* OraCo-T *

= L'Orange au Coeur du Tournesol, ;-) - - Site de jeune petite maman clown pouête, chouette, mistinguette et fi-philousophe : pour VIVRE, aimer, danser rire et chanter... louer. (on pourra parler des choses tristes aussi pass-ke-cé-la-vi.)

21 janvier 2009

Fléaude solitude, soif d'idéal (blablabla)

Je trouve ce soir bon, c'était l'autre soir :-) cet article dans le blog Libé de Serge Hefez : http://familles.blogs.liberation.fr/hefez/2009/01/la-mort-cache-d.html. On y parle de "bébés maltraités, mères désemparées". On y fait une analyse, trouvant quelques raisons d'un tel mal-être... D'abord la réponse facile : le "fléau social" où l'on voit les bien profondes et atroces misères de notre époque. Mais on ne s'arrête pas là. On énonce aussi la fléaude solitude des jeunes mères "dans des intérieurs bien tenus", ou encore leur faiblesse psychologique... On parle d'une erreur : le bébé arrive et ne correspond pas au bébé rêvé ; la fin de la grossesse marque la fin d'un état féérique et créateur... ah ce fameux babyblues. Et puis, on explique : c'est que ces pauvres mamans sont rabâchées d'un instinct maternel idéalisé qu'elles n'arrivent pas à éprouver, et elles se sentent coupables.

Bon sang mais c'est bien-sûr ! C'est parce que je me sens coupable et que je ne suis pas à la hauteur de mon idéal que, bien-entendu, je vais me mettre à secouer mon bébé au point qu'il en meurt !!

On vient ensuite à l'un des vrais grands problèmes : ces mères ont elles-mêmes été maltraitées, mal aimées dans leur propre enfance. D'où des scènes poignantes comme celle que raconte Serge, si vous allez lire l'article. Mais le problème, c'est que Serge en reste là, et qu'au final, il conclut hasardemment : "La maternité, la paternité, ne sont pas des performances..."

Quoi... c'est pour nous déculpabiliser ? Ouais, très bien merci, c'est gentil, d'accord, je suis pas mère pour être performante, bon. Mais alors j'en fais quoi de ces gosses ? Hein ? ça me fait une belle jambe, tout ça. Taisez-vous les mômes, bon d'accord je vous maltraite, mais vous êtes pas là pour que je sois performante hockey ?

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Voici ce que je voudrais répondre :

Et pourquoi sont-elles idéalisées, nos représentations de la maternité ? N'est-ce pas parce qu'il y a là réellement un idéal à atteindre ? ou parce qu'il existe pour de vrai, cet instinct, mais qu'il est entâché ou annihilé par mille et autres bonnes raisons, psychologiques ou culturelles ?

Je pleure devant ce que l'on fait subir à ces innocents... Je m'inclus dans le "on" puisque je ne suis pas moi-même la mère de mon idéal... Mais j'ai envie de dire : et après ? c'est bien gentil de dire que être père ou mère ne relève pas d'une performance, mais il va tout de même là de la construction profonde de nos enfants, donc de l'avenir ! alors ? quelles solutions ? que pouvons-nous avoir en main pour éviter d'avoir à "exorciser" nos enfances martyres ou autres fantômes, ailleurs que sur ces petits êtres si beaux, si neufs et tellement innocents ? Je refuse de dire "un enfant qu’elles ne comprennent pas et qui les persécutent, un enfant qui les détruit". Non, elles se détruisent elles-mêmes et leur enfant avec elles, cessons de rejeter nos fautes ou nos blessures sur nos enfants. Ne pouvons-nous jamais nous décentrer de nous-mêmes ? atteindre cet émerveillement devant le tout-petit ? nous ressourcer dans leur contemplation ? Non, il ne s'agit pas là seulement de performance... c'est tout un symptôme de société qui s'écrit là. Pourquoi ne sommes-nous pas capables de regarder plus loin que le bout de notre nez ? On pourrait voir alors tant de choses...

Je ne dénigre pas toutes ces souffrances, ô non, je suis peut-être l'une des premières à pleurer avec elles... J'aimerais simplement qu'on me dise autre chose, quelque chose de plus grand que "la maternité n'est pas une performance"... Et quand bien même il n'y aurait personne pour "Répéter à l’envi qu’une mère doit aimer son enfant et que l’instinct maternel va de soi" je n'y pourrais rien, je l'éprouverais tout de même, parce que cela est INSCRIT au fond de moi. Je SAIS que ce n'est pas normal si j'ai envie de les frapper pour me défouler, de les laisser pleurer seuls pour avoir la paix. Et quand je souffre de cette division entre moi-même et moi-même, qui fait que je ne réponds pas à cet idéal, ma culpabilité ne vient pas de ce que l'on me dit à l'extérieur, mais bien de ce qui est inscrit dans le bon sens de mon être. Guérissez-nous, mais cessez de nous dire, croyant nous guérir, que notre maladie est normale ! ...

*

Serge nous dit encore : "La maîtrise scientifique de la maternité finit par faire oublier la part de soi qui échappe, l’histoire, la vie psychique, l’inconscient, cette zone inaccessible, infantile, oubliée, refoulée où bien des drames se trament à notre insu." Je veux bien le croire, je voudrais juste rectifier : ce n'est pas qu'elle finit, c'est qu'elle commence ! La maîtrise scientifique de la maternité est en bonne partie une cause de cette désaffection de l'instinct maternel et du fameux babyblues, puisqu'elle dépossède la femme de ce qui fait sa fonction profonde et intime. Elle est la première à oeuvrer pour cet oubli de soi..." Enfin, ceci est (presque) un autre sujet.

*

Quelles réponses, alors ? Car je ne veux pas non plus qu'un psy me dise, au sujet de ce pauvre, pauvre homme qui laissa mourrir son enfant dans la voiture après avoir porté secours parce qu'il était témoin d'une infraction, pris ensuite dans le fléau stressant de son quotidien... non, je ne veux pas qu'un fichu psy me dise "alors ouiiii heu, cela démontre un inconscient désir de mort pour cet enfant, sans doute que cet homme n'avait pas voulu qu'il naisse, ou alors peut-être prenait-il trop de place dans la vie du couple" bla, bla, BLA.

Nous ne sommes à l'abris de rien. Un faux pas peut arriver à n'importe quel brave homme ou femme, au coin de ma rue. A moi. Et pour ce qui est de cette violence qui est en moi et parfois me menace... qu'est-ce qui me prévient de disjoncter ?

Je n'ai pas de réponse très évoluée. Je retourne ces faits un peu dans tous les sens... J'ai le sentiment qu'il s'agit surtout de se donner des gardefous. Et surtout, de ne pas se prendre pour autre que ce que l'on est. De chercher toujours à faire vivre le meilleur de ce que l'on est... à devenir le meilleur de ce que l'on peut être, mais sans s'illusionner non plus. Garder à l'esprit que ce que l'on va devenir ne nous appartient pas complètement, garder la main ouverte et l'humus de la terre à partir de laquelle on a été formé...

Comme autre gardefou, je préconise aussi un moment minimum quotidien, rien qu'à soi, où l'on met la magie (merci Samantha et autres sorcières ;-) en avant dans notre vie en faisant vraiment ce que le plus profond de notre être désire depuis longtemps. C'est parfois tellement simple...

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Et puis j'ai bien aimé deux phrases piochées par ci et par là, qui résument peut-être un peu ma pensée. Nous avons tous, je crois (à moins de mettre un voile devant nos yeux) une certaine soif d'innocence et d'harmonie. On guette le paradis et on court derrière lui désespérément, bien qu'il soit perdu...

Alors on peut "se faire l'avocat de l'enfant innocent que l'on a été" (Konrad Stettbacher, Pourquoi la souffrance ? Aubier) et s'efforcer de "regarder chacun de nos enfants comme le nouveau-né qu'il a été", voilà deux petites pistes... Simples, mais très riches à explorer...

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12 février 2007

Petiboutz réfléchit à sa patate chaude

Avant d'être mariée, je me disais que finalement c'était pas mal d'être
seule : j'étais autonome, j'avais ma belle vie, mes études, mes amis et
tout l'avenir devant moi.

Avant d'être maman, je me disais que je préférais garder encore un peu
de temps pour moi, pour nous, "construire notre couple" dans le temps
tout tranquillement ; j'avais mes projets, mes idées, et tout l'avenir
devant moi.

Puis un embryon a pris corps dans ma chair et tout a basculé.

Quand j'ai su qu'il était bel et bien là, d'abord, je ne l'ai pas aimé.
Je l'ai même détesté : il venait contrecarrer mes projets, me voler ma
jeunesse. J'avais plein de désirs, ma tête n'avait jamais été aussi
tourbillonnante, j'allais parcourir le monde, découvrir les cultures,
ouvrir mon esprit à la multitudes des réalités existantes, construire
un tas de choses, enrichir mon coeur, mon âme et mon esprit...

Il venait secouer tout en moi : mon corps, mes sentiments, mon
équilibre, mon autonomie, ma solitude : désormais je ne serais plus
jamais seule, suffisamment seule au-dedans de moi comme j'aimais à
l'être, quelquefois... Je n'étais plus la même, il m'avait volée à moi-
même.

J'avais dans mon corps un petit parasite.

Et puis... beaucoup de choses se sont passées... j'ai accepté d'aimer
mon parasite, de me soumettre à la réalité que la vie voulait me donner
plutôt qu'à mes vastes et vains projets. Je voulais parcourir le monde,
au dehors mais en vérité le monde était venu là, se creuser, tout au-
dedans de moi...
L'infini n'était pas au-dehors. Il était là.
Les chemins de ma vie n'étaient pas au-dehors, ils s'ouvraient là, en
moi...
De le comprendre, cela m'a totalement pacifiée.

Puis j'ai découvert autre chose : j'ai découvert ma puissance. Ma
puissance à être femme, ma puissance à être mère, à enfanter la vie.

Mon parasite, à dire vrai, était enfin venu *me révéler* à moi-même. Il
était venu m'ouvrir à ma dimension mystérieuse... "femme, porteuse de
vie". Une chose vraiment... vraiment... extra-ordinaire.

Avant, j'avais un regard un peu condescendant vis-à-vis des mères. Oh,
les enfants, c'est toujours si touchant, si mignon ! mais quand je
voyais une femme jeune gâcher sa jeunesse, trois marmots déjà sur les
bras... plonger sa vie dans l'ordinaire d'une mère de (lourde)
famille...

Oh, je crois bien qu'aujourd'hui, mon idée... mon appréciation a viré
de bord, totalement. Il ne pouvait pas en être autrement.

Et comme je suis contente ! comme je suis contente, enfin, d'avoir
découvert qu'il n'est pas honteux ni agaçant d'être une femme, de
n'avoir pas les mêmes caractéristiques que les hommes, de ne pouvoir
être celle qui parte comme cela, à l'aventure dans le monde et à qui
l'on ne dise rien parce qu'on le respecte... naturellement.

Comme je suis contente d'être une femme. Je sais que c'est par là que
mon être apporte une lumière dans ce monde : il me semble que si les
femmes veulent changer un peu le monde, il faudrait d'abord qu'elles
libèrent la lumière qui les habite. C'est une lumière humble et
discrète, qui demande un peu de silence intérieur, de disponibilité...
d'ouverture intérieure.

J'ai eu le sentiment d'être une femme accomplie comme jamais je
n'aurais cru que ce fut possible, durant les heures et les jours qui
ont suivi mon accouchement.
Je venais d'accomplir un acte hors du monde. J'étais hors du monde. Je
ne peux pas écrire "surhumaine", puisque c'est humain de donner la vie,
mais... il y avait quelque chose de cela.

Quand je me décourage un peu parce que je trouve que le monde est trop
lourd (à nouveau, quand ... l'ordinaire prend le dessus !!), j'essaie
de me replonger dans ce sentiment... ce sentiment de force
impénétrable, que rien ne pourrait me retirer. Cette certitude
indicible que la vie EST extra-ordinaire. Quoi qu'il en coûte. Les
femmes sont peut-être là pour rappeler cela ?

J'avais une assez piètre image du fait de devenir mère, même si je
savais *dans ma raison* que c'était un grand bonheur.
Et même si je le savais dans mon coeur, d'ailleurs...
Car aujourd'hui, je le sais... de tout mon être....

Merci, ô Dieu, pour la Vie !!

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31 janvier 2007

Envie d'être... un enfant

Envie de retrouver
ma légèreté d'âme, belle, et même grandissante.

Envie d'avoir les mêmes élans du coeur, la même spontanéité d'amour, la même tendresse, toujours.

Envie d'avoir les mêmes détresses, longues et lentes et sans recours - comprendre qu'il n'y A PAS de "PETITS" malheurs, non, pas de petits malheurs seulement des grands.

Envie de bercer ma vie dans le présent, la spontanéité, l'intense de toute une vie à dévorer... avoir cette FORCE frénétique d'aller au-devant, d'avancer davantage, toujours plus pour devenir grand...

...sans avoir crainte aussi. Sans avoir cette crainte de souffrir à chaque pas. Sans que soit brisée ma confiance en moi. En cette certitude qu'inconditionnellement, je suis aimée. Sans avoir peur que la vie me fasse mal... seulement mal.

Etre un enfant, ne pas me permettre d'être inondée par les choses, les angoisses de demain, la lourdeur de l'être et des soucis quotidiens...

Etre un enfant... savoir avec EVIDENCE que j'ai besoin de mon Papa, et de ma Ma-man.

cr_che

...Merci à mamansursaplanète pour le brin d'inspiration qui me vient de chez elle ;-)...

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11 décembre 2006

Des airs odeurs zé humeurs de vie

A parcourir d'autres lieux je me sens perdue.

J'avais un enfant, un enfant tout d'amour

A parcourir d'autres lieux je ne le trouve plus...

Est-ce qu'il change si vite ? Quatre grands petits mois, mon ange...

Non, ce n'est pas cela. C'est que je t'ai quitté, mon enfant, mon bébé, ma tendresse, je t'ai perdu...

A parcourir le monde, je ne suis plus contre toi.
A répondre aux attentes des autres (un bébé, ça a besoin de calme, il faut le laisser seul, il faut vivre sa vie) je t'ai perdu, mon petit. J'ai trop tenté de répondre à ce qu'on exige d'une mère et de son enfant, plutôt que de rester forte, plutôt que de garder la force de ce que j'ai décidé de croire jusqu'à maintenant : que toi et moi, il ne faut pas nous séparer.
Et puis toi tu restes tout sourire, tout gentil, tu ne montre pas de malheur
alors c'est si facile !!

Je t'ai laissé, je t'abandonne, je suis déchirée et je t'ai perdu

Au secours ! Vivement que nous partions d'ici, que je te retrouve ! Que je me scotche à toi comme à mon élixir de bonheur, de tendresse, et de vie...

Oh mon bébé...

Mais te retrouverai-je ? Ne t'ai-je pas définitivement perdu ? N'as-tu pas définitivement changé aussi, n'es-tu pas déjà devenu un bébé bien plus grand...
Ou sont-ce les mauvaises ombres que j'écoute, qui me disent que là, ça y est, tu parviens à l'âge où l'on profite, où l'on se joue de ses parents - parce que c'est bien connu ! un enfant, ça se joue de ses parents, ça fait des caprices, et si on est trop gentils attention, attention, quels soucis on se prépare pour plus tard, nan mais dites donc ! Parents esclaves, enfants-roi... Et pas de liberté dans tout cela. Non, voilà : que nos enfants soient "esclaves". C'est mieux. Ils apprendront ensuite à devenir "mercenaires" peut-être, puis "fils". Libres. Mais on ne naît pas "fils", voyons, on ne peut que le devenir (de loin en loin).

Je m'égare (c'est St Bernard qui parle de trois états, trois rapports de l'âme de l'homme vis-à-vis de Dieu : s'il en a peur, il est esclave. S'il en profite parce qu'il se nourrit de son Amour, il est mercenaire. Et s'il se conduit et vit à son image, il est fils...)

Voilà, voilà, je me débats dans les méandres des pensées, de leurs courants, je ne sais plus que croire. Ce que je crois mon bébé c'est que tu me manques, que tu me manques, que vite, il faut que j'aille te retrouver.... VITE. Je t'aime mon bébé.

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19 novembre 2006

Prendre un enfant... par la main ...

Mains

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15 novembre 2006

Continuum et couple (III). Une affaire d'au-delà...1

Un texte de Michel Odent qui m'avait, je dois dire, pas mal plu... :

Un nouveau regard sur la nativité (Interlude 3 dans son ouvrage : L'Amour scientifié, éditions Jouvence)

Un nouveau-né entre un âne et un boeuf : beaucoup partagent aujourd'hui cette image simplifiée de la Nativité.

cr_che
Ma propre image de la nativité est inspirée par ce que j'ai appris des femmes qui mettaient au monde leur bébé dans l'intimité complète, sans se sentir guidées ou observées. Elle est aussi influencée par " Evangilium Jacobi Minoris ", c'est à dire le protoévangile de Jacques le Mineur, [retransmis par] le mystique autrichien Jacob Lorber, auteur de "L'enfance de Jésus" *. Selon ces textes, Joseph partit à la recherche d'une sage-femme. Lorsqu'il revient avec la sage-femme, Jésus était déjà né. C'est seulement lorsqu'une lumière éblouissante s'est atténuée que la sage-femme s'est trouvée face à une scène incroyable : Jésus avait déjà trouvé le sein de sa mère ! La sage-femme se serait alors écriée : " Qui a jamais vu un enfant à peine né saisir le sein de sa mère ? C'est le signe évident que cet enfant, devenu homme un jour, jugera selon l'Amour et non selon la loi ! " **

Le jour où Jésus fut prêt pour sa venue au monde, Marie reçut un message - un message d'humilité. Elle se retrouva dans une étable, parmi d'autres mammifères. Sans mot dire, ses compagnons l'aidèrent à comprendre qu'en la circonstance il lui fallait accepter sa condition de mammifère. Il lui fallait surmonter son handicap d'être humain et se débarrasser de l'effervescence de son intellect. Il lui fallait sécréter les mêmes hormones que les autres mammifères lorsqu'ils mettent au monde leurs bébés, en faisant agir la partie primitive du cerveau que nous avons tous en commun.
La situation était idéale pour que Marie se sente en sécurité. Le "travail" a pu s'établir dans les meilleures conditions possibles. Ayant perçu le message d'humilité et accepté sa condition de mammifère, Marie s'est retrouvée à quatre pattes. Dans une telle posture et dans l'obscurité de la nuit, elle s'est facilement coupée du monde.

Peu après sa naissance, le nouveau-né Jésus était dans les bras d'un mère extatique, aussi instinctive qu'une mère mammifère venant d'enfanter peut l'être. C'est dans une atmosphère véritablement sacrée que Jésus fut accueilli et qu'il put, facilement et progressivement, éliminer les hormones de stress qu'il lui avait fallu sécréter pour naître. Le corps de Marie était bien chaud. L'étable elle-même était chaude grâce à la présence d'autres mammifères. Instinctivement Marie couvrit le corps de son bébé avec un vêtement qu'elle avait sous la main. Elle était fascinée par les yeux de son bébé et rien n'aurait pu la distraire de l'intense croisement des regards qui s'établit. Ce croisement des regards lui permit d'atteindre un autre pic d'ocytocine, ce qui provoqua une nouvelle série de contractions utérines qui envoyèrent vers le bébé un peu d'un sang précieux accumulé dans le placenta. Bientôt le placenta fut délivré.

Mère et bébé se sentaient en sécurité. Au début, Marie, guidée par la partie du cerveau que nous partageons avec tous les mammifères, était à genoux. Après la délivrance du placenta, elle se mit sur le côté, avec le bébé près de son cœur. Soudain, Jésus commença à tourner la tête tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, et finalement ouvrit la bouche en forme de O. Guidé par son sens de l'odorat, il se rapprocha de plus en plus du mamelon. Marie, qui était encore dans un équilibre hormonal particulier et donc très instinctive, savait parfaitement comment tenir son bébé et fit les gestes nécessaires pour l'aider à trouver le sein.

C'est ainsi que Jésus et Marie transgressèrent les règles établies par les néo-cortex de la communauté humaine. Jésus - un rebelle paisible défiant toute convention - avait été initié par sa mère.
Jésus téta longtemps et vigoureusement. Avec le soutien de sa mère, il sortit victorieux d'un des épisodes les plus critiques de sa vie. En quelques instants il s'était adapté à l'atmosphère et avait commencé à utiliser ses poumons, ils s'était adapté aux forces de la pesanteur et aux différences de température, et il était entré dans le monde des microbes. [...]
Il n'y avait pas d'horloge dans l'étable. Marie ne chercha pas à savoir combien de temps Jésus était resté au sein avant de s'endormir. La nuit suivante, Marie eut quelques épisodes de sommeil léger. Elle était vigilante, protectrice et soucieuse de satisfaire les besoins de la plus précieuse des créatures terrestres.

Les jours suivants, Marie apprit à sentir quand son bébé avait besoin d'être bercé. Il y avait un tel accord entre eux qu'elle savait parfaitement adapter le rythme du bercement à la demande du bébé. Tout en berçant, Marie se mit à fredonner des mélodies et ajouta quelques paroles. Comme des millions d'autres mères, elle avait découvert les berceuses. C'est ainsi que Jésus commença à apprendre ce qu'est le mouvement, et donc l'espace. C'est ainsi qu'il apprit aussi ce qu'est le rythme, et donc il commença à acquérir la notion de temps. Il entra progressivement dans la réalité espace-temps. Par la suite, Marie introduisit de plus en plus de paroles en fredonnant ses berceuses. C'est ainsi que Jésus absorba sa langue maternelle.

* * *

...De le relire maintenant que j'ai accouché... ça m'fait ben quelque chose... ... Ah Jésus, ah Jésus !
(+ une intelligence - liminale, et spirituelle - habite notre chair...)

Seulement j'aurais préféré que Joseph soit là tout de même. J'ai aimé et voulu que Mari-trésor soit là, moi. ...Alors ? Quid du couple, dans le continuum, vraiment, vraiment ?

Posté par petiboutondor à 23:43 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Couple et Continuum (III), une affaire d'au-delà...2

(le 1 est à venir là : c'est un texte de Michel Odent qu'il faut que je recopie !)

Au-delà de la raison
Aux confluents de notre incarnation
(une intelligence habite notre chair !)

... il est un lieu de vie intérieure
qui est à vivre, et qui n'a pas de mots :

* * "Être" * *

Découvrir que notre enfant, parce qu'il EST profondément
(il n'a QUE l'être, un être intense, lorsqu'il sort de sa cachette ronde !!)
me fait, nous fait ÊTRE vraiment nous aussi....
... pour peu qu'on se laisse conduire par lui.

Cela suppose mon renoncement
Renoncer aux faires, aux attentes qui pèsent sur nous et que nous faisons peser sur nous-mêmes
Renoncer, abandonner... le temps de me sentir enveloppée par cette présence miraculeuse,
De me laisser guider dans ce qu'il me demande (au moment où il me demande. "Aime-moi, aime-moi, choisis de m'aimer par-dessus toute autre chose... détache-toi de tes impératifs qui sont si loin de moi, si loin de toi aussi, en fait...")

Se donner totalement
Et ainsi... se recevoir...
... bien plus pleinement...

Certains disent que c'est cela, le "continuum". Recevoir de notre enfant ce que nous sommes vraiment. Répondre à son appel, l'appel de ce monde d'où il vient : "Aime-moi, aime-moi, choisis de m'aimer par-dessus tout... Ne brise pas ce lien profond qui me relie à toi, dans toute ta chair, TOUTE ta chair !"
(une intelligence habite notre chair...)

Et l'on entre ainsi doucement, dans cet au-delà de la raison, au-delà des mots
où nos êtres et nos amours profonds se rencontrent...

* * *

Mari-trésor y accède-t-il ? Cette éternité du présent qu'on laisse être et où l'on s'abandonne, Mari-trésor y accède-t-il ?

Il reste bien secret, mon arbre, mais je sais qu'il y accède. J'ai pu saisir quelques petites touches. Il le révèle, quand il contemple ébahi le visage de son fils, la merveille de tout ce qu'il est, la moindre de ses manifestations-gazouillis-expression-du-visage-évolution-d'être (-"progrès". Mais ce progrès est naturel. Il est dans la nature de l'enfant, dans le plan de sa nature, dans son continuum que d'avancer vers la vie, de l'intérieur de lui-même. Commencer à sourire, et puis rire. Regarder toute chose. Les saisir. C'est dans le plan et c'est "normal" mais ça nous émerveille quand-même... Puissance de l'être, et du devenir... Oh oui, c'est bien cela qui nous émerveille et que nous contemplons : l'être et le devenir, cachés embriqués derrière un si tout petit visage !)

Il le révèle lorsqu'il murmure à l'oreille de Tichapz en secret qu'il ne pouvait imaginer avant à quel point, bébé, tu serais un cadeau... venu du ciel... venu tout droit d'Amour, pour illuminer nos vies...

Oui, il y accède. Il se trouve lui aussi submergé par un tel surgissement -ah ! petit enfant.

* * *

Bon certes cela n'est pas tout, et ne dit toujours pas comment s'y prendre dans nos vies concrètement !

ça va venir, ça va venir... "On avance" comme a dit quelqu'une ! 107

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14 novembre 2006

Pensée du jour

Les enfants, c'est comme Dieu :

Si on prend du temps pour eux, pile aux moments où on voudrait faire mille autres choses (parce qu'on a mille autres choses à faire, vraiment)

Alors, comme par miracle, finalement

On trouve mieux, dans le temps qui nous reste, l'espace pour faire toutes ces choses...

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11 novembre 2006

Continuum et couple (II)

(Ne lire que si déjà parcouru un peu chapitre I)

Soif de creuser. ... Réfléchir et comprendre. Être connecté au très-intérieur-très-profond-à-vivre, qui ne se sépare pas de quelques mots qui sachent le dire, un tout petit peu... (enfin chez moi ça fonctionne comme ça. Pour arriver à me souvenir, après.)

Quand je suis retournée près de Tichapz tout à l'heure (Appel à tétée. Cette nuit encore je veille et je prends mon temps de femme qui souffle sur le temps de dormir auprès de ceux que j'aime...) je me suis dit ceci : non, ce n'est pas tant la responsabilité de Mari-trésor si je me déconnecte de mon bébé : c'est moi. C'est moi qui, sous prétexte que Mari-trésor est là (= je peux me reposer sur lui) (me décharger ?), vide les soupapes d'attention qui sont branchées sur Tichapz. Pour faire ce que je veux (= ce qui me passe par la tête ou par l'envie de faire).

Tandis que lorsque je fus seule avec Tichapz ces trois jours, il n'y avait que moi, de toutes façons : donc a priori, je me suis connectée le mieux du monde à lui. ça s'est formidablement passé. Je parlais à Tichapz. C'était pas une discussion entre nous (les parents, les "adultes" - nouS ??) pour savoir s'il demande ci ou a besoin de ça, non : c'était un dialogue, une vie entre le concerné et moi (l'autre nous).

nous

Intéressant... Ceci est un point à comprendre (et reprendre).

L'autre, c'est concernant ces divergences d'interprétation...

Mari-trésor fonctionne comme ça : il suggère des choses comme il se les représente a priori dans sa tête, ça ne veut pas (toujours) dire qu'il impose. Ou qu'il ne changera pas d'avis. Mais il le dit avec tellement d'affirmation (c'est un homme) que ça semble être de toute éternité (et de tout futur aussi). Alors soit je me braque pour ne pas en démordre (moi non plus), soit je tâche de faire confiance (lui donner sa place) ...et je "plante" mon instinct et ma connexion (quand bien-même cet instinct-connexion tomberait finalement d'accord avec lui !).

Les hommes de nos couples ont-ils à intervenir dans le senti qu'il faut avoir des enfants (oui), des tous petits bébés (moins évident déjà, si l'on en croit le fameux "instinct maternel"... mais quand-même) ?

Oui donc, dit la modernité (le monde actuel) (enfin, de chez nous). Oui dis-je aussi... Un enfant naît d'un père et d'une mère. Reste à savoir comment ce oui, puisqu'il ne peut pas s'agir d'un conflit de plaisantins gentils pour déterminer qui a raison. Nous entrons là dans le vif vif du sujet : comment vivre le continuum, quand on est un couple de nos sociétés occidentales (heureux de l'être) ? Oui parce que, le "continuum" si j'ai bien compris, c'est de porter sans cesse son jeune enfant, physiquement et psychiquement.

Ce principe est vécu au sein d'une réalité structurelle des sociétés plus "naturelles", qui est : la tribu. Partout dans le monde non-occidental, les enfants sont portés physiquement et participent à toute la vie des adultes ; cela en fait - selon ce principe - des personnes psychiquement bien mieux construites que nos tripotées de dépressifs occidentaux. Et si l'une des mamans est fatiguée, pas grave ! Y en a toujours une autre pour prendre le relais. Et les enfants sont à tout le monde. Et des tas d'autres choses simples que nous, désormais (ah, les acquis de la modernité...) nous ignorons. (à étudier)

Or papa-maman-livrés-seuls-au-monde pour fonder une famille occidentale solide ont bien du mal à compenser l'absence de tribu.... Concrètement, cela se représente ainsi : si maman veut souffler, c'est papa qui doit "s'y coller". Y a pas d'autre alternative. Et papa rentre du boulot le soir, ... ça lui arrive d'avoir envie de souffler, lui aussi, PILE à ce moment-là... ... ...

Alors ?

Le suspens reste entier, la réflexion se poursuivra... prochain épisode.

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10 novembre 2006

Continuum et couple (I) : Accouchement

Début d'une grande réflexion que je voudrais mener : les femmes qui donnent la vie à un enfant, doivent-elles choisir entre : elles-mêmes, leur enfant, leur mari ?

On sait bien-sûr qu'il ne s'agit pas là de choix, une Maman Etonnament-Grande-Libératrice-Idyllique-Sage-Etouça nous enseigne : soyons femmes (souffler, prendre du temps pour soi), épouses (souffler, prendre du temps à deux) et mères (... souffler ?).

N'empêche, n'importe laquelle d'entre nous - à part peut-être certaines qui refusent catégoriquement leur maternité (d'une manière plus ou moins avouée) a forcément senti, à un moment donné, surtout avec un jeune bébé, que non, à ce moment-donné là, elle n'était pas autant épouse que mère. Il y a une exclusivité incroyable entre une jeune maman et son tout-petit... quand bien-même on voudrait faire autrement, ce serait aller un peu contre la nature (c'est-à-dire contre ce que les choses sont dans leur développement spontané... Spontanément, une mère est liée à son tout petit d'une manière indicible. Si les choses se passent bien).

Pour aller plus en profondeur, avec cette histoire de "Continuum" que je découvre (même si je n'ai pas encore lu le fameux bouquin du même nom) (décidément j'ai le chic pour parler de théories qui sont dans les bouquins que j'ai pas lus) ; avec mon expérience aussi, je commence à sentir que ce n'est pas simple, cette histoire.

* * *

C'est aujourd'hui (jeudi) la fin du deuxième jour que je passe seule, en entier (c'est-à-dire nuit comprise) avec Tichapz, parce que Mari-trésor est parti en mission - première séparation depuis la naissance de Tichapz et première fois que je me retrouvais seule dans ce jeune chez-nous pour passer la nuit. (Ce fut impressionnant mais je pris le parti de nous coucher à sept heures du soir et nous dormîmes sans incident jusqu'au lendemain neuf heures. Neuf heures !)

Et c'est vrai que ces deux jours se sont passés à merveille. Pas un seul moment où je me suis sentie dépassée, pas un moment où j'ai douté de moi sur la conduite à tenir pour m'occuper de Tichapz. Doute que j'aurais plus tendance à développer, quand Mari-trésor est là, peut-être parce que je veux lui donner "sa place" et que lorsqu'il diagnostique un autre truc que moi (ou qu'il donne un avis avant même que je forme le mien sur ce dont Tichapz a besoin), cela me trouble en moi-même... me perd mon instinct maternel... me fait perdre confiance.
Et là débarque en moi le "panic-room" !

* * *

Ce matin encore (nous sommes là jeudi soir je commence ce billet), nous fûment chez Marta - sapere chi è, voir ci-dessous - et j'ai un peu discuté avec une femme que j'aime beaucoup, avec qui j'avais déjà papoté à l'hôpital (grâce à Marta et à ses séances de préparation à la naissance, j'ai beau été obligée d'accoucher dans cette industrie, je connaissais un bon pitit nombre des jeunes mamans de l'étage !) (bon j'arrête de la ramener maintenant avec Marta).

Avec cette femme donc, nous papotâmes et elle me partagea sa difficulté actuelle... à mi-mots et sans avoir le temps de bien creuser son problème, mais j'en suis arrivée à cette conclusion : sans cesse, notre "maternité" semble être remise en cause, freinée ou dérangée - c'est-à-dire que nous n'arrivons plus à retrouver le fond de nous-mêmes sur cette maternité - par des tas d'éléments et, hélas, nos zhomes peuvent faire partie de ces éléments - nous en sommes nous-mêmes, d'ailleurs, pour des tas d'autres raisons !

* * *

Je ne veux pas aboutir à la conclusion que pour vivre en vérité sa maternité ou, dirais-je plutôt, son "maternage", il fau(drai)t laisser de côté notre mari (ou zhome chéri en tout genre, on trouve de tout d'not'temps ma bonne dame) ou vice-versa (pour préserver le couple, réduire le maternage). Parce que j'ai une intuition que c'est faux et qu'autre-chose-se-cache-derrière-de-plus-grand-de-plus-beau qu'il faut arriver à saisir. J'ai l'intuition d'un truc du style (parce que nous l'avons peut-être vécu aussi, en fait ?...) être mère rend plus femme et plus épouse. Mais s'agit de bien comprendre le truc, de bien poser le problème, le pourquoi de "ça n'est pas si simple". Puisque ça devrait !

Ainsi, Premier volet de cette réflexion : l'accouchement.

L'accouchement doit être d'une (très) grande part dans le "continuum". Et Chez Marta encore (ce jeudi), j'ai réalisé que j'avais une chance ENORME (l'aurais-je déjà oublié ? mais d'entendre les autres femmes-épouses-mamans parler, ça me l'a rappelé) : j'ai un mari EN OR. Peuplé de défauts, peut-être. Mais quel or fin... oh là-là, si je savais !

Mon accouchement ne s'est pas passé selon le plan prévu à l'origine (lumières douces, intimité, eau, liberté). J'ai dû vivre un certain nombre de défaites quant à l'idéal poursuivi : plus de quinze jours à l'hôpital, séparations nuitesques d'avec Mari-trésor, pas de lumière douce, des allers-venues à n'en jamais finir, des blouses de toutes les couleurs - jaune, rouge, vert, blanc, bleu, bicolores parfois - et jamais les mêmes visages - sauf ceux que vous aimez le moins évidemment... Puis soi-disante nécessité d'un déclenchement - mot horrible pour qui parlait de spontanéité ! - à laquelle j'ai fini par me plier (ô combats), en mettant toutes les chances de la "nature" de mon côté (Exercices pour m'ouvrir, massages, traitement homéopathique, huile de ricin, préparation intérieure, y compris de bébé). Dans toutes ces déconvenues j'ai eu le soutien de Marta ma sage-femme, de mes parents, d'amies au téléphone... et de Mari-trésor.

Et l'accouchement donc. Faiblesse extrême - mais pleine de force aussi c'est étonnant ! Le matin même, je démissionnais. Je ne voulais rien faire du jour, j'avais à peine dormi quelques heures, je voulais attendre encore le lendemain pour subir les interventions que je redoutais de choc. TROP fatiguée.

J'ai demandé aux rapias d'attendre que Mari-trésor soit là pour m'embêter avec leurs examens infinis. Ce jour-là heureusement, la teigne brune de gynéco (oh pardon hein mais ... voilà quoi) qui m'avait stressée tous les matins de la semaine en m'expliquant, signora Machin-truc (signora ? moi ?) (chépapourkoi mais ym'semble que je l'ai déjà écrit, ça. Quelque part.) qu'il fallait faire un déclenchement, déclenchement, déclenchement, risque, risque, risque - n'était plus de service. C'était une jolie blonde légère, sympathique et encourageante  qui avait pris le relais.

Crotte c'est pas du tout ça dont je voulais parler (mais à ce sujet tiens, lisez qand même une autre Chronique de Mère Indigne ;-))). Lisez. Pour certaines cela sera NECESSAIRE et pour d'autres, HILARANT...)

* * *

Peu importent donc tous les détails qui suivent (même si sans cesse me reprend l'envie folle de tout raconter...) (bon allez je raconte quand-même, passez au paragraphe suivant). A 10 heures, ce dimanche-là, on m'a trimballée sur un lit roulant dans la salle opératoire pour percer la poche de mes eaux trop abondantes (Dans le but de permettre aux contractions de reprendre leur boulot puisque j'étais tout de même à 4 cm de dilatation, peu môl ! mais que contraction, avéplu depuis la chute du palloncino dit ballon de Foley mais cherchez pas ça existe MEME PAS en France) (bref). J'ai dû m'allonger. Les lumières du plafond de cette salle se sont abattues sur mes yeux aveuglés éblouis. Elles m'ont parues tellement surréalistes... pendant que j'en rigolais avec Quelqu'un pour tenir le coup, des milliers de gens (blouses de toutes les couleurs) (enfin au moins une dizaine) (de gens) s'affairaient autour de moi devant la tâche exTRÊMMMMent dangereuse qu'ils allaient accomplir (oh là-là pardon je critique trop quand-même ils étaient assez gentils c'étaient des italiens quand-même et puis parfois ça sauve des vies, vraiment) : le perçage. ça a fait plof pfouitchhhhhhh...

Ainsi, l'entre-deux jambes dégoulinante, (qui tout ce temps encore continuera de dégouliner), je fus rapportée au bercail à la salle d'accouchement.

  AccoucheBlog2 késskilzon àfoutttdu VERT partout dans cézôpitalzzs...

Les contractions allaient arriver, j'étais toute tremblante mais c'était pas le moment de faiblir. Je l'était ptêt (faible) mais j'étais aussi ... sais pas... saisie par une force intérieure, décisive... Viens ptit trésor on veut voir ta frimousse maint'nant.

C'est que mon propos devient important... la manière dont nous avons vécu cela à deux, Marit-trésor et moi... l'accueil de notre enfant... le fait que je sois femme, épouse, en devenant mère "puissantement"... Comme si le "continuum" de la femme et du couple c'était bien de faire naître un enfant.

Je ne me suis jamais sentie autant femme que durant les instants et les jours qui ont suivi l'accouchement. Avec tous les renoncements que j'avais dû accepter, les batailles que j'avais dû mener presque seule contre un monde médical parfois très gentil mais que je n'arrivais pas à percevoir autre qu'ennemi dans son ensemble... Avec cette force incroyable et indicible qui fait qu'une femme (une ptite fille euh... soit dit en passant) devient accoucheuse de vie...

Mari-trésor m'a laissé comprendre qu'il ne m'avait jamais autant perçue femme ni aimée comme épouse, que lorsque j'ai "expulsé" mon bébé, l'ai appelé, l'ai pris sur mon sein (pas comme j'aurais voulu évidemment, et cet instant si court...). Il l'a vécu puissantement, lui aussi... Grâces soient rendues Là-haut vraiment, vraiment....

Je ne l'ai jamais autant aimé que durant ces moments non-plus, Mari-trésor. Par ses mains il a soutenu mes douleurs d'enfantement. Par ses mots il m'a couverte d'amour et d'abondance, même si je ne les percevais  qu'en fumées-d'un-autre-monde... De l'autre univers, là-bas, celui où l'on n'accouche pas mais où l'on voit accoucher, ses mots me sont venus qui ont rempli mon âme incessamment. Ils ont nourri ma force. J'ai ainsi accouché en confiance et en amour ... malgré tout... (Encore un autre truc que j'avais dit en séance de groupe avec Marta : que si jamais les choses ne se passaient pas comme je les souhaitais, il me semblait que je pouvais tout surmonter si je pouvais SENTIR autour de moi la force et la présence de l'Amour qui (précisément) soutient tout (Deo et maritus ;-)). Je l'aimais plus pleinement aussi parce que j'étais plus pleinement femme désormais. C'était pleinement grâce à lui.

* * *

Continuum et couple, donc. Cet article est déjà bien long... Petite conclusion.

Ce que je voulais dire, en témoignant de mon accouchement, c'est que l'homme d'aujourd'hui peut prendre une belle place en accompagnant sa femme dans la naissance de son enfant. Cela n'est pas obligatoire, nous avons tous nos histoires et c'est à chacun de sentir.

Cela permet simplement d'illustrer un peu que le "continuum" n'est pas seulement mère-enfant... que le père peut y surgir, tout naturellement. Est-ce alors seulement en tant que "soutien" de la mère ? Qu'est-ce que c'est que cet accompagnement ? Je puisais de sa présence agissante et de ses mots toute ma force pour vivre mon accouchement...

Et pour aujourd'hui ? Dans la vie de tous les jours, le père est-il seulement "celui qui aide", les bras tant attendus chaque jour pour prendre un peu le relais et s'occuper de bébé ? (Lui qui rentre, éreinté, d'une journée de travail !) Est-il uniquement ce roc sur lequel s'appuyer ? Et quand on n'est pas d'accord ou qu'on ne ressent pas la même conduite à tenir, dans l'éducation ? Comment vivre le "continuum", ce lien avec l'enfant, tout en étant deux ?

Le couple en tant que tel : n'avons-nous pas un réel besoin de se retrouver à deux - rien qu'à deux ? N'est-ce pas nécessaire alors, de confier nos enfants à une tierce âme pour un temps ?

Suite au prochain épisode...

Posté par petiboutondor à 19:49 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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