographie, et avec moi a reconnu qu'aucune d'entre elles n'était nécessaire :
- l'échographie du premier trimestre sert à la datation. Je connais bien mon cycle, je connais à deux jours près la date de la fécondation.
- l'échographie du premier trimestre sert à vérifier qu'il ne s'agit pas d'une grossesse extra-utérine. Je n'ai pas eu de pertes de sang, je n'ai donc probablement pas une grossesse extra-utérine.
- l'échographie du premier semestre sert à voir si l'on a un... ou deux bébés. Je n'ai pas de nausées, or en général, avec deux bébés, tout est multiplié par deux, y compris les nausées... il est donc improbable que j'en ai deux là-dedans !
- je ne suis pas intéressée par tous ces tests divers et variés qu'on fait pour évaluer les risques de malformation du bébé, trisomie etc., car même s'il était malformé je ne pourrais survivre à une interruption médicale de grossesse.
Donc... tout va bien !!
Je suis très heureuse de cette paix, cette tranquillité dans laquelle je suis depuis ces quelques semaines. C'est nouveau pour moi, mes deux précédentes grossesses ayant eu des premiers trimestres très épiques, pétris de sentiments partagés, de peurs multiples et autres doses inutiles d'angoisse. Je me sens forte, pleine de ressources, pleine de joie. Je compte de tout mon coeur préserver cette bulle d'amour et de paix, contre toutes les attaques du monde qui cherchent sans cesse, hélas, à offenser ces petites vies si neuves et si naissantes... Je vais tâcher de continuer sur ma lancée. Rester cet arbre bien, profondément enraciné qui porte une vie, et qui n'a pas pour autant peur de s'envoler.
Vive la vie !
11 mars 2009
La toute belle, ou : Sainte Femme Sauvage, priez pour nous
Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
Oublie ton peuple et la maison de ton père :
Le roi sera séduit par ta beauté.
Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
Chargés de présents, quêteront ton sourire.
Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
Vêtue d'étoffes d'or ;
On la conduit, toute parée, vers le roi.
Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
On les conduit parmi les chants de fête :
Elles entrent au palais du roi.
À la place de tes pères se lèveront tes fils ;
Sur toute la terre tu feras d'eux des princes.
Je ferai vivre ton nom pour les âges des âges :
Que les peuples te rendent grâce, toujours, à jamais !
(Ps 44-2)
"Ephata"
La femme est un creuset. Un vase d'or fin.
Il y a comme cette nécessité qu'un creuset, qu'un vase reste ouvert. Sans quoi il n'est plus un vase...
Les souffrances appellent une refermeture - ou une façade. La quête de bien-être aussi : il s'agit de former une cicatrice pour qu'éventuellement, un jour, la plaie ne saigne plus. Pour que l'harmonie et le contrôle nous domine entièrement, qu'il n'y ait plus de cris. Plus de heurts...
La femme est un être de terre. Un vase d'or fin oui, et pétrie de racines et de roc, de nutriments aussi. De senteurs terriennes.
Si elle se referme comment pourrait-elle recueillir l'eau ? l'eau de source... l'eau de pluie... l'eau et le souffle qui enivre et le feu, la chaleur nutritive apaisante...
Quel est le chemin ?
* * *
Profondément créée
La femme est intensément charnelle. Elle est pétrie de la Terre, tirée des entrailles de la Matière et elle le sent, elle le sait de toutes ses tripes, pour peu qu'elle se connecte à ses forces instinctives profondes et qu'elle prenne le temps de bien s'asseoir, confortablement au-dedans d'elle-même.
Elle sait qu'il y a une femme sauvage (ou appelons-la comme on veut... l'enfant libre, par exemple) tout au fond d'elle et qu'il lui faut la devenir. C'est vital parce qu'elle ne peut passer à côté d'elle-même. La femme sauvage est celle qui court et hurle avec les loups parce qu'elle est tissée intimement dans ce terreau fondamental, à la fine pointe, là où s'embrassent l'âme et la matière. C'est là précisément que se cache l'intuition de la femme, cette force inébranlable et sûre. C'est comme ça que son âme trouve sa liberté : en embrassant sa charnelle matière.
La femme, parce qu'elle est ce creuset formée dans la Terre, sait bien au fond qu'elle n'est pas un pur esprit. Quand bien-même ça la tente. Même, elle ne peut jamais complètement être trompée par l'esprit (le sien, celui du monde, ou tous les esprits trompeurs) sans se couper en deux littéralement... sans raviner ses entrailles. Qu'elle le veuille ou non, qu'elle en ait conscience ou pas...
Et la femme est Accueil. Elle est réceptacle par excellence, recueil, toujours. Réceptacle au sens parfait... Elle est comme plus humaine que tout l'humain parce qu'elle reflète en profondeur tout ce qu'est l'humain. Sa nature est d'être habitée, pénétrée, livrée, donnée, enveloppée toute entière à l'Amour, en l'Amour et par l'Amour.... En cet Amour, précisément, elle se délecte à être créée. Recevoir incessamment de l'Amour son propre être, à chaque instant. Aspirer à être livrée, de toute son âme et de toute sa chair...
Le terreau et le réceptacle se retrouvent ainsi liés en la femme, ils se confondent d'une manière évidente. La femme est réceptacle parce que forgée de la terre et la terre matière témoigne de cette disposition si profonde à l'accueil. De cette nécessité de s'ouvrir pour se nourrir de l'eau, de l'air, et fabriquer des nutriments. Et abriter, et nourrir la vie.
La femme est une ouverture, parce que c'est le principe fondamental de la nature humaine...
Ephata* (encore)
Panser ses blessures, refermer toutes ses ouvertures, trouver une voie pour se suffire à soi-même... ce n'est donc pas tout à fait l'appel le plus profond. La voie inscrite dans les entrailles de la femme c'est de faire place en elle. De creuser. Creuser toujours plus et encore le creuset, le vase d'or fin. Elargir l'espace, épurer les ombres, ouvrir... écouter...recevoir...
Accueillir le Saint des saints.
Toutes les blessures sont des plaies qui peuvent rester ouvertes, béantes, exposées au Feu Suave du Grand Amour. Le Grand Amour, seul, guérit. Le Grand Amour seul vivifie. Ce n'est pas qu'Il guérit la blessure - pas forcément... C'est qu'il la rend suave et douce... pleine de fruit. Le fruit de l'ouverture, le fruit de la main, du coeur, du corps offerts tout en grand, en tout abandon, en tout lâcher-prise. Dans l'Amour d'une Rencontre ineffable : la rencontre de celui qui est Tout Autre et qui vient...
* * *
"Toute la création aspire à être le Corps du Christ".
La femme reflète donc tout l'aspiration du monde qui soupire après l'Amour et l'étreinte éternelle. La femme vibre, elle tremble, elle tressaille d'amour ou de malheur ou d'allégresse. C'est parce qu'elle est la plus facilement proche de Dieu qu'elle est la première créée, la plus humaine... la plus charnelle, la plus terrienne. Elle est aussi la plus créatrice et cela, le paganisme l'a bien compris, en la mettant sur un pied d'estale et en ayant le sentiment que c'était elle la première, la grande déesse... Elle dont le corps est une antre, un passage... Elle qui ne cesse de se recueillir au plus profond, toujours plus profond, plus près de la terre et du ciel au fil des vies qu'elle donne.
Parce qu'elle est profondément créée, la femme crée ?
Dans le Coeur de Dieu il y avait ce désir mystérieux d'unir sa transcendance à la matière. Il y avait cet élan vital, ce Don magistral qui, parce qu'il était Amour et pur Amour avait ce désir, cette quête, cette force divine à vouloir embrasser toute chose... Lui, le Tout Autre et l'Indiscible, Il voulait épouser toute chose en un charnel spirituel suave et saint.
* * *
Le nouveau nom de l'obéissance s'appelle amour
Comment nous ouvrir ? où donc est la clef ?
"Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui."
Se prosterner, peut-être, cela veut juste dire que l'on aime d'un amour qui dépasse notre coeur... Cet amour dépasse notre coeur parce que notre terreau se sait créé et parce que cette dépendance nous enivre, si nous ne la rejetons. Elle nous exalte et nous vivifie dans un "nous-même" le plus vrai et total. Et heureux.
Il y a l'obéissance des esclaves, où la liberté est violée, flagellée, ne peut s'exprimer et désire mourir. Et puis il y a l'obéissance des fils, ceux que la Mère a reliés au Seigneur pour les siècles des siècles (amen) ; ces fils sont amoureux de leur relation et dépendance à Dieu. Du plus profond de leur liberté joyeuse, ils s'ouvrent !
S'ouvrir ainsi, c'est un peu se soumettre... ah les mots sont biaisés aujourd'hui car cette soumission, c'est un enlacement si suave...***
* Ephata en hébreu signifie : "Ouvre-toi".
Parole à entendre de la bouche du Christ...
* * Un peu du mal à poster ce long, long message mais je suis dessus depuis trois jours et... qu'on en finisse, je vous mettrai des choses moins pénibles maintenant que j'ai sorti presque tout ce que mes entrailles mascèrent et méditent !
01 mars 2009
Intuitions de grossesse
Durant ma semaine de "rab" de grossesse et un peu avant, quand ma Princesse prenait le temps de préparer ses jolis ongles si longs qui m'ont fascinée lorsqu'elle est sortie de mon ventre,
j'ai eu le besoin intense de m'exprimer... A la fois je n'ose pas, et à la fois j'ai envie de vous livrer ces fulgurants instants. Je vous les livre surtout parce que, me les remémorant, ce sont des tas d'étoiles qui reviennent dans mes yeux...

Maman-bébé dans l'utérus de la Sainte Vierge (18-19 VII 2008, sous la lune)

Viens Saint Esprit (21 VII 2008, au soleil)

Dans le Manteau de la Sainte Vierge (22-23 VII)

Au Ciel et sur la terre (25 VII 2008)
21 janvier 2009
Fléaude solitude, soif d'idéal (blablabla)
Je trouve ce soir bon, c'était l'autre soir :-) cet article dans le blog Libé de Serge Hefez : http://familles.blogs.liberation.fr/hefez/2009/01/la-mort-cache-d.html. On y parle de "bébés maltraités, mères désemparées". On y fait une analyse, trouvant quelques raisons d'un tel mal-être... D'abord la réponse facile : le "fléau social" où l'on voit les bien profondes et atroces misères de notre époque. Mais on ne s'arrête pas là. On énonce aussi la fléaude solitude des jeunes mères "dans des intérieurs bien tenus", ou encore leur faiblesse psychologique... On parle d'une erreur : le bébé arrive et ne correspond pas au bébé rêvé ; la fin de la grossesse marque la fin d'un état féérique et créateur... ah ce fameux babyblues. Et puis, on explique : c'est que ces pauvres mamans sont rabâchées d'un instinct maternel idéalisé qu'elles n'arrivent pas à éprouver, et elles se sentent coupables.
Bon sang mais c'est bien-sûr ! C'est parce que je me sens coupable et que je ne suis pas à la hauteur de mon idéal que, bien-entendu, je vais me mettre à secouer mon bébé au point qu'il en meurt !!
On vient ensuite à l'un des vrais grands problèmes : ces mères ont elles-mêmes été maltraitées, mal aimées dans leur propre enfance. D'où des scènes poignantes comme celle que raconte Serge, si vous allez lire l'article. Mais le problème, c'est que Serge en reste là, et qu'au final, il conclut hasardemment : "La maternité, la paternité, ne sont pas des performances..."
Quoi... c'est pour nous déculpabiliser ? Ouais, très bien merci, c'est gentil, d'accord, je suis pas mère pour être performante, bon. Mais alors j'en fais quoi de ces gosses ? Hein ? ça me fait une belle jambe, tout ça. Taisez-vous les mômes, bon d'accord je vous maltraite, mais vous êtes pas là pour que je sois performante hockey ?

Voici ce que je voudrais répondre :
Et pourquoi sont-elles idéalisées, nos représentations de la maternité ? N'est-ce pas parce qu'il y a là réellement un idéal à atteindre ? ou parce qu'il existe pour de vrai, cet instinct, mais qu'il est entâché ou annihilé par mille et autres bonnes raisons, psychologiques ou culturelles ?
Je pleure devant ce que l'on fait subir à ces innocents... Je m'inclus dans le "on" puisque je ne suis pas moi-même la mère de mon idéal... Mais j'ai envie de dire : et après ? c'est bien gentil de dire que être père ou mère ne relève pas d'une performance, mais il va tout de même là de la construction profonde de nos enfants, donc de l'avenir ! alors ? quelles solutions ? que pouvons-nous avoir en main pour éviter d'avoir à "exorciser" nos enfances martyres ou autres fantômes, ailleurs que sur ces petits êtres si beaux, si neufs et tellement innocents ? Je refuse de dire "un enfant qu’elles ne comprennent pas et qui les persécutent, un enfant qui les détruit". Non, elles se détruisent elles-mêmes et leur enfant avec elles, cessons de rejeter nos fautes ou nos blessures sur nos enfants. Ne pouvons-nous jamais nous décentrer de nous-mêmes ? atteindre cet émerveillement devant le tout-petit ? nous ressourcer dans leur contemplation ? Non, il ne s'agit pas là seulement de performance... c'est tout un symptôme de société qui s'écrit là. Pourquoi ne sommes-nous pas capables de regarder plus loin que le bout de notre nez ? On pourrait voir alors tant de choses...
Je ne dénigre pas toutes ces souffrances, ô non, je suis peut-être l'une des premières à pleurer avec elles... J'aimerais simplement qu'on me dise autre chose, quelque chose de plus grand que "la maternité n'est pas une performance"... Et quand bien même il n'y aurait personne pour "Répéter à l’envi qu’une mère doit aimer son enfant et que l’instinct maternel va de soi" je n'y pourrais rien, je l'éprouverais tout de même, parce que cela est INSCRIT au fond de moi. Je SAIS que ce n'est pas normal si j'ai envie de les frapper pour me défouler, de les laisser pleurer seuls pour avoir la paix. Et quand je souffre de cette division entre moi-même et moi-même, qui fait que je ne réponds pas à cet idéal, ma culpabilité ne vient pas de ce que l'on me dit à l'extérieur, mais bien de ce qui est inscrit dans le bon sens de mon être. Guérissez-nous, mais cessez de nous dire, croyant nous guérir, que notre maladie est normale ! ...
*
Serge nous dit encore : "La maîtrise scientifique de la maternité finit par faire oublier la part de soi qui échappe, l’histoire, la vie psychique, l’inconscient, cette zone inaccessible, infantile, oubliée, refoulée où bien des drames se trament à notre insu." Je veux bien le croire, je voudrais juste rectifier : ce n'est pas qu'elle finit, c'est qu'elle commence ! La maîtrise scientifique de la maternité est en bonne partie une cause de cette désaffection de l'instinct maternel et du fameux babyblues, puisqu'elle dépossède la femme de ce qui fait sa fonction profonde et intime. Elle est la première à oeuvrer pour cet oubli de soi..." Enfin, ceci est (presque) un autre sujet.
*
Quelles réponses, alors ? Car je ne veux pas non plus qu'un psy me dise, au sujet de ce pauvre, pauvre homme qui laissa mourrir son enfant dans la voiture après avoir porté secours parce qu'il était témoin d'une infraction, pris ensuite dans le fléau stressant de son quotidien... non, je ne veux pas qu'un fichu psy me dise "alors ouiiii heu, cela démontre un inconscient désir de mort pour cet enfant, sans doute que cet homme n'avait pas voulu qu'il naisse, ou alors peut-être prenait-il trop de place dans la vie du couple" bla, bla, BLA.
Nous ne sommes à l'abris de rien. Un faux pas peut arriver à n'importe quel brave homme ou femme, au coin de ma rue. A moi. Et pour ce qui est de cette violence qui est en moi et parfois me menace... qu'est-ce qui me prévient de disjoncter ?
Je n'ai pas de réponse très évoluée. Je retourne ces faits un peu dans tous les sens... J'ai le sentiment qu'il s'agit surtout de se donner des gardefous. Et surtout, de ne pas se prendre pour autre que ce que l'on est. De chercher toujours à faire vivre le meilleur de ce que l'on est... à devenir le meilleur de ce que l'on peut être, mais sans s'illusionner non plus. Garder à l'esprit que ce que l'on va devenir ne nous appartient pas complètement, garder la main ouverte et l'humus de la terre à partir de laquelle on a été formé...
Comme autre gardefou, je préconise aussi un moment minimum quotidien, rien qu'à soi, où l'on met la magie (merci Samantha et autres sorcières ;-) en avant dans notre vie en faisant vraiment ce que le plus profond de notre être désire depuis longtemps. C'est parfois tellement simple...

Et puis j'ai bien aimé deux phrases piochées par ci et par là, qui résument peut-être un peu ma pensée. Nous avons tous, je crois (à moins de mettre un voile devant nos yeux) une certaine soif d'innocence et d'harmonie. On guette le paradis et on court derrière lui désespérément, bien qu'il soit perdu...
Alors on peut "se faire l'avocat de l'enfant innocent que l'on a été" (Konrad Stettbacher, Pourquoi la souffrance ? Aubier) et s'efforcer de "regarder chacun de nos enfants comme le nouveau-né qu'il a été", voilà deux petites pistes... Simples, mais très riches à explorer...
11 décembre 2006
Des airs odeurs zé humeurs de vie
A parcourir d'autres lieux je me sens perdue.
J'avais un enfant, un enfant tout d'amour
A parcourir d'autres lieux je ne le trouve plus...
Est-ce qu'il change si vite ? Quatre grands petits mois, mon ange...
Non, ce n'est pas cela. C'est que je t'ai quitté, mon enfant, mon bébé, ma tendresse, je t'ai perdu...
A parcourir le monde, je ne suis plus contre toi.
A répondre aux attentes des autres (un bébé, ça a besoin de calme, il faut le laisser seul, il faut vivre sa vie) je t'ai perdu, mon petit. J'ai trop tenté de répondre à ce qu'on exige d'une mère et de son enfant, plutôt que de rester forte, plutôt que de garder la force de ce que j'ai décidé de croire jusqu'à maintenant : que toi et moi, il ne faut pas nous séparer.
Et puis toi tu restes tout sourire, tout gentil, tu ne montre pas de malheur
alors c'est si facile !!
Je t'ai laissé, je t'abandonne, je suis déchirée et je t'ai perdu
Au secours ! Vivement que nous partions d'ici, que je te retrouve ! Que je me scotche à toi comme à mon élixir de bonheur, de tendresse, et de vie...
Oh mon bébé...
Mais te retrouverai-je ? Ne t'ai-je pas définitivement perdu ? N'as-tu pas définitivement changé aussi, n'es-tu pas déjà devenu un bébé bien plus grand...
Ou sont-ce les mauvaises ombres que j'écoute, qui me disent que là, ça y est, tu parviens à l'âge où l'on profite, où l'on se joue de ses parents - parce que c'est bien connu ! un enfant, ça se joue de ses parents, ça fait des caprices, et si on est trop gentils attention, attention, quels soucis on se prépare pour plus tard, nan mais dites donc ! Parents esclaves, enfants-roi... Et pas de liberté dans tout cela. Non, voilà : que nos enfants soient "esclaves". C'est mieux. Ils apprendront ensuite à devenir "mercenaires" peut-être, puis "fils". Libres. Mais on ne naît pas "fils", voyons, on ne peut que le devenir (de loin en loin).
Je m'égare (c'est St Bernard qui parle de trois états, trois rapports de l'âme de l'homme vis-à-vis de Dieu : s'il en a peur, il est esclave. S'il en profite parce qu'il se nourrit de son Amour, il est mercenaire. Et s'il se conduit et vit à son image, il est fils...)
Voilà, voilà, je me débats dans les méandres des pensées, de leurs courants, je ne sais plus que croire. Ce que je crois mon bébé c'est que tu me manques, que tu me manques, que vite, il faut que j'aille te retrouver.... VITE. Je t'aime mon bébé.

19 novembre 2006
Prendre un enfant... par la main ...

15 novembre 2006
Continuum et couple (III). Une affaire d'au-delà...1
Un texte de Michel Odent qui m'avait, je dois dire, pas mal plu... :
Un nouveau regard sur la nativité (Interlude 3 dans son ouvrage : L'Amour scientifié, éditions Jouvence)
Un nouveau-né entre un âne et un boeuf : beaucoup partagent aujourd'hui cette image simplifiée de la Nativité.

Ma propre image de la nativité est inspirée par ce que j'ai appris des femmes qui mettaient au monde leur bébé dans l'intimité complète, sans se sentir guidées ou observées. Elle est aussi influencée par " Evangilium Jacobi Minoris ", c'est à dire le protoévangile de Jacques le Mineur, [retransmis par] le mystique autrichien Jacob Lorber, auteur de "L'enfance de Jésus" *. Selon ces textes, Joseph partit à la recherche d'une sage-femme. Lorsqu'il revient avec la sage-femme, Jésus était déjà né. C'est seulement lorsqu'une lumière éblouissante s'est atténuée que la sage-femme s'est trouvée face à une scène incroyable : Jésus avait déjà trouvé le sein de sa mère ! La sage-femme se serait alors écriée : " Qui a jamais vu un enfant à peine né saisir le sein de sa mère ? C'est le signe évident que cet enfant, devenu homme un jour, jugera selon l'Amour et non selon la loi ! " **
Le jour où Jésus fut prêt pour sa venue au monde, Marie reçut un message - un message d'humilité. Elle se retrouva dans une étable, parmi d'autres mammifères. Sans mot dire, ses compagnons l'aidèrent à comprendre qu'en la circonstance il lui fallait accepter sa condition de mammifère. Il lui fallait surmonter son handicap d'être humain et se débarrasser de l'effervescence de son intellect. Il lui fallait sécréter les mêmes hormones que les autres mammifères lorsqu'ils mettent au monde leurs bébés, en faisant agir la partie primitive du cerveau que nous avons tous en commun.
La situation était idéale pour que Marie se sente en sécurité. Le "travail" a pu s'établir dans les meilleures conditions possibles. Ayant perçu le message d'humilité et accepté sa condition de mammifère, Marie s'est retrouvée à quatre pattes. Dans une telle posture et dans l'obscurité de la nuit, elle s'est facilement coupée du monde.
Peu après sa naissance, le nouveau-né Jésus était dans les bras d'un mère extatique, aussi instinctive qu'une mère mammifère venant d'enfanter peut l'être. C'est dans une atmosphère véritablement sacrée que Jésus fut accueilli et qu'il put, facilement et progressivement, éliminer les hormones de stress qu'il lui avait fallu sécréter pour naître. Le corps de Marie était bien chaud. L'étable elle-même était chaude grâce à la présence d'autres mammifères. Instinctivement Marie couvrit le corps de son bébé avec un vêtement qu'elle avait sous la main. Elle était fascinée par les yeux de son bébé et rien n'aurait pu la distraire de l'intense croisement des regards qui s'établit. Ce croisement des regards lui permit d'atteindre un autre pic d'ocytocine, ce qui provoqua une nouvelle série de contractions utérines qui envoyèrent vers le bébé un peu d'un sang précieux accumulé dans le placenta. Bientôt le placenta fut délivré.
Mère et bébé se sentaient en sécurité. Au début, Marie, guidée par la partie du cerveau que nous partageons avec tous les mammifères, était à genoux. Après la délivrance du placenta, elle se mit sur le côté, avec le bébé près de son cœur. Soudain, Jésus commença à tourner la tête tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, et finalement ouvrit la bouche en forme de O. Guidé par son sens de l'odorat, il se rapprocha de plus en plus du mamelon. Marie, qui était encore dans un équilibre hormonal particulier et donc très instinctive, savait parfaitement comment tenir son bébé et fit les gestes nécessaires pour l'aider à trouver le sein.
C'est ainsi que Jésus et Marie transgressèrent les règles établies par les néo-cortex de la communauté humaine. Jésus - un rebelle paisible défiant toute convention - avait été initié par sa mère.
Jésus téta longtemps et vigoureusement. Avec le soutien de sa mère, il sortit victorieux d'un des épisodes les plus critiques de sa vie. En quelques instants il s'était adapté à l'atmosphère et avait commencé à utiliser ses poumons, ils s'était adapté aux forces de la pesanteur et aux différences de température, et il était entré dans le monde des microbes. [...]
Il n'y avait pas d'horloge dans l'étable. Marie ne chercha pas à savoir combien de temps Jésus était resté au sein avant de s'endormir. La nuit suivante, Marie eut quelques épisodes de sommeil léger. Elle était vigilante, protectrice et soucieuse de satisfaire les besoins de la plus précieuse des créatures terrestres.
Les jours suivants, Marie apprit à sentir quand son bébé avait besoin d'être bercé. Il y avait un tel accord entre eux qu'elle savait parfaitement adapter le rythme du bercement à la demande du bébé. Tout en berçant, Marie se mit à fredonner des mélodies et ajouta quelques paroles. Comme des millions d'autres mères, elle avait découvert les berceuses. C'est ainsi que Jésus commença à apprendre ce qu'est le mouvement, et donc l'espace. C'est ainsi qu'il apprit aussi ce qu'est le rythme, et donc il commença à acquérir la notion de temps. Il entra progressivement dans la réalité espace-temps. Par la suite, Marie introduisit de plus en plus de paroles en fredonnant ses berceuses. C'est ainsi que Jésus absorba sa langue maternelle.
* * *
...De le relire maintenant que j'ai accouché... ça m'fait ben quelque chose... ... Ah Jésus, ah Jésus !
(+ une intelligence - liminale, et spirituelle - habite notre chair...)
Seulement j'aurais préféré que Joseph soit là tout de même. J'ai aimé et voulu que Mari-trésor soit là, moi. ...Alors ? Quid du couple, dans le continuum, vraiment, vraiment ?
Couple et Continuum (III), une affaire d'au-delà...2
(le 1 est à venir là : c'est un texte de Michel Odent qu'il faut que je recopie !)
Au-delà de la raison
Aux confluents de notre incarnation
(une intelligence habite notre chair !)
... il est un lieu de vie intérieure
qui est à vivre, et qui n'a pas de mots :
* * "Être" * *
Découvrir que notre enfant, parce qu'il EST profondément
(il n'a QUE l'être, un être intense, lorsqu'il sort de sa cachette ronde !!)
me fait, nous fait ÊTRE vraiment nous aussi....
... pour peu qu'on se laisse conduire par lui.
Cela suppose mon renoncement
Renoncer aux faires, aux attentes qui pèsent sur nous et que nous faisons peser sur nous-mêmes
Renoncer, abandonner... le temps de me sentir enveloppée par cette présence miraculeuse,
De me laisser guider dans ce qu'il me demande (au moment où il me demande. "Aime-moi, aime-moi, choisis de m'aimer par-dessus toute autre chose... détache-toi de tes impératifs qui sont si loin de moi, si loin de toi aussi, en fait...")
Se donner totalement
Et ainsi... se recevoir...
... bien plus pleinement...
Certains disent que c'est cela, le "continuum". Recevoir de notre enfant ce que nous sommes vraiment. Répondre à son appel, l'appel de ce monde d'où il vient : "Aime-moi, aime-moi, choisis de m'aimer par-dessus tout... Ne brise pas ce lien profond qui me relie à toi, dans toute ta chair, TOUTE ta chair !"
(une intelligence habite notre chair...)
Et l'on entre ainsi doucement, dans cet au-delà de la raison, au-delà des mots
où nos êtres et nos amours profonds se rencontrent...
* * *
Mari-trésor y accède-t-il ? Cette éternité du présent qu'on laisse être et où l'on s'abandonne, Mari-trésor y accède-t-il ?
Il reste bien secret, mon arbre, mais je sais qu'il y accède. J'ai pu saisir quelques petites touches. Il le révèle, quand il contemple ébahi le visage de son fils, la merveille de tout ce qu'il est, la moindre de ses manifestations-gazouillis-expression-du-visage-évolution-d'être (-"progrès". Mais ce progrès est naturel. Il est dans la nature de l'enfant, dans le plan de sa nature, dans son continuum que d'avancer vers la vie, de l'intérieur de lui-même. Commencer à sourire, et puis rire. Regarder toute chose. Les saisir. C'est dans le plan et c'est "normal" mais ça nous émerveille quand-même... Puissance de l'être, et du devenir... Oh oui, c'est bien cela qui nous émerveille et que nous contemplons : l'être et le devenir, cachés embriqués derrière un si tout petit visage !)
Il le révèle lorsqu'il murmure à l'oreille de Tichapz en secret qu'il ne pouvait imaginer avant à quel point, bébé, tu serais un cadeau... venu du ciel... venu tout droit d'Amour, pour illuminer nos vies...
Oui, il y accède. Il se trouve lui aussi submergé par un tel surgissement -ah ! petit enfant.
* * *
Bon certes cela n'est pas tout, et ne dit toujours pas comment s'y prendre dans nos vies concrètement !
ça va venir, ça va venir... "On avance" comme a dit quelqu'une ! ![]()
10 novembre 2006
Continuum et couple (I) : Accouchement
Début d'une grande réflexion que je voudrais mener : les femmes qui donnent la vie à un enfant, doivent-elles choisir entre : elles-mêmes, leur enfant, leur mari ?
On sait bien-sûr qu'il ne s'agit pas là de choix, une Maman Etonnament-Grande-Libératrice-Idyllique-Sage-Etouça nous enseigne : soyons femmes (souffler, prendre du temps pour soi), épouses (souffler, prendre du temps à deux) et mères (... souffler ?).
N'empêche, n'importe laquelle d'entre nous - à part peut-être certaines qui refusent catégoriquement leur maternité (d'une manière plus ou moins avouée) a forcément senti, à un moment donné, surtout avec un jeune bébé, que non, à ce moment-donné là, elle n'était pas autant épouse que mère. Il y a une exclusivité incroyable entre une jeune maman et son tout-petit... quand bien-même on voudrait faire autrement, ce serait aller un peu contre la nature (c'est-à-dire contre ce que les choses sont dans leur développement spontané... Spontanément, une mère est liée à son tout petit d'une manière indicible. Si les choses se passent bien).
Pour aller plus en profondeur, avec cette histoire de "Continuum" que je découvre (même si je n'ai pas encore lu le fameux bouquin du même nom) (décidément j'ai le chic pour parler de théories qui sont dans les bouquins que j'ai pas lus) ; avec mon expérience aussi, je commence à sentir que ce n'est pas simple, cette histoire.
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C'est aujourd'hui (jeudi) la fin du deuxième jour que je passe seule, en entier (c'est-à-dire nuit comprise) avec Tichapz, parce que Mari-trésor est parti en mission - première séparation depuis la naissance de Tichapz et première fois que je me retrouvais seule dans ce jeune chez-nous pour passer la nuit. (Ce fut impressionnant mais je pris le parti de nous coucher à sept heures du soir et nous dormîmes sans incident jusqu'au lendemain neuf heures. Neuf heures !)
Et c'est vrai que ces deux jours se sont passés à merveille. Pas un seul moment où je me suis sentie dépassée, pas un moment où j'ai douté de moi sur la conduite à tenir pour m'occuper de Tichapz. Doute que j'aurais plus tendance à développer, quand Mari-trésor est là, peut-être parce que je veux lui donner "sa place" et que lorsqu'il diagnostique un autre truc que moi (ou qu'il donne un avis avant même que je forme le mien sur ce dont Tichapz a besoin), cela me trouble en moi-même... me perd mon instinct maternel... me fait perdre confiance.
Et là débarque en moi le "panic-room" !
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Ce matin encore (nous sommes là jeudi soir je commence ce billet), nous fûment chez Marta - sapere chi è, voir ci-dessous - et j'ai un peu discuté avec une femme que j'aime beaucoup, avec qui j'avais déjà papoté à l'hôpital (grâce à Marta et à ses séances de préparation à la naissance, j'ai beau été obligée d'accoucher dans cette industrie, je connaissais un bon pitit nombre des jeunes mamans de l'étage !) (bon j'arrête de la ramener maintenant avec Marta).
Avec cette femme donc, nous papotâmes et elle me partagea sa difficulté actuelle... à mi-mots et sans avoir le temps de bien creuser son problème, mais j'en suis arrivée à cette conclusion : sans cesse, notre "maternité" semble être remise en cause, freinée ou dérangée - c'est-à-dire que nous n'arrivons plus à retrouver le fond de nous-mêmes sur cette maternité - par des tas d'éléments et, hélas, nos zhomes peuvent faire partie de ces éléments - nous en sommes nous-mêmes, d'ailleurs, pour des tas d'autres raisons !
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Je ne veux pas aboutir à la conclusion que pour vivre en vérité sa maternité ou, dirais-je plutôt, son "maternage", il fau(drai)t laisser de côté notre mari (ou zhome chéri en tout genre, on trouve de tout d'not'temps ma bonne dame) ou vice-versa (pour préserver le couple, réduire le maternage). Parce que j'ai une intuition que c'est faux et qu'autre-chose-se-cache-derrière-de-plus-grand-de-plus-beau qu'il faut arriver à saisir. J'ai l'intuition d'un truc du style (parce que nous l'avons peut-être vécu aussi, en fait ?...) être mère rend plus femme et plus épouse. Mais s'agit de bien comprendre le truc, de bien poser le problème, le pourquoi de "ça n'est pas si simple". Puisque ça devrait !
Ainsi, Premier volet de cette réflexion : l'accouchement.
L'accouchement doit être d'une (très) grande part dans le "continuum". Et Chez Marta encore (ce jeudi), j'ai réalisé que j'avais une chance ENORME (l'aurais-je déjà oublié ? mais d'entendre les autres femmes-épouses-mamans parler, ça me l'a rappelé) : j'ai un mari EN OR. Peuplé de défauts, peut-être. Mais quel or fin... oh là-là, si je savais !
Mon accouchement ne s'est pas passé selon le plan prévu à l'origine (lumières douces, intimité, eau, liberté). J'ai dû vivre un certain nombre de défaites quant à l'idéal poursuivi : plus de quinze jours à l'hôpital, séparations nuitesques d'avec Mari-trésor, pas de lumière douce, des allers-venues à n'en jamais finir, des blouses de toutes les couleurs - jaune, rouge, vert, blanc, bleu, bicolores parfois - et jamais les mêmes visages - sauf ceux que vous aimez le moins évidemment... Puis soi-disante nécessité d'un déclenchement - mot horrible pour qui parlait de spontanéité ! - à laquelle j'ai fini par me plier (ô combats), en mettant toutes les chances de la "nature" de mon côté (Exercices pour m'ouvrir, massages, traitement homéopathique, huile de ricin, préparation intérieure, y compris de bébé). Dans toutes ces déconvenues j'ai eu le soutien de Marta ma sage-femme, de mes parents, d'amies au téléphone... et de Mari-trésor.
Et l'accouchement donc. Faiblesse extrême - mais pleine de force aussi c'est étonnant ! Le matin même, je démissionnais. Je ne voulais rien faire du jour, j'avais à peine dormi quelques heures, je voulais attendre encore le lendemain pour subir les interventions que je redoutais de choc. TROP fatiguée.
J'ai demandé aux rapias d'attendre que Mari-trésor soit là pour m'embêter avec leurs examens infinis. Ce jour-là heureusement, la teigne brune de gynéco (oh pardon hein mais ... voilà quoi) qui m'avait stressée tous les matins de la semaine en m'expliquant, signora Machin-truc (signora ? moi ?) (chépapourkoi mais ym'semble que je l'ai déjà écrit, ça. Quelque part.) qu'il fallait faire un déclenchement, déclenchement, déclenchement, risque, risque, risque - n'était plus de service. C'était une jolie blonde légère, sympathique et encourageante qui avait pris le relais.
Crotte c'est pas du tout ça dont je voulais parler (mais à ce sujet tiens, lisez qand même une autre Chronique de Mère Indigne ;-))). Lisez. Pour certaines cela sera NECESSAIRE et pour d'autres, HILARANT...)
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Peu importent donc tous les détails qui suivent (même si sans cesse me reprend l'envie folle de tout raconter...) (bon allez je raconte quand-même, passez au paragraphe suivant). A 10 heures, ce dimanche-là, on m'a trimballée sur un lit roulant dans la salle opératoire pour percer la poche de mes eaux trop abondantes (Dans le but de permettre aux contractions de reprendre leur boulot puisque j'étais tout de même à 4 cm de dilatation, peu môl ! mais que contraction, avéplu depuis la chute du palloncino dit ballon de Foley mais cherchez pas ça existe MEME PAS en France) (bref). J'ai dû m'allonger. Les lumières du plafond de cette salle se sont abattues sur mes yeux aveuglés éblouis. Elles m'ont parues tellement surréalistes... pendant que j'en rigolais avec Quelqu'un pour tenir le coup, des milliers de gens (blouses de toutes les couleurs) (enfin au moins une dizaine) (de gens) s'affairaient autour de moi devant la tâche exTRÊMMMMent dangereuse qu'ils allaient accomplir (oh là-là pardon je critique trop quand-même ils étaient assez gentils c'étaient des italiens quand-même et puis parfois ça sauve des vies, vraiment) : le perçage. ça a fait plof pfouitchhhhhhh...
Ainsi, l'entre-deux jambes dégoulinante, (qui tout ce temps encore continuera de dégouliner), je fus rapportée au bercail à la salle d'accouchement.
késskilzon àfoutttdu VERT partout dans cézôpitalzzs...
Les contractions allaient arriver, j'étais toute tremblante mais c'était pas le moment de faiblir. Je l'était ptêt (faible) mais j'étais aussi ... sais pas... saisie par une force intérieure, décisive... Viens ptit trésor on veut voir ta frimousse maint'nant.
C'est là que mon propos devient important... la manière dont nous avons vécu cela à deux, Marit-trésor et moi... l'accueil de notre enfant... le fait que je sois femme, épouse, en devenant mère "puissantement"... Comme si le "continuum" de la femme et du couple c'était bien de faire naître un enfant.
Je ne me suis jamais sentie autant femme que durant les instants et les jours qui ont suivi l'accouchement. Avec tous les renoncements que j'avais dû accepter, les batailles que j'avais dû mener presque seule contre un monde médical parfois très gentil mais que je n'arrivais pas à percevoir autre qu'ennemi dans son ensemble... Avec cette force incroyable et indicible qui fait qu'une femme (une ptite fille euh... soit dit en passant) devient accoucheuse de vie...
Mari-trésor m'a laissé comprendre qu'il ne m'avait jamais autant perçue femme ni aimée comme épouse, que lorsque j'ai "expulsé" mon bébé, l'ai appelé, l'ai pris sur mon sein (pas comme j'aurais voulu évidemment, et cet instant si court...). Il l'a vécu puissantement, lui aussi... Grâces soient rendues Là-haut vraiment, vraiment....
Je ne l'ai jamais autant aimé que durant ces moments non-plus, Mari-trésor. Par ses mains il a soutenu mes douleurs d'enfantement. Par ses mots il m'a couverte d'amour et d'abondance, même si je ne les percevais qu'en fumées-d'un-autre-monde... De l'autre univers, là-bas, celui où l'on n'accouche pas mais où l'on voit accoucher, ses mots me sont venus qui ont rempli mon âme incessamment. Ils ont nourri ma force. J'ai ainsi accouché en confiance et en amour ... malgré tout... (Encore un autre truc que j'avais dit en séance de groupe avec Marta : que si jamais les choses ne se passaient pas comme je les souhaitais, il me semblait que je pouvais tout surmonter si je pouvais SENTIR autour de moi la force et la présence de l'Amour qui (précisément) soutient tout (Deo et maritus ;-)). Je l'aimais plus pleinement aussi parce que j'étais plus pleinement femme désormais. C'était pleinement grâce à lui.
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Continuum et couple, donc. Cet article est déjà bien long... Petite conclusion.
Ce que je voulais dire, en témoignant de mon accouchement, c'est que l'homme d'aujourd'hui peut prendre une belle place en accompagnant sa femme dans la naissance de son enfant. Cela n'est pas obligatoire, nous avons tous nos histoires et c'est à chacun de sentir.
Cela permet simplement d'illustrer un peu que le "continuum" n'est pas seulement mère-enfant... que le père peut y surgir, tout naturellement. Est-ce alors seulement en tant que "soutien" de la mère ? Qu'est-ce que c'est que cet accompagnement ? Je puisais de sa présence agissante et de ses mots toute ma force pour vivre mon accouchement...
Et pour aujourd'hui ? Dans la vie de tous les jours, le père est-il seulement "celui qui aide", les bras tant attendus chaque jour pour prendre un peu le relais et s'occuper de bébé ? (Lui qui rentre, éreinté, d'une journée de travail !) Est-il uniquement ce roc sur lequel s'appuyer ? Et quand on n'est pas d'accord ou qu'on ne ressent pas la même conduite à tenir, dans l'éducation ? Comment vivre le "continuum", ce lien avec l'enfant, tout en étant deux ?
Le couple en tant que tel : n'avons-nous pas un réel besoin de se retrouver à deux - rien qu'à deux ? N'est-ce pas nécessaire alors, de confier nos enfants à une tierce âme pour un temps ?
Suite au prochain épisode...
09 novembre 2006
Les pleurs de bébé
Quand je suis retournée voir ma sage-femme, pour la première fois depuis la naissance de Tichapz (enfin elle l'avait déjà vu une fois parce qu'elle était venue nous voir à la maison - quelle chouette Marta, ma chouette sage-femme, une vraie comme on voudrait en voir di più !)
Quand je suis retournée chez elle donc, à la Casa di Maternità, c'était pour le groupe du Jeudi.
Le groupe du Jeudi, c'est celui où les (jeunes) mamans se réunissent et parlent. On est toutes là, assises en rond (enfin en carré puisque la pièce est carrée et que c'est plus confortable de s'adosser au mur) (surtout pour allaiter), chacune son bébé, et on discutte. De tout, de rien, mais surtout de ce qui nous tracasse, nous tient à coeur ; on partage sur la semaine qui vient de s'écouler... (in italiano per favore)
Si le besoin se fait sentir, on traite d'un sujet qui se dessine.
La première fois que j'y suis allée donc, telle était ma préoccupation : les pleurs des bébés. AinCi-gît l'éternelle question : faut-il laisser pleurer les bébés ?
Pragmatique, Marta nous a demandé de retenir, pendant la semaine suivante, quels types de pleurs nous pouvions observer chez nos bébés, quel diagniostic nous en avons fait, comment nous nous sommes senties face à ces pleurs, et ce que nous avons tâché de faire pour les résoudre.

La belle qualité de Marta (oui, ça fait longtemps que je voulais parler de Marta !) (ici sur la photo avec collier rouge, au-dessus de Frédéric Leboyer), c'est qu'elle n'impose pas son expérience : elle la propose, et très discrètement avec de toutes petites touches, et seulement après nous avoir fait prendre confiance en notre expérience à nous. Nous, chacune des mamans.
Mères, et futures mères, ne retenez que ceci d'ailleurs : seul compte votre vrai sentiment, votre sentiment profond. Ne vous laissez pas manger par des tas de petites voix petits conseils... Ecoutez-les, bien-sûr, ils peuvent vous nourrir, mais celui qui doit toujours trancher, et en dernier lieu, c'est votre sens profond. A vous. Ce qui conviendra au bébé d'à côté ne coviendra pas forcément au vôtre. Il importe moins de lire des tas de bouquins ou de parcourir des tas de forums (ce que je ne fais absolument pas vous le saurez, dzouiing dzouiiiiing...) que d'être "connecté" à ce sens intérieur, qui vous guidera toujours le mieux du monde, pour VOS petits. Trouvez du soutien quelque part (car on est si fragile, enceinte ou jeune maman) et connectez-vous là : à ce que vous vivez de plus profond. (ça passera peut-être par moultes angoisses et maux d'être. Mais au bout du compte, j'ai le sentiment de trouver une telle plénitude de vie, ce faisant.....)
Disais-je. Digressions que nenni : les pleurs de bébé.
Le bilan de cela à l'époque (si lointaine !!?), c'est que j'ai mieux compris certains types de pleurs que je n'imaginais pas, principalement celui de l'ennui. Bébé s'ennuie, bien-sûr ! Contre toute naïve attente (ben quoi, un bébé ça a juste faim et ça dort juste non ? D'ailleurs si ça pleure, c'est juste pour nous embêter, évidemment ! Nous empêcher de suivre la même vie qu'on avait avant, non ? Faites des bébés, qu'y disaient !).
Un bébé ne pleure JAMAIS sans raison. Ce qui ne veut pas dire qu'on la comprend toujours et c'est cela qui crée de la tension. Les pleurs basiques que nous reconnaissions sans mal : pleurs de fatigue, maux de ventre, faim. Puis est venue la compréhension de pleurs plus subtiles. En premier (merci quelqu'une) je suis devenue plus vigilante sur les ruotini (plus sympa que le ptirot français, non ?) parce que c'était chez Tichapz une grande cause de gêne. Ensuite, grâce à Maman puis à Marta, j'ai réalisé (compris) le pleur d'ennui. Quelle tâche alors ! Donner sans cesse à vivre et à voir, à son petit bébé...
Reste un pleur pour lequel je n'ai pas de solution définitive et simple : celui dit "du soir", ou "de stress", provoqué par toute l'énergie accumulée dans un si petit corps, pour ce tout jeune esprit chaque jour tellement stimulé (certains jours plus que d'autes). Pleur aussi qui semble témoigner le plus de sa grande sensibilité... Pleur qui demande le plus d'efforts, qui provoque le plus de désarroi, qui est le plus sujet à discordes, sans doute (sur la conduite à tenir).
L'attitude "classique" consiste à "laisser pleurer". Autrefois l'on souriait charmé, d'un air convenu et un peu contrarié de gêner ainsi les oreilles des invités en disant : "Petit Chérubin fait ses poumons".
Dans des temps moins lointains, on d(isa)it qu'il n'y a(vait) rien à faire et que le mieux é(tai)t d'attendre que le petit se taise - si besoin, l'enfermer dans une pièce séparée pour ne pas se casser les oreilles non plus. Les tenants modernes de cette attitude ont pondu l'inoubliable et trépidante "règle" 5-10-15. Pour entraîner bébé, le laisser pleurer seul d'abord 5 minutes. Venir au bout de 5 minutes. Mères, ne faiblissez pas : CINQ, minutes. D'ailleurs ça vous entraîne vous aussi, vous allez voir. Cinq minutes, donc, tâchez alors de calmez un peu votre bébé (mais sans le prendre dans vos bras de préférence) puis laissez-le à nouveau. S'il se remet à pleurer, comptez 10 minutes. Ne faiblissez pas ! DIX, minutes avant de revenir auprès du tendre et joli berceau. Même jeu. Ensuite, QUINZE. Z'avez vu, au cas où ça vous avait fait un peu mal ça devient déjà plus facile, vous vous êtes habituée. Après tout, de tout temps en tous lieux, les bébés ont pleuré (à vérifier quand-même, ça m'chiffonne j'ai lu du Maria Montessori qui disait, mais peut-être elle-même sans en avoir vraiment fait l'étude, que les bébés du "Tiers-Monde" ne pleuraient pas parce qu'ils étaient constamment portés - ah tiens ??).
S'il en est certains d'entre vous qui n'êtes pas convaincus par ce magique procédé - désolée, passées les QUINZE minutes du dernier round, je ne sais pas ce qui est préconisé mais sans doute, vu qu'on n'est plus trop sensible aux pleurs, on attend jusqu'à ce que mort épuisement s'ensuive. Car si votre bébé en a marre de pleurer (si-si croyez-le, ce temps viendra) il s'arrêtera de toutes façons et pouf, dodo.
Si donc z'êtes pas convaincus ou avez un bébé qui se laisse décidément pas faire, d'autres solutions dites d'"Education sans violence" existent. Mais là encore, les partis ne sont pas unis.
Il y a les extrêmistes qui feront tout pour calmer les pleurs de leurs bébés, TOUT : promenades dehors, dans la maison, bercements infinis, sein à volonté (si sein demandé)... stratagèmes éternels... épuisement parental. (Sauf ceux qui le veulent vraiment parce qu'ils préfèrent. Ne nous épuise que ce que nous éprouvons comme épuisant, en un certain sens...). Un bel exemple se trouve là.
Il y a les centristes qui mettront la tétine dans la bouche de bébé (s'il la prend) (ne pas hésiter à forcer un peu au début) et les pleurs auront définitivement une solution simple, facile d'usage, sans prise de tête et tout sourires. Chez les centristes, l'utilisation de la tétine connaît de multiples variantes, que je n'énumèrerai pas mais qui se déclinent entre fourer tétine à bocca dès le moindre gémissement, et donner tétine quand vraiment on n'arrive plus à trouver autre chose (et qu'on considère que sein n'est pas tétine).
Entre les deux, il existe des tempérés dirons-nous, qui considèrent certains pleurs comme nécessaires en tant qu'ils sont évacuateurs de stress, de stimulations nombreuses, d'émotions fortes. Je suis mal placée pour en parler, puisque je n'ai pas lu l'ouvrage de Aletha Solter qui en parle : Pleurs et colères des enfants et des bébés, une approche révolutionnaire. Mais j'en dis trois mots : il s'agit ici de permettre à son bébé de pleurer, tout en étant à son écoute. Il s'agit d'"accompagner" l'enfant dans ses pleurs : 1°) En lui disant qu'il peut pleurer s'il a besoin, que nous sommes là pour écouter ce qu'il voudrait évacuer/dire/sortir. 2°) En formulant éventuellement ce qui peut être la cause de ce besoin de pleurer, pendant qu'il pleure, afin qu'il se sente bien écouté et compris. 3°) En l'accompagnant jusqu'au bout, c'est-à-dire en le laissant pleurer jusqu'à ce qu'il n'en ai plus besoin/envie et retrouve le sourire. "Est-ce que tu voudrais encore me dire quelque chose ?", peut-on demander par exemple.
Toutes ces choses (à part la tétine actuellement rentrée dans les moeurs) (mais à bien y regarder on pourrait vraiment se demander AUSSI nan mais qu'esssssékçaskymettent dans la bouche de leurs petiots, ces occidentaux...) peuvent sembler incongrues mais... cela ne m'a pas déplu d'explorer ces diifférents "partis". Même, j'essaie de pratiquer ! Parent, fichu métier : rien n'est jamais sûr, certain ni aquis.
M'enfin j'dois dire ça m'plaît pas mal quand-même.
Ben mon p'tit gars !




